Par jean.devalon le 02/02/08

J'ai vu, ce matin, sur un panneau d'affichage à Marseille, une affiche qui m'a laissé quelque peu rêveur. On y voyait une magnifique déjection canine, toute belle et fraîche, avec la légende « caca fini, maître parti », faite pour inciter les propriétaires de chiens à ramasser la production de leur animal.

Je n'ai pas de chien, et ramasse régulièrement ce qu'il faut avec mes chaussures. Mais la question n'est pas là. En fait, il doit s'agir d'un message subliminal destiné aux éboueurs marseillais.

On sait que Gaston Defferre avait institué le système du « fini, parti » qui implique que, quand l'éboueur a fini sa tâche, il s'en va. Inutile de dire que la durée du travail est quelque peu réduite et que la propreté de la ville est imparfaite (euphémisme pudique)

Mais quand cette affiche, émanant de la municipalité, nous dit « caca fini, maître parti », c'est bien pour avouer que le système du fini parti c'est de ...l'amélioration potentielle.

Et vous savez maintenant pourquoi les piétons marseillais marchent tête baissée, ce n'est pas de la modestie, mais de la prudence.

Donc, chaque matin l'éboueur attaché à son « fini parti » saura, maintenant la valeur intrinsèque de ce système.

Par jean.devalon le 01/02/08

Le gouvernement a donc décidé de repousser au 31 décembre 2010 l'obligation de rénovation des ascenseurs car :

"Les entreprises sont peu nombreuses dans le secteur, il y a donc une forte pression sur elles et sur les particuliers car les tarifs pratiqués par le secteur se sont envolés "

La loi Robien, a été votée, à l'époque, sur l'émotion créée par un fait divers et le parlement a donc voté un texte contraignant en omettant deux réalités :

- Il existe trois ou quatre grandes entreprises d'ascenseurs auxquelles on donnait un fructueux marché à se partager, ce qui entraîne une incapacité à le réaliser et une absence de nécessité de négocier les prix

- Le pouvoir d'achat des français est en baisse, or les travaux de remises aux normes sont des travaux lourds, des travaux de riches. Aucune mesure d'accompagnement n'a été prévue sur le plan financier.

Autrement dit : comment payer les travaux quand l'argent manque dans les copropriétés ?

Cette loi sur les ascenseurs est l'exemple même d'une loi prise dans la rapidité électorale, sans étude d'impact, sans modulation selon les situations. Une petite copropriété n'est pas un grand ensemble HLM et il aurait été utile d'y penser.

Pour l'instant, c'est donc un report global qui est annoncé, là encore sans modulation selon les cas. Mais rien ne parait être dit sur l'aspect financier des choses alors qu'un avantage fiscal important s'impose, à tout le moins.

Et puis, observons que ce qui a été fait pour les ascenseurs se répète pour le Grenelle de l'environnement : Les politiques se font plaisir, font plaisir aux associations, aux entreprises du secteur.

Quant au financement ? Rien.

Les français paieront. Avec quoi ?

Tout va très bien madame la marquise...

Par jean.devalon le 31/01/08

Un jour, mon ascenseur est tombé en panne. Je l'aime bien, cet ascenseur, avec sa cabine vitrée, ses portes en bois ouvrantes, son age canonique, ses grilles à hauteur d'homme, et puis cette vibration qui vaut tous les power plates du monde.

Il est condamné, à mort. Plus de lifting, c'est foutu. Tant pis. On va le changer avec les sous qu'on n'a pas. Les députés ont dit.

Un jour, donc, il est tombé en panne. C'était embêtant, parce qu'à l'intérieur, il y avait ma petite fille et sa gardienne. Comme il est vitré, cela s'est vu. Du bureau, j'ai vite couru à leur secours.

Il était arrêté entre deux étages. Ma fille prenait son goûter et la gardienne son mal en patience.

On a appelé l'ascensoriste.

Il est venu.

L'employé avait une torche frontale du plus bel effet, genre film de science fiction.

Il a réfléchi.

IL a dit : « il faut appeler les pompiers ! »

Pourquoi ai-je demandé ?

« Pour désincarcérer la dame » Qui a failli tomber dans les pommes, de peur.

Je lui ai montré la machinerie. Il y avait un problème électrique parce que les caves étaient un peu inondées.

L'ascenseur était innocent. L'ascensoriste aussi.

Il fallait le remettre en route, (l'ascenseur)

On a attendu. Il y a eu de drôles de bruits. Longtemps, longtemps.

Il y est arrivé, sa femme doit être fière de lui (de l'ascensoriste)

Moi aussi, parce que je suis propriétaire social.

Mais on comprend les bailleurs sociaux qui râlent contre les ascensoristes.

Par jean.devalon le 31/01/08

Un arrêt de la Cour de Paris du 2 octobre 2007 mérite d'être relevé, car il prononce la résiliation d'un bail d'habitation, pour trouble de voisinage, dans des conditions particulières.

Un locataire, louant un appartement, se rendait coupable de bruits de tirage d'eau dépassant le force des voix d'une conversation et à des heures inhabituelles (la nuit) ou encore dans des conditions critiquables (gros débit, ouverture discontinue et répétée des robinets).

Des plaintes avaient été émises, notamment de la part de l'occupant de l'étage inférieur.

Le locataire en cause ne contestait pas cette utilisation, mais mettait en cause la mauvaise isolation de la tuyauterie de l'immeuble.

La cour estime que, même si l'isolation de tuyaux laisse à désirer, le fait pour un locataire, en ayant connaissance de ce défaut d'isolation, et des plaintes des autre occupants de l'immeuble de continuer à utiliser l'eau à des heures inhabituelles, et dans des conditions particulières également ci-dessus rapportées, fonde une résiliation du bail sur la procédure engagée par son bailleur.

Curieuse histoire d'eau...

Par jean.devalon le 30/01/08

Selon Catherine, mon régulateur domestique, le propos d'hier sur Epicure tenait de « la prise de tête » ; Alors, ce matin, comme un ressac, trois questions.

Jérôme Kerviel, le trader bien connu de la Société Générale n'aurait pas pris de vacances depuis deux ans. Si l'information est exacte, un jeune homme de trente ans, maniant des milliards d'euros est resté à son travail sans discontinuer pendant de trop longs mois, au risque évident de perdre contact avec la réalité.

Question : y a-t-il une gestion des ressources humaines à la Société Générale ?

Les taxis bloquent Marseille. On sait que la commission Attali propose d'attribuer des licences gratuitement et de déréglementer les territoires attribués. Les taxis ne sont pas une profession riche et la licence est leur capital. Aucune indemnisation ne parait avoir été prévue (aux notaires, on projette de donner le divorce pris aux avocats) sans que l'on sache si l'impact économique sur leur revenu a été étudié.

Question : l'Etat est-il loyal ?

Et les toilettes ? Oui les toilettes. La presse a évoqué la rude question de la saleté des toilettes scolaires, au point que les enfants ne veulent pas s'y rendre. J'ai, moi, un souvenir ému d'une aire d'autoroute où, en dehors de la saleté, la chasse d'eau fonctionnait à l'horizontale (avec les conséquences dramatiques que l'on imagine). Ou encore les toilettes du récent parc du 26 ème centenaire, à Marseille, tellement immondes que l'on croirait qu'elle sont d'époque, m'obligeant à conduire, en cas d'urgence, ma petite fille sous les bosquets, avec les risques de lynchage que l'on imagine. Mais plus sérieusement, les toilettes scolaires, comme le poids des cartables, cela fait des décennies que l'on en parle.

Question : le progrès en la matière sera-il pour ce siècle ?

Et voilà, pour aujourd'hui, un propos bien terre à terre.

Par jean.devalon le 29/01/08

Le monde oscille donc entre volonté de puissance et volonté de jouissance, au grand dam des philosophes. J'ai feuilleté à cet égard, le « philosophie magazine » de février. Il s'y trouve, d'ailleurs, un article de Raphaël Enthoven dont l'ex compagne a rejoint le président qui se rembrunit ces jours ci.

Mais, aussi, un cahier central sur Epicure.

Il existe un contresens sur la pensée de ce philosophe, dont on pense qu'il appelle à la jouissance.

Et bien, non. Il invite certes au bonheur, mais celui-ci doit se trouver dans une certaine limitation des désirs, qui assure le bonheur : « Il ne faut pas faire violence à la nature, mais la persuader ; nous la persuaderons en contentant les désirs nécessaires, et aussi les désirs naturels s'ils ne sont pas nuisibles, mais en repoussant durement les nuisibles »

Si Epicure était aujourd'hui avocat, devrait-il confronter ses désirs aux curieuses réformes qui atteignent la justice? Ses désirs seraient–ils alors nécessaires et naturels comme vouloir défendre un idéal de liberté ?

Ou le bonheur résiderait-il, pour lui, dans l'acceptation ?

Mais poser la question n'éloigne t-il pas déjà ce bonheur recherché?

Est-ce relever, alors, du masochisme que de se la poser ?

Ou de la nécessaire révolte ?

Par jean.devalon le 27/01/08

C'est aujourd'hui jour de repos.

Partons en promenade dominicale

Par jean.devalon le 18/01/08

On sait l'émoi que provoquent, régulièrement, ces cas tristes où des salariés licenciés pour motifs économiques se voient, en outre, proposer des postes à l'étranger, et même au pays du comte Dracula.

Mais il faut dire que l'employeur est obligé de proposer ces postes.

La Cour de Cassation, encore le 4 décembre 2007 estime en effet que les possibilités de reclassement doivent être envisagées à l'intérieur d'un groupe parmi les entreprises dont les activités, l'organisation ou le lieu d'exploitation leur permettent d'effectuer une permutation du personnel, même si certaines de ces entreprises sont situées à l'étranger, sauf à l'employeur à démontrer que la législation applicable localement aux salariés étrangers ne permet pas le reclassement.

Et si l'employeur ne propose pas, le licenciement pourra être dit sans cause réelle et sérieuse.

Il est donc, de fait, tenu de proposer des postes, dans les Balkans même, alors parfois que cette proposition ajoute comme une triste ironie au drame humain vécu.

Par jean.devalon le 12/01/08

La commission Attali suggère donc la disparition progressive du département. Echelon administratif conçu, à sa création, comme pouvant être traversé à cheval, de chef lieu à chef lieu, dans la journée.

Aujourd'hui, 26 régions, 100 départements, 36 000 communes et 10 000 groupements de communes se partagent les faveurs des française en strates surajoutées les unes aux autres.

C'est là autant d'occasion de lourdeurs administratives, de doublons et puis aussi de gaspillages, chaque structure ayant à sa tête un baron local, en concurrence avec d'autres barons et toujours soucieux du bien public, qui souvent ressemble, à s'y méprendre, au sien propre.

Allier une disparition du département à une loi drastique sur le cumul des mandats, dans leur nombre et surtout leur durée, serait une grand progrès démocratique.

Franchement, cette réforme serait nécessaire au bien public, montrant que nos princes, eux aussi, savent partager les efforts demandés à ceux qu'ils gouvernent.

Voilà, c'était une rêverie matinale.

Par jean.devalon le 11/01/08

Sous l'ancien régime, la lettre de cachet était l'ordre royal d'emprisonnement, ou de bannissement, sans jugement. C'était le symbole de l'arbitraire royal. Le roi pouvait ainsi faire enfermer une personne sans jugement préalable et sans même qu'une infraction ait été commise.

La république a balayé cet arbitraire, (dont il faut reconnaître que l'usage était mesuré).

On ne peut pas, en république, enfermer arbitrairement.

Soit l'individu est saint esprit et l'on punit alors les actes qu'il a commis. Il est convoqué devant un Tribunal, défendu par d'excellents avocats et condamné pour une durée déterminée à l'avance, en vertu de la loi applicable au jour du jugement. Une fois sa punition accomplie, il recouvre la liberté.

Soit l'individu n'est pas sain d'esprit, il est alors malade et s'il présente une dangerosité pour lui-même ou les autres, il sera enfermé pour raison médicale et sera libéré selon l'évolution de son état mental. Il sera considéré comme un malade.

Plusieurs drames humains horribles, dont se sont rendus responsables des pédophiles récidivistes, ont conduit le gouvernement à prévoir l'enfermement, à l'issue de leur peine, de certains condamnés, dans un centre socio- médico- judiciaire. Le pédophile est aux confins de la maladie, mais s'il a été jugé par un tribunal comme sain d'esprit, cette mesure est à tout le moins troublante.

Les députés, de surcroît, sont allés encore plus loin, en prévoyant que le projet s'étendrait notamment à tous les auteurs de crimes aggravés condamnés à, au moins, quinze ans de prison.

Cet enfermement complémentaire serait décidé par une commission pluridisciplinaire (préfet, magistrat, psychologue, psychiatre, avocat, victime). La décision serait prise pour une durée d'un an, renouvelable, sans limite, par une commission composée de trois magistrats de la cour d'appel.

Ainsi, un homme sain d'esprit, jugé dangereux par une commission administrative pourrait se voir privé de sa liberté sans jugement. Une commission n'est pas un tribunal avec les garanties qu'il offre.

Si l'on peut considérer la question des délinquants sexuels comme particulière et délicate, pour se trouver, peut-être, aux confins de la maladie mentale, l'application d'une règle identique à des hommes sains d'esprit comporte un évident risque d'arbitraire.

Le principe républicain, s'agissant de l'homme sain d'esprit, est de le punir pour les actes qu'il a commis. On punit un acte.

Là, ce n'est pas un acte qu'on punirait : on écarterait de la société un homme qui a effectué la peine punissant les crimes commis, et n'en n'a pas commis d'autres. Cela, parce qu'une commission aurait décidé de le bannir de la société.

Il est même prévu que la loi puisse s'appliquer à des individus déjà condamnés, violant le principe de la non rétroactivité de la loi pénale.

Quand j'ai évoqué ci-dessus les lettres de cachet, si l'on remplace le mot roi par le mot commission cela donne :

« La commission peut ainsi faire enfermer une personne sans jugement préalable et sans même qu'une infraction ait été commise »

Sur le plan des principes, c'est strictement la même chose. Quand la Bastille a été prise, elle était quasiment vide, mais son existence même, et le principe des lettres de cachet révoltent encore aujourd'hui les républicains que nous sommes.

Mais alors, que fabriquent nos députés sans mémoire ? Regrettent-t-il la monarchie ?

À quoi bon, finalement, avoir fait la révolution ? Avoir coupé la tête du bon roi Louis XVI ?

Au fait, à quand le rétablissement de la peine de mort ?

A la hache, restons prérévolutionnaires !