Par jean.devalon le 02/12/11

Ce matin, elle m'a dit : « tu es mieux habillé que d'habitude, plus moderne » ou quelque chose d'approchant. Elle a critiqué en revanche la couleur de la ceinture.

Elle, ce n'est pas ma tendre épouse (nos femmes ne nous regardent plus), c'est fillotte du haut de ses futurs 11 ans.

Ça promet.

Après, à l'expertise, il y avait notre vieille consoeur B qui mord tout le monde, mais dont les vieilles dents sont bien usées.

Le syndicat de copropriété de dire, parlant d'une des copropriétaires : « elle nous a quitté »

Il a précisé ensuite qu'elle était morte, ce qui a quelque peu troublé son avocat présent, avant de se rétracter.

C'était une erreur.

Cela a jeté un froid mortuaire.

Pour ceux que ça intéresse le plafond était désormais sec et les traces d'humidité causée par un phénomène immémorial de capillarité.

Au bureau, ma douce ne m'a pas complimenté sur mon look jeune homme (il faudrait peut-être que j'essaie une perruque) mais elle a clamé que notre confrères S avait été radié.

J'ai sursauté, il est un peu coquin dans les dossiers, mais quand même !

C'était une maladresse formulation : c'est un de ces dossiers qui avait été radié.

Mais le bougre doit avoir l'habitude.

Allez, soyons sérieux et dictons donc ce dire à expert qui ne saurait attendre.

Par jean.devalon le 30/11/11

Ce soir, comme tous les soirs, une voix douce susurrera au téléphone :"n'oublie pas la pain!"

Hélas,ce soir je ne pourrai pas aller chercher le pain,

ni aller chez picard ou quelque bricomachin

Que voulez-vous, j'ai oublié ma kalachnikov!

Je n'ai que mon dictaphone.

Comme on dit désormais, ça ne va pas le faire.

Désolé.

Par jean.devalon le 27/11/11

Le métier d'avocat est aussi, peut-être même surtout, un métier de conseil et ne se limite pas à l'intervention devant les tribunaux, qui est au fond comme une intervention chirurgicale que l'on n'a pu éviter et à laquelle on peut ne pas survivre.

Mais cette idée, d'évidence, n'est pas si facilement appréhendée par la population qui conserve encore de la profession d'une image parcellaire.

Je lisais ce matin fémina, le complément du week-end du journal la Provence.

J'adore, pour tout dire le courrier des lecteurs avec les questions posées à la psychologue de service.

Il y a cette semaine la petite fille de 14 ans à qui un adulte de neuf ans de plus propose de faire des photos à 300 km de son domicile : la psychologue déconseille

Il y a, aussi,la femme qui a craqué pour le jeune voisin homosexuel qui lui lance pourtant des regards insistants qui en disent long et qui voudrait bien qu'il comprenne qu'elle a craqué, la coquine.

La psychologue lui conseille de ne pas se nourrir d'illusions.

Il vaut mieux, en effet une bonne choucroute.

Il y a, cette fois-ci, un article un peu inhabituel qui relate ce que le lecteur peut faire sans son notaire et pour moins cher.

Je dis que c'est inhabituel car, en général, le notaire de famille est bien perçu par la presse.

Il est donc rappelé que la déclaration de succession représente 1 % de l'actif brut même s'il y a un passif et qu'il est possible de la faire soi-même ; comme il est possible de rédiger un testament et de le déposer ensuite chez le notaire pour 15 euros.

S'agissant des donations, il est rappelé que l'acte notarié est obligatoire seulement pour les donations immobilières et qu'un avocat a autant de compétence d'un notaire mais que ses honoraires, fixés à l'avance, ne dépendent pas du montant des sommes en cause.

Ce qui est intéressant, intellectuellement, c'est la remise en cause implicite du tarif, comme la compréhension que la profession d'avocat peut aussi offrir des prestations comparables.

Je ne comprends pas d'ailleurs, pourquoi l'avocat ne peut pas rédiger de contrat de mariage.

Les observations qui précèdent ne tendent pas à critiquer Justin le tabellion et ses copains, mais simplement à observer une évolution des mentalités.

Pour ma part, je reste convaincu que les professions « à tarif » devront évoluer (Je ne parle pas de la plus vieille profession du monde)

Cela étant je reviens au courrier des lecteurs et à cette femme qui a une bonne situation et dont le compagnon musicien ne gagne pas un sou. Elle se fait du souci pour l'avenir matériel de sa famille future. Car le bougre aime cette existence de bohème alors qu'elle n'est pas sereine avec le fait qu'il vive à ses crochets et le couple se heurte sans trouver de terrain d'entente. (Zut, même plus la literie !)

De toute façon, j'ai vu, je crois dans « femme actuelle », que les couples avaient environ 312 disputes par an et que c'était très sain.

C'est la raison pour laquelle je laisse toujours traîner des chaussures sous la table en verre du salon.

Il y en a une qui n'a rien à dire, sinon je la dénonce.

Mais j'irai cependant chercher le gâteau du dimanche.

Par jean.devalon le 26/11/11

Si les miracles existent, et le doute est permis, c'est à Lourdes et pas sur Internet

Apparemment un site, direct-avocat.com, promettait des miracles en matière d'annulation de permis de conduire.

Et même, moyennant 4500 euros, il aurait été délivré une attestation par un conducteur pour qu'il puisse conduire.

En fait, cela l'a conduit en garde à vue et à porter plainte.

Quant à l'avocat créateur du site, Yannick Rio, il aurait conduit sa vie sous d'autres cieux plus cléments après avoir été suspendu et être en passe d'être radié.

En tout cas, le site, lui, est toujours en activité

Si les faits sont avérés, c'est quelque peu inquiétant.

Cela étant, je précise que mon cabinet, moyennant 10 000 euros, peut délivrer des attestations indiquant que le contribuable concerné est dispensé de payer tout impôt.

Le site est en passe d'être créé.

Ce qui est rassurant, c'est que plus l'arnaque est grosse, plus il paraît y avoir de gogos susceptibles de mordre à l'hameçon

Par jean.devalon le 25/11/11

Être avocat de bailleur à l'audience des référés un vendredi matin, dans une salle surchauffée, ne s'apparente pas un grand moment de plaisir.

Une mouche mourante est venue finir sa vie en tombant sur mon crâne.

L'avocate à qui j'avais refusé un renvoi, la dette étant d'importance (plusieurs milliers d'euros) et le locataire n'ayant pas jugé utile d'opérer de versements depuis plus d'une année, me regardait comme si j'étais un être monstrueux.

La locataire était venue, qui n'avait pas jugé utile de prendre contact d'ailleurs avec son avocate depuis fort longtemps.

Également l'une des cautions, un brave homme, parlant en fort peu le français.

Il a expliqué au juge que quelqu'un dans la salle pouvait traduire.

Le juge, mutin, de dire « l'avis d'un ami » références culturelle à un jeu télévisé.

J'ai suggéré, plutôt, « l'avis du public ».

L'homme est revenu, accompagné d'un tiers.

Le juge de demander s'ils se connaissaient ; la réponse a été négative, mais ils parlaient la même langue.

Ils étaient assis à coté, dans la salle.

C'est donc moi qui avait raison : c'était l'avis du public.

L'avocate d'expliquer qu'elle n'avait pu contacter sa cliente, et que ci, et que sa.

Il m'a bien fallu, dans le rôle du méchant, rappeler que la dette était lourde et que rien n'était payé.

Le dossier, bien sûr, a été renvoyé.

Vous me demandez ce que j'en pense ?

On a droit à un joker ?

De toute façon, on peut même imaginer que, plus tard, une fois la condamnation obtenue, la commission de surendettement propose un rétablissement personnel avec effacement de la dette.

Ça se voit, ces choses-là.

Un jour, peut-être, le législateur s'interrogera-t-il pour savoir si, en termes de gestion des situations de dettes locatives devant les juridictions, on n'est pas allé trop loin dans le souci légitime, mais systématique, de protection des locataires en négligeant le propriétaire par nature, je suppose, imaginé comme nanti.

Un jour, peut-être.

Par jean.devalon le 24/11/11

Une compagnie d'assurance soutenait ne pas devoir sa garantie à un architecte aux motifs qu'elle couvrait les travaux liés aux missions qui lui sont confiées avant la date de prise d'effet du contrat, lorsque ces travaux auront fait l'objet d'une déclaration réglementaire d'ouverture du chantier (DROC) pendant la période de validité du contrat.

Elle estimait ne pas devoir sa garantie car où, après un contrat de maîtrise d'oeuvre du 14 janvier 2003, la DROC avait été établie le 25 mars 2003 et déposée en mairie le 10 octobre 2003, toutes dates qui antérieures à la prise d'effet du contrat fixée au 24 octobre 2003, les travaux ayant de plus débuté le 16 octobre 2003 selon le calendrier des travaux.

Si une cour d'appel lui avait donné raison ,la Cour de cassation par un arrêt du 13 novembre 2011 casse aux motifs qu'il résulte des articles L. 241 et A. 243-1 du code des assurances, qui sont d'ordre public, et des clauses types applicables au contrat d'assurance de responsabilité pour les travaux de bâtiment figurant à l'annexe 1 de cet article, que l'assurance de responsabilité couvre les travaux ayant fait l'objet d'une ouverture de chantier pendant la période de validité du contrat d'assurance, et que cette notion s'entend comme le commencement effectif des travaux confiés à l'assuré, la cour d'appel, qui n'a pas relevé la date à laquelle avaient effectivement commencé les travaux réalisés sous la maîtrise d'oeuvre de M. Z..., a violé les textes susvisés.

Par jean.devalon le 21/11/11

Il n'est pas facile de devoir dire à quelqu'un que la partie est terminée.

Je sais notamment un expert-comptable et un architecte qui géraient avec laxisme leur entreprise, comptant peut-être sur leur notoriété, et qui ont été emportés comme tant d'autres.

Une cliente, de bonne famille, comme on dit, propriétaire, mais en difficultés financières.

Le juge donne les 24 mois de délais qu'il peut donner et qui ont été demandés.

Mais l'évocation d'un éventuel surendettement, parce qu'il faudra probablement en venir là entraîne la demande d'une procédure d'appel pour que le juge d'appel sache le complot odieux qui a fait que...

Dire non, bien sûr, à un appel incohérent.

Difficile cependant de faire comprendre que, dans l'ensemble, la justice, même imparfaite, ne complote pas contre le justiciable.

Simplement que la chute a été brutale, mais inexorable.

Par jean.devalon le 12/11/11

..."Quand l'argent public était abondant, les uns croyaient stimuler la croissance par des dépenses publiques supplémentaires, les autres par des baisses d'impôts. Les deux sont renvoyés au jugement sans appel de la dette. Il faut chercher la croissance ailleurs, en combattant les rigidités de la société française. Les préconisations du rapport Attali devraient être mises en oeuvre, comme le furent celles du rapport Rueff-Armand dans la situation financière comparable du début de la Ve République. Un exemple : le logement. Chacun se plaint du prix de l'immobilier. Or, le code de l'urbanisme est un enfer de complexité. N'importe quelle association peut bloquer un projet de plusieurs centaines de logements pendant des années. Celui qui empêche de créer est plus puissant que celui qui crée. Avec la recherche illusoire du risque zéro, c'est la paralysie générale qui gagne. Pour retrouver de la croissance, il faut déverrouiller, redonner de l'oxygène à ceux qui créent. Ça ne coûte rien. La bataille contre les normes doit être prioritaire"

Gilles Carrez dans le point

Il parait que les Chinois appellent notre pays le pays de la loi tant tout y est écrit, codifié, rigidifié

Combien de temps va-t-il encore falloir avant que les gouvernants et potentiels gouvernants n'acceptent l'idée que l'inflation normative nous ruine tout autant que l'inflation honnie par la BCE ?

Par jean.devalon le 02/11/11

J'ai une question juridique à poser au lecteur.

Je viens donc de prendre en location un logement, pour avoir vendu mon appartement et n'avoir pas trouvé exactement le bien que je cherche.

Je suis donc devenu un bon et temporaire locataire.

L'appartement a été refait et les travaux achevés depuis peu.

J'ai expliqué à l'agence immobilière qu'il me paraissait étonnant qu'il n'y ait pas de gaz, Etonnant mais quand même gênant, surtout dans l'hypothèse d'un chauffage individuel au gaz.

Une société est passée ce matin, pour contrôler l'installation générale et a relevé, bien sûr, les habituelles non conformités sans lesquelles il n'y aurait pas de plaisir.

Le chauffagiste est passé aussi qui n'a pas pu vérifier la chaudière puisqu'il n'y avait pas de gaz.

Lui qui connaissait l'appartement a précisé qu'à son avis l'entreprise avait créé un faux plafond sans laisser de trappe d'accès et qu'il pensait que sous le faux plafond se trouvait une arrivée de gaz à ouvrir.

Il fallait donc, selon lui, prendre un marteau et casser le nouveau plafond.

La question juridique que je pose aux lecteurs est la suivante : le bailleur a-t-il rempli son obligation de délivrance ?

La deuxième question que je me pose est de savoir où j'ai rangé mon marteau.

Par jean.devalon le 31/10/11

J'ai donc déménagé.

Un choix dicté par la raison.

En effet, il a bien fallu observer que dans notre douce ville de Marseille, les impôts locaux ont, au fil des ans, explosé.

Bien sûr, tant le maire de Marseille, monsieur Gaudin, que le président du conseil général, monsieur Guérini (Jean-Noël, pas Alexandre) seront capables d'expliquer, entre deux rodomontades, que c'est pour le bien de la population et non par inconscience pure.

Dans la même période, les charges de copropriété ont elles-mêmes explosées ; 15 % cette année dans mon immeuble.

Toujours est-il que j'ai donc estimé qu'un appartement de 230 m² dans des un immeuble haussmannien, avec chauffage collectif, allait s'avérer, au fil des années une charge financière lourde et qu'il n'était peut-être pas inutile de vendre avant que peut-être l'immobilier ne s'affaisse.

Prendre son bénéfice, en quelque sorte.

J'ai donc déménagé.

Cela étant, les enfants ayant grandi, comme on dit, le choix à venir d'habitat est un peu différent, mais pour l'instant virtuel, car nous n'avons pas trouvé le logis de nos rêves.

Et je suis donc devenu, depuis la semaine dernière, locataire pour quelque temps.

Curieusement d'ailleurs dans le boulevard de mon enfance, dans ce huitième arrondissement de Marseille qui se veut si BCBG, avec ses blondes à 4X4 en double file et à petits chiens chiens

C'est une impression étrange que de se retrouver là, boulevard du temps qui passe comme dirait Georges.

Et je découvre donc un nouvel appartement, refait à neuf.

Bien sûr, il y a la bonde du lavabo de la salle de bains qui fuit.

Bien sûr encore, la douche de la salle d'eau est également fuyarde.

J'ai un lourd passif avec l'eau, l'exorciste vous le dirait

Mais il y a plus étrange dans cet appartement : il n'y a pas de gaz.

Je ne parle pas du chauffage, il est encore trop tôt, mais de la simple possibilité de faire cuire des pâtes, par exemple, ou un enfant.

Il n'y a pas de gaz, s'est tout.

Nous avons appelé bien sûr Gaz de France et le technicien est venu qui a confirmé que le gaz arrivait normalement à l'appartement, mais que c'était après qu'il devait y avoir un problème.

J'ai découvert alors ce plaisir jouissif du locataire qui peut se plaindre et j'ai, immédiatement, traqué sur son portable, pendant ce pont, le brave homme de l'agence qui avait eu le tort de nous le laisser.

Il m'a expliqué qu'il fallait ouvrir le gaz sur le palier, je lui ai répondu que parfois ma femme aussi me prenait pour un débile complet.

A tort, bien évidemment.

J'ai appelé encore le chauffagiste qui va venir vérifier la chaudière et auquel j'ai indiqué qu'il n'y avait pas de gaz dans l'appartement.

Lui aussi m'a paru penser que je n'avais rien compris à l'installation.

Mais ce qu'ils ne savent pas, c'est qu'il en est de même pour ma douce associée au bureau et au domicile qui a vérifié avec compétence pour parvenir à la même interrogation :pourquoi le gaz n'arrive-t-il pas jusqu'à la cuisinière et où se perd-il en route ?

Dès que j'aurai la réponse, je la livrerai.

Mais qu'il est doux de pouvoir simplement réclamer.

J'ai droit à mon gaz !

Trop bon !

Au fait, j'ai pas internet non plus...