Par jean.devalon le 23/08/10

Le locataire, au visa de l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989 peut donner congé avec un délai de préavis réduit de trois à un mois dans plusieurs cas.

L'un de ces cas est la perte d'emploi.

Par un arrêt du 24 mars 2010, la Cour de Cassation précise que l'absence d'emploi ne permet pas au locataire de bénéficier du délai de préavis réduit.

Le fait de produire une attestation des ASSEDIC indiquant que le locataire est indemnisé depuis plusieurs semaines à la date à laquelle il a donné congé n'équivaut pas à la justification de la perte d'emploi et ne permet pas de bénéficier du délai réduit.

Par jean.devalon le 06/07/10

Les normes sont autant de tentacules qui enserrent l'humain et l'étouffent.

Dans un dossier, sans grande originalité, il a bien fallu plaider, au regard de la jurisprudence actuelle de la Cour de Cassation, qu'un rapport d'assurance de protection juridique, intervenu sans la présence de toutes les parties n'avait pas de caractère contradictoire.

Et le juge des référés, fort sagement, a désigné un expert judiciaire.

Ce qui n'empêche qu'entre-temps le propriétaire, informé, a fait réaliser les travaux nécessaires pour assurer la mise hors d'eau du logement à la suite d'une rupture de canalisation.

Et l'expert avait donc comme mission de déterminer si le logement était décent au regard du décret de 2002.

Un couple âgé, à la retraite.

L'homme moqueur, qualifiant de déesse la représentante du propriétaire et, quant à moi, de me dire qu'il m'avait vu dans son bar avec une blonde.

J'ai dû préciser, réputation oblige, que les blondes étaient au moins au nombre de quatre.

Mais, de braves gens, avec la faconde méridionale et une gentillesse grande comme ça.

La femme de dire qu'après une certaine heure, elle était fatiguée.

Ma cliente, la connaissant, de murmurer le nom horrible d'Alzheimer.

En tout cas, les choses étaient au jour de l'expertise résolues, selon l'expert.

Sauf une ou deux chose que personne ne vit, relativement au décret de 2002, et qui seront faites car plus que les normes et les procédures l'humanité et le respect des êtres peuvent guider les comportements, y compris des propriétaires.

Par jean.devalon le 29/06/10

'La distance horizontale de tout point du bâtiment à édifier au point le plus proche de la limite séparative devra être au moins égal à la différence d'altitude entre ces deux points sans être inférieure à 4 mètres.'

Tout bête !

Par jean.devalon le 28/06/10

La dernière semaine avant les vacances judiciaires, pour l'avocat, c'est un peu comme pour le cycliste qui, coup de pédale après coup de pédale, lacet après lacet, lutte pour parvenir au sommet du col lointain où il pourra se reposer et goûter l'air frais de la montagne.

Dernières audiences surchargées, dossiers à boucler,dates de vacances des interlocuteurs à vérifier, mais aussi les fêtes des écoles, les kermesses... et tout cela s'entrechoque sans pitié aucune pour le pauvre avocat.

Mais, moi, l'air de la montagne, je l'ai respiré ce matin.

Ce n'était pas au sommet du au col du Lautaret, mais dans le cabinet de mon dentiste.

Pour y accéder j'ai dû, au sortir du métro, monté un boulevard pentu, dernier effort

Dans son cabinet, outre la climatisation, il a installé un appareil de science fiction qui purifie totalement l'air.

Je me suis dit, qu'à tout prendre, ça valait bien l'air de la montagne et l'effort accompli pour parvenir dans ce lieu de délices

Savoir positiver en toutes circonstances est le secret du bonheur

juin
14

La revue!

Par jean.devalon le 14/06/10

Ce vendredi, la revue du barreau de Marseille.

Spectacle de fin d'année, en quelque sorte, dans la tradition du carnaval, ou encore du fou du roi, c'est-à-dire de l'irrévérence et de l'insolence.

Les bâtonniers sont alignés au premier rang et s'entendent dire des amabilités.

Ils rient alors d'un joli rire jaune tournesol.

Parfois, il est vrai, les défauts des uns et des autres sont épinglés.

Des surnoms se font ainsi, je pense à 'la grossièreté en cinq lettres', ou à (non, ça je ne peux pas décemment l'écrire)

Il n'est pas impossible, cette année, que les élus marseillais du Conseil National des Barreaux aient les oreilles qui sifflent.

Pas impossible non plus, en contrepoint, qu'il en soit de même pour les obsédés du RPVA.

Mais, en tout cas, tant que cette profession sera capable de rire, et de rire d'elle-même, elle ne sera pas tout à fait notariale, puisque les notaires ont lancé une campagne de publicité dans laquelle ils se glorifient de n'avoir pas le sens de la fantaisie.

Les pôvres!

Par jean.devalon le 19/05/10

Je ne sais si je dois, en l'espèce, me sentir flatté ou bien vexé.

Une invitation pour un colloque organisé par une importante société cliente en matière immobilière est en soi flatteuse.

Mais une invitation par télécopie la veille pour le lendemain peut laisser supposer aussi un oubli (criminel) où la nécessité de remplir une salle.

Suis-je flatté ou bien vexé ?

De toute façon, outre son intérêt, la qualité de la puissance invitante me laissera le temps du colloque pour le déterminer.

Par jean.devalon le 04/05/10

Il arrive que les copropriétaires ne soient pas satisfaits de leur syndic de copropriété.

Il faut quand même reconnaître que le métier de syndic est difficile et nécessite d'avoir les nerfs solides.

J'en connais qui ont les yeux bien cernés...

Mais, parmi les multiples griefs qui sont articulés à leur encontre, il en est un qui revient régulièrement : le syndic n'a pas exécuté une décision d'assemblée générale.

C'est, pourtant, une obligation qui est la sienne ainsi que le rappelle l'article 18 de la loi du 10 juillet 1965.

Il doit en effet assurer l'exécution des dispositions du règlement de copropriété et des délibérations de l'assemblée générale.

Et s'il ne le fait pas, le même article 18 rappelle qu'en cas d'empêchement du syndic pour quelque cause que ce soit ou en cas de carence de sa part à exercer les droits et actions du syndicat et, à défaut de stipulations du règlement de copropriété, un administrateur provisoire peut être désigné par décision de justice.

En effet, il existe une procédure prévue par l'article 49 du décret du 17 mars 1967 qui dit qu'en cas d'empêchement de carence du syndic, le syndic en fonction peut être assigné par tout intéressé devant le président du tribunal de grande instance, statuant en référé afin de faire désigner un administrateur provisoire de la copropriété dont la mission comportera les mêmes attributions que syndic, à moins cependant qu'elle ne soit limitée à un point précis.

C'est une disposition à avoir dans un coin de la tête.

Par jean.devalon le 20/04/10

La fraude commise lors de la conclusion de baux dérogatoires successifs interdit au bailleur de se prévaloir de la renonciation du preneur au droit à la propriété commerciale.

Le 24 novembre 1999, des locaux à usage commercial avaient été donnés à bail à une société pour une durée de 23 mois s'achevant le 31 octobre 2001. Puis, le 7 octobre 2001, le propriétaire avait donné à bail les mêmes locaux à l'associée majoritaire de la société initialement locataire pour une durée de 23 mois s'achevant le 6 octobre 2003.ET Par un troisième et dernier contrat, ces mêmes locaux avaient de nouveau été donnés à bail à la société, preneur initial, pour une durée de 23 mois s'achevant le 6 septembre 2005.

Le propriétaire avait fait connaître le 20 octobre 2005 son intention de mettre fin à ce dernier bail, Le locataire a alors voulu se voir reconnaître le bénéfice du statut des baux commerciaux.

Sa demande avait été rejetée par les juges du fond au motif qu'elle avait valablement renoncé au droit à la propriété commerciale qu'elle avait acquise depuis le 1er novembre 2001, en signant un nouveau bail dérogatoire le 2 octobre 2003, contenant une clause expresse, non équivoque, de renonciation au bénéfice du statut des baux commerciaux.

Si la conclusion d'un deuxième bail dérogatoire faisant dès lors dépasser la durée de 24 mois peut entraîner pour le locataire le bénéfice du statut des baux commerciaux, il est admis la possibilité pour le locataire de renoncer à ce droit une fois celui-ci né.

Mais l'arrêt précité, apporte un tempérament : il ne faut pas qu'une fraude été commise, comme en l'espèce en faisant signer un associé au lieu de la société pour priver celle-ci de ses droits.

(Cass. civ. 3, 8 avril 2010, n° 08-70.338)

avr
15

36%!

Par jean.devalon le 15/04/10

Je suis, ce matin, en cette douce période de vacances judiciaires, parti en expertise.

J'ai décidé d'y aller à pied, une demi-heure de marche pouvant, en partie, compenser certains excès.

L'expert devait examiner, dans une petite copropriété, un appartement situé au rez-de-chaussée, présentant une regrettable présence d'eau récurrente dans les murs.

Divers hommes de l'art avaient donné leur avis. Capillarité pour les uns, salle de bains de l'étage supérieur pour les autres, mais pendant ce temps l'eau stagnait, si je puis dire.

Sur place, bien sûr, l'avocate du demandeur.

Une charmante consoeur, plutôt férue de droit social, ayant prêté serment au milieu des années cinquante et avec, il faut le dire, un caractère de pitbull.

Elle est, dès le départ de l'expertise, parti dans une longue tirade contre le syndic.

Il faut dire que les subtilités entre syndicat de copropriétaires, syndic de copropriété, parties communes, partie privative et les conséquences juridiques qu'elles peuvent entraîner ne lui avaient pas, jusqu'à présent, semble-t-il, paru nécessaires à évoquer.

Puisqu'elle a fait le pitbull, j'ai fait le rottweiler.

L'expert a demandé l'arrêt du match de boxe, mais ce n'était pas un match de boxe, mais un combat de chiens.

L'expert a donc, ensuite, sorti son testeur est a trouvé 38% d'humidité sur tout le long du mur mitoyen de l'immeuble.

Capillarité a-t-il dit.

Nous sommes montés dans l'appartement supérieur, avec l'aimable compréhension de son occupante, non présente dans la procédure (consoeur ?), une pauvre fonctionnaire de police qui venait juste de rentrer de son travail et que nous avons tirée du lit.

L'expert ressort donc son testeur et toujours trouven38% d'humidité dans le mur, à 2 m de hauteur.

Il en profite, tant qu'à faire, pour se tester lui-même et aboutit à 32% d'humidité, me tests également, ce qui donne 36% d'humidité et la justification, dès lors de ma marche.

Mais, il en tire la conclusion qu'il ne peut plus s'agir de capillarité.

Je parle là de la présence d'eau dans le mur.

L'eau ne monte pas, elle descend.

Mais d'où vient-elle ?

Vaste question qui nécessitera, aussi, d'appeler en cause le syndicat des copropriétaires voisin (consoeur ?)

Ma charmante consoeur de me dire, par rapport aux 36° : « vous ne saviez pas que vous étiez humide ? »

Son oeil pétille.

Qu'a-t-elle voulu dire ?

Je l'ose imaginer, j'ai peur.

L'expertise s'achève, c'est fini pour aujourd'hui.

Nous reviendrons donc bientôt.

Au retour, place Castellane, une jeune femme avec un doigt bandé.

Une autre arrive et lui demande ce qui s'est passé.

Elle répond : « ma pauvre, je me suis viandée comme une grosse conne. J'ai voulu couper du jambon. »

Propos explicite, s'il en est.

Apparemment, le doigt a remplacé le jambon.

Mais, là, la cause est connue, il n'y a pas besoin d'expertise pour la déterminer.

Par jean.devalon le 19/03/10

Comme tout bon conservateur, je suis particulièrement rétif aux changements.

Et les innovations procédurales générées au fil des ans, la multiplication des commissions diverses et variées me laissent un peu désarçonné avec le sentiment que m'attendent les poubelles de l'histoire.

Hier une audience de CRPC, parce qu'une composition pénale s'était perdue dans les méandres paperassières.

Je ne sais à qui cette procédure fait gagner du temps mais il faudra en tout cas quelques décennies pour que sur l'appel d'une réelle négociation existe, le parquet étant le parquet.

L'après-midi la commission départementale de conciliation des rapports locatifs ou, pour représenter souvent un bailleur institutionnel marseillais, il m'arrive d'être presque pris à partie par le collège des locataires dont certains des membres sont particulièrement virulents.

Même que dans un dossier où j'avais pour instruction de ne pas concilier et devant l'affirmation répétée d'un membre précisant que ce n'était pas normal, et que ci et que ça, je lui ai dit, avec certes une certaine perversité, qu'il faisait du Sarkozy en voulant tout imposer.

Il n'a pas aimé, le monsieur !

Mais, la, à l'instant, je viens de m'offrir un plaisir du soir.

Je me suis dit, tient au fait, le RPVA.

Chut, ce silence national est peut-être comme l'oeil du cyclone.

Toujours est-il que j'ai donc consulté ma messagerie et trouvé une ordonnance rendue ce jour.

Quel plaisir sur le coup de 18 heures de voir une excellente décision de référé qui condamne un téméraire locataire commercial à payer à son bailleur 750 euros d'article 700.

C'est donc sur cette note optimiste que s'annonce le week end, dont il paraît, au demeurant qu'il sera pluvieux