Par jean.devalon le 06/09/13

Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,

Berceuse du chaos où le néant oscille,

Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,

Toute pleine du bruit furieux des clairons,

Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,

Hideuse, entraîne l'homme en cette ivrognerie,

Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,

Où flotte une clarté plus noire que la nuit,

Folle immense, de vent et de foudres armée,

A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,

Si tes écroulements reconstruisent le mal,

Si pour le bestial tu chasses l'animal,

Si tu ne sais, dans l'ombre où ton hasard se vautre,

Défaire un empereur que pour en faire un autre ?

Victor Hugo

Ou défaire une dictature pour en faire advenir une pire encore

Par jean.devalon le 05/09/13

Marseille est la deuxième ville de France.

Sa population n'est pas constituée que de délinquants, de mafieux, de politiciens caricaturaux, ou de poissonnières opportunément cueillies sur le port pour remplir les journaux télévisés.

Mais Marseille est une ville pauvre où l'insécurité est importante ; la première de France.

L'une des particularités de la ville est que les représentants des diverses collectivités, plutôt que de s'unir en une cause commune, préfèrent se battre entre eux, pour critiquer les autres, se tirant tout à la fois une balle dans le pied et une balle dans la tempe des marseillais, puisque l'on parle, à Marseille beaucoup d'armes.

La délinquance est multiple.

La délinquance mafieuse, et sur ce point on se demande si Marseille peut échapper à son histoire.

La délinquance armée ; il paraît que dans les cités un habitant sur deux peut se procurer une arme. Comme il est certain que la déstructuration et l'abandon desdites cités a fabriqué une génération dont la violence va être exponentielle et désormais armée, l'avenir est annoncé.

La petite délinquance quotidienne qui fait que les femmes marseillaises, dans la rue, ne mettent plus leurs bijoux, ce qui permet aux statisticiens du ministère de l'intérieur d'expliquer que cette délinquance de vols de bijoux sur les femmes a chuté...

La petite délinquance qui fait que l'on vole les portables dans les sacs des femmes ou plus violemment.

Partout.

Est-il naturel que chaque matin je rappelle ma fille d'avoir à cacher son portable, parce que ses frères ...

Non !

C'est tout cela qui pourrit la vie quotidienne des marseillais.

Chaque jour, un événement, un mort, une agression.

Je pense à toi, Raymond Talbot, avocate assassinée...

Quand il y a une inondation, avant que d'analyser les causes et de préparer un avenir plus sûr, on construit des digues.

Bien sûr que la criminalité structurelle a des causes économiques et sociales, aussi.

Qui peut le nier ?

Pour autant, elle est là et appelle à l'évidence une tolérance zéro car il faut combattre tout à la fois le sentiment d'insécurité, qui n'est plus un sentiment mais une réalité ; comme le sentiment d'impunité qui ...Chacun complètera selon ses opinions.

À Marseille, il y a quelques semaines, pendant le ramadan, des policiers avaient été frappés, mais aucune poursuite n'avait semble-t-il été engagée, dans un souci d'apaisement.

Le joli mot que celui d'apaisement.

Aujourd'hui, on nous parle d'une prise d'otages dans un hôpital, par un blessé par balle, lui-même armé et aucune plainte n'aurait été déposé par le personnel, par peur de représailles.

Il faut à l'évidence être prudent, dans la mesure où parfois ce type d'information se dégonfle comme baudruche.

Mais si c'est vrai, on comprend la peur la peur des représailles quand règne ce glauque sentiment d'impunité.

Mais si les faits relatés sont exacts et que les forces de l'ordre sont intervenues, je m'interroge.

Certes, mes connaissances en droit pénal sont des plus minimes, et en procédure pénale encore plus.

Mais l'opportunité des poursuites n'appartient-elle pas au parquet, aux services du procureur ?

Si les policiers interviennent, dans un cadre comme celui-là, nul doute qu'ils en ont référé au parquet et que si aucune poursuite n'a, alors, été engagée, cela relève de sa décision.

Et, là, alors, ce serait préoccupant d'avoir une situation d'insécurité généralisée dans la ville avec le choix d'une politique pénale d'apaisement, c'est-à-dire à l'inverse de la notion de tolérance zéro.

Il dit quoi, le Procureur ?

Il faut savoir punir, c'est bien ce que dit Monsieur Hollande lorgnant vers la lointaine Syrie.

On rappellera d'ailleurs que le président du Conseil général est toujours mis en examen pour association de malfaiteurs et que Mme Sylvie Andrieux, députée, condamnée, est toujours en fonction.

Certes, ils en ont la possibilité juridique.

Mais cela participe de ce sentiment marseillais d'insécurité et d'impunité.

Marseille est la deuxième ville de France.

Sa population n'est pas constituée que de délinquants, de mafieux, de politiciens caricaturaux, ou de poissonnières opportunément cueillies sur le port pour remplir les journaux télévisés.

Mais de citoyens qui se sentent délaissés.

Par jean.devalon le 04/09/13

Le pieton en état d'ébriété qui s'est allongé de nuit, sur une voie de circulation fréquentée et dépourvue d'éclairage public commet une faute inexcusable.

La conséquence en sera que ses enfants, victimes par ricochet ne pourront pas réclamer une indemnisation aux conducteurs successifs l'ayant percuté.

(Cass, 28 mars 2013, 12-14522)

Par jean.devalon le 01/09/13

Moi, Avocat, je serais donc selon un article de DROIT-INC :

-Malheureux

-dépressif

-pessimiste

-cynique

Les femmes avocates, elles, seraient froides et insensibles...

Et ce que l'on appelle aujourd'hui l'intelligence émotionnelle n'aurait aucune utilité.

En fait, mon métier, c'est tout l'inverse.

Sans parler des femmes avocates, dont la mienne

Je me demande si cette enquête n'a pas été conduite ...à la Chancellerie.

Par jean.devalon le 30/08/13

La France est malade de ses institutions désuètes et monarchiques.

C'est curieusement la Grande-Bretagne, dans un débat démocratique au Parlement, qui rappelle à l'exécutif qu'il ne peut partir en comme il le souhaite, ce qui n'est pas le cas dans notre beau pays.

La démocratie, c'est le gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.

Pourquoi chez nous tous paraît-il paradoxal ?

La question de la sécurité, dans une France devenue urbaine, est importante.

La ministre de la justice, tout à la construction de son image médiatique, annonce des peines de probation au lieu et place de peines de prison lorsque la peine encourue, je crois, est inférieure à cinq en ce qui paraît beaucoup.

Pourquoi pas, en effet puisque la prison est criminogène et peut-être, pour certains, ne fait plus peur.

Peut-être, dans certains cas, être condamné à balayer la voie publique devant sa cité pourrait-il paraît plus punitif et moins glorieux qu'une courte peine de prison, l'image du délinquant étant alors dévalorisée pour sa bande.

Mais puisque le sursis avec mise à l'épreuve existe et que c'est donc la mise à l'épreuve qui deviendrait la peine, s'est-on assuré du nombre suffisant de magistrats et de contrôleurs ?

Les peines auront-elles un caractère punitif suffisant pour que le délinquant y soit sensible ?

On a un peu le sentiment que derrière l'effet d'annonce rien n'est suffisamment construit.

Ce qui est en revanche certains et ne paraît guère gêner Mme TAUBIRA C'est qu'un décret est paru pendant l'été qui supprime les possibilités d'appel devant les cours administratives d'appel en matière de retrait de points et , de surcroît, en matière sociale et de DALO

Si l'on revient à l'épure de l'idée démocratique, supprimer une voie de recours, c'est supprimer un peu de liberté.

C'est cela qui est lassant, et j'assume le caractère démagogique du propos, c'est que le citoyen de base ne devient plus un citoyen, mais un administré comme autrefois le sujet qui n'a pas d'existence réelle pour me représenter finalement qu'un bulletin de vote.

La matière routière ou sociale est d'importance et ce décret- là est liberticide et n'est pas l'honneur de cette ministre qui ne surveille guère ce qu'imaginent ses services au regard des principes du droit.

Ou qui s'en moque.

Par jean.devalon le 28/08/13

« Il ne faut pas imaginer Dieu ni trop bon, ni méchant. La justice est entre l'excès de la clémence et la cruauté, ainsi que les peines finies sont entre l'impunité et les peines éternelles. » Denis Diderot

N'est-ce aujourd'hui un sentiment d'impunité qui prévaut et compromer l'oeuvre de justice ?

aoû
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Paradoxes

Par jean.devalon le 28/08/13

Je regardais hier le premier ministre, avec sa drôle de gestuelle saccadée de marionnette évanescente, vanter le néant d'une réforme des retraites qui n'en est pas une, pour laisser notamment subsister entre les Français du privé et du public cette inégalité intrinsèque devenue insupportable.

Monsieur Pisani-Ferry a annoncé pour, dans 10 ans, une France plus petite et moins riche ce qui implique, à l'évidence, pour affronter les temps qui viennent de mettre fin aux différences de statut entre le public et le privé, également parce que ces différences de statut conduisent à une incompréhension de pensée entre les uns et les autres générant rancoeur et paralysie.

La réforme annoncée n'en est pas une, pâle reflet d'une certaine lâcheté, montrant d'ailleurs que ce pouvoir-là est également l'héritier du précédent.

De son côté le président laisse entendre que la France va donc envoyer des missiles dans la poudrière syrienne comme si envoyer un missile dans une poudrière ne générait pas immédiatement une explosion plus grand encore.

Notre pays va donc bombarder un pays souverain, sans mandat international aucun ; cela s'appelle une déclaration de guerre.

Il n'y a guère de courage à voir là, sinon une soumission à l'ami américain et une témérité falote dont les victimes à venir seront les femmes et les minorités, car, voyez-vous il n'y a aucun avantage à arbitrer entre les barbares.

Peut-être en parlera-t-on dans le prochain épisode de secret story...

Par jean.devalon le 27/08/13

Il semblerait donc que quelques pays occidentaux, sans mandat de l'ONU, envisagent d'aller bombarder le dictateur syrien.

Celui-ci, très certainement, a gazé ses opposants comme le dictateur irakien, en son temps, gazait les Iraniens... grâce aux renseignements que lui communiquait la CIA.

La Syrie a été un protectorat français devenu indépendant, je crois, dans les années 40.

C'est une dictature, mais une dictature laïque où les femmes ne sont pas enfermées derrière un grillage vestimentaire et où les minorités religieuses, dont chrétienne, sont protégées.

Il en était de même avec les dictateurs libyens, tunisiens, égyptiens et irakiens que l'on a fait tomber.

En Libye, en Tunisie, en Irak, c'est la chienlit désormais et les femmes comme les minorités religieuses sont menacées alors même que parfois les structures de l'État se sont effondrées.

Il est loisible, bien sûr, de se dire qu'il faudra une ou deux décennie à ces pays pour trouver un régime politique stable en se remémorant, pourquoi pas, notre révolution.

J'avoue ici me demander, simplement, si la situation actuelle de ces pays est finalement meilleure, pour les populations que sous les régimes disparus.

Je ne parle pas des minorités religieuses, chrétiennes, notamment qui ont tout à perdre de ces changements comme probablement cette laïcité que nous revendiquons haut et fort.

Le dictateur syrien est probablement un satrape abominable mais quand son pays sera à feu et à sang entre communautés chiites, sunnites et alaouites sous le ferment de l'islamiste, où sera le progrès pour l'humanité ?

Peut-être allons-nous voir, dans les heures qui viennent, le président français appuyer cette démarche, voire y participer au nom des bons sentiments.

Mais, dans quel cadre légal avec quelle pensée prospective ?

Si vous avez la réponse, vous avez de la chance.

Par jean.devalon le 26/08/13

De retour de l'audience, je croise un confrère qui s'était fait pousser, pendant les vacances, la barbe, comme cela paraît être actuellement la mode chez les avocats du barreau de Marseille.

Ce confrère a une décennie de plus que moi mais se trouve, dès lors, tout à fait ingambe.

Je lui fais compliment de sa barbe toute neuve.

Il me dit que c'est pour faire jeune et je le rassure alors en le complimentant sur sa verdeur et en lui disant, ce qui est incontestable, que l'essentiel est d'être jeune dans sa tête.

C'est alors qu'il m'a répondu qu'il n'y avait bien plus que là...

Je n'ose supposer de quel ailleurs il parlait.

Sûrement de ses oreilles.

Le barreau, ça doit rendre sourd.

Par jean.devalon le 22/08/13

L'avocat judiciaire vit avec le stress qu'implique le contentieux et, partant, ses incidences sur les rapports avec la clientèle voulant gagner, ne supportant pas de perdre.

Mais les mots de gain ou de perte sont, au demeurant, inadéquats quand il s'agit de la vie des gens

Toujours est-il, malgré tout, que le procès est plus, finalement, ring de boxe que tournoi de chevalerie et que, petit à petit, cela pèse sur le comportement.

L'une des utilités des périodes de vacances est donc de ne plus avoir à se battre sinon, éventuellement, avec ses kilos.

Il y a bien, Smartphone oblige, quelques tracas, mais enfin.

Reprenant, gentil percheron, le harnais ce matin, je transmets par mail une décision, avant dire droit, à un client, décision intervenue pendant le mois d'août.

Sa réponse est immédiate qui vise à penser que... j'ai dissimulé le jugement et, plus encore, l'argumentaire écrit de l'adversaire qui n'existe pas, s'agissant d'une procédure orale.

Si j'avais besoin d'une confirmation les vacances sont bien finies.

Et je vais ressortir illico presto mes gants de boxe