Par jean.devalon le 14/03/08

Là bas, à Lhassa, des moines tibétains ont, à nouveau, été frappés, enfermés, brutalisés.

Le Tibet et sa culture ne comptent pour rien face à la Chine et sa puissance, le Dalaï-lama pèse peu, dont les paroles et l'enseignement sont pourtant empreints de force, sagesse et beauté :

Conseils de méditation pour vivre le bouddhisme

Par Sa Sainteté le Dalaï-lama

Étape préliminaire : cultiver l'équanimité (égalité d'humeur, sérénité, flegme)

La base de la méthode de cause à effet en sept points consiste à cultiver l'esprit d'équanimité. Sans cette base, vous serez incapable d'une vision altruiste impartiale car, sans elle, vous tendrez à favoriser vos parents et amis. Afin d'établir une solide assise d'équanimité, prenez conscience que vous ne devez ressentir ni préjugés, ni haine, ni désir envers qui que ce soit, ennemi, ami ou parfait étranger.

Pour cela, ainsi que le recommande le Guide pratique des étapes sur la Voie de l'Illumination: la Voie de la félicité menant à l'Omniscience de Panchen-lama Chökyi Gyaltsen, commencez par visualiser une personne neutre et totalement inconnue. Lorsque vous la distinguerez clairement, vous vous apercevrez que vous ne ressentez aucune émotion, ni désir, ni haine que vous êtes indifférent. Puis représentez-vous un ennemi ; vous sentirez alors un mouvement spontané de haine ou de ressentiment. Ensuite, évoquez un ami ou un parent qui vous est très proche. Dans ce cas, votre réaction naturelle sera l'affection et l'attachement.

Devant votre ennemi, vous vous sentirez distant, habité d'un sentiment de haine et de répulsion. Considérez pourtant des ennemis comme les Chinois, qui ont ordonné la destruction du dharma et, sans pitié, ont nui à leurs semblables; qui dirigent un pays avec des méthodes totalitaires, en faisant fi de qualités humaines fondamentales comme la confiance et la foi. Réfléchissez aux arguments que vous avez pour justifier une réaction aussi négative envers eux. Même s'il est vrai qu'ils ont infligé beaucoup de mal et de destruction dans cette vie, en a t il toujours été ainsi ? Vous vous apercevrez que ce n'est pas le cas : dans le passé, ils ont sans doute agi pour votre bien et celui d'autrui. Mais actuellement, ils n'ont aucune foi dans le dharma et nuisent a beaucoup de gens. Ils n'ont presque aucun contrôle sur eux mêmes. Cependant, ces défauts sont causés par l'ignorance, la haine, etc. ; ce n'est pas là leur nature fondamentale.

N'oubliez pas que votre propre esprit n'est pas exempt d'illusions. Elles sont peut être sans commune mesure, mais n'en sont pas moins des illusions. Vous en conclurez que les réactions émotionnelles envers ceux que vous avez étiquetés comme ennemis sont dénuées de fondement.

Examinez ensuite votre attitude envers vos parents et amis. Vous penserez peut être qu'ils ont été très bons pour vous, qu'ils vous ont souvent fait beaucoup de bien, et ainsi de suite. Peut être même aurez vous le sentiment que vous seriez prêt à donner votre vie pour ceux qui vous sont très proches. Pourtant, s'ils ont été bienveillants envers vous dans cette vie, ils ont pu être vos ennemis dans des vies passées, voire causer votre mort. Ils ont peut être semé autour d'eux le malheur et la destruction. Il n'y a donc pas de raison de leur être attaché aussi absolument ou définitivement en tant qu'amis et parents.

Finalement, en ce qui vous concerne, il n'y a pas grande différence entre ennemis et amis. Les uns comme les autres vous ont fait tantôt du bien, tantôt du mal. Il n'y a donc aucune raison d'être partial envers quiconque.

Dès lors, développez l'esprit d'équanimité envers tous les êtres vivants. Celui ci ne naîtra pas d'une ou deux méditations, mais nécessitera une pratique répétée pendant des mois ou des années.

Premier point: reconnaître notre mère dans tout être sensible

La première étape de la méthode de cause à effet en sept points consiste à reconnaître que tout être sensible a pu être votre mère. Dans cette ronde d'existences sans commencement, pendant de nombreuses vies, vous avez en effet dépendu d'une mère. Il n'est pas un seul être vivant dont vous puissiez dire à coup sûr qu'il n'a pas été votre mère dans le passé. Regardez donc comme tels tous les êtres sensibles. Etant donné qu'ils sont en nombre infini, vous vous demanderez peut être comment on peut affirmer cela. Mais ne perdez pas de vue que, s'ils sont innombrables, vos vies aussi l'ont été. Vous pourrez aussi objecter que, s'ils ont vraiment été vos mères, cela s'est produit dans le passé et non dans cette vie. Mais la mère que vous aviez hier, ne l'est elle pas encore aujourd'hui?

Si vous êtes capable de concevoir que votre vie est sans commencement, vous comprendrez que vous avez du emprunter plus d'une forme vivante issue d'une mère - oeuf ou matrice. Ainsi, il n'y a pas un seul être sensible qui n'ait pu être votre mère dans le passé. Cette prise de conscience est ardue. Vous pouvez commencer par l'approche inverse, en excluant ceux qui ne l'ont pas été ce que vous supposez peut être ; et cependant, qui pouvez vous écarter avec une complète assurance?

Ensuite, demandez vous si vous avez plus à perdre qu'à gagner dans cette reconnaissance. Puisque vous cherchez à développer en vous la bodhicitta, l'aspiration altruiste, vous admettrez que sans une telle vision des autres, vos efforts seront sans succès. Sans cette reconnaissance, vous risquez donc d'échouer dans votre quête. Étant donné que, dans ce cycle d'existences, vos vies sont sans commencement, tous les êtres sensibles vous ont donc servi de mère.

Reconnaître que les autres vous ont été très chers ne les réduit pas à ce rôle. Ainsi que Maitreya le recommande dans son Abhisamayalankara, vous pouvez aussi les voir comme votre meilleur ami ou un parent très proche. Par exemple, si vous avez une meilleure relation avec votre père qu'avec votre mère, vous pouvez vous les représenter dans le passé comme votre père, ou comme l'enfant que vous chérissez profondément et pour qui vous éprouvez la plus grande tendresse. Ce qui importe, c'est de développer un état d'esprit dans lequel vous percevrez tous les êtres vivants comme vos plus intimes objets d'affection et de sollicitude. C'est ainsi que vous reconnaîtrez votre mère en tout être vivant.

Le texte soulève l'objection que si les êtres sensibles vous ont tous servi de mère à un moment ou à un autre, vous devriez vous en souvenir. Il est répondu que cet oubli ne constitue pas une preuve car, même dans cette vie, certains enfants cessent de reconnaître leur mère après quelque temps. Aussi, de même que vous êtes un objet d'amour et d'affection pour votre mère dans cette vie, tous les êtres sensibles devraient l'être pareillement pour vous.

Second point : se remémorer la bonté de tous les êtres

La méditation suivante consiste à se rappeler la bienveillance de tous les êtres. Pour cela, représentez-vous la personne dont vous vous sentez le plus proche que ce soit votre mère ou votre père à un âge avancé. Visualisez la clairement à un moment où elle dépendra de l'assistance des autres. Vous méditerez ainsi avec plus de puissance et d'efficacité.

Ensuite, dites vous que votre mère, par exemple, ne l'a pas été seulement dans cette vie, mais aussi dans vos existences passées. Dans celle ci, notamment, sa bonté a été infinie au moment de votre naissance; auparavant, pendant la grossesse, elle a subi toutes sortes d'épreuves ; et plus tôt encore, elle a renoncé à son propre bonheur et à ses plaisirs pour le bonheur et le plaisir de son enfant. Lorsque vous êtes né, elle s'est réjouie comme si elle avait trouvé un trésor et, selon ses capacités, elle vous a protégé, lavé, accompagné jusqu'à vos premiers pas.

Vous constatez la même bienveillance chez des animaux comme les oiseaux, les chiens, les chats. Observez-les : bien que leur affection ne soit pas aussi durable que celle des humains, les mères prodiguent a leurs petits des trésors d'amour et de tendresse. D'un certain point de vue, leur attitude maternelle est nettement plus désintéressée que celle des humains qui, eux, sont quelque peu motivés par l'espoir d'être plus tard payés de retour.

Il y a des oiseaux, par exemple, qui nourrissent leurs petits en tuant des insectes. Certains se dévouent entièrement à leur nichée ; ils le font tout seuls, sans s'appuyer comme nous sur une communauté. La manière dont ils élèvent leurs petits est vraiment très touchante. Lorsque leurs jeunes sont menaces d'un danger, chat ou vautour, ils vont même, s'il le faut, jusqu'à sacrifier leur vie. Leur attitude est certes fondée sur l'attachement, et cependant témoigne d'une grande bonté ; ce n'est donc pas seulement le dévouement des mères humaines qui est illimité. Celui ci ne porte pas non plus uniquement sur une vie, mais sur de nombreuses existences. Cette forme de réflexion aura un effet très puissant sur votre esprit.

Après avoir réfléchi à la bonté des mères, notamment dans cette vie, représentez vous d'autres êtres que vous trouvez lointains et répugnants, même des animaux, et prenez les pour objets de visualisation. Dites vous que, bien qu'ils soient nuisibles et se comportent en adversaires a présent, dans des existences passées, ils n'ont pas manqué de vous protéger et de sauver votre vie un nombre incalculable de fois. Leur bienveillance est donc illimitée. C'est ainsi qu'il faut entraîner votre esprit.

Troisième point: payer la bonté de retour

La méditation sur la bonté de tous les êtres doit être suivie par une réflexion sur le moyen de leur rendre cette bonté. La pensée de payer de retour le dévouement des mères viendra naturellement lorsque vous en aurez retrouvé le souvenir; elle doit venir du plus profond de votre coeur. Ne pas le faire serait injuste et ingrat de votre part. Travaillez donc, selon vos capacités, pour le bien des autres ; C'est le meilleur moyen de les payer de retour.

Quatrième point : l'amour bonté

Lorsque vous aurez développé l'équanimité et la reconnaissance de votre mère en tous les êtres, ceux ci deviendront pour vous des objets d'affection et de tendresse. Plus ce sentiment sera fort, plus sera puissante votre aspiration à les libérer de la souffrance et à les voir heureux. L'image de votre mère en eux est à la base de toutes les méditations qui vont suivre. Après avoir posé la fondation qui convient, retrouvé le souvenir de leur bonté et émis le souhait sincère de les payer de retour, vous atteindrez un état dans lequel tous les êtres vivants vous seront chers car vous vous sentirez très proche d'eux. À présent, réfléchissez au fait que tous ces êtres sensibles, bien qu'ils désirent naturellement le bien-être et souhaitent éviter la souffrance, subissent d'inimaginables tourments. Pensez que, tout comme vous, ils veulent être heureux, mais que ce bonheur leur fait défaut. C'est ainsi que vous cultiverez l'amour bonté.

Cinquième point: la grande compassion

Lorsque vous méditerez sur la compassion, réfléchissez à la manière dont les êtres sensibles subissent l'expérience de la souffrance. Pour décupler votre force de compassion, commencez par visualiser un être en proie à de graves tourments, par exemple, comme le recommande le texte, un animal de boucherie destiné a l'abattage. Imaginez l'état mental de cet être dans une telle situation, puis suscitez en vous le souhait fervent qu'il soit délivré de cette souffrance.

Vous pouvez aussi visualiser d'autres êtres. Les exemples ne manquent pas, quand on voyage en train en Inde de malheureux de toutes sortes, animaux et humains. Imaginez ces créatures qui, malgré une soif de bonheur égale à la vôtre, subissent un malheur patent. De même, les hommes emploient des animaux comme bêtes de somme. Villes et villages sont peuples de bovins que la société indienne interdit de tuer, mais dont personne ne se soucie plus lorsqu'ils sont devenus vieux et inutiles. En Inde, on voit aussi des mendiants aveugles, sourds, muets, infirmes et des miséreux. Au lieu de les aider avec compassion, les gens les évitent ou les chassent, quelquefois même avec des coups. C'est là un spectacle courant dans n'importe quelle gare indienne.

Visualisez ainsi n'importe quelle situation que vous jugez insupportable. Cela vous donnera une grande puissance de compassion qui atteindra plus facilement une dimension universelle.

Puis pensez aux êtres sensibles d'autres catégories : ils ne subissent peut être pas des souffrances manifestes actuellement, mais l'accumulation de leurs actes négatifs produira immanquablement des conséquences indésirables dans l'avenir leur assure de semblables expériences.

Souhaiter le bonheur de tous les êtres sensibles qui en sont privés est ce qu'on nomme amour universel, et le voeu qu'ils soient libérés de la souffrance est appelé compassion. Ces deux méditations peuvent être effectuées ensemble jusqu'à ce que, sous leur effet, un changement se produise dans votre esprit.

Sixième point : l'attitude extraordinaire

Votre entraînement à l'amour et à la compassion ne doit pas en rester au stade de l'imagination ou du souhait ; il faut faire naître en vous une intention sincère de vous consacrer activement à soulager les êtres sensibles de leurs souffrances et à les rendre heureux. C'est le devoir d'un pratiquant que de se mettre à l'oeuvre dans ce domaine. Plus fort vous cultiverez la compassion, plus vous vous y sentirez tenu. En effet, à cause de leur ignorance, les êtres sensibles ne connaissent pas les méthodes qui leur permettraient d'atteindre leur but. C'est la responsabilité de ceux qui possèdent cette connaissance que de réaliser leur intention d'oeuvrer pour leur bien.

Cet état d'esprit est appelé attitude extraordinaire, ou attitude d'exception. En effet, la force de compassion qui pousse à prendre cette responsabilité ne se trouve pas chez les pratiquants de moindre capacité. Selon le témoignage des traditions orales, cette attitude extraordinaire s'accompagne d'un engagement semblable à la signature d'un contrat.

Lorsque vous aurez suscité en vous l'attitude extraordinaire, demandez vous si, en plus de votre courage et de votre détermination, vous avez réellement la capacité d'apporter un bonheur authentique aux autres êtres sensibles. C'est seulement lorsque vous leur aurez montré la juste voie de l'omniscience et qu'ils auront éliminé l'ignorance qui est en eux qu'un bonheur durable sera a leur portée. Bien que vous puissiez travailler au bien des autres en leur apportant un bien être temporaire, la réalisation des buts ultimes n'est possible que s'ils prennent sur eux de dissiper leur ignorance. Il en va de même pour vous : si vous désirez atteindre la libération, cette responsabilité vous incombe.

Comme je viens de le dire, vous devez aussi montrer la bonne voie aux êtres humains, ce que vous ne pouvez faire sans posséder vous même la connaissance. Il existe différents moyens de l'obtenir; l'un d'entre eux consiste à développer une compréhension intellectuelle, mais la compréhension la plus profonde est fondée sur l'expérience.

L'enseignement que vous allez donner aux autres ne doit pas vous être obscur. Vous devez aussi posséder la sagesse parfaite qui vous permette de juger de sa pertinence et de son opportunité en fonction des dispositions et des aptitudes mentales de chacun. Certaines notions très profondes ne peuvent être livrées à n'importe qui ; elles pourraient se révéler plus nocives que bénéfiques.

Afin d'évaluer les facultés d'autrui, il vous faudra maîtriser toutes les formes subtiles d'obstruction à la connaissance. Le Bouddha en a lui même donné un exemple de son vivant : un propriétaire voulait se faire moine, mais des disciples de haut niveau, tel Sariputra, ne lui reconnaissaient pas un potentiel de vertu suffisant pour mériter l'ordination. Seul le Bouddha, par la force de son omniscience, distingua ce potentiel en lui. Par conséquent, tant que vous même ne serez pas complètement illuminé, il restera en vous une obstruction intérieure à la connaissance qui rendra incomplète votre tâche d'assistance aux autres.

Vous vous direz peut être, puisque la réalisation des souhaits et du bien être des autres êtres sensibles dépend de leur propre initiative: « Qu'aurais je besoin de travailler à atteindre l'illumination ? Apres tout, de nombreux bouddhas sont là pour les aider, à condition qu'ils fassent le premier pas. »

Cependant, pour bénéficier de l'assistance d'un guide spirituel ou d'un enseignant, il faut avoir des liens karmiques avec lui. Ainsi, certains maîtres ne peuvent être efficaces qu'envers certains de leurs disciples. Pour bien comprendre cela, lisez des sûtras comme La Perfection de la sagesse en huit mille lignes, dans lequel les bouddhas et bodhisattvas, ayant perçu qu'un pratiquant avait ailleurs un lien karmique plus fort, lui conseillent de chercher son propre maître. Ainsi certains, capables de voir un bouddha de leurs propres yeux, en tireront peut être moins de profit que d'une relation avec vous, sous tendue par un lien karmique plus profond. Puisque ce cycle d'existences n'a pas de commencement, il en va de même des liens karmiques; néanmoins, je fais allusion ici à de puissants liens karmiques, formés dans des vies récentes.

Même si votre réalisation de l'état d'omniscience ne bénéficie pas à tous les êtres vivants, elle procurera sans aucun doute de nombreux avantages pratiques à certains d'entre eux. Il est donc très important que vous vous efforciez d'atteindre l'illumination totale. Certains êtres humains auront grand besoin de votre aide sur la voie spirituelle et il est essentiel que vous preniez la responsabilité de travailler au bien d'autrui. Cette pensée développera en vous la certitude que, faute d'atteindre l'omniscience, vous ne serez pas à même d'accomplir le but que vous vous êtes fixé et de faire véritablement le bien d'autrui.

Septième point : la bodhicitta

Sur la base de l'amour et de la compassion, vous susciterez au plus profond de votre coeur l'aspiration d'atteindre l'état de complète illumination pour le bien de tous les êtres sensibles. Cultiver cet esprit revient à réaliser la bodhicitta.

Après la méditation sur la production de la bodhicitta, engagez vous dans la pratique consistant à la cultiver comme résultat du chemin. Visualisez votre maître spirituel au dessus de votre tête et imaginez qu'il exprime le contentement, louant votre effort et déclarant qu'il prendra soin de vous. Imaginez que, satisfait, il se dissolve à travers votre ouverture coronale et descende jusqu'à votre coeur. Vous vous dissolvez alors dans la vacuité, d'où vous réapparaissez sous l'aspect du Bouddha Shâkyamuni. Vous vous voyez comme inséparable de lui et vous vous en réjouissez. Représentez vous toutes les vertus accumulées par la pratique de la bodhicitta jaillissant de votre coeur sous forme de rayons de lumière; elles inondent tous les êtres humains, contribuent activement à leur bien, apaisent leurs souffrances, leur procurant la libération et une renaissance favorable et les menant finalement à l'omniscience.

Pendant les périodes de pause entre les séances, il est recommandé de lire des textes relatifs à la pratique de la bodhicitta.

Ainsi s'achève le processus de développement de la bodhicitta selon la méthode de cause a effet en sept points.

Par jean.devalon le 13/03/08

Je suis un peu déçu, mais personne ne m'a tagué, c'est-à-dire ne m'a demandé de révéler au grand jour du net six choses insignifiantes sur mon auguste personne, qui s'en remettra, je pense.

Cela étant, c'est bien gentil de faire le moderne, avoir son blog, y laisser même des pensées, on s'en doute irremplaçables et profondes ; mais au fond, le grand age venant, est-ce bien raisonnable ?

Allez, ce soir je m'offre ma minute réactionnaire, en osmose pleine avec le fichier joint

Par jean.devalon le 12/03/08

Audience de référé ce matin.

Aimable brouhaha, Charivari de robes noires.

Je discute avec Martine, adorable avocate pleine d'humour avec laquelle, nous avons coutume d'échanger nos blagues.

L'audience est tenue par cette magistrate sympathique dont j'ai déjà parlé.

L'affaire de Martine est appelée.

Quand elle passe devant moi, par jeu pas très fin, je lui tire sa queue de cheval.

Elle fait : « aie ! »

La présidente : « maître de Valon, ne poussez pas maître X »

Elle : « Il m'a pas poussée, il m'a tiré les cheveux ! »

La présidente : « Quand il était jeune, il était désagréable, ça s'arrange pas depuis qu'il a plus de cheveux »

La salle : « ah, ah, ah »

Mon dossier est appelé, je lui dis : « Renvoi, madame, maître X se constitue »

Il était resté derrière la barre, alors je glisse : « Il a encore moins de cheveux que moi »

Elle éclate de rire.

Puis je dis à Martine, encore sous le coup du traumatisme : « C'est vrai que X a moins de cheveux que moi. »

Elle me répond : « oui, on peut pas lui tirer la queue »

Une lueur probablement dans mon glauque regard matinal, car elle est sortie de la salle d'audience de manière étonnamment précoce, rapide, et elle était pleine de soubresauts curieux.

Moi, je suis resté sérieux, comme toujours, mais il s'en est fallu d'un cheveu.

Par jean.devalon le 10/03/08

Lorsqu'un bail commercial comprend également un logement de fonction et que le bail comporte une clause selon laquelle il est convenu, sous peine de l'application d'une clause résolutoire, que le preneur a l'obligation d'occuper les lieux et que la sous location est prohibée, comment interpréter cette clause en cas de cession du fond à une personne morale ?

Une SCI avait loué selon bail commercial un bien à un commerçant exerçant en nom personnel avec la clause susvisée.

Mais le commerçant avait cédé à une SCI dont le gérant n'occupait pas les lieux qui l'étaient par un salarié.

La Cour d'Aix avait constaté en référé la résiliation du bail dans la mesure ou la clause n'était pas respectée le gérant n'occupant pas les lieux personnellement et que dès lors la clause résolutoire avait pu jouer.

La Cour de cassation (C. cass.3 ème 06-18970) par arrêt du 9 janvier, cassel'arrêt d'appel aux motifs que l'obligation qui pesait sur la personne physique, ne pesait pas sur le représentant de la personne morale et que la cour d'appel avait donc rajouté au bail une clause qu'il ne contenait pas.

Par jean.devalon le 07/03/08

Entendu l'autre soir Dominique de Villepin, évoquant le temps de Matignon, l'hôtel de l'insomnie. Et ce moment, disait-il où l'ombre descend, le temps se calme, ralentit, s'arrête et puis vient alors le temps du dialogue avec les anciens, ceux qui l'avaient précédé dans le bureau du premier ministres.

Enfin, les morts, je suppose, pas Raffarin.

Comme il dit :

« « Ici, rue de Varenne, les Ouvriers de l'Heure passent, mais ils ne se livrent guère. Voici donc consignés quelques fragments d'un registre sans date, arrachés à une longue nuit. Face aux Minotaures, ce fil d'encre et de papier m'a aidé à tenir le cap. A chaque feuillet, j'ai voulu m'alléger, me désamarrer : creuser en moi pour trouver la force d'avancer jusqu'au retournement de la conscience où l'épreuve devient une chance de libération. Quoi que l'on entreprenne, il y a toujours vautours et gibets au bord du chemin. Mais peut-être notre meilleur allié est-il le mauvais sort. A minuit, la solitude se brise par la grâce de compagnons sollicités, compagnons invisibles qui défrichent la vie aux avant-postes, qui fixent des repères, qui nous donnent des mots comme autant d'armes pour notre propre combat. A leur suite, tout un peuple de riverains s'élance à l'assaut des horizons neufs. Et au matin, le miracle se renouvelle : l'homme s'éveille, libre de toutes entraves.

Je me suis dit que c'était une expérience à vivre. Alors, ici rue Stanislas Torrents, j'ai laissé la nuit venir et entamer son règne et j'ai vécu, c'est vrai une expérience similaire.

Du plus profond du néant nocturne une grande voix m'a parlé et elle a dit : « Maître, vous prenez l'AJ ? »

Bon, Galouzeau, j'ai des progrès à faire !

Par jean.devalon le 07/03/08

Il est vrai que les discours officiels sont de dire qu'il n'y a pas assez d'avocats, compte tenu de tous les secteurs d'avenir offerts à la profession.

Le souffle de la grandeur gonfle nos robes noires !

Sauf, messieurs dames, que dans les grandes villes de solitude, il est des avocats en grande souffrance financière auxquels on promet les poubelles de l'histoire, comme frappés d'obsolescence...

Trop d'avocats, dans les grandes villes, pour les secteurs traditionnels, c'est-à-dire humains, pardon du peu...

Pour lutter contre cette surpopulation deux solutions : le train et la chasse

Le train :

« Un russe, un cubain, un américain et un avocat sont dans un compartiment de train. Le russe prend une bouteille de vodka de son sac de voyage, se verse un verre, le boit et dit:

- En Russie, nous avons la meilleure vodka du monde. Nulle part ailleurs vous ne trouverez de vodka plus fine. Et nous en avons tellement que l'on peut la jeter comme on veut...

Et disant cela, le russe ouvre la vitre et jette le reste de la bouteille par la fenêtre.

Tous les autres voyageurs sont assez impressionnés.

Le cubain prend alors sa boite de havane de sa poche, en sort un, l'allume, commence à fumer et dit:

- À Cuba, nous avons les meilleurs cigares du Monde. La qualité de nos Havanes est reconnue partout dans le monde. Nous en avons tellement chez nous que je peux me permettre de les jeter par la fenêtre.

Une fois encore, tout le monde est impressionné dans le compartiment.

Et à ce moment là, l'Américain se lève, empoigne l'avocat et le jette par la fenêtre. »

Quand il y aura tant et plus d'avocats, chez nous aussi le train deviendra dangereux !

Et attention à la Chasse !

« C'est un camionneur qui s'arrête pour manger dans un 'routier'. À peine est-il entré dans le restaurant qu'un autre gars portant un costume, un noeud papillon et un attaché case entre lui aussi dans le restaurant. Le patron demande au deuxième gars :

Vous ne seriez pas avocat par hasard ? Le gars répond :

Vous êtes physionomiste vous alors ! En effet, je suis avocat.

Alors sans hésiter, le patron prend un fusil de chasse et descend l'avocat !

Le routier, témoin de la scène est effaré et demande une explication au patron qui lui répond aussi sec :

Depuis dimanche, la saison de la chasse à l'avocat est ouverte. Vous n'avez même pas besoin de permis pour ça. C'est fun, non ? Le routier est emballé :

Ouais, c'est super tu veux dire. Et le routier explique qu'il vient tout juste de perdre jusqu'à sa chemise dans un divorce.

Sur ce, le routier dîne, paie et reprend la route. Il n'a pas parcouru 1 kilomètre qu'il se prend un énorme nid de poule, éclate un pneu et percute un des lampadaires de la chaussée. Alors qu'il tente de s'extraire de la cabine, une meute d'hommes et de femmes, portant costume et attaché case se précipite auprès de lui et tous brandissent leur carte de visite sous son nez en criant "prenez-moi prenez-moi on va attaquer les ponts et chaussées etc...". À ce moment, le chauffeur sort un pistolet de sa boite à gants et commence à tirer dans le tas des avocats, faisant pas mal de ravages.

Un peu plus tard, la police et les ambulances arrivent. Le policier lui dit de lâcher son arme ; il lui passe les menottes et commence à lui lire ses droits après l'avoir informé qu'il était en état d'arrestation. Le routier ne comprend pas :

Mais ? Je pensais que la chasse aux avocats était ouverte ? !

C'est exact, répond le policier, mais le piégeage est interdit. »

Pas très sérieux, tout ça...

Bonne fête aux Félicités

Par jean.devalon le 03/03/08

Il ne s'agit pas ici de revenir sur la réforme de la carte judiciaire, sur le fait qu'elle a été faite à la hache rouillée, là où il aurait fallu utiliser le plus fins des scalpels, mais je me pose une question.

Le corollaire de ces modifications imposées aux tribunaux et aux cabinets d'avocats est une informatisation améliorée et le lien entre les tribunaux et les cabinets.

Le rapport Roustan précise d 'ailleurs :

La mise en oeuvre des nouvelles technologies de l'information et de la communication et de la dématérialisation des procédures, dans la mesure où elle évite déplacements et perte de temps pour l'avocat, est sans aucun doute l'une des réponses possibles, à condition que la question de l'équipement informatique des cabinets d'avocats soit résolue et que le nombre d'abonnements au Réseau Privé Virtuel Avocats (RPVA) décolle. Elle doit donc être encouragée par des moyens adéquats, en particulier dans les ressorts des TGI supprimés

On sait que le CNB pousse à l'utilisation du RPVA. Notre cabinet va, soumis, s'y mettre mais la question que je me pose est celle de l'accueil fait par la profession qui conditionne probablement effectivement le succès de l'opération.

Je vous la pose donc : pensez-vous prochainement adhérer au RPVA ?

Par jean.devalon le 02/03/08

Et voici que toute frêle et menue, madame Parisot lance un appel. Ce n'est pas celui du 18 juin, elle n'est pas de Gaulle et d'ailleurs ne lui ressemble guère. Mais elle lance son appel à elle.

On sait que monsieur Gautier Sauvagnac a démissionné avec une indemnité de 1, 5 millions d'euros, prix de son silence. Il ne dira pas où est allé l'argent de l'UIMM, promis.

C'est moralement condamnable et participe de la dérive d'un certain patronat français.

La présidente du MEDEF veut donc tout remettre à plat et casser ce système délétère.

Elle demande, et a raison, des têtes.

Bravo, madame. Avec ces gens là, vous pouvez même utiliser le mot de Cambronne. Si vous ne le connaissez pas, le président vous l'apprendra, il les connaît tous, les vilains mots.

Par jean.devalon le 28/02/08

En Corse, selon un groupuscule indépendantiste, les français non corses

ne devraient pas voter (voir ici ). Outre que cela sent la bêtise à haute dose

et le racisme à plein nez, souhaitons entendre les hautes consciences

de la République face à cette attaque contre la liberté de vote et donc la démocratie.

Je suis sûr que nos homme politiques, surtout ceux d'origine insulaire, vont

monter au créneau...(points de suspension)

Par jean.devalon le 25/02/08

Un copropriétaire peut-il demander la nullité d'une assemblée générale de copropriété, au motif qu'un autre copropriétaire n'a pas été convoqué à cette assemblée ?

Par un arrêt du 14 novembre 2007, la Cour de cassation a confirmé un arrêt de Cour d'appel, qui avait jugé que le moyen de nullité relatif au point de départ du délai de convocation d'un autre copropriétaire ne pouvait être accueilli.

Cette décision de principe protège les copropriétaires convoqués en violation des règles légales, mais protège aussi le fonctionnement des copropriétés en visant à diminuer le contentieux, ce dont chacun se réjouira, bien évidemment.