Par jean.devalon le 05/03/14

Revenons un instant sur la communication électronique des avocats avec les tribunaux.

Les avocats parisiens se connectent à l'aide d'une seule clé USB et les avocats de province doivent transiter par un boîtier fixe faisant l'objet d'une location mensuelle pour un coût, pour deux utilisateurs, d'environ 1000 euros par an.

Ce n'est point le coût qui pose difficulté que le fait que ce système n'a pas fait la preuve de son efficience.

Je remets ici en ligne la synthèse du rapport d'expertise qui était intervenu dans un dialogue fructueux entre le président de la Conférence des bâtonniers et le président du Conseil national des barreaux.

Le barreau de Marseille avait en effet initié une solution différente : la mutualisation des boîtiers ; quelque boîtiers centralisés permettaient de connecter tous les avocats du barreau de Marseille de manière mobile pour un coût minime.

La synthèse de ce rapport montre que cette solution était tout à fait correcte et une extension aurait pu être envisagée par le Conseil national s'il avait souhaité conserver ses liens avec la société Navista qu'il avait choisie, sans appel d'offres, rappelons-le.

La solution parisienne est techniquement bonne aussi.

C'est la raison pour laquelle les élus que vous rencontrerez vous diront, en général, sauf peut-être les plus jeunes, qu'il faudra bien sortir de ce boîtier, que c'est difficile, et patin couffin trognon.

Et rien ne se fera.

Pour ma part il me gênerait pas de payer la même somme pour disposer, simplement d'un mode de fonctionnement similaire aux avocats de Paris dans la mesure où, déjà que l'OM perd devant le PDG, il y en a assez d'avoir le sentiment d'être à la traîne, perdu dans un océan de ringartitude contente d'elle-même.

Si je rabâche ce vieux truc, c'est qu'on a le sentiment que le même processus est en train de se répéter.

Déjà quand des décisions sont prises, elles le sont sans consultation préalable et, après, celui qui émet des critiques se voit adresser des reproches, coupable de lèse-Conseil , alors que finalement cela pourrait être évité si le Conseil national consultait démocratiquement le peuple souverain des avocats avant de décider des trucs étranges

Ensuite, elles sont prises souvent, mais c'est une impression subjective, par des élus qui sont, ou plutôt ont été présidents de tel syndicat, ou ayant eu des postes importants dans les syndicats de la profession, ce qui induit peut-être, de manière subliminale, que les élus de la même obédience ont du mal à exercer leur devoir de critique suffisamment.

Aujourd'hui il est donc question de supprimer la blogosphère des avocats, même si devant le tollé, une réflexion, tardive, paraît être engagée.

Là encore, c'est une décision qui est annoncée, sans consultation des utilisateurs à qui on annonce leur exécution programmée.

Pour moi qui le suis, il ne me gênerait pas du tout d'avoir à payer un service utile de telle manière qu'il soit le plus efficient possible.

Mais, non.

C'est ainsi un utilisateur qui est bien fondé à observer que Vox-avocats présente les mêmes tares conceptuelles que le fameux boîtier...

Dépassé avant que d'être.

Là encore : qui a décidé ?

Après quelles consultations d'avocats férus de nouvelles technologies et des réseaux sociaux ?

Quelle analyse des besoins, non politiques du Conseil, mais des Avocats eux-mêmes ?

Quelqu'un répond, ou dégun comme on dit chez nous ?

Les avocats de province paient cher, finalement, le fait d'appartenir à une profession à trois têtes et il devient urgent, me semble-t-il , de s'orienter vers un Ordre national pour que tous les moyens financiers soient réunis, mais aussi les compétences.

En attendant, qu'en est-il des évolutions promises sur le boîtier Navista ?

Pour le reste, Vox patatras.

Synthèse Rapport Hattab

Par jean.devalon le 04/03/14

Le service communication du Conseil national des barreaux a adressé hier un courriel aux avocats qui pourront ainsi relever une adresse valide pour adresser, à leur tour, des interrogations...

Je rappelle que l'inquiétude des avocats bloggeurs piégée sur la plate-forme choisie par le Conseil national des barreaux est de voir disparaître, sur Internet, sept années de travail et, pour ce qui me concerne, 2700 publications.

Ce n'est pas le transfert, ni le fait éventuel, justifié, de devoir éventuellement payer un service particulier.

Le précédent courriel du Conseil national conduisait à dire que chacun pourrait évacuer son blog sur une plate-forme de son choix, ce qui signifiait un changement d'adresse et donc la disparition de la présence sur Internet.

Il y avait par ailleurs une forme de mensonge puisque les plates-formes sont gratuites, tout autant que l'on accepte la publicité, pour la plupart.

Dans la mesure où aucune communication interne n'existe, c'est sur les réseaux sociaux négligés par le Conseil national (Facebook, Twitter) que la communication s'est faite qui a obtenu un écho et un écho justifié.

Alors le service communication adresse un e-mail duquel il ressort que les inquiétudes n'étaient pas fondées et que le président du Conseil national demande au service du CNB...d'élaborer une nouvelle solution.

Puis-je faire observer au service communication devant la rédaction de son message que s'il s'agit de trouver une nouvelle solution, c'est bien, justement, que l'anciene était mauvaise.

Il est donc désormais que le désir violent du CNB est :

-d'assurer l'hébergement de l'ensemble des blogs sur une plate-forme unique, placée sous le contrôle de la profession ;

-de maintenir le référencement acquis par chaque blog au moyen d'un dispositif de redirection des adresses.

Puisque nous sommes entre nous et que personne ne nous lit, j'ai quelques questions qui me taraudent :

-la fameuse plate-forme, serait-ce Vox avocats ?

Permettez-moi de risquer un aparté.

Quand il m'arrive de discuter avec des élus de la profession, du CNB même, je constate que parfois, mais rarement, ils n'ont évidemment pas de blog, ni ne fréquentent Facebook, certainement pas Twitter.

Je peux bien sûr me tromper, mais je ne pense pas que le Président Burguburu soit un fanatique des réseaux sociaux ni les autres membre du bureau décisionnaires sauf, je suppose l'élu en charge.

Et c'est justement la grande difficulté.

S'il est une évolution sociétale majeure, c'est que le travail se fracture.

Aujourd'hui, dans la même journée, le travailleur intellectuel ira sur Facebook, ira sur Twitter, ira sur tous les réseaux sociaux tout à la fois par souci ludique, mais également professionnel.

Et travaillera le soir ou le WE.

Twitter n'est pas simplement un outil d'épanchement, c'est un endroit où l'on récupère de l'information et où aussi on la diffuse ; la situation actuelle en est la preuve.

Aussi, un réseau social uniquement interne et fondé sur le seul aspect professionnel ne correspond plus au mode de fonctionnement actuel et à venir ; certainement pas à une demande, à un besoin des avocats.

Il est d'ailleurs effarant que les avocats n'aient pas été sondés avant que cette idée soit développée qui, paraît il, va coûter 67 000 euros en 2014.

Que cet argent soit utilisé pour développer le site institutionnel du Conseil national, le rendre plus moderne et que chacun puisse, sur ce site, télécharger des outils comme, par exemple des bibles d'actes, serait bien, en revanche.

Toujours est-il que des méchants disent même qu'il y aurait volonté de tout basculer sur Vox-avocats, actuellement non ouvert au public, rappelons-le.

J'y vais de temps en temps; je serais heureux de connaître les statistiques de consultation car, à mon sens, c'est un échec annoncé qui va coûter très cher à la profession.

Quelles études ont-été faites pour sa création ?

J'ajoute ici, quelque peu obsessionnel que cette mobilité dans le temps, l'est aussi dans l'espace et que pas mal d'avocats travaillent avec un seul ordinateur portable et se trouvent de ce fait démunis avec les fers aux pieds que constitue le boîtier Navista.

S'il m'arrive de parler, encore avec des élus, je n'en ai trouvé aucun qui le défend, celui-là ; tous de dire que bientôt il disparaîtra, quand mes cheveux auront repoussé.

Mais là encore une consultation de la profession, préalable à cette idée, aurait probablement permis d'éviter l'erreur de conception.

Par ailleurs, revenons aux blogs, la puissance d'une plate-forme nécessite de l'argent et c'est bien la raison pour laquelle la publicité est utilisée.

Une plate-forme contrôlée par la profession, sans publicité, aura de toute façon la question récurrente du coût qui reviendra l'interroger, sauf à demander une participations aux avocats, pourquoi pas, ce n'est pas tabou.

Pour tout dire ce genre d'outil nécessiterait d'être développé en commun par le Conseil national, la conférence des bâtonniers et le barreau de Paris.

Mais, bon...

Donc, si la plate-forme sur laquelle les blogs doivent être transférés est vox avocats, puis-je dire au service communication que l'on comprend pourquoi ce mot n'est pas prononcé mais que le brouillard du propos n'est au fond que l'expression d'un certain désarroi.

-Il est dit qu'il s'agit également de maintenir le référencement acquis par chaque blog au moyen d'un dispositif de redirection des adresses.

Pourrait-on en savoir plus, la technique utilisée, la fiabilité de celle-ci et les délais ?

Parce qu'enfin on nous parle de solutions dans les semaines à venir avec une fin annoncée des blogs au 31 mars...

Et puis, dans ces temps -là de guerres intestines entre les uns et les autres une rumeur innocente dit qu'Affinitiz aurait affirmé qu'aucun système de redirection n'est à ce jour prévu.

Nous serions donc dans l'improvisation la plus complète ?

Ce qui est finalement en cause, c'est bien la communication du Conseil national des barreaux dans la conceptualisation des outils qu'il développe et donc son mode de gouvernance, voire son existence.

Pour ma part, à la réflexion, devant l'éventuel gâchis à venir, ce n'est pas tant le Président du Conseil qui me paraît concerné, , mais ceux qui sont en charge de la communication, élus ou non, qui pourraient être interpellés par les élus du CNB, parce que quand les alertes sont données, il y a peut-être quelque aveuglement à ne pas écouter.

Par jean.devalon le 26/02/14

Je pense les élus du CNB pleins de bonne volonté, mais ayant la foi du charbonnier.

Ils paraissent croire que l'élection leur donne la compétence.

Vanité des vanités...

Au moment où, pour des raisons sur lesquelle il faudra revenir , ils décident de supprimer un outil moderne tourné vers le justiciable, la blogosphère, je mets en exergue le mot de Violette , avocate.

La couleur violet exprime la délicatesse et la profondeur des sentiments .

Couleur inconnue au CNB.

"oui, tout à fait d'accord avec vous, il y en assez de payer pour les colloques, week ends, sauteries et autres amusements des membres du CNB...

et puis moi je suis très contente de payer pour les blogs de nos confrères, parce qu'ils sont instructifs, et qu'ils collent aux difficultés du quotidien d'un cabinet comme le mien...

je fais partie des 60.000 avocats qui ont envie de continuer à payer pour les 200 blogueurs (et je n'autorise pas Monsieur BURGUBURU à parler en mon nom), et je demande la suppression du boitier NAVISTA, ma cotisation à ce titre se reportant avec plaisir sur le coût de fonctionnement des blogs"

Ave Burguburu, morituri te salutant!

Pas vraiment encore, à mon avis !

Cnb, colosse aux pieds d'argile.

Ou, CeuNeuBeu, le retour !

"

Par jean.devalon le 25/02/14

Le président du Conseil national des barreaux, Monsieur Burguburu, a déclaré qu'il n'y avait pas lieu que les 60.000 avocats paient pour 200 bloggeurs.

La blogosphère des avocats créée par l'institution qu'il préside avec clairvoyance et une efficacité d'expert-comptable (subtile ironie) revient 60.000 euros par an.

Rappelons que les Avocats n'ont rien demandé, que c'est le CNB qui a créé son machin et, ensuite seulement, les a sollicités, pour qu'ils créent des blogs sur sa plate-forme.

Donc, un certain nombre d'avocats, dont moi-même ont créé depuis maintenant sept ans des blogs qui fonctionnent.

Ils ont été, en quelque sorte, licenciés par un simple courriel avec un préavis d'un mois indiquant que la blogosphère était supprimée mais que le Conseil national des barreaux, qui n'avait évidemment aucune obligation (ben voyons !), allait se préoccuper de récupérer les données et de les restituer à chaque avocat.

C'est bien le moins, mais c'est insuffisant : si le Conseil national arrête le service qu'il a initié, il faudrait bien sûr veiller à ce que les référencements sur Internet des avocats ne soient pas perdus et que l'adresse de leur blog puisse perdurer et que la propriété de l'URL leur soit alors transférée.

Le Conseil national des barreaux est responsable de ce qu'il a fait envers ceux qui se sont engagés et ne peut se contenter de dire : on ferme dans un mois, comme un patron voyou.

C'est juridiquement douteux et déontologiquement singulièrement répréhensible !

Posons maintenant les questions qui fâchent :

Quelles ont été les études d'impact en 2007 à la création de la blogosphère ?

Quelle mise en concurrence ?

Pareil probablement que pour le RPVA dont les avocats paient chaque mois les conséquences !

Rappelons en effet que la communication électronique des avocats est archaïque, a été lancée sans appel d'offres et qu'un rapport d'expertise, jeté aux oubliettes, le démontrait.

Et si on demandait à l'expert Hattab de regarder un peu la blogosphère, qui a déjà dit ce qu'il pensait du RPVA version CNB ?

D'ailleurs, sur le RPVA, je relève que toujours il est dit que l'on va renégocier le contrat Navista, étudier la concurrence : le Conseil national des barreaux parle toujours au futur, il a un côté hollandais.

Au jour d'aujourd'hui, s'agissant de la blogosphère, s'il est clair que s'il faut alléger le système et le moderniser ; il appartient au CNB de veiller à assumer ses responsabilités.

S'il a mal conçu le projet, ou s'est fait rouler, il est normal que soit respecté le travail de ceux qui lui ont fait confiance et sa pérennité

Et la moindre des choses est d'y veiller en assumant ses responsabilités.

Il appartiendrait au CNB, à tout le moins, de trouver une solution de transfert pour les 200 bloggeurs qu'il a pour l'heure trompés.

Et il faut que ceux-ci soient rendus propriétaires de l'adresse URL de leur blog.

Car pour l'instant, pardon Monsieur le Président, c'est le bordel !

En fait, peut-être que le Conseil national casse son jouet car il en a créé un nouveau, intranet auto-centré : Vox- avocats.

Posons les mêmes questions :

-quelles études d'impact ?

-quelle mise en concurrence ?

-combien ça coûte ?

Parce que, pour tout dire, on a l'impression que le même schéma se reproduit : tous les avocats sont invités à s'inscrire, gratuitement, et à utiliser quelque chose qui a la modernité du bureau du pape François ; que Sa Sainteté me pardonne.

Je suppose que dans quelques années, Monsieur Burguburu ou son successeur dira qu'il n'y a pas lieu que les 60 000, (ou 200 000 vu l'efficacité dont il fait preuve devant l'accroissement exponentiel et dangereux du nombre d'avocats), aient à payer pour 200 utilisateurs.

Entre nous, c'est idiot de proposer des trucs gratuits : autant négocier des tarifs préférentiels pour créer quelque chose de sain et de pérenne.

Voyez-vous, Monsieur le président, je n'ai pas pour ma part à payer par les cotisations qui font vivre l'Institution pour l'incurie de celle-ci dont parfois l'arrogance versatile semble expliquer l'insuccès qui est le sien à défendre notre profession tant la légèreté comportementale n'est pas celle des professions autres qui nous taillent des croupières avec la plus grande des facilités.

Moins d'arrogance, plus de respect des hommes ; plus de prise en compte des besoins réels de la profession qui, rappelons-le reste une profession de TPE !

Et sur ce, je m'en vais m'occuper de mon cabinet.

Par jean.devalon le 20/02/14

Le CNB, il y a à peine 6 ans, avait créé la blogosphère des avocats.

Ce blog en est l'une des émanations.

Elle va fermer, sans que les avocats n'aient été informés.

Le CNB cause, en revanche, à Dalloz:

"

La plate-forme internet grand public affinitiz.net, qui héberge la blogosphère des avocats, avocats.fr et donc de nombreux blogs d'avocats, a annoncé début janvier que, faute d'équilibre financier, elle serait contrainte de procéder à la fermeture de son service d'ici la fin du premier semestre 2014. De nombreux avocats bloggeurs, qui ont créé leur site à l'incitation du Conseil national des barreaux (CNB), s'inquiètent du devenir de leurs données, l'hébergeur précisant sur son site que les données seront effacées avec la fermeture de la plate-forme et devront le cas échéant être récupérées manuellement par l'utilisateur. L'avocat parisien spécialiste des nouvelles technologies, Pascal Alix, a rappelé sur le réseau social Twitter, hier, qu'aux termes des conditions générales d'utilisation, le CNB s'était engagé à mettre en oeuvre « tous les moyens raisonnables » pour remédier à une interruption du service d'hébergement.

Les services du CNB indiquent qu'ils travaillent à trouver, avant la fermeture de la plate-forme, une solution technique satisfaisante permettant de restituer aux utilisateurs l'ensemble des contenus hébergés sur le site pour qu'ils n'aient pas à les récupérer manuellement. Si par la suite les utilisateurs souhaitent continuer leur blog, il leur appartiendra de trouver eux-mêmes un autre hébergeur. Mais aucune nouvelle plate-forme rassemblant des blogs d'avocats n'est prévue. « La blogosphère n'avait de toute façon pas vocation à durer », explique-t-on au CNB."

La parole du CNB non plus!

Lui même d'ailleurs a-t-il vocation à durer?

Mais vous savez quoi, le CNB a créé Vox-Avocats, une sorte de facebook des avocats version brejnévienne triste et passéiste d'avance mort-née.

Pas de risque que je m'y engage.

Demain, il le supprimera aussi.

Dès qu'il aura trouvé plus ringard.

Un conseil amical: Qu'il permette en effet de migrer les blogs existants vers une plate-forme moderne.

Pour le reste, les bloggeurs sauront se passer de lui et de ses plumes d'oie

Par jean.devalon le 09/11/12

Bernard Kuchukian, avocat au barreau de Marseille, est poursuivi devant le Conseil de discipline de la profession.

Il n'est pas poursuivi pour ne payer aucunement ses cotisations professionnelles et continuez à mener grand train, entre gourmette et lunettes d'or.

Il n'est pas poursuivi pour avoir piqué dans la caisse, ou autre avanie.

Il est poursuivi pour sa manière de s'exprimer, dans le cadre de sa profession d'avocat, à l'égard des tribunaux de commerce ou des élus de la profession.

Et comme, au-delà des travers qui lui sont reprochés, Bernard Kuchukian interpelle parfois à juste titre les institutions, il peut venir à l'esprit que le poursuivre sur la forme revient à vouloir l'empêcher de s'exprimer sur le fond.

Que l'on me pardonne d'avoir toujours plus de tendresse envers ceux qui ont la révolte en eux qu'envers ceux qui se coulent, trop facilement, dans les habits de l'ordre établi.

C'est pour cela que vous trouverez au pied de cet article le texte du jour, distribué dans les cases des avocats, dont nous gratifie, aujourd'hui, Bernard Kuchukian

Moi, Bernard Kuchukian

Par jean.devalon le 20/06/12

Peut-être est-ce parce qu'il a pleuré toute la nuit devant les misères de la justice que le magistrat tenant l'audience de divorce portait des lunettes noires qui faisaient penser, un peu, à des hublots de skieur patenté?

J'ai quand même senti que mes clients se demandaient si nous n'étions pas du côté de Palerme.

Mais mes pensées étaient ailleurs.

J'avais en effet interjeté appel d'une décision, par voie électronique en prenant soin de rentrer toutes les données que la machine paraissait demander et notamment l'identité des trois intimés.

J'avais reçu, par la suite, un message de la cour d'appel m'indiquant que mon appel été accepté et me transmettant une déclaration d'appel dans laquelle figuraient seulement deux intimés.

Je crois bien que mon coeur s'était arrêté de battre.

Mais, comme on n'apprend pas à un vieux singe à faire l'énarque, j'avais pris soin d'imprimer la page sur laquelle les données étaient portées avant de cliquer sur le bouton de validation.

J'ai donc interrogé la cour d'appel qui m'a répondu en un courriel sympathique me précisant qu'il n'y avait aucun problème et qu'il y avait bien trois intimés mentionnés au service de l'enrôlement.

Mon coeur s'est remis à battre.

Il a, à nouveau, eu une défaillance ce matin quand le journal d'annonces légales quii depuis plus d'un quart de siècle, adresse gratuitement aux avocats un exemplaire hebdomadaire me fait savoir que l'exemplaire que je reçois depuis 'quelques mois' ne sera désormais plus gratuit.

Malgré la désolation que cela représente, j'ai eu cependant un moment compensateur d'innocent bonheur.

L'un de mes enfants, bachelier potentiel, m'a demandé, pour son petit déjeuner, des bananes mûres.

En général, elles ne le sont guère quand on les achète.

Mais j'en ai trouvé, en promotion, tout à fait mûres, voir plus.

Finalement le bonobo doit être plus heureux que l'avocat.

Il y a du bonobo en moi.

Par jean.devalon le 30/03/12

Il parait , selon ces rumeurs qui bruissent, qu'Alain Bensoussan, mandaté par CCB, roi du CNB, va déposer un rapport envisageant la rupture avec Navista et remettant sur la table la solution parisienne.

Allons-nous enfin être libérés ?

Sortir du moyen age?

Etre enfin, en province, en phase avec les nouvelles technologies ?

Devons-nous espérer ?

Par jean.devalon le 27/03/12

Et si l'on avait sur le RPVA un regard pragmatique ?

Il existe la difficulté du système de connexion au réseau.

Il y a des quinquagénaires pour qui le démon de midi consistera à aller courir la gueuze.

Pour moi, qui suis une sorte de saint laïc, j'essaie simplement de baigner dans le bain des NTIC.

Chacun reconnaîtra, en off, que bientôt on sortira du système du boîtier Navista, ce drôle de modem imposé aux installations informatiques des cabinets à l'heure où chacun correspond avec sa banque par un simple code.

Mais personne ne le dit officiellement au nom de considérations politiques.

Or, pour le praticien, cela a un impact, car tout le monde aujourd'hui est habitué à la mobilité et à la frontière poreuse entre les heures de travail et de détente.

Le système en place, qui oblige de travailler de son bureau, ou de laisser (sauf erreur) un serveur allumé, ne correspond pas à notre temps.

La profession se glorifie d'un arrêt de la cour de Bordeaux ayant validé procéduralement les modalités de transmission électroniques.

La question se pose, maintenant, de la notion d'accords exprès de l'avocat.

L'Ordre de Marseille a diffusé un formulaire demandant à l'avocat adhérant au système d'exprimer son acceptation, ce qui montre bien d'ailleurs que cet arrêt venu du pays de l'ancien président du CNB ne paraît pas évident à tous.

Je suis adhérent du système, en pestant, mais l'adaptation professionnelle m'a paru l'imposer.

Je connais des barreaux où la juridiction joue le jeu et où le système paraît fiable.

Ici, par une sorte de masochisme pervers, on critique les avocats qui résistent pour les raisons que j'ai évoquées ci-dessus.

Alors que si le système avait été plus simple et plus mobile tout le barreau aurait déjà adhéré, y compris ceux qui travaillent avec un simple portable.

Et puis parlons franchement : qui ne connaît autour de soi un avocat qui a eu une difficulté, du genre ordonnance de clôture non reçue, d'où absence à l'audience.

C'est bien gentil de critiquer les avocats, mais les greffes ne sont pas prêts non plus.

Certaines chambres adressent les avis de renvoi, d'autres pas.

Tout dépend, semble-t-il, du greffier.

Il faut aller à la pêche pour retrouver les dates.

Il ne s'agit pas ici, nullement, de critiquer dans la mesure où il est naturel qu'un système qui se met en place prenne du temps, surtout dans une grosse machine comme le tribunal de Marseille.

Simplement il y en a assez de la langue de bois : le système ne prend pas, à Marseille, chez les avocats tels qu'il est parce qu'il est trop lourd et inadapté aux modalités professionnelles actuelles et, en outre parce que la juridiction n'est pas prête, elle non plus.

Et dans cet état, demander aux avocats d'exprimer leur acceptation de la validité des significations paraît nécessiter de donner des assurances :

- sur le fonctionnement du système dans les greffes sans différences entre les chambres :

- et on y reviendra toujours, sur des annonces claires sur les modalités de connexion plus modernes.

Sinon, il n'y a pas vraiment de raison de culpabiliser les avocats qui résistent car ce sont finalement eux les plus responsables.

Par jean.devalon le 09/01/12

Il est de bon ton de commencer l'année avec de bonnes résolutions, souvent sirupeuses.

Je vais donc dire du bien de la communication électronique mise en place dans le microcosme judiciaire.

Non pas, il ne faut pas rêver, du boîtier Minitel qui nous est loué chaque mois, mais d'un cas de réactivité.

J'ai signalé combien j'avais été décontenancé par le dysfonctionnement de l'inscription à la communication électronique près la Cour d'appel d'Aix-en-Provence.

J'ai fait un courrier à la Cour et, aujourd'hui, tout fonctionne.

Cela montre une efficacité comportementale à saluer.

Même le révérend de l'ordre, pardon référent, s'en est préoccupé.

Le pauvre, d'ailleurs, à des béquilles, on a vu le pousser dans l'escalier.

(JJ, où étais-tu ?)

Vous aurez remarqué la gentillesse de ce propos, je ne voudrais pas, en effet, que l'on me croit systématiquement atrabilaire.

J'ai quand même, en compensation, donné un coup de pieds au boîtier Navista.

On le jette quand, celui-là ?