Par jean.devalon le 07/01/12

A la lecture des gazettes, il semblerait que nous vivions la crise du siècle, un peu comme ces inondations ou ces tempêtes centennales qui laissent dans le paysage de tristes traces destinées à l'édification des générations futures.

Certes, il est possible, pour s'extraire de ce triste environnement climatique, de se plonger dans la ludique lecture de la Gazette du Palais.

Posons cependant ce mutin journal et affrontons les vents mauvais.

Quand la crise est là, les chiffres d'affaires sont à marée basse et la conduite d'un cabinet d'avocats nécessite une attention soutenue.

C'est pourtant dans ce moment-là que l'agitation et l'affolement des gouvernants compliquent la tâche des professionnels.

Rappelez-vous la réforme de la carte judiciaire, nécessaire dans le principe, mais appliquée dans une ambiance d'agitation criarde que ne dissimulaient aucunement, bien au contraire les robes de madame Dati, qui est allée heureusement depuis exhiber son téléphone portable au Parlement européen.

Pour la profession d'avocat, la communication électronique avec les juridictions est un progrès souhaitable, mais ses modalités techniques sont aberrantes, maltraitées par le caporalisme du Conseil National des Barreaux qui paraît avoir été inspiré par les fumées des grandes idées plutôt que par les besoins réels des cabinets d'avocats et de leur gestion quotidienne.

Cela crée du désordre.

La procédure d'appel électronique a été mise en place alors que rien n'est prêt, ce qui conduit à cette situation grotesque ou la Chancellerie se lance dans une masturbation prétendument intellectuelle pour savoir comment apposer un timbre matériel sur la procédure électronique !

Peut-être aurait-on pu attendre que tout soit prêt matériellement avant que de mettre en place une procédure qui ne peut que générer de grandes difficultés en état de cette impréparation manifeste ?

Et si l'on peut parfaitement concevoir la suppression des avoués, la brutalité avec laquelle elle est intervenue conduit à taxer le contribuable à hauteur de 150 € par partie en appel fragilisant de facto le droit de faire appel, mais qu'importe, n'est-ce pas ?

Ceci est une iniquité, tout cela pour rentrer dans le moule copié de l'agitation du mari de Carla, pour pouvoir dire que la réforme a été faite, peu important son coût pour le pays comme les difficultés qu'elle génère pour les professionnels, dont il n'est pas inutile de rappeler ici que ce sont des employeurs.

Et voilà que cette agitation structurelle est devenue aujourd'hui de l'affolement à trois mois des élections.

Il nous est donc reparlé de la TVA sociale, enterrée en 2007 et exhumée à l'heure du probable prochain un enterrement du Pouvoir.

Elle sent la mort.

Bien sûr que les charges salariales sont devenues proportionnellement trop importantes par rapport au salaire net, ce qui conduit à un coût du travail élevé et à des salaires nets insuffisants.

Bien sûr, quand les chiffres d'affaires flageolent, les salariés, à un moment ou un autre sont impactés et il faut les protéger.

Essayer de réduire les charges est une nécessité quand on voit les trésoreries des PME et TPE

Mais lancer cette idée affolée à trois mois des élections, c'est la certitude que cette réforme n'aboutira jamais, et la certitude que, si elle aboutit, elle générera un rejet tel qu'elle sera aussitôt abrogée par le nouveau Prince.

Autrement dit cette idée qui peut être intéressante n'est utilisée que trop tard, à des fins électorales, et au mépris glacé des perturbations à venir que cela peut créer dans la gestion des entreprises et donc des cabinets d'avocats.

Ainsi, au soir de ce règne peu glorieux, l'agitation structurelle est devenu affolement.

Nous sommes gouvernés par des affolés !

Et chaque jour qui va passer désormais donnera sa folie, comme poule qui pond son oeuf.

Retournons à la lecture de la Gazette du Palais !

Par jean.devalon le 04/01/12

Assez !

C'est une chanson de Nougaro que j'aime parce que la rocaille de l'accent s'allie avec la tendresse du coeur.

Les timbrés, ce sont nous, les avocats judiciaires qui devrons sur nos actes introductifs apposer un timbre, à ce jour à lécher.

Les cinglés (j'assume) ce sont ceux de la Chancellerie capable de pondre cette circulaire dont je donne l'extrait suivant :

D - LA CONSERVATION DES TIMBRES PAR LE GREFFE

Les timbres mobiles, accolés sur les premières conclusions (ou la partie retournée par les parties sur l'imprimé adressé aux fins de régularisation), ou le justificatif d'acquittement par timbres dématérialisés doivent être conservés en original au dossier et suivent le même régime que les pièces du dossier auquel ils se rattachent.

Il convient de décoller les timbres mobiles accolés sur les premières conclusions et de les joindre à la minute de la décision.

Le justificatif d'acquittement de timbres dématérialisés est également annexé à la minute.

Le greffe est donc tenu d'assurer la conservation de ces timbres pour permettre à toute instance comptable d'exercer son contrôle sur le nombre de timbres acquittés en regard du nombre d'affaires concernées sur la même période.

En conséquence, il est impératif de s'assurer que les timbres, dans toutes les instances où ils sont dus, sont conservés dans le dossier, quel que soit l'acte sur lequel ils sont apposés. Il convient donc avant de restituer, le cas échéant, leurs pièces aux parties de veiller à ce que les timbres n'y figurent pas.

Les timbres dématérialisés vont suivre le même régime que celui de l'archivage

électronique des actes et pièces de procédure. »

Bon les greffiers, à défaut d'être linguistes auront bonne salive !

Mais combien cette usine à gaz a-t-elle coûté au contribuable ?

J'espère pas trop de RTT aux fonctionnaires de la place Vendôme nos bijoux, mais d'une famille autre.

Lisez, si vous le voulez la circulaire complète au bas de cet article : Ca fait peur tant cette folie est déconnecté de la vie réelle, tant la Chancellerie est devenue une Bastille avec un régent à sa tête

Assez ! Si je traduis Nougaro, c'est le cri de l'avocat face au Conseil National des Barreaux qui ne nous défend pas et se comporte comme une pollution des esprits !

Circulaire Orwellienne

Par jean.devalon le 04/01/12

Je ne me rappelle plus quel est ce film de science-fiction où, dans un lointain vaisseau spatial, l'ordinateur central était devenu fou.

Je crains qu'il n'en soit ainsi de l'ordinateur d'e- barreau peut-être contaminé par le virus Navista.

Car enfin d'abord, la Cour d'appel m'envoie un message électronique pour confirmer mon inscription à la communication éponyme, mais quand je veux aller plus avant, l'ordinateur me dis que je ne suis pas inscrit et m'invite à prendre contact avec le greffe, celui-là même qui m'a écrit que je l'étais, et auquel il faut que j'écrive pour dire que je ne le suis pas.

Devant le Tribunal de grande instance où je suis inscrit depuis une année j'ai voulu bénéficier des largesses logicielles et donc consulter un dossier dans lequel je n'étais pas procéduralement constitué.

En fait l'acte de constitution a été signifié voilà plus d'un mois et demi mais il est envisageable que la consoeur ait omis de le déposer au greffe...

Comme elle m'avait donné le numéro d'enrôlement j'ai voulu procéder à une vérification.

La page d'accueil nous dit que nous pouvons consulter les dossiers où nous sommes constitués mais également ceux où nous ne le sommes pas.

J'ai donc entré le numéro d'enrôlement figurant sur un soit transmis en ma possession dans la rubrique : consultations des dossiers de l'avocat non constitué.

Sur la réponse que vous pourrez voir au bas de ce billet énervé il est mentionné : ‘ vous n'êtes pas constitué dans ce dossier'.

Je le sais, crétin, puisque je suis allé effectuer une recherche dans la consultation des dossiers de l'avocat non constitué.

Sauf à ce que cela signifie que cette rubrique doive être consultées pour vérifier que l'on n'est pas constitué dans un dossier, il me paraît qu'elle est aléatoire.

Tout cela n'est visiblement pas au point, mais c'est nous qui allons payer les pots cassés par les autres.

C'est charmant.

Par jean.devalon le 04/01/12

Voilà, ça y est : je suis un sinistré du boîtier.

Il faut que je vous dise, cela n'a rien à voir, que j'ai utilisé dimanche un appareil à fondue datant de l'année 1983, au look de Minitel et que ce boîtier qu'on nous impose bêtement ne dénote donc pas dans l'ensemble de ma psyché.

Dans un premier temps, alors que j'utilise la plate-forme e-barreau depuis un grand nombre de mois, la Cour d'appel a indiqué que je n'étais pas inscrit et qu'il fallait que je me rapproche du tribunal et de mon Ordre.

Je ne reviens pas sur la politique actuelle de l'Ordre des avocats au barreau de Marseille qui nous envoie une circulaire insistant, en quelque sorte sur les incidents possibles. (Pièce 1 téléchargée)

Positivez les gars !

Il me semble d'ailleurs que dire que tous les actes liés à la postulation devant la cour devront être faits exclusivement par ce système électronique va au-delà des textes actuels et n'est peut-être pas adéquat eu égard aux faiblesses du système.

Passer en force n'est pas donné à tout le monde, n'est pas Napoléon qui veut, ni Sarkozy le petit.

En tout cas l'Ordre m'a indiqué que j'étais bien inscrit et, par sécurité, m'a désinscrit pour me réinscrire.

Je sais, c'est comme ça.

J'ai donc reçu un message de la Cour d'appel confirmant mon inscription !

Orgasme intellectuel !

J'ai voulu consulter quelques dossiers en tant qu'avocat non constitué et un message s'affiche : vous n'êtes pas inscrit !

Gloup !

J'ai voulu, fictivement, interjeter appel contre toute la bêtise du monde et le message indique : une erreur est survenue lors de la recherche de l'adresse d'envoi de la déclaration d'appel ! (Pièce 2 téléchargée)

Oups !

Donc la Cour d'appel est en mesure de repérer mon adresse pour envoyer un message mais n'est pas en mesure d'en recevoir, en quelque sorte.

Et le Tribunal, lui, le peut depuis des mois.

Je vais demander à l'Ordre s'il m'est possible d'utiliser mon appareil à fondue de 1983 pour me connecter à la Cour, à mon avis ça marchera aussi bien.

En attendant je vais continuer mon chemin de croix.

Tiens, je vais saisir le référent de l'ordre, le gars qui se bat pour nous.

Par jean.devalon le 07/11/11

A été publiée au Journal officiel du 29 octobre 2011 la décision, datée du 5 octobre 2011, portant réforme du règlement intérieur national (RIN) de la profession d'avocat.

On lit notamment l'articel 15:

" Art. 15. - Domicile professionnel.

" Cabinet principal.

" 15.1. L'avocat inscrit au tableau de l'ordre doit disposer dans le ressort de son barreau d'un cabinet conforme aux usages et permettant l'exercice professionnel dans le respect des principes essentiels de la profession. Il doit aussi veiller au strict respect du secret professionnel et justifier d'une adresse électronique.

" Le conseil de l'ordre peut autoriser à titre temporaire, et pour la durée qu'il fixe, l'avocat à se domicilier soit au sein de locaux affectés par l'ordre, soit dans les locaux du cabinet d'un autre avocat dans le ressort du même barreau. La convention écrite relative à une telle domiciliation fixe les modalités de la mise à disposition de locaux et les conditions de transmission des courriers et communications destinés à l'avocat. Elle doit être préalablement approuvée par le conseil de l'ordre.

" L'avocat domicilié doit communiquer au conseil de l'ordre l'adresse de son domicile privé.

....

Je vais immédiatement dénoncer à l'Ordre ceux des confrères et consoeurs que je connais qui n'ont toujours pas d'adresse électronique !

(En général, il faut reconnaître, qu'il n'y a pas parmi eux de consoeurs dont nous souhaiterions connaître le domicile privé.)

Cela sent vraiment la marche forcée vers la communication électronique, quelque peu inévitable au demeurant

Par jean.devalon le 30/08/11

Les avoués ont donc été supprimés avec l'idée sous-jacente que la communication électronique permettra aux avocats de les remplacer aisément.

Nous sommes à quelques mois de l'échéance fatale et, visiblement, les choses ne sont pas prêtes.

Très certainement un report sera-t-il encore institué.

C'est l'occasion d'évoquer ici le RPVA et de rappeler combien les choses auraient pu être plus aisées si le concept de modularité avait été compris par les représentants de la profession.

Le but d'un système de communication est, c'est banalité que de le dire, que la communication s'établisse entre les avocats et les juridictions et entre les avocats entre eux.

Un cahier des charges déterminant les normes de sécurité nécessaires et laissant ensuite aux avocats, et aux ordres, le choix de la technique et des prestataires aurait assuré un succès immédiat.

Je suis convaincu que compte tenu de la structure représentative de la profession, ceux qui ont été conduits à prendre les décisions ne pratiquent guère l'informatique et ont avec leur ordinateur des rapports distanciés

Bien sûr, cela fonctionne.

La télévision analogique aussi, mais elle a été remplacée par le numérique.

Pour que la communication électronique rencontre un réel succès, il suffit que les avocats soient en mesure d'utiliser le mode de connexion qu'ils souhaitent sous le contrôle de la profession.

Si le succès n'est pas en rendez-vous, c'est que le temps n'est plus aux lourdeurs administratives et techniques, mais aussi politiques du passé.

Modulaires, il nous faut être modulaires.

Pas notaires.

Par jean.devalon le 01/04/11

Il n'est pas impossible que mon caractère soit parfois un peu trop tranché.

En matière de RPVA, cependant moins que les célèbres JJ et BK.

Néanmoins je reçois de mon bâtonnier un courrier urticant revenant sur la situation marseillaise.

Il évoque une décision du conseil de l'ordre qui n'a pas été communiquée au bon peuple.

C'est un peu comme si on évoquait une loi sans vouloir la communiquer.

Il va dire que le système marseillais a été abandonné dès la fin de l'année 2010.

À ma connaissance, cela n'a pas été le cas, mais le bâtonnier Mattei et son Conseil de l'ordre se sont trouvés devant un fait accompli combattu en justice.

Tu parles d'un abandon !

Si l'on traduit de manière politique, dire que le système a été abandonné dès l'année 2010 revient pour le nouveau bâtonnier à dire : « c'est pas moi, j'y suis pour rien »

Puis il nous est donc expliqué et que l'on peut continuer à avoir accès au RPVA par le biais d'un ordinateur mis à la disposition à la bibliothèque de l'ordre sans avoir à intégrer un schmilblick au cabinet.

Mais il est également précisé que le partage la même boîtier - schmilblick entre plusieurs avocats, collaborateurs ou non est tout à fait possible, la seule condition étant que les titulaires s'entendent sur la personne physique ou morale qui devra souscrire l'abonnement.

Simple et juridiquement évident !

En fait c'est un courrier mièvrement incitatif.

Ce qui va être amusant à gérer est la notion de partage d'un même boîtier entre plusieurs avocats.

Je vais proposer au bâtonnier, dont le cabinet est à l'étage au-dessus du mien d'opter pour le RPVA, le boîtier étant dans mon cabinet.

Je suis sûr qu'il sera d'accord pour mettre en application une vision aussi pertinente.

Sinon, l'eau tiède n'a jamais fait mal à personne.

Par jean.devalon le 24/03/11

J'ai lu, il y a quelques jours, un article de la tribune rappelant, qu'en 2010, 44 % des TPE avaient eu des difficultés de trésorerie.

Une TPE est une entreprise de moins de 20 salariés.

Je suppose que la majorité des cabinets d'avocats rentre dans cette catégorie.

La réduction des coûts est, pour une entreprise quelconque, une nécessité en l'état de l'augmentation des charges contraintes et de la difficulté d'assurer l'augmentation régulière du chiffre d'affaires permettant de la couvrir.

À cet égard, la numérisation des données et des transmissions fait partie des nécessités absolues qui permettent de limiter les coûts postaux et de fournitures diverses.

À la condition, bien sûr, que la numérisation soit conçue de telle manière qu'elle soit performante et au meilleur coût.

Une fois cette entame pertinente affirmée, j'en reviens, insidieusement, au RPVA.

Conçu, ici, comme outil économique.

La critique portée contre le système vendu était son coût, son inadaptation aux données actuelles de la science informatique, la nécessité éventuelle d'un intervenant tiers dans le réseau informatique des entreprises et, surtout, l'implantation d'un modem et d'une clé USB complètement dépassés à l'heure où, par exemple, le Barreau de Paris renonce au deux !

En ce sens, l'opposition à ce système est économiquement et politiquement fondée.

Ce sont là des banalités.

Dans la profession d'avocat, le fait que ces banalités ne puissent permettre de parvenir à une solution et génèrent un conflit montre que le mode de gouvernance est inadéquat.

On sait que le prestataire du Conseil National des Barreaux a, semble-t-il, assuré la mise en place de la CARPA des avocats au barreau de Bordeaux, référence absolue, mais il n'en reste pas moins vrai que le système mis en place par ses soins n'a pas été jugé indispensable par l'expert informatique mandaté par la Conférence des bâtonniers.

Coûteux et inutile.

C'est la raison pour laquelle le Barreau de Marseille était rentré en résistance.

Il y a quelques jours, un communiqué de l'Ordre des avocats au Barreau de Marseille paraissait dire que l'Ordre de Marseille rentrait dans le rang.

Il semblerait en fait que ce ne soit pas vraiment le cas, que les procédures engagées perdurent (d'ailleurs quelques avocats sont nommément demandeurs) et que l'Ordre a voulu seulement régler une situation particulière née du refus de livraison du Conseil National des Barreaux. Ce refus entraînant des sinistres déclarés par certains avocats du fait du dysfonctionnement existant, puisque le tribunal considérait les avocats comme destinataires des messages électroniques, alors même qu'ils ne les recevaient pas.

D'où des absences aux audiences !

Merci, le CNB !

Donc, nous n'aurions pas compris !

Ce qui est rassurant, si tout cela est exact, c'est que les lendemains sont préservés.

Car après tout, quand l'avocat communique avec sa banque, c'est simplement avec un code. Demain l'avocat de Paris communiquera avec les juridictions de la même manière.

Il faut quand même être sacrément arriéré dans sa tête pour croire que l'on va pouvoir longtemps imposer aux avocats de province un système différent générant une fracture numérique !

En revanche, le béotien se dit que tout cela manque sacrément de transparence.

Pas d'appel d'offres, on le sait, pour le choix du système.

Au Conseil National des Barreaux, un processus de décision opaque et une association, constituée pour gérer le système, dont même les socialistes marseillais se méfieraient.

Ajoutons que la baisse du coût du système vendu aux avocats paraît être compensée par l'augmentation des cotisations payées par ailleurs, et on a un tableau regrettable.

Et sur ce tableau on verrait un avocat benêt.

Force est de reconnaître que, du côté des avocats marseillais, celui qui a lu le dernier communiqué ne pouvait que comprendre que le bâtonnier précédent était désavoué, ce qui serait donc inexact.

Sous toutes réserves, dont acte !

On ne sait trop les doux murmures qui ont pu être susurrés en coulisses, mais l'avocat de base aurait tendance à estimer que les malentendus n'existeraient pas si les réunions des Conseils de l'Ordre étaient publiques et si les décisions prises par eux étaient communiquées aux avocats.

Il n'y aurait pas à lire un communiqué, mais à lire une décision.

L'avocat, il sait lire !

Et oui, je suis un dangereux révolutionnaire.

En tout cas, la saga continue.

En fait, c'est une course de vitesse entre ceux qui veulent absolument imposer un système condamné avant de partir et ceux qui veulent résister à l'imposition de ce système avant qu'il ne soit enfin abandonné.

Je me demande si je puis remplacer le schmilblick que veut me vendre le Conseil National des Barreaux par un joli poste de TSF que j'ai dans ma cave.

En tout cas, s'agissant de la communication, électronique ou pas, il y a des progrès à faire.

A Marseille comme ailleurs !

Par jean.devalon le 15/03/11

La situation des avocats de Marseille vis-à-vis de la communication électronique avec les juridictions pose donc problème.

Il avait été testé un système de connexion utilisant une clé, genre USB, mais ne nécessitant pas dans l'installation informatique de chaque cabinet, l'implantation d'une sorte de modem.

C'est en cet état que plus de 400 avocats avaient commandé le système de connexion proposé alors par l'Ordre des Avocats.

Je suis pour ma part persuadé, qu'immanquablement, dans les mois qui viennent, la communication électronique se fera d'ailleurs sans clé et sans modem d'un monde parallèle, comme on communique avec sa banque.

C'est tellement évident.

Donc, la position de l'Ordre des Avocats de refuser un système que l'on sait peu pertinent était, sous la direction du bâtonnier Mattei, fondée et, à mon sens, l'est encore, pour qui regarde les blogs informatiques.

Le système actuel en effet ne satisfait personne, sauf peut-être ceux qui n'en mesurent pas les extrêmes limites.

Les autorités politiques de la profession veulent néanmoins maintenir son installation, plus probablement pour ne pas avoir à se déjuger que pour autre chose.

Curieusement, l'Ordre des Avocats au barreau de Marseille, sous l'égide d'un bâtonnier qui avait pourtant assuré qu'il maintiendrait la politique de son prédécesseur, a fait volte-face et a adressé aux avocats un courriel informant qu'il allait commander les modems, semble-t-il pour tous les cabinets. !

Parlons clair :

Si l'Ordre estimait qu'il y avait difficulté à laisser les cabinets d'avocats dans la situation actuelle, née d'ailleurs d'un déficit de communication par écrit; ce qu'il eût fallut faire, pour rester dans la mode subjonctive, semble assez simple :

Il eût fallu adresser aux avocats détenteurs des fameuses clés un courrier indiquant, qu'en l'état actuel, la communication électronique, eu égard à la position prise par le Conseil National des Barreaux, ne pouvait se faire:

- qu'avec la clé seule, dans la bibliothèque de l'Ordre des avocats, utilisant le système collectif institué, conforme aux textes, et admis même par le Conseil National des Barreaux.

- ou alors avec le modem qu'il convenait de commander individuellement

Mais qu'en revanche l'Ordre maintenait sa position, ce que son communiqué paraît curieusement dire, quand il se prétend force de proposition au visa du fameux rapport Hattab.

Et qu'il maintenait bien sûr les initiatives prises par lui.

Après celà, chaque avocat pouvait alors prendre sa décision en toute liberté.

Si c'était ce discours qui avait été tenu, les épaules du costume n'auraient pas trop rétréci, car cela pouvait intellectuellement parfaitement se concevoir.

Mais venir dire aux avocats, semble-t-il, qu'on ne leur laissait pas le choix, et que ceux qui étaient titulaires des clés allaient devoir opter ,dans leurs cabinets, pour le modem est une chose totalement différente, puisque chaque avocat, à ce stade est parfaitement libre d'attendre jusqu'au dernier moment, dans la mesure où les failles du système finiront bien par entraîner son abandon, et que les délais en termes de procédure ont été reportés, comme chacun sait, mais oublie peut-être de le dire.

Parce que là, on est dans une logique différente, il ne s'agit pas de modifier un peu la taille du costume, mais bien de baisser le pantalon, ce qui est inutile en ces temps de froidure, et parfois douloureux, dit-on.

C'est, quelque part, passer dans le 'camp adverse' au milieu du combat, position qui en général n'est jamais justifiable.

Et de plus, à l'évidence, inefficace, car il y a fort à parier que personne n'ira se précipiter pour obéir, le doigt sur la couture du pantalon.

La seule chose qui aura transpiré, c'est un sentiment de précipitation détestable, très imprudent au demeurant.

Et cela se ressentira aux prochaines élections, pour les candidats au poste de bâtonnier désigné, ou candidates, qui se feront interpeller sur leur attitude quant à la fiabilité que l'on peut accorder à leur parole.

Y ont-ils suffisamment réfléchi ?

Parce qu'avocat averti en vaut deux, voyez-vous.

Par jean.devalon le 14/03/11

Je suis allé, voilà quelques mois, en famille, au Marineland d'Antibes.

Grand plaisir pour les enfants que de voir évoluer dans leur bassin les orques, dauphins et autres otaries.

Belles circonvolutions de ces animaux sous la direction bien sûr, de leurs dresseurs pour plaire au bon peuple.

Il fut un temps où celui qui aspirait à être bâtonnier s'appelait dauphin. Il me semble que maintenant on dit vice bâtonnier, sans aucun mauvais esprit, s'agissant du terme de vice.

Au mois de novembre, je crois, les avocats de Marseille vont donc élire leur désormais vice bâtonnier, anciennement dauphin.

Et, métaphoriquement, les circonvolutions ont déjà commencé.

Une belle lettre reçue, sur papier glacé, d'un confrère qui, comme à chaque fois, explique tout le bien qu'il va faire au barreau qui n'attend que lui.

Sous la surface de l'eau, d'autres commencent à se mouvoir, orques, dauphins et même dit-on, otarie.

Cela étant ; si l'on change de théâtre d'ombres, on peut aussi penser à César assassiné se tournant vers Brutus et déclamant : 'tu quoque, mi fili !'

Il y a un peu de ça, actuellement, dans la vie du barreau de Marseille. ..

On peut alors se demander, mutin, ce que nos sympathiques animaux dans ce théâtre là, où les circonvolutions sont souvent bien moins belles et bien moins agréables, auront à dire ,pour savoir s'ils seront applaudis par le peuple ou si les pouces se retourneront cruellement vers le bas.

On peut.

Orques, dauphins ou otaries vivent des applaudissements et, il est vrai, des petits poissons que l'on leur donne.

Mais il serait quand même inadéquat de donner à des candidats de petites sardines crues.

Ou de simples arêtes...

Pardon ? Des requins ? Chez les avocats ! Allons donc !