Par jean.devalon le 02/07/13

« les PREMIERS PRESIDENTS DE COUR D'APPEL

sont-ils hostiles aux avocats ? »

Editorial du Président | 2 juillet 2013

Une délibération de la Conférence des premiers présidents de Cour d'appel est intervenue le 31 mai dernier sur l'accès au droit, l'office du juge, l'organisation judiciaire et processuelle. Elle n'a pas été portée à la connaissance du public.

Cette délibération manifeste une hostilité ou à tout le moins une défiance à l'encontre de notre profession.

Vous la lirez ci-après. Tout en affirmant « le caractère essentiel de l'accès au droit et à la justice », les propositions de la Conférence des premiers présidents reviennent à retirer de la sphère du judiciaire les divorces par consentement mutuel, les partages de succession, même en cas de désaccord initial, la liquidation des régimes matrimoniaux, la gestion quotidienne du patrimoine des majeurs protégés, l'indemnisation des victimes d'accidents de la circulation, le surendettement, les procédures de redressement personnel et, de manière plus générale et plus vague, « les comportements susceptibles d'être transigés, sanctionnés administrativement ou financièrement ».

Cela signifie que le juge n'interviendrait plus que de manière extrêmement limitée et épisodique.

La Conférence des premiers présidents envisage également une réforme du régime de la représentation ou de l'assistance obligatoire devant toutes catégories de juridictions, sans préciser si elle envisage un renforcement du rôle de l'avocat ou au contraire la suppression de la représentation obligatoire.

Enfin, elle souhaite limiter le recours à l'appel et codifier l'obligation de structurer les écritures à peine d'irrecevabilité.

Le recours au juge deviendrait donc l'exception et l'avocat tenu fermement en bride.

Je vous invite à soutenir vos Ordres et vos bâtonniers à qui je demande d'émettre les plus vives protestations auprès des premiers présidents des Cours d'appel et de bien vouloir m'en adresser la copie.

Des pétitions pourraient être offertes à la signature des avocats de chaque barreau.

Nous les relaierons auprès des pouvoirs publics.

D'ores et déjà, j'en informe Madame la garde des Sceaux que je rencontrerai ce 4 juillet à 19h, Place Vendôme.

Bâtonnier Christian Charrière-Bournazel

Président du Conseil national des barreaux

Ce texte accablant des Premiers, vous le trouverez ici

Cela vise, en fait, à faire que le peuple ne fréquente plus les Paliais où seraient traîtés les choses importantes, de celles que traitaient le Premier Estoup.

La Justice se déshumanise, dirigéee qu'elle est par les mêmes technocrates qui rendent notre pays irrespirable.

Qui dira que la procédure devant la Cour, avec ses irrecevabilités et caducités à chaque coin de clavier a un coté coréen ?

Qui dira que les Premeires ne jugent plus, mais comptent et font des camenberts pour leurs statistiques.

Mais où est passée la justice, là dedans ?

Par jean.devalon le 27/05/13

C'est le numéro bleu mis en place par le Barreau de Paris; ligne de soutien et d'écoute pour les avocats en difficulté qui permet d'échanger avec des psychologues.

Homme orchestre ou démiurge fatigué, l'avocat peut chuter, frappé par le stress, voire le burn out.

Ben, oui.

Où alors être détruit par le spectacle donné par les organismes représentatifs de la profession ...

Les chefs devraient appeler les psy...

Je rajoute, in fine, un triste mot.

Mon confrère marseillais , Bernard Kuchukian, que le nouveau bâtonnier, de la même essence bâtonnière que l'ancien poursuit de ses assiduités sado-disciplinaires vient de téléphoner pour demander assistance psychologique, délicate âme fragile.

Mais c'est réservé aux avocats parisiens ..

Bon, CNB, allo quoi ?

Par jean.devalon le 22/05/13

Je crois, aujourd'hui, que je me sens un peu parisien, ce qui, pour un avocat marseillais, se rapproche du trouble du comportement.

Ainsi, le barreau de Paris suspend sa participation au Conseil national des barreaux estimant, au-delà des éventuelles et inévitables arrière-pensées, que la réforme de la profession appartient à chaque avocat.

Si un brave épicier de quartier s'associait avec Michel Édouard Leclerc, chacun se dirait qu'il y a là mariage de la carpe et du lapin, ou plus exactement du thon goûteux avec le requin gourmand.

Je me demande si le fait d'avoir uni, en son temps, les avocats avec les conseils juridiques était finalement une bonne idée dans la mesure où il existe une différence de puissance économique, mais peut-être aussi de nature entre les grandes firmes de la profession et le professionnel libéral désormais unis sous le même vocable d'avocat.

Le pouvoir revenant toujours au puissant, la gouvernance de la profession, au niveau national paraît éloigné des préoccupations de l'avocat de terrain.

C'est probablement inévitable dans la mesure, au surplus, où il est constant que l'électeur, une fois élu, se transforme en défenseur acharné de l'institution à laquelle, enfin, il vient d'accéder.

Il mute, le bougre, en un hypocrite institutionnel.

Faut-il ou pas, pour la profession, un ordre national ? Je ne sais, finalement.

Je sais, en revanche, que le nombre des avocats a augmenté de 40 % depuis 10 ans y compris dans ma bonne ville de Marseille et que je n'ai jamais compris les discours enflés d'importance estimant que c'était une chance pour la profession là où, mathématiquement, dans une ville pauvre comme la mienne, une croissance aussi rapide ne pouvait entrainer que des difficultés économiques pour tous.

Mais, c'est la manifestation de la différence existant entre les électeurs et les élus, les élus perdant le sens de la réalité économique.

Il est évident que les Conseils de l'ordre ont quelque chose de désuet et, à tout le moins, leurs délibérations devraient être publiques désormais.

Il est évident qu'il ne faut pas rajouter des strates au mille-feuilles et que le collège électoral du Conseil national des barreaux ne peut que prêter à cela, puisqu'il existe un collège des élus dont la tâche principale sera de veiller à leur propre progression électorale et, si une nouvelle structure se crée, c'est une chance pour ce but ultime.

Toute réforme devrait alléger les structures et promouvoir la démocratie directe.

A priori, les avocats sont des juristes parfaitement capables d'appréhender les besoins de leur profession ainsi que la traduction de ses besoins en termes institutionnels ; tout autant bien sûr que la parole leur soit donnée.

Il est évident que le mode électoral, sénatorial, du Conseil national des barreaux doit être supprimé pour en venir au principe démocratique simple : un homme, une voix (et une femme aussi, je suis moderne, Moa).

Il me semble également clair qu'il est absurde que coexistent le Conseil national des barreaux et l'antique Conférence des bâtonniers dont on pourrait imaginer qu'elle mette volontairement fin à ses jours. (Vol angoissé des élus d'icelle)

Ce dont la profession a besoin c'est d'un organisme représentatif qui le soit vraiment et, c'est vrai, que le Conseil national des barreaux ne l'est pas.

Ce dont la profession a besoin, c'est de démocratie directe et d'élus comprenant la réalité du terrain.

Alors je ne sais si le bâtonnier de Paris à raison de donner un coup de pied dans la fourmilière.

Mais il apparait, en effet, que notre profession a besoin d'une réforme de sa gouvernance, tout autant qu'elle ne soit pas conçue par de puissants cabinets d'affaires mettant en musique une prise de pouvoir permettant, dès lors, d'organiser la profession à leur convenance pour fabriquer une piétaille à leur service.

J'aime bien, individuellement, le caractère tonitruant du président du Conseil national des barreaux, mais j'observe que, s'agissant de la catastrophe du RPVA, rien n'a bougé et qu'au contraire on peut imaginer une inconsciente volonté hollandaise de laisser les choses en l'état.

Il faut, certainement, plus de démocratie directe dans cette profession.

Car il apparaît : « qu'un sujet aussi fondamental que celui de la réforme de la gouvernance exige une réflexion sans a priori, ouverte sur la société, et dont les orientations devront être soumises à un référendum à l'échelle de notre profession. C'est aux 55 000 avocats et à eux seuls qu'il revient désormais de s'exprimer sur l'évolution nécessaire et urgente de la gouvernance de notre profession. »

Je me sens parisien, ça me gêne, ça me gêne.

Source :Affiches parisiennes

Par jean.devalon le 21/05/13

Drôles de tweets aujourd'hui.

Dans la cathédrale de Paris, un homme s'est suicidé aujourd'hui, en se tirant une balle dans la bouche devant l'autel.

Peu importe qu'il ait été un essayiste d'extrême droite, cela montre seulement qu'à force de souffler sur les braises, on attire le diable.

Dans l'incessant défilé des tweets je relève celui-ci :

Marine Babonneau ‏@marinebab

Le conseil de l'Ordre de Paris suspend sa participation au Conseil national des barreaux.

Le peuple des avocats trime et souffre et nos excellences s'amusent à se quereller pour des jeux de pouvoir.

Tout va très bien, Madame la marquise, vous allez pouvoir vous marier avec la sottise ; sauf l'inceste, bien sûr.

Par jean.devalon le 02/05/13

L'ACTION DE GROUPE A LA FRANÇAISE : UN LEURRE

Editorial du Président | 2 mai 2013

L'action groupée existe déjà en France.

Il est permis à un justiciable de réunir autour de lui des personnes qui ont subi un préjudice analogue au sien en raison des mêmes causes (contractuelles, para-délictuelles ou délictuelles). Chacune des personnes concernées peut désigner comme mandataire aux fins de l'instance le chef de file qui a pris l'initiative de les regrouper et peut donner mandat à un seul et même avocat. J'ai agi ainsi il y a déjà trente-cinq ans pour des chefs d'entreprise qui avaient été floués par des assureurs. Je tiens la jurisprudence à la disposition de qui la veut.

Aujourd'hui, rien n'empêche un justiciable de soumettre à l'avocat de son choix le cas qui le concerne et qui peut en concerner d'autres. Rien ne lui interdit de constituer une association ayant pour objet de réunir d'autres victimes. La publicité qu'elle fera à cette fin pourra comporter le nom de l'avocat qu'elle aura choisi et la procédure sera engagée soit par le président de l'association comme mandataire aux fins de l'instance de toutes les personnes ayant donné pouvoir et nommément désignées par leur identité complète ou, sans mandataire, par les personnes elles-mêmes.

La maxime « nul ne plaide par procureur » n'interdit pas de plaider par mandataire dès lors que le mandant est identifié.

Il n'est donc besoin d'aucune réforme pour continuer à exercer ces actions groupées.

On comprend mal, par conséquent, le tapage fait par le gouvernement autour de la « class action » à la française, réservée à de simples litiges de consommation à l'occasion desquels il ne sera pas possible de demander plus que le remboursement de ce qui aura été indument payé, sans dommages et intérêts.

Mais ce qui est plus grave, c'est la suspicion que cette loi manifeste, une fois de plus, à l'égard de la profession d'avocat. La « class action » sera réservée aux seules associations de consommateurs.

Voici qu'apparaissent de nouveaux médiateurs entre les justiciables et leurs juges : les associations de consommateurs agréées. Cette démarche, qui revient à faire juge de l'opportunité d'une action une association et non pas le professionnel qu'est l'avocat, heurte de front l'honneur même de la profession.

Certes, une association a le droit d'ester en justice. Mais elle ne saurait devenir le filtre obligatoire par lequel doit passer le justiciable. Toutes les associations auxquelles la loi a donné la faculté d'agir en justice (contre le racisme ou l'antisémitisme, contre la maltraitance faite aux enfants, etc ...) sont parties au procès, mais non pas des portiques nécessaires sous lesquels doit passer la personne qui souhaite agir en justice.

J'avais proposé à M. le ministre Hamon comme à mes interlocuteurs de la Chancellerie, d'imaginer une procédure simple.

Si l'on redoute l'inflation des procédures injustifiées, le seul moyen légal d'y remédier consiste en un examen préalable par un juge de la recevabilité de l'action envisagée. C'est ce juge seul qui, saisi par un avocat pour le compte d'une ou plusieurs victimes, examinerait la recevabilité de la demande, organiserait la publicité qu'il conviendrait de donner à l'action de groupe et, le cas échéant, fixerait une première provision ad litem sur les frais à venir. Bien sûr, cette procédure préalable serait contradictoire. Je n'ai pas été entendu.

Le pire serait que la loi, sous prétexte de réserver à l'association de consommateurs l'action de groupe, interdirait parallèlement à l'avocat d'entreprendre une action groupée comme celle que j'évoquais en commençant.

En aucun cas nous ne l'accepterons. Il est de mon devoir de le dire dès à présent et d'informer les parlementaires que nous ne pourrons pas tolérer cette nouvelle atteinte aux droits de chaque citoyen d'accéder à la justice comme il l'entend par le canal de l'avocat de son choix, sans aucun filtre régulateur.

Un État qui, comme la France aujourd'hui, semble vouloir multiplier les entraves à l'exercice de la profession d'avocat et au droit de chaque personne d'accéder au juge, de se faire assister et défendre par qui bon lui semble, prend des libertés dangereuses et inacceptables avec les principes démocratiques.

Bâtonnier Christian Charrière-Bournazel

Président du Conseil national des barreaux

Par jean.devalon le 17/04/13

Editorial du Président

17 avril 2013

Le déshonneur d'un ministre qui serait fraudeur et parjure ne saurait à lui seul tuer la démocratie comme le ferait un virus mortifère.

Les affrontements de l'opposition et de la majorité et les gesticulations qui les ponctuent sont inhérents au combat politique. L'opposition a le droit de demander des comptes au gouvernement qui a le droit de riposter. Ces empoignades sur fond de scandale jalonnent l'histoire de notre République, témoignent de sa vitalité et contribuent à sa survie.

De l'affaire Stavisky à la plus modeste aventure des diamants de l'empereur de Centrafrique, les « affaires » provoquent l'émoi et l'indignation de la conscience collective.

L'intensité du débat d'aujourd'hui tient à ce que j'appellerai la logique du comble : non seulement un ministre aurait fraudé le fisc, mais il aurait juré le contraire devant l'Assemblée nationale avant de passer aux aveux. Pire encore, il s'agissait du ministre de l'administration fiscale !

Pour autant, le gouvernement devrait se montrer ferme et calme et la classe politique savoir raison garder.

Au lieu de cela, se met en place, dans une atmosphère rappelant les excès de la Révolution française (un homme politique en appelle aujourd'hui à Robespierre !), une suspicion généralisée.

Animés d'une sorte de fièvre panique, des députés, des sénateurs ou des ministres étalent leur patrimoine, invitent à fouiller leurs armoires pour prouver qu'ils ne cachent rien et réclament la transparence comme une vertu suprême, quittes à devenir aussi translucides que des méduses.

Plus grave, on tente de mettre en place une sorte de loi des suspects sur fond de haine civile désignant à la vindicte populaire des professionnels, étrangers au drame, qu'on lui jette en pâture comme des boucs-émissaires.

Sont-ils devenus fous ?

On commence par jeter l'opprobre sur les avocats comme s'ils étaient les fauteurs du mal. À supposer que l'un d'entre eux manque à son serment et se fasse complice d'une fraude, il doit être jugé comme tout un chacun et jeté hors du barreau. Mais la généralisation est insupportable : a-t-on imaginé, dans le passé, de supprimer le gouvernement parce qu'un ministre a failli, de prôner la méfiance à l'égard de tous les parlementaires parce que l'un d'entre eux a été condamné, ou encore de discréditer la magistrature lorsqu'il arrive qu'un juge encourt la destitution ?

Et, comble supplémentaire, aucun avocat n'est ici en cause, mais un chirurgien !

Cela n'empêche pas nos gouvernants de délirer.

La loi que concoctent en ce moment leurs services est destinée à empêcher un avocat, devenu parlementaire (je ne parle pas d'un parlementaire devenu avocat), de continuer à exercer son métier. Ce projet scélérat va infuser dans l'opinion publique l'idée qu'un avocat serait malhonnête, qu'il se livrerait, étant parlementaire, à je ne sais quel trafic d'influence, soit pour favoriser des lois utiles à sa clientèle, soit pour impressionner les juges en raison de ce pouvoir supplémentaire qu'il détiendrait, comme si les juges n'étaient pas des femmes et des hommes libres.

Or déjà depuis plus de quarante ans, une loi organique (article LO 149 du Code électoral) a défini de manière très précise et stricte les domaines dans lesquels un avocat devenu parlementaire doit s'abstenir d'exercer son métier : il ne peut plaider ni pour ni contre l'État, ni pour ni contre des sociétés nationalisées, ni à l'occasion de marchés publics, ni dans les procès de diffamation au pénal. Je ne cite que ces quelques exemples.

Si l'avocat enfreint la règle, il est réputé démissionnaire de son mandat parlementaire. Il revient alors au bureau de son assemblée de le constater.

Au surplus, notre déontologie nous impose de fuir les conflits d'intérêts à peine de commettre une faute disciplinaire qui relèverait du conseil de discipline, sous le contrôle des magistrats professionnels. Ce sont eux qui, en appel, relaxent ou condamnent un avocat.

Quelles seraient les conséquences de cette législation inepte ?

Un avocat, par état, défend ses contemporains et les représente au sein des assemblées. Qu'une dissolution l'empêche de terminer sa mandature ou qu'il reste parlementaire pendant un certain nombre d'années, son retour à la vie professionnelle sera de toute façon compromis : ses clients ont pris l'habitude de se passer de lui.

Du même coup, les avocats seraient encore moins nombreux qu'aujourd'hui au sein du parlement, alors qu'étant juristes, ils ont toutes les qualités pour participer efficacement à l'élaboration de la loi.

Le parlement sera-t-il donc composé essentiellement de fonctionnaires, certes en disponibilité, mais qui n'auront pas à affronter les mêmes craintes ? Quelque estime que je leur porte, je ne puis concevoir que nos assemblées soient désormais essentiellement constituées d'agents de la fonction publique. Nous changerions de régime politique puisque les assemblées seraient composées de manière très majoritaire d'agents de l'État assurés, une fois expirée la durée de leur mandat, de retrouver leur place au sein de l'administration.

Cette réforme, outre qu'elle dénaturerait notre République, procèderait d'une discrimination insupportable.

Que nos gouvernants, s'ils maintiennent leur projet absurde, aillent au bout de leur folie : nul ne peut être parlementaire s'il n'a préalablement démissionné de son métier antérieur, qu'il soit professionnel libéral ou fonctionnaire.

Le gouvernement rêve-t-il d'avoir les pleins pouvoirs grâce à des assemblées d'assujettis, à moins qu'il ne songe même à s'en passer ?

Peuple de France, réveille-toi ! Ils sont en train de devenir fous !

Bâtonnier Christian Charrière-Bournazel

Président du Conseil national des barreaux

Puis-je ici, modestement, marquer un désaccord certain avec le Président CCB: Ils ne sont pas en train de devenir fous, ils le sont depuis longtemps, mais nous ne nous en étions pas aperçus, ravis de la crèche que nous étions !

Par jean.devalon le 05/11/12

Mon amie Sylvie Beffara-Lore, du barreau de Tulle, m'a adressé, par internet, un article du journal la Montagne dans lequel il était relaté qu'avait été retrouvé le mausolée du comte de Valon, personnage haut en couleur, dont la légende dit qu'il se serait suicidé, en se noyant dans l'étang de son château, en 1851, par dépit amoureux.

Je m'inscris en faux contre cette abomination : Alexis de Valon, littérateur, ne s'est pas suicidé, mais est tombé accidentellement en faisant une promenade en barque dans l'étang de son château.

En plus, c'était le fils du maire de Tulle et cela aurait donc porté malheur pour la suite.

En tout cas, cela m'a renvoyé aux temps chevaleresques où il ne fallait pas travailler pour gagner sa vie, mais simplement exercer un droit de cuissage qui n'a jamais été qu'une légende.

Sauf dit la légende, certains bâtonniers ; mais c'est légende.

Alors, si la noblesse d'épée a quelque peu disparu, j'ai été heureux de recevoir, du Conseil National des Barreaux, ce courrier par lequel il m'était indiqué qu'il me fallait aller retirer ma clé e-barreau auprès de l'Ordre des avocats, où j'aurai un entretien individualisé avec le Bâtonnier.

J'ai reconnu là l'esprit des chevaliers, cette cérémonie d'adoubement où il me serait donné la clé comme autrefois l'épée.

La clé USB, comme excalibur

(Rocco Siffredi rigole)

Et puis, le boîtier Navista comme armure.

Quoi, Azincourt où la chevalerie française a perdu par son manque de mobilité face aux archers britanniques ?

Je suis donc allé à l'Ordre où, sous l'effet probable de l'émotion, je ne suis pas arrivé à entrer parce qu'il fallait tirer la porte, non pas la pousser ; mais une écuyère est venue à mon aide.

On m'a donné la clé magique sur un coin de table en me faisant signer un papier comme quoi je reconnaissais l'avoir reçu du secrétariat.

De cérémonies d'adoubement, point, alors qu'il m'était remis l'arme suprême des avocats de France.

J'étais pourtant prêt à mettre genou en terre et à incliner le cou, pour la collée.

Mais le courrier du Conseil national parlait bien d'entretien individuel avec le bâtonnier pour marquer l'importance de la chose, en un rituel significatif.

Alors, je me demande si le bâtonnier de Marseille ne devrait pas se convoquer lui-même devant le conseil de discipline pour n'avoir pas mis en place la nécessaire cérémonie d'adoubement en violation des injonctions du Conseil.

D'ailleurs, du coup, ma clé, je la trouve toute rikiki.

Par jean.devalon le 01/11/12

Ce toit tranquille, où marchent des colombes,

Entre les pins palpite, entre les tombes ;

Midi le juste y compose de feux

La mer, la mer, toujours recommencée !

O recompense après une pensée

Qu'un long regard sur le calme des dieux !

Quel pur travail de fins éclairs consume

Maint diamant d'imperceptible écume,

Et quelle paix semble se concevoir !

Quand sur l'abime un soleil se repose,

Ouvrages purs d'une éternelle cause,

Le temps scintille et le songe est savoir.

Stable trésor, temple simple à Minerve,

Masse de calme et visible réserve,

Eau sourcilleuse, Oeil qui garde en toi

Tant de sommeil sous un voile de flamme,

O mon silence !... Edifice dans l'âme,

Mais comble d'or aux mille tuiles, Toit !

Temple du temps, qu'un seul soupir résume,

A ce point pur je monte et m'accoutume,

Tout entouré de mon regard marin ;

Et comme aux dieux mon offrande suprême,

La scintillation sereine sème

Sur l'altitude un dédain souverain.

Comme le fruit se fond en jouissance,

Comme en délice il change son absence

Dans une bouche ou sa forme se meurt,

Je hume ici ma future fumée,

Et le ciel chante à l'âme consumée

Le changement des rives en rumeurs.

Beau ciel, vrai ciel, regarde-moi qui change !

Après tant d'orgueil, après tant d'étrange

Oisiveté, mais pleine de pouvoir,

Je m'abandonne à ce brillant espace,

Sur les maisons des morts mon ombre passe

Qui m'apprivoise à son frêle mouvoir.

L'âme exposée aux torches du solstice,

Je te soutiens, admirable justice

De la lumière aux armes sans pitié !

Je te rends pure à ta place première :

Regarde-toi !... Mais rendre la lumière

Suppose d'ombre une morne moitié.

O pour moi seul, à moi seul, en moi-même,

Auprès d'un coeur, aux sources du poème,

Entre le vide et l'événement pur,

J'attends l'écho de ma grandeur interne,

Amère, sombre et sonore citerne,

Sonnant dans l'âme un creux toujours futur !

Sais-tu, fausse captive des feuillages,

Golfe mangeur de ses maigres rivages,

Sur mes yeux clos, secrets éblouissants,

Quel corps me traîne a sa fin paresseuse,

Quel front l'attire à cette terre osseuse ?

Une étincelle y pense à mes absents.

Ferme, sacré, plein d'un feu sans matière,

Fragment terrestre offert à la lumière,

Ce lieu me plait, dominé de flambeaux,

Composé d'or, de pierres et d'arbres sombres,

Où tant de marbre est tremblant sur tant d'ombre ;

La mer fidèle y dort sur mes tombeaux !

Paul valery

Toussaint et jour des morts appellent à la beauté...

Laissons de coté la crise, la défaite de l'OM

Et le Conseil National des Barreaux

Par jean.devalon le 27/10/12

Le Conseil National des Barreaux communique sur le déplafonnement des cotisations. maladie et invite les avocats à alerter les parlementaires.

Le déplafonnement touche les revenus supérieurs à 181.000 €( il faut vérifier l'assiette) et il faut bien dire que le pouvoir joue sur du velours...

Les salariés sont-ils plafonnés?

Le CNB ne parle pas de l'augmentation des taux ?

De la question éventuelle de l'assiette?

De l'égalité des prestations versées ?

Du cumul inquiétant des charges du professionnel libéral ?

Bref, de ce qui intéresse la profession, enfin ceux qui touchent moins de 181 000€, il y en a.

Les avocats ont des inquiétudes à avoir, car les augmentations de tous les prélèvements cumulés vont avoir un impact certain sur un pouvoir d'achat déjà atteint par la crise.

Cela pose la question du numerus clausus, c'est à dire de l'attention à porter aux conséquences d'entrées massives dans la profession générant une paupérisation facteur de risques divers pour elle.

Cela pose la question de la défense du professionnel libéral tel qu'il existe, malmené par les technocrates des ministères le pensant dinosaure à traire.

Mais cela pose la question de la représentation d'une profession qui, dans sa communication, donne le bâton pour se faire battre.

Communiquer sur le déplafonnement, là où il faudrait communiquer, par exemple, sur le scandale des dysfonctionnement du RSI, ou sur le pillage de nos caisses par la grande compensation , ce qui permet de les dire déficitaires pour augmenter les cotisations.

Avec le CNB, tellement maladroit, Messieurs Moscovici et Cahuzac ont un allié objectif...

Par jean.devalon le 08/10/12

Marc LEPLONGEON, journaliste au Point vient d'écrire un article dans lequel il est critique à l'égard des avocats et de leurs tendances tentaculaires ; ils seraient une grosse pieuvre gourmande.

Les journalistes paraissent être les moraliste de notre temps, assenant, de ci, de là des commentaires moralisateurs dont la population se lasse car ils sont artificiels et décalés ; souvent ignorants. pour tout dire.

Le nombre des avocats a augmenté de 40 % en 10 ans, ce n'est pas me semble-t-il le souhait de la profession de terrain .car cette augmentation incontrôlée la fragilise.

Osons dire, en effet que la profession, dans sa majorité reste composée de structures à tailles humaines, individuelles souvent, ne se reconnaissant pas dans le discours du Conseil National des Barreaux qui est celui des firmes.

Ce décalage était intéressant à décrire, pour un journaliste de talent.

Se poser la question de la représentativité, intellectuelle également, du CNB.

Cela étant, honnêtement, qui ne voit que la société française se contractualise au fil de l'érosion des institutions ?

Les pouvoirs successifs privilégient le recours à la négociation, à la médiation, au mode alternatif de solutions de conflits (je ne parle pas ici de la kalachnikov).

Tout conduit à libérer le juge de sollicitations importunes.

Il est donc normal que la profession, si elle veut pouvoir nourrir les siens cherche à consolider ce qui existe et à développer dans une société contractualisée de nouveaux secteurs d'activité.

Car enfin, il faut bien, en fin de mois, payer ce qu'il y a à payer.

Et oui, Monsieur le Journaliste, nous vivons dans une société marchande.

Il est donc légitime pour la représentation de la profession de chercher de nouveaux marchés du droit, le mot n'est pas une injure.

Il serait intéressant qu'elle veille à ne pas suicider, ce faisant, la profession telle qu'elle existe et ça, c'est une autre histoire.

Il ne faut pas oublier que notre profession est ‘somptueuse dit madame Taubira devant lequel le journaliste bêle d'admiration.

Quel est le montant de l'aide juridictionnelle ?

Certes dans ces messes laïques où se congratulent les puissants, on se laisse aller aux grands mots un peu creux.

Dans la salle d'audience du Tribunal d'Instance de Marseille où j'étais jeudi dernier, il y a un trou dans le parquet.

Il a été mis dessus, depuis de très longs mois un cône de sécurité, blanc et rouge.

J'ai vu, jeudi un progrès : le cône a été vissé !

Vous me dires que des travaux vont être faits.

Pendant ce temps (2, 3,4 ans ?) Le tribunal ira dans une caserne dont on a pris soin de veiller à ce qu'elle soit loin du métro ou du tramway.

Comme ça les avocats seront emmerdés et les justiciables ne se présenterons pas...

Niac ; niac !

De cela, il est vrai, Monsieur le journaliste, que le CNB ne parle pas, tout à ses rêves de grandeur

Mais le Conseil de l'Ordre de Marseille, non plus.

C'est le temps des clônes.

Surtout, pas de vagues en méditerranée.

Il ne sert à rien de parler de nouveaux marchés pendant que ce qui existe se dilue par manque de résistance.

Conforter les fondations avant que de construire de nouveaux étages serait sain...

Bref ; cet article du Point montre que la réalité du microcosme dirigeant , dont encore une fois la presse donneuse de leçons, n'est pas celle du peuple somptueusement souverain dans l'abandon dont il est parait être la victime de la part de ceux qui devraient le servir comme dit la commissaire européenne que j'enverrai bien à la BAC Nord.

Source: lepoint.fr