Par jean.devalon le 19/11/08

Voici quelques mois, ma belle-mère adorée, au sortir de la messe où elle était allée prier pour ses gendres bien-aimés, a été agressée.

Square Monticelli, de jeunes délinquants lui ont arraché son sac. Le square Monticelli est un square paisible et modeste, où logeait par exemple Bernard Tapie (vous savez, le monsieur pour lequel le préjudice moral se calcule en millions d'euros)

En gendre parfait, j'ai conseillé à ma belle-mère d'éviter les petites rues et de prendre la rue Paradis. Grande artère où le piéton, a priori, est moins isolé.

Je n'ai pas fait de mauvais esprit en lui conseillant la rue Paradis, cela ne voulait pas dire que je l'invitais à se préparer à aller au paradis, je ne suis pas comme ça.

Hier, mon adorable ex- femme m'a téléphoné pour me dire que notre fils avait été agressé. Il a pris, comme on dit, un coup de boule en rentrant chez elle. C'était rue du commandant Roland dont le nom militaire ne suffit pas à protéger le quidam

Gentil, j'ai d'abord déconseillé à mon ex-femme d'aller elle même rechercher le responsable à la sortie du lycée dont il pouvait provenir. On ne sait jamais, il ne faudrait pas qu'elle soit battue.

Puis, en père responsable, j'ai conseillé à mon fils d'éviter les petites rues et de prendre... la rue Paradis...

Mais, si même dans le huitième arrondissement de Marseille, qui n'a rien de populaire, la violence s'insinue à ce point, cela signifie qu'ailleurs elle est odieusement pire et que c'est un problème qui ronge le corps social.

À part ça, Ségolène a dit du mal de Bertrand ...

Il y a des claques qui se perdent.

Zut, encore de la violence.

Par jean.devalon le 17/11/08

Cette année encore, le Conseil National des Barreaux a organisé une semaine de communication de la profession.

Une semaine pendant laquelle la profession, plus encore qu'à l'accoutumée, prête attention aux besoins du public, mais aussi cherche à se faire connaître et comprendre.

S'il est difficile, à l'évidence, de répondre de manière détaillée et approfondie par voie téléphonique ou par courriels, à des questions précises, des préoccupations générales peuvent cependant être abordées Il en est une qui est manifeste, celle de l'honoraire.

Ainsi, combien de personnes téléphonent-elles à des cabinets d'avocats, trouvant naturel que du temps leur soit accordé, des réponses données, de manière gratuite, alors qu'un cabinet d'avocats est une structure professionnelle vendant, osons le dire, ses prestations intellectuelles et son temps.

L'histoire explique ce processus, car il fut un temps, bien lointain où l'honoraire était un cadeau fait par le client. Il fut un temps, moins lointain, où le poids fiscal était symbolique qui permettait aux avocats de gérer leurs cabinets de manière fantaisiste.

Sur le plan fiscal, la période giscardienne a mis de l'ordre imposant aux avocats de se comporter, en manière de gestion, comme les acteurs de la vie économique qu'ils sont.

Puis la profession a été soumise à la TVA et, de ce fait, encore plus contrôlée.

Puis, le nombre toujours accru des professionnels a inscrit les cabinets d'avocats dans une concurrence parfois exacerbée.

De tout cela en est ressortie la nécessité absolue de bien gérer son entreprise, car à défaut le cabinet d'avocats peut être placé en redressement judiciaire comme tout un chacun. Et la vérité oblige à dire que la chose devient fréquente.

De ce fait, l'avocat n'a plus les moyens économiques de ne pas respecter les règles de facturation qui lui sont imposées, tant par la législation, que par la nécessité de rentabilité économique.

Car à défaut, il connaîtra le découvert bancaire, toujours plus grand et dans la période actuelle où les robinets sont fermés, mettra en péril son entreprise.

C'est pourquoi tout naturellement, la profession d'avocat respecte de plus en plus des règles de facturation fondée sur un taux horaire, calculé selon la structure du cabinet, ses charges, son chiffre d'affaires. Ce taux horaire oscille selon les cabinets, par exemple celui de notre cabinet, provincial, est de 180 euros hors taxes.

Ce souci de transparence et de bonne gestion est conforme à l'intérêt du justiciable car celui-ci aura devant lui un professionnel en bonne santé économique qui ne pratiquera pas un « dumping » de mauvais aloi générant, de toute façon des pratiques professionnelles peu fiables, y compris sur le plan intellectuel.

C'est pourquoi le temps n'est plus, et c'est peut-être dommage, où l'avocat ne se faisait pas rémunérer, car il ne le peut plus, tout simplement.

Mais je me souviens, c'était hier, de ma vieille professeur d'allemand me demandant les noms d'avocats à Marseille qui ne faisait pas payer les clients.

Il y en avait. Mais, pour être honnête, leur personnel n'était souvent pas déclaré, leur comptabilité était symbolique et quant à leur déclaration fiscale, elle relevait du poème à la Prévert.

Chacun y trouvait son intérêt. C'était il y a 30 ans.

Un autre siècle !

Par jean.devalon le 16/11/08

Une Britannique a engagé une procédure de divorce à cause des infidélités de son mari dans le monde virtuel Second Life, rapportent les médias britanniques vendredi.

Les avatars de ces deux mordus de Second Life, (des versions plus jeunes et beaucoup plus minces que les vrais époux) étaient aussi en couple dans le monde virtuel.

Mais un jour après une sieste, l'épouse a eu le coeur brisé en découvrant le personnage de son mari en pleine action avec une prostituée virtuelle sur Second Life.

Quelque temps après, elle a surpris l'avatar de son mari "en train de faire un câlin à une femme sur un canapé". "Cela avait l'air vraiment tendre", a-t-elle observé.

Et le lendemain, elle demandait le divorce.

Ce n'est qu'une dépêche de presse, mais, il faut quand même conseiller aux accros d'internent de faire attention.

Nous traitons, dans nos cabinets, ces divorces dans lesquels les courriels « chauds » sont récupérés dans la corbeille de l'ordinateur, si tant est qu'ils aient été mis à la corbeille, d'ailleurs.

Et, de même que l'adultère peut n'être pas considérée comme un faute, une liaison virtuelle pourrait, à l'inverse, selon les circonstances, être jugée fautive. Tout étant appréciation concrète des faits.

Le conseil du jour, c'est donc à l'évidence, l'absolue fidélité conjugale, y compris virtuelle et, à défaut... la prise de cours d'informatique.

Parce qu'un divorce, c'est bien réel !

J'ai, c'est le pire, un client dont la femme a demandé le divorce, convaincue qu'elle était qu'il avait une maîtresse réelle, lui en étant resté au virtuel...

Pauvre homme. Aussi malheureux que l'OM face à Lorient...Tout perdre pour pas grand-chose !

Par jean.devalon le 15/11/08

Selon une étude de l'université de Richmond, il apparaît que les hommes détectent mieux l'infidélité que les femmes. Ainsi, si 29 % des hommes se trompent, par inadvertance, de partenaire (je n'en fais pas partie, moi, sage précision), contre seulement 18,5 % des femmes à la moralité affaiblie (si, si !) ; il faut savoir, en revanche, que 94 % des hommes repéreraient la tromperie de leur femme mais que seulement 80 % des femmes sentiraient l'erreur de leur homme.

C'est important à savoir,car si la réforme du divorce a atténué l'importance de la faute et si la jurisprudence considère, parfois, que l'adultère n'est pas cause de divorce, elle reste cependant cause possible.

Alors mesdames, attention à la grande perspicacité de votre mari !

Par jean.devalon le 31/10/08

À Marseille, les audiences de conciliation en matière de divorce se tiennent souvent dans deux bureaux précédés de ce qui, au fil des aménagements successifs, finit par ressembler à un couloir où s'entassent les avocats et les clients dans une ambiance qui diffère selon les jours.

Ce matin, d'abord, le temps était gris.

Et puis le magistrat qui vient d'entrer en fonction retoquait chaque convention, renvoyant les avocats et les clients pour qu'ils procèdent à des modifications exigées sur l'instant.

Pas une n'a survécu à son regard acéré.

Bien sûr, dans un souci d'organisation, on pourrait supposer que les points à modifier pourraient être détectés au préalable et qu'entre l'enrôlement de la procédure et l'audience, le délai de trois mois aurait permis de faire régulariser ce qui correspond à des points de détail nouvellement exigés.

Mais non,

Donc, une drôle d'ambiance, quasiment électrique, et un va-et-vient entrant et sortant du bureau tant désiré.

Un détenu aussi menottant et grognant pour ajouter au climat orageux..

Mon dossier qui portait le dossard 10 est donc passé vers 11 h 30 après une attente de trois heures.

Dure attente.

Derrière la porte du bureau les avocats grondaient.

Et puis, il fallait s'y attendre, des cris, des hurlements même, dans la salle des pas perdus.

S'agissait-il d'un couple dont les nerfs avaient lâché sans retenue ?

Eh bien non simplement l'un de nos confrères, célèbre à Marseille, dont la silhouette peut parfois rappeler Hardy, (vous savez Laurel et Hardy), mais dont le caractère n'est guère il faut le dire aussi souriant, mais plus explosif.

Il hurlait des mots de colère contre une employée du greffe qui est allée chercher le président, enfin la présidente.

J'ignore la suite, j'ai pu entrer dans le bureau du JAF.

Dommage.

Enfin voilà, c'est fini et pas trop tôt.

Par jean.devalon le 02/10/08

Par un arrêt du 11 juin 2008, (07-10.285) la première chambre de la Cour de Cassation rappelle que la dette du débiteur d'aliments est une dette personnelle dont le montant est fixé eu égard à sa seule ressource, les revenus du conjoint ne pouvant être pris en considération que dans la mesure où ils réduisent les charges du débiteur.

Il n'y a donc pas lieu d'ajouter aux ressources d'une fille tenue à une pension alimentaire au bénéfice de sa mère, les ressources de son mari.

Voilà une décision qui n'est pas favorable aux belles-mères...

Par jean.devalon le 29/09/08

Diriger un cabinet d'avocats moyen, en province, c'est parfois comme pour un débutant faire du rafting par jour de crue.

C'est duraille !

En tout cas, bien sûr, on adopte une stratégie commerciale, une réflexion profonde, parce que, faut pas croire, on est une entreprise !

À titre personnel, mais peut-être à tort, j'ai un doute sur le mouvement de création de grandes structures.

J'ai un copain, dans la finance (j'espère qu'il ne s'est pas suicidé) qui m'expliquait qu'au niveau mondial ce qui marchait c'était ce qui était petit et justement pas ce qui était grand.

Ça tombe bien.

Donc au départ, en individuel, les clients écrivait à Me Jean de Valon

Puis, au terme d'une réflexion stratégique profonde nous avons, avec Catherine, créé le cabinet Valon & Pontier.

Je vous dispense du bla-bla sur la notion de synergie.

Donc nous recevons du courrier. (Vive la privatisation de la poste, d'ailleurs)

Il y a ceux qui ont compris et qui adressent à Valon & Pontier.

Il y a ceux qui adressent à Valon du Pontier.

Il y a ceux qui adressent à Pontier du Valon

Mais, je viens de recevoir une lettre d'une société cliente adressée à Me Jean Pontier.

Il va falloir que je prenne un coach et que je calcule mes trimestres...

Par jean.devalon le 24/09/08

La notion de famille est évolutive. Ce n'est pas très original de le dire.

La famille d'aujourd'hui, souvent recomposée, présente à la société un visage différent de celle d'il y a, allez, trente ans.

Les parents ont un rôle différent. Ce que l'on appelle les beaux parents ont aussi leur place et la question de leur statut se pose.

Toujours est-il qu'il arrive que les pères soient pères légèrement plus tard.

Hier, je suis allé chercher ma fille à l'étude. (Nous n'avons plus de gardienne, mais c'est une autre histoire...)

Le fait que j'aille chercher ma fille à l'étude, à une heure de travail, montre ailleurs aussi, une évolution du rôle des parents et le dévouement paternel.

Si, si.

Donc, sur le chemin du retour, direction le cabinet, fillotte m'explique qu'unetelle a dit à unetelle, en me voyant : tiens voilà ton papy.

Pas que je sache.

La coupable a aussitôt corrigé en lançant à ma fille : c'est ton papy ?

Moi d'interroger, pour savoir quelle était la petite-fille qui tenait ces curieux propos.

Parce que je suis jeune et beau.

Ben : c'était la maîtresse.

Elle a sacrément besoin de lunettes celle-là

Une conclusion s'impose

Par jean.devalon le 22/09/08

J'éprouve aujourd'hui comme une sorte de malaise lillois.

Aujourd'hui, la cour d'appel de Douai, siège dans la médiatique affaire du mariage annulé sur le fondement du mensonge.

Cela me fait un peu penser à ces scènes que l'on voit dans les films : le malade allongé sur le lit, et une cohorte de médecins, tout de blanc vêtus, traitant de son cas comme s'il n'existait pas, ou déjà plus.

Dans cette triste affaire judiciaire, nous avons assisté à un drôle de ballet.

Je ne reviendrai pas sur la manière dont l'affaire a été connue, mais il a été dit que c'est un auxiliaire de justice qui en a informé un membre de sa famille, dans le landerneau juridique, tant le cas était intéressant, et un article est né.

Et puis les associations, les inévitables associations, sont immédiatement montées au créneau.

Alors la Chancellerie, soucieuse du bien commun, d'inciter le parquet à faire appel.

Fallait-il d'ailleurs un appel, ou un pourvoi dans l'intérêt de la loi, c'est une autre question.

Mais, en tout cas, chacun paraît, là dedans, avoir défendu son petit intérêt propre tout en agitant, bien sûr, les idées les plus grandes et les plus généreuses.

L'addition sera présentée, il y a toujours une addition.

Et elle sera présentée au malheureux couple objet de tant d'attentions.

Alors oui, j'éprouve aujourd'hui comme une sorte de malaise lillois.

Par jean.devalon le 20/09/08

une bel entretien avec Boris Cyrulnik, père de la résilience.

Utile, tant il est vrai que dans nos cabinets, nous cotoyons souffrances et traumatismes et que les mots que nous disons peuvent être portes qui s'ouvrent, ou alors se ferment, mais sont rarement sans conséquences.