Par jean.devalon le 28/07/11

Il y a quelques semaines, à Marseille, un salarié de l'enseigne Monoprix avait été menacé de licenciement pour avoir pris quelques melons et deux salades dans la benne à ordures de son établissement, en violation du règlement intérieur.

Cela avait donné lieu à une mobilisation des salariés et le licenciement n'a pas eu lieu.

En cette période de pauvreté exponentielle, on suppose qu'ensuite la direction du magasin a très certainement veillé à trouver toute autre solution pour éviter une situation qui heurte la raison.

Aujourd'hui, dans un cabinet d'avocats parisiens, un fleuron de la profession, deux salariés handicapés ont reçu des lettres de licenciement pour avoir pris des restes de buffet destinés à être jetés et ce, avec l'accord du maître d'hôtel.

Ce sont les propos de leur avocat et on imagine volontiers qu'il s'agit là d'une technique de communication dérivée de l'affaire Strauss-Kahn et de la stratégie des avocats de celui-ci, toute en communication.

Car enfin, si les faits étaient tels que relatés, le lecteur laissera venir à sa pensée deux observations :

- D'abord, le management dans les grands cabinets d'avocats s'apparente à celui de la grande distribution. Il pourra alors être observé, s'agissant des produits et services que les bons produits du terroir sont souvent bien meilleurs, si vous percevez l'image subliminale.

- Ensuite le dossier ne va pas être facile à plaider aux prud'hommes car licencier deux handicapés pour avoir pris des restes de buffet avec l'accord d'un maître d'hôtel, cela pourrait heurter les conseillers prud'homaux, si, si.

Cela étant il en est sûrement autrement et le cabinet en question a certainement un dossier en béton.

D'accord, vous me direz que parfois le béton s'effrite en raison d'un mauvais dosage altérant la solidité du bâtiment, mais c'est là du mauvais esprit.

Par jean.devalon le 06/07/10

Voici une espèce particulière, et le mot convient, en termes d'administration de la preuve.

Un employeur licencie un salarié pour faute grave.

Il apparaît qu'un salarié, engagé en qualité d'éducateur spécialisé, a pris l'initiative de tourner un film le mettant en scène, ainsi qu'une collègue et des pensionnaires du foyer où il était salarié.

Dans le film il apparaissait en femme et, apparemment, a été filmé un entretien d'une éducatrice avec une pensionnaire sur le modèle d'une émission de télévision.

L'employeur estimant que les valeurs de l'établissement avaient été transgressées le licencie. Mais le film avait été transmis par l'employeur au parquet et une procédure de classement sans suite était intervenue.

La Cour d'appel avait estimé en conséquence le licenciement intervenu sans cause réelle et sérieuse l'employeur ne pouvant produire le film et ne justifiant pas du grief d'indécence par lui allégué.

Mais la Cour de Cassation censure l'arrêt intervenu au motif qu'aucune carence dans l'administration de la preuve ne pouvait être reprochée à l'employeur qui avait, comme il avait pu être constaté, vainement tenté de récupérer le film transmis au parquet.

La Cour remarque que la cour d'appel pouvait elle-même en demander la restitution et que, en ne faisant pas, et en méconnaissant ainsi son office, elle n'avait pas permis à la Cour de Cassation d'exercer son contrôle.

C'est une décision réconfortante en ce qu'elle invite le juge, lorsqu'il évoque la carence d'une partie à s'interroger éventuellement lui-même sur la sienne propre.

(Cour de cassation, chambre sociale , 23 juin 2010 , 08-45604)

Par jean.devalon le 16/09/09

précisons que si, dans certains pays, traiter son patron de fils de P... paraîtrait avoir été jugé comme n'étant pas une cause de licenciement, il ne semble cependant pas opportun de conseiller aux salariés, même victime d'un stress professionnel, de s'adresser ainsi à un patron français.

mais personne n'aurait envie de traiter un patron, quand bien même parlerait-il de mode du suicide en entreprise, de telle manière

n'est-ce pas?

Par jean.devalon le 10/09/09

Une juste révolte mise en chanson

juil
01

Question.

Par jean.devalon le 01/07/09

Un renvoi d'audience est une mesure d'administration judiciaire qui peut intervenir sans formalités.

Pourtant, au conseil des prud'hommes de Marseille, le Conseil se retire pour délibérer, délibère et rend un jugement de renvoi.

Au delà du gaspillage de papier, pourquoi, mais pourquuoi donc cette manière de faire?

Par jean.devalon le 26/05/09

Il y a actuellement comme un dangereux mélange des genres.

Le rapporteur de la loi HADOPI estime qu'une autorité administrative est équivalente à une juridiction pour sanctionner, oubliant en cela la séparation des pouvoirs.

Le ministre de l'éducation se demande si les enseignants ne pourraient pas devenir officiers de police judiciaire...

Monsieur Frédéric Lefebvre., celui qui teste à l'UMP, les idées explosives voudrait maintenant que les salariés en congé maladie puissent travailler...

Sur la base du volontariat, mais il faudra bien que l'on m'explique comment conjuguer de manière tout à fait saine volontariat et lien de subordination.

Au train où ça va, il va bientôt nous dire que les morts dans les cimetières pourraient aussi avoir leur utilité et qu'ils sont sous employées, si peu rentables ...

Il faut y penser, monsieur Lefebvre, surtout qu'ils sont par nature volontaires, enfin, ils ne diront jamais le contraire.

Par jean.devalon le 22/04/09

Il n'est pas exact de dire que l'age qui vient endurcit le cuir et rend insensible.

La crise qui arrive, c'est un peu comme l'eau qui monte après la rupture d'une digue et qui inonde peu à peu les étages de la maison.

Il est clair que les plus faibles sont noyés en premier, mais, ces semaines-ci, j'ai observé, au cabinet, combien patrons ou cadres dirigeants se voyaient aussi éjectés et jetés dans la noyade organisée.

J'avoue même maintenant comme une appréhension quand on me passe au téléphone un ami dont j'étais sans nouvelles depuis quelque temps car les informations sont toujours mauvaises.

Alors, ces imbéciles à la télé qui s'excusent de tout, mais surtout s'excusent eux-mêmes de leur incommensurable insuffisance, feraient mieux de nous les présenter, à nous, Les excuses.

Pour donner un spectacle grotesque.

Et puis cette loi Hadopi dont on savait que l'Europe ne voulait pas et cela est confirmé, fleure bon aussi un triste amateurisme, en ces circonstances, indigne.

Inexusable, simplement inexusable.

Scrogneugneu !

Par jean.devalon le 18/04/09

La crise économique frappe tout le monde, y compris les avocats, car la prudence des particuliers comme des entreprises les conduit à reporter projets et procédures.

Je sais des gens qui voudraient bien divorcer mais que la crise fait reculer.

Benoit XVI en frétillerait, bal au Vatican !

En tout cas, un grand merci à Ségolène Royal qui, elle, fait travailler notre profession et n'hésite pas, pour ce faire à aller jusqu'en cassation.

Il vaut mieux, madame le président, vous avez raison, payer des avocats plutôt que son personnel.

Belle exemplaritude!

Par jean.devalon le 11/04/09

Des chercheurs en économie et psychologie de d'une université britannique ont observé qu'une promotion professionnelle engendre plus de stress dans 10% des cas, et réduit de 20% le temps consacré à aller voir un docteur.

Une promotion au travail peut, selon eux, s'avérer mauvaise pour la santé.

Ils travaillaient pourtant sur l'hypothèse qu'une amélioration du statut professionnel entraînait une amélioration de la santé, conséquence d'une meilleure estime de soi.

Utilisant des données collectées en Grande Bretagne sur un millier d'individus promus dans leur travail entre 1991 et 2005, ils n'ont pas constaté une telle amélioration. Ils ont contraire observé un plus grande pression psychologique chez leurs cobayes.

Il n'y a pas de signe d'une amélioration de la santé (...) autre qu'une baisse de la fréquentation des cabinets des généralistes, selon eux.

Vous me direz que cela est bon pour diminuer le déficit de la sécurité sociale, mais cela n'est pas certain si les pathologies nées du stress entraînent des lésions coûteuses. ;

Vous me direz aussi qu'il n'est pas besoin d'être scientifique pour avoir trouvé cette conclusion sublime, financée, peut être par un syndicat de médecins généralistes.

Je ne sais pas, mais le stress au travail, je sais, et la crise aussi.

Dans la semaine qui vient de s'écouler :

- Un de mes amis patrons ne l'est plus-

- Un autre ami appelle hier, fier de son premier malaise au travail (c'est pas sa faute, il est devenu un peu parisien)

- Un autre, ingénieur informaticien va connaître le chômage, il ne veut pas être mangé par les chinois.

Ils sont trop forts, ces anglais !

Par jean.devalon le 16/01/09

Je m'interrogeais l'autre jour, en plaisantant, sur la nécessité de créer pour les avocats une cellule psychologique.

En fait, sur l'écart qui se créait entre « ceux du privé » et « ceux du public » avec des mentalités qui ont du mal à converger.

Et, par un mouvement dialectique de l'histoire, ce sont finalement aujourd'hui ceux du public qui ont des salaires supérieurs aux salaires du privé avec, de surcroît, une sécurité de l'emploi.

Et il est vrai que, pour un professionnel libéral, par exemple choisi au hasard, le contact avec les impôts ou l'URSSAF paraît parfois ubuesque.

L'URSSAF des Bouches-du-Rhône est donc ma bête noire qui retient l'argent de cotisants à la suite d'erreurs internes, sans un mot d'excuse, avec finalement une forme de mépris qui ressemble à celui qu'avait pu avoir, en d'autres temps, la noblesse française avant la révolution.

Mais je dois dire que cet organisme a parfaitement compris et a réagi avec une rapidité stupéfiante à mon interrogation sur la création de la cellule.

La lettre recommandée avec accusé de réception qui lui a été adressée, précédant la sommation de payer et précédant la procédure de référé a été parfaitement reçue.

Par la « cellule image ».

Je suis très content que la mise en demeure ait été reçue par la cellule image. Je trouve ça moderne et performant.

C'est même, comment dit-on ? Proactif.

Et le chèque ?

Alors la ... Je vais interroger la cellule divination.