Par jean.devalon le 07/11/11

A été publiée au Journal officiel du 29 octobre 2011 la décision, datée du 5 octobre 2011, portant réforme du règlement intérieur national (RIN) de la profession d'avocat.

On lit notamment l'articel 15:

" Art. 15. - Domicile professionnel.

" Cabinet principal.

" 15.1. L'avocat inscrit au tableau de l'ordre doit disposer dans le ressort de son barreau d'un cabinet conforme aux usages et permettant l'exercice professionnel dans le respect des principes essentiels de la profession. Il doit aussi veiller au strict respect du secret professionnel et justifier d'une adresse électronique.

" Le conseil de l'ordre peut autoriser à titre temporaire, et pour la durée qu'il fixe, l'avocat à se domicilier soit au sein de locaux affectés par l'ordre, soit dans les locaux du cabinet d'un autre avocat dans le ressort du même barreau. La convention écrite relative à une telle domiciliation fixe les modalités de la mise à disposition de locaux et les conditions de transmission des courriers et communications destinés à l'avocat. Elle doit être préalablement approuvée par le conseil de l'ordre.

" L'avocat domicilié doit communiquer au conseil de l'ordre l'adresse de son domicile privé.

....

Je vais immédiatement dénoncer à l'Ordre ceux des confrères et consoeurs que je connais qui n'ont toujours pas d'adresse électronique !

(En général, il faut reconnaître, qu'il n'y a pas parmi eux de consoeurs dont nous souhaiterions connaître le domicile privé.)

Cela sent vraiment la marche forcée vers la communication électronique, quelque peu inévitable au demeurant

Par jean.devalon le 07/09/11

Le titre de l'Expansion ce mois-ci, c'est : la fin d'un monde; mais la fin du monde est une meilleure accroche.

Ce qui est heureux c'est que la fin d'un monde ne signifie pas forcément la fin du monde.

Mais simplement la fin du petit monde où l'on vit.

Parallèlement je reçois des services de l'Ordre des Avocats au barreau de Marseille la communication de la date de l'élection du dauphin, ce mammifère qui se transforme en bâtonnier.

Nous allons donc bientôt recevoir les professions de foi, je veux dire les engagements électoraux.

Seront-ils à la hauteur de ce changement de monde ?

Dans le passé, on pouvait parler du soutien aux jeunes avocats, de la crèche, de la grandeur de la profession, du bien que l'irremplaçable élu apporterait à celle-ci et ainsi de suite.

Pour tout dire rien de bien crédible.

Nous aurons donc, pour ces élections, celui qui s'est déclaré très tôt et compte, naïf, sur sa méthodologie ; bien sûr le Corse, et, encore bien sûr, la représentante du sexe faible (je dis faible parce que ça m'amuse de le dire).

Il y aura aussi le confrère qui se présente à toutes les élections et assigne à répétition nos instances qui le méritent parfois.

En fait, il nous faudrait un Churchill du barreau.

Ou un de Gaulle.

On sait combien De Gaulle avant-guerre avait attiré l'attention sur l'inadéquation de l'armée française.

Le Churchill du barreau, ou le de Gaulle pourrait aussi contribuer à renverser le vieux monde des instances de l'avocature

J'attends avec attention ce que les candidats nous diront sur la communication électronique car la méthodologie proposée par la gouvernance actuelle de la profession correspond finalement à l'ancien monde, celui où l'on dépensait sans compter alors que ce qui a été fait par Marseille ne coûtait pas un sou et portait l'avenir.

Inestimable en ces temps de disette.

Au fait, qu'ont dit les candidats au sujet du déplacement du tribunal d'instance dans la caserne du troisième arrondissement ?

Qui a gueulé ?

De toute façon, si je ne suis pas satisfait de ce que diront les candidats, alors je voterai Bernard Kuchukian.

Vraiment, il nous faut Churchill ou de Gaulle.

Ou alors pour l'égalité des sexes Golda Meir.

Elle a écrit : "Ne pas être belle fut une bénédiction. Cela m'a obligée à développer d'autres ressources intérieures. Une jolie fille a un handicap à surmonter".

Ca me plait ça, savoir aimer son destin.

Bon, je vote Kuchu ?

Par jean.devalon le 30/08/11

Les avoués ont donc été supprimés avec l'idée sous-jacente que la communication électronique permettra aux avocats de les remplacer aisément.

Nous sommes à quelques mois de l'échéance fatale et, visiblement, les choses ne sont pas prêtes.

Très certainement un report sera-t-il encore institué.

C'est l'occasion d'évoquer ici le RPVA et de rappeler combien les choses auraient pu être plus aisées si le concept de modularité avait été compris par les représentants de la profession.

Le but d'un système de communication est, c'est banalité que de le dire, que la communication s'établisse entre les avocats et les juridictions et entre les avocats entre eux.

Un cahier des charges déterminant les normes de sécurité nécessaires et laissant ensuite aux avocats, et aux ordres, le choix de la technique et des prestataires aurait assuré un succès immédiat.

Je suis convaincu que compte tenu de la structure représentative de la profession, ceux qui ont été conduits à prendre les décisions ne pratiquent guère l'informatique et ont avec leur ordinateur des rapports distanciés

Bien sûr, cela fonctionne.

La télévision analogique aussi, mais elle a été remplacée par le numérique.

Pour que la communication électronique rencontre un réel succès, il suffit que les avocats soient en mesure d'utiliser le mode de connexion qu'ils souhaitent sous le contrôle de la profession.

Si le succès n'est pas en rendez-vous, c'est que le temps n'est plus aux lourdeurs administratives et techniques, mais aussi politiques du passé.

Modulaires, il nous faut être modulaires.

Pas notaires.

Par jean.devalon le 20/07/11

Il y a, dans le CNB, quelque chose de Madame MERKEL.

Ce n'est pas un, a priori évident, encore que l'un et l'autre soient aussi séducteurs.

Mais si on regarde l'Europe, il est permis de constater que l'euro est faible pour l'Allemagne et bien trop fort pour les pays du Sud, asséchant alors le pouvoir d'achat.

Pourtant il est de bon ton d'imposer et de soutenir, pour tous les pays, la politique de l'euro fort même, si la pertinence économique peut être interrogée.

Et les gouvernants des pays souffrant de cette situation vont pourtant vanter cette monnaie dont il est possible qu'elle appauvrisse leurs peuples.

Au moins, la question peut être posée.

J'écoutais l'autre jour des bâtonniers provinciaux, membres du CNB, exposer les défis de la profession et les besoins des grandes firmes anglo-saxonnes s'implantant dans notre pays, comme ceux des grands cabinets parisiens.

Parfois, j'ai le sentiment que la représentation nationale, confrontée, il est vrai, aux puissances financières agit comme ceux qui vantent l'euro fort et veut soumettre la profession entière à un régime mortifère pour certains.

Au fond, il y a une question inconvenante : l'idée d'une profession unique du droit est-elle vraiment bonne ? Et l'idée d'absorber les uns et les autres sous le même vocable d'avocat est-elle pertinente ?

On pressent bien que la zone euro ne pourra pas tenir dans son état actuel et se divisera peut-être.

Et, chez nous, les avocats la question peut se poser de savoir si la profession de proximité est la même que celle exercée dans les grandes firmes.

Et si la représentation nationale ne se trompe pas de politique en voulant marier la carpe et le lapin.

Pour les beaux yeux de madame Merkel, en quelque sorte.

Par jean.devalon le 13/07/11

L'avocat se doit à sa clientèle.

Il doit rendre le service le plus performant possible et c'est pour cela que c'est avec enthousiasme que je remplis mon obligation de formation continue.

Ainsi pendant que beaucoup s'en vont étaler leurs formes grasses sur les plages je me suis rendu à quelques conférences de formation dénommées 'les estivales de la formation.'

Je ne dirai pas ce que je pense profondément de la manière dont l'obligation de formation est imposée aux avocats, l'obligation existe, c'est ainsi.

Je me rappelle avoir été quelque peu étonné quand les grands penseurs du Conseil National des Barreaux avaient estimé que les articles juridiques diffusés sur les blogs ne pouvaient être comptabilisés au titre de la formation alors qu'ils étaient comptabilisés dans un site Internet, un blog n'étant pas un site, selon eux.

Peut être un bock.

Mais il fait chaud et il y a tant de vieilles personnes qui ne savent pas allumer un ordinateur que l'on peut bien manifester quelque mansuétude pour les arguties bâtonnières.

Une conférence sur le droit pénal avec le procureur de la république de Marseille exprimant clairement que le statut actuel du parquet est intenable.

Révélation!

Une conférence sur le droit de la famille où il m'a semblé que le sort fait aux hommes n'était pas des plus heureux.

Je rappelle quand même que 25 % des conjoints battus sont les hommes et que la jurisprudence a dit qu'une femme qui trompe son mari et se fait engrosser par ailleurs a droit quand même à la prestation compensatoire, ce qui me laisse, vieille chose du temps jadis, quelque peu perplexe.

Une conférence sur les modifications professionnelles avec la suppression des avoués, la communication électronique et les mérites du prestataire de confiance du conseil national des barreaux (oui je sais, il fait très chaud et j'ai besoin de repos)

Et puis la procédure participative à venir avec cette volonté de nos instances d'accompagner un mouvement et de pallier le manque de moyens de la justice en incitant finalement à des procédures plus contractuelles.

Une question, philosophie : est-il raisonnable de dépouiller le juge de ses sphères d'activités et ne conviendrait-il pas plutôt de prêcher la révolte ?

Une question pratique : la procédure participative paraît venir d'outre-atlantique et la question se pose du nombre d'années qu'il sera nécessaire pour qu'elle rencontre l'adhésion du justiciable français.

L'acte d'avocat, ensuite, dont il est bien sûr trop tôt pour dire l'importance qu'il prendra mais qui peut, comme la QPC être un vrai succès car la réactivité des avocats coïncide plus avec le rythme de la vie quotidienne que la méthodologie de travail de certaines études notariales.

Il y a probablement une large place à un acte apportant une sécurité juridique accrue sans la lourdeur de nos amis les notaires auquel j'apporte ici un salut fraternel.

En même temps la volonté du Conseil National des Barreaux d'accompagner ce mouvement, j'allais dire capitalistique, en faveur, qu'on le veuille ou non des grandes structures professionnelles et au préjudice peut-être au préjudice de la branche sur laquelle est assise traditionnellement la profession.

L'avenir le dira.

Au fond, c'est comme pour l'euro.

avr
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Censure.

Par jean.devalon le 16/04/11

L'autre jour, un de mes articles a été censuré.

J'ai reçu un courriel m'informant qu'il pouvait être contraire à telle ou telle notion juridique.

Et il a été d'office rendu invisible.

À sa relecture, j'ai observé que l'on pouvait effectivement considérer qu'une imputation formée à l'encontre d'un homme politique était quelque peu limite.

Je n'ai donc rien dit, il a été retiré, c'était sur Le Post.

En revanche, sur la blogosphère des avocats, où je l'avais mis en ligne, il a été maintenu.

Les avocats sont plus soucieux de la liberté d'expression.

D'ailleurs depuis que j'ai ouvert ce blog, en 2007, certains des billets que j'ai commis ont pu d'être teintés d'une certaine outrance.

Mais pas de censure.

Jusqu'à il y a, une semaine ou 15 jours, où j'ai, comme beaucoup d'autres, reçu un courriel rappelant une charte et annonçant qu'un article était supprimé.

Je l'ai relu, c'était un peu du pipi de chat.

Il traitait, bien évidemment, de la communication électronique des avocats, du Conseil National des Barreaux, et, de mémoire, des liens qui pouvaient exister avec une petite société de Perpignan.

C'est vrai que les articles traitant de la communication électronique de la profession d'avocat n'apparaissent plus dans le bandeau annonçant les trois derniers articles publiés.

Pourquoi ?

Apparemment la démarche est devenue encore plus incisive visant maintenant à aller plus loin pour éduquer la pensée des avocats.

Oui, monsieur le bâtonnier Bénichou, il y a bien ce que l'on peut qualifier de censure car les propos supprimés ne le sont pas tant en raison d'une éventuelle outrance que du sujet qu'ils traitent.

Je vais peut-être faire de la peine à mes amis marseillais mais j'ai le sentiment que la première bataille du RPVA est perdue.

Même le dernier barreau d'un village gaulois parait s'incliner.

Le matériel vendu par la société de Perpignan va être donc être diffusé.

Mais c'est une apparence de victoire car chacun sait désormais que ce matériel est inadéquat et que, dans un an peut-être, d'autres solutions s'ouvriront.

La question sera alors posée aux responsables actuels des raisons de la rigidité de leur attitude.

Et ceux qui ont incité en connaissance de cause les barreaux à s'équiper et les avocats à signer des contrats les engageant longuement devront rendre des comptes.

Pauvres bâtonniers !

Aujourd'hui, on demande même des comptes aux dictateurs renversés; alors...

Bref, cette censure est choquante chez les avocats, mais surtout idiote.

Par jean.devalon le 01/04/11

Il n'est pas impossible que mon caractère soit parfois un peu trop tranché.

En matière de RPVA, cependant moins que les célèbres JJ et BK.

Néanmoins je reçois de mon bâtonnier un courrier urticant revenant sur la situation marseillaise.

Il évoque une décision du conseil de l'ordre qui n'a pas été communiquée au bon peuple.

C'est un peu comme si on évoquait une loi sans vouloir la communiquer.

Il va dire que le système marseillais a été abandonné dès la fin de l'année 2010.

À ma connaissance, cela n'a pas été le cas, mais le bâtonnier Mattei et son Conseil de l'ordre se sont trouvés devant un fait accompli combattu en justice.

Tu parles d'un abandon !

Si l'on traduit de manière politique, dire que le système a été abandonné dès l'année 2010 revient pour le nouveau bâtonnier à dire : « c'est pas moi, j'y suis pour rien »

Puis il nous est donc expliqué et que l'on peut continuer à avoir accès au RPVA par le biais d'un ordinateur mis à la disposition à la bibliothèque de l'ordre sans avoir à intégrer un schmilblick au cabinet.

Mais il est également précisé que le partage la même boîtier - schmilblick entre plusieurs avocats, collaborateurs ou non est tout à fait possible, la seule condition étant que les titulaires s'entendent sur la personne physique ou morale qui devra souscrire l'abonnement.

Simple et juridiquement évident !

En fait c'est un courrier mièvrement incitatif.

Ce qui va être amusant à gérer est la notion de partage d'un même boîtier entre plusieurs avocats.

Je vais proposer au bâtonnier, dont le cabinet est à l'étage au-dessus du mien d'opter pour le RPVA, le boîtier étant dans mon cabinet.

Je suis sûr qu'il sera d'accord pour mettre en application une vision aussi pertinente.

Sinon, l'eau tiède n'a jamais fait mal à personne.

Par jean.devalon le 24/03/11

J'ai lu, il y a quelques jours, un article de la tribune rappelant, qu'en 2010, 44 % des TPE avaient eu des difficultés de trésorerie.

Une TPE est une entreprise de moins de 20 salariés.

Je suppose que la majorité des cabinets d'avocats rentre dans cette catégorie.

La réduction des coûts est, pour une entreprise quelconque, une nécessité en l'état de l'augmentation des charges contraintes et de la difficulté d'assurer l'augmentation régulière du chiffre d'affaires permettant de la couvrir.

À cet égard, la numérisation des données et des transmissions fait partie des nécessités absolues qui permettent de limiter les coûts postaux et de fournitures diverses.

À la condition, bien sûr, que la numérisation soit conçue de telle manière qu'elle soit performante et au meilleur coût.

Une fois cette entame pertinente affirmée, j'en reviens, insidieusement, au RPVA.

Conçu, ici, comme outil économique.

La critique portée contre le système vendu était son coût, son inadaptation aux données actuelles de la science informatique, la nécessité éventuelle d'un intervenant tiers dans le réseau informatique des entreprises et, surtout, l'implantation d'un modem et d'une clé USB complètement dépassés à l'heure où, par exemple, le Barreau de Paris renonce au deux !

En ce sens, l'opposition à ce système est économiquement et politiquement fondée.

Ce sont là des banalités.

Dans la profession d'avocat, le fait que ces banalités ne puissent permettre de parvenir à une solution et génèrent un conflit montre que le mode de gouvernance est inadéquat.

On sait que le prestataire du Conseil National des Barreaux a, semble-t-il, assuré la mise en place de la CARPA des avocats au barreau de Bordeaux, référence absolue, mais il n'en reste pas moins vrai que le système mis en place par ses soins n'a pas été jugé indispensable par l'expert informatique mandaté par la Conférence des bâtonniers.

Coûteux et inutile.

C'est la raison pour laquelle le Barreau de Marseille était rentré en résistance.

Il y a quelques jours, un communiqué de l'Ordre des avocats au Barreau de Marseille paraissait dire que l'Ordre de Marseille rentrait dans le rang.

Il semblerait en fait que ce ne soit pas vraiment le cas, que les procédures engagées perdurent (d'ailleurs quelques avocats sont nommément demandeurs) et que l'Ordre a voulu seulement régler une situation particulière née du refus de livraison du Conseil National des Barreaux. Ce refus entraînant des sinistres déclarés par certains avocats du fait du dysfonctionnement existant, puisque le tribunal considérait les avocats comme destinataires des messages électroniques, alors même qu'ils ne les recevaient pas.

D'où des absences aux audiences !

Merci, le CNB !

Donc, nous n'aurions pas compris !

Ce qui est rassurant, si tout cela est exact, c'est que les lendemains sont préservés.

Car après tout, quand l'avocat communique avec sa banque, c'est simplement avec un code. Demain l'avocat de Paris communiquera avec les juridictions de la même manière.

Il faut quand même être sacrément arriéré dans sa tête pour croire que l'on va pouvoir longtemps imposer aux avocats de province un système différent générant une fracture numérique !

En revanche, le béotien se dit que tout cela manque sacrément de transparence.

Pas d'appel d'offres, on le sait, pour le choix du système.

Au Conseil National des Barreaux, un processus de décision opaque et une association, constituée pour gérer le système, dont même les socialistes marseillais se méfieraient.

Ajoutons que la baisse du coût du système vendu aux avocats paraît être compensée par l'augmentation des cotisations payées par ailleurs, et on a un tableau regrettable.

Et sur ce tableau on verrait un avocat benêt.

Force est de reconnaître que, du côté des avocats marseillais, celui qui a lu le dernier communiqué ne pouvait que comprendre que le bâtonnier précédent était désavoué, ce qui serait donc inexact.

Sous toutes réserves, dont acte !

On ne sait trop les doux murmures qui ont pu être susurrés en coulisses, mais l'avocat de base aurait tendance à estimer que les malentendus n'existeraient pas si les réunions des Conseils de l'Ordre étaient publiques et si les décisions prises par eux étaient communiquées aux avocats.

Il n'y aurait pas à lire un communiqué, mais à lire une décision.

L'avocat, il sait lire !

Et oui, je suis un dangereux révolutionnaire.

En tout cas, la saga continue.

En fait, c'est une course de vitesse entre ceux qui veulent absolument imposer un système condamné avant de partir et ceux qui veulent résister à l'imposition de ce système avant qu'il ne soit enfin abandonné.

Je me demande si je puis remplacer le schmilblick que veut me vendre le Conseil National des Barreaux par un joli poste de TSF que j'ai dans ma cave.

En tout cas, s'agissant de la communication, électronique ou pas, il y a des progrès à faire.

A Marseille comme ailleurs !

Par jean.devalon le 15/03/11

La situation des avocats de Marseille vis-à-vis de la communication électronique avec les juridictions pose donc problème.

Il avait été testé un système de connexion utilisant une clé, genre USB, mais ne nécessitant pas dans l'installation informatique de chaque cabinet, l'implantation d'une sorte de modem.

C'est en cet état que plus de 400 avocats avaient commandé le système de connexion proposé alors par l'Ordre des Avocats.

Je suis pour ma part persuadé, qu'immanquablement, dans les mois qui viennent, la communication électronique se fera d'ailleurs sans clé et sans modem d'un monde parallèle, comme on communique avec sa banque.

C'est tellement évident.

Donc, la position de l'Ordre des Avocats de refuser un système que l'on sait peu pertinent était, sous la direction du bâtonnier Mattei, fondée et, à mon sens, l'est encore, pour qui regarde les blogs informatiques.

Le système actuel en effet ne satisfait personne, sauf peut-être ceux qui n'en mesurent pas les extrêmes limites.

Les autorités politiques de la profession veulent néanmoins maintenir son installation, plus probablement pour ne pas avoir à se déjuger que pour autre chose.

Curieusement, l'Ordre des Avocats au barreau de Marseille, sous l'égide d'un bâtonnier qui avait pourtant assuré qu'il maintiendrait la politique de son prédécesseur, a fait volte-face et a adressé aux avocats un courriel informant qu'il allait commander les modems, semble-t-il pour tous les cabinets. !

Parlons clair :

Si l'Ordre estimait qu'il y avait difficulté à laisser les cabinets d'avocats dans la situation actuelle, née d'ailleurs d'un déficit de communication par écrit; ce qu'il eût fallut faire, pour rester dans la mode subjonctive, semble assez simple :

Il eût fallu adresser aux avocats détenteurs des fameuses clés un courrier indiquant, qu'en l'état actuel, la communication électronique, eu égard à la position prise par le Conseil National des Barreaux, ne pouvait se faire:

- qu'avec la clé seule, dans la bibliothèque de l'Ordre des avocats, utilisant le système collectif institué, conforme aux textes, et admis même par le Conseil National des Barreaux.

- ou alors avec le modem qu'il convenait de commander individuellement

Mais qu'en revanche l'Ordre maintenait sa position, ce que son communiqué paraît curieusement dire, quand il se prétend force de proposition au visa du fameux rapport Hattab.

Et qu'il maintenait bien sûr les initiatives prises par lui.

Après celà, chaque avocat pouvait alors prendre sa décision en toute liberté.

Si c'était ce discours qui avait été tenu, les épaules du costume n'auraient pas trop rétréci, car cela pouvait intellectuellement parfaitement se concevoir.

Mais venir dire aux avocats, semble-t-il, qu'on ne leur laissait pas le choix, et que ceux qui étaient titulaires des clés allaient devoir opter ,dans leurs cabinets, pour le modem est une chose totalement différente, puisque chaque avocat, à ce stade est parfaitement libre d'attendre jusqu'au dernier moment, dans la mesure où les failles du système finiront bien par entraîner son abandon, et que les délais en termes de procédure ont été reportés, comme chacun sait, mais oublie peut-être de le dire.

Parce que là, on est dans une logique différente, il ne s'agit pas de modifier un peu la taille du costume, mais bien de baisser le pantalon, ce qui est inutile en ces temps de froidure, et parfois douloureux, dit-on.

C'est, quelque part, passer dans le 'camp adverse' au milieu du combat, position qui en général n'est jamais justifiable.

Et de plus, à l'évidence, inefficace, car il y a fort à parier que personne n'ira se précipiter pour obéir, le doigt sur la couture du pantalon.

La seule chose qui aura transpiré, c'est un sentiment de précipitation détestable, très imprudent au demeurant.

Et cela se ressentira aux prochaines élections, pour les candidats au poste de bâtonnier désigné, ou candidates, qui se feront interpeller sur leur attitude quant à la fiabilité que l'on peut accorder à leur parole.

Y ont-ils suffisamment réfléchi ?

Parce qu'avocat averti en vaut deux, voyez-vous.

Par jean.devalon le 14/03/11

Je suis allé, voilà quelques mois, en famille, au Marineland d'Antibes.

Grand plaisir pour les enfants que de voir évoluer dans leur bassin les orques, dauphins et autres otaries.

Belles circonvolutions de ces animaux sous la direction bien sûr, de leurs dresseurs pour plaire au bon peuple.

Il fut un temps où celui qui aspirait à être bâtonnier s'appelait dauphin. Il me semble que maintenant on dit vice bâtonnier, sans aucun mauvais esprit, s'agissant du terme de vice.

Au mois de novembre, je crois, les avocats de Marseille vont donc élire leur désormais vice bâtonnier, anciennement dauphin.

Et, métaphoriquement, les circonvolutions ont déjà commencé.

Une belle lettre reçue, sur papier glacé, d'un confrère qui, comme à chaque fois, explique tout le bien qu'il va faire au barreau qui n'attend que lui.

Sous la surface de l'eau, d'autres commencent à se mouvoir, orques, dauphins et même dit-on, otarie.

Cela étant ; si l'on change de théâtre d'ombres, on peut aussi penser à César assassiné se tournant vers Brutus et déclamant : 'tu quoque, mi fili !'

Il y a un peu de ça, actuellement, dans la vie du barreau de Marseille. ..

On peut alors se demander, mutin, ce que nos sympathiques animaux dans ce théâtre là, où les circonvolutions sont souvent bien moins belles et bien moins agréables, auront à dire ,pour savoir s'ils seront applaudis par le peuple ou si les pouces se retourneront cruellement vers le bas.

On peut.

Orques, dauphins ou otaries vivent des applaudissements et, il est vrai, des petits poissons que l'on leur donne.

Mais il serait quand même inadéquat de donner à des candidats de petites sardines crues.

Ou de simples arêtes...

Pardon ? Des requins ? Chez les avocats ! Allons donc !