laurent.epailly

Par laurent.epailly le 31/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 13 années 9 mois

Depuis toujours, les gens ont eu leurs professions les plus admirées et celles qui leur déplaisaient le plus.

On connait la plus ancienne, en tout cas prétendue telle, encore que, comme pour la poule et l'oeuf, on ne sait pas si le client était préexistant à la fille de joie, ou l'inverse, quoi que le "marché" devait bien exister (j'ai ma petite idée, puisqu'en droit administratif, on dit bien que la fonction créé l'organe...).

Le plus récent métier, quant à lui, est certainement "Président Bling-Bling", profession s'exerçant uniquement sous forme de CDD renouvelable sans carence, dérogatoire au droit commun notamment sur la durée et les avantages en nature (yacht privé, jet privé, carla bruni privée...).

Voici donc les médaillés de chaque catégories (et ce n'est point élucubration de ma part) :

A. Tableau d'honneur :

1. les pompiers (normal)

2. les médecins urgentistes (normal aussi; influence des séries télé ? Je préfère, pour ma part, Izy à Meredith, mais c'est un avis tout personnel)

3. les avocats (yes !!!!!!! une bien méritée médaille de bronze)

B. Tableau d'horreur :

1. les agents d'assurance (toujours là pour encaisser, jamais pour rembourser...)

2. les huissiers de justice (houuuuuuuuuuuu !!!!)

3. les avocats... (????!!!!!.....)

On comprend les deux médailles d'honneur distribuées à des professions qui sauvent et qui ne sont en conflit avec personne.

On comprend, aussi, les deux médailles en chocolat données aux agents d'assurance et aux huissiers de justice : en réalité, c'est plutôt le ressenti des gens qui prime, avec des professions qui doivent nécessairement entrer en conflit avec eux (lesquels ont une famille). Dans le cas des huissiers de justice, il faut aussi se dire que s'ils agissent, c'est parce qu'il y a une dette à rembourser et qu'un créancier, qui n'est pas toujours très riche, attend légitimement son argent.

De plus, si certains ont incontestablement des méthodes de cow boy, pour ne pas dire plus, la plupart ont un comportement courtois et attentif aux difficultés des débiteurs.

En tout cas, toujours plus que les méthodes des organismes privés de recouvrement...

Quant aux avocats, c'est la seule profession qui est autant admirée que détestée.

Une analyse simpliste consisterait à dire : 50 % de satisfaits d'avoir gagné et donc 50 % de déçus d'avoir perdu, ça fait le classement.

En fait, si l'on excepte certaines pratiques toujours possibles et qui sont justement dénoncées par les clients (mais de très loin, pas majoritaires et qui n'excusent pas de généraliser...), je crois que les justiciables apprécient ou reconnaissent, la technicité, le talent oratoire, la rouerie ou l'astuce, de leur avocat (quand ils ont gagné ou n'y ont pas d'intérêt), mais détestent celui qui défend le violeur, l'assassin, voire, pire encore, qui obtient l'acquittement (là, c'est l'astuce, le talent oratoire, la technicité qui dessert). A un niveau plus modeste, ils détestent autant celui qui leur a dit leurs quatre vérités, même courtoisement, lors d'un procés.

Si l'on réfléchit bien aux conséquences de ces classements sondagiers, et parce qu'il s'agit d'une profession tout à la fois admirée et détestée, on ne peut pas dire que nous sommes un mal nécessaire.

Je dirais, plus exactement, en toute modestie que nous sommes "une sublime contingence".

ça ne doit pas être trop loin du "salaud lumineux" décrit par Jacques VERGES.

Par laurent.epailly le 30/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 13 années 9 mois

Je viens de manger une bonne choucroute avec une petite bière belge pour accompagner et je suis donc d'excellente humeur (remarquez, je suis toujours de bonne humeur...).

Aussi, je vous offre deux billets aujourd'hui pour le prix d'un seul.

Voici une petite "illusion d'optique", pour briller en Société :

Les statistiques du Conseil de Prud'hommes de Montpellier nous apprennent que :

* lorsque ce sont les salariés seuls qui demandent et qui gagnent leur procés, ils obtiennent à 80 % ce qu'ils ont demandé.

* lorsque ce sont les avocats, c'est à 60%.

* lorsque ce sont les conseillers du salariés (conseillers syndicaux), c'est à peine à 40%.

Logiquement, on se dit, autant y aller tout seul, lorsque l'on est salarié.

Illusion, car les salariés n'obtiennent, en moyenne, que la moitié de ce qu'obtiennent les avocats...

Pour une raison simple : ne connaissant que très partiellement l'étendue de leurs droits, ils oublient le plus souvent de demander des sommes auxquelles ils pourraient prétendre.

Je vous laisse le soin de tirer la morale de "l'illusion" : je vais aller manger un petit morceau de christollen avec mon café...

Par laurent.epailly le 30/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 10 années 11 mois

Et bien non, "je ne vous parlerai pas d'elle" (pour tes droits d'auteurs, Jean-Jacques, voir mon comptable...).

Tout le monde parle de la Société Générale, donc, si on veut se singulariser un peu, il faut bien parler d'autre chose (au passage, vous aurez noté que je m'exprime assez bien dans la langue de GOETHE...).

Je vais vous parler du fonds de garantie des victimes d'infraction et du terrorisme.

Comme son nom l'indique, il s'agit d'un fonds de garantie (abondé par une ligne sur tous nos contrats d'assurance) destiné à assurer une indemnisation adéquate à certaines victimes d'infractions (les plus graves, pour l'essentiel : crimes ou délits sexuels, atteintes physiques entraînant au moins 30 jours d'ITT, homicides...ou alors, les victimes de vol, escroquerie...à la double condition que leurs ressources soient faibles et que l'acte délictuel les ait placé dans une situation matérielle ou psychologique grave) ou du terrorisme.

Et il est vrai qu'avant la Loi du 6 juillet 1990, les victimes étaient plutôt mal loties, dés qu'il s'agissait de faits volontaires. Pour des faits involontaires (accidents, on dira), l'auteur était souvent assuré. Pour des faits volontaires, pas d'assurance possible, sauf pour les parents de mineurs auteurs.

D'où, la victime d'un viol, par exemple, obtenait un bel arrêt de Cour d'Assises, avec une belle condamnation à la clef à de justes dommages-intérêts pour réparer tant bien que mal son préjudice.

Le seul point de détail embarrassant, c'est que l'auteur, qui plus est incarcéré le plus souvent, n'avait généralement pas de quoi répondre de la condamnation civile (délinquant incarcéré, c'est généralement assez pauvre, comme job)....

Création donc du fonds de garantie avec un recours ouvert devant la CIVI (Commission d'Indemnisation des Victimes d'Infraction; n'y allez pas sans avocat : l'indemnisation des préjudices, ce n'est pas un sport d'amateurs...spécialement alors que la nomenclature a changé), selon les dispositions des articles 706-3 à 706-16 du Code de Procédure Pénale.

La CIVI va donc allouer à la victime des sommes qui lui seront payées directement par le Fonds de Garantie, lequel se retournera alors vers l'auteur de l'infraction et essaiera de se faire rembourser.

Cette somme peut même être supérieure à celle que la juridiction pénale aura pu allouer à la victime, les deux procédures étant théoriquement indépendantes.

Vu comme ça, on se dit que c'est très bien, et c'est d'ailleurs vrai pour l'essentiel.

Sauf que, comme on dit dans les livres pour enfants : "Petit Lapin doit être honnête pour faire plaisir à sa maman"....

En effet, la victime ne peut pas être indemnisée deux fois et, si elle a obtenu des sommes directement de l'auteur, celles-ci doivent être indiquées, soit à la CIVI, soit au Fonds de Garantie, afin que son indemnisation par le fonds soit réduite d'autant. Il y en a beaucoup qui oublient...et après, il faut rembourser le Fonds, généralement, quand on n'a plus les sous.

Quant au Fonds de Garantie, justement, il est souvent Kollossalement Filoute : en effet, devant la CIVI, l'auteur de l'infraction n'est pas convoqué, donc, l'indemnisation est décidée sans qu'il puisse la discuter. C'est un rien choquant, d'autant que le Fonds de Garantie, qui peut se faire communiquer absolument tous les renseignements fiscaux ou bancaires nous concernant, va lui demander de payer la note.

Et le plus souvent, le Fonds demande à ce qu'on lui rembourse le montant payé par lui à la victime... or, les dispositions de l'article 706-11 sont claires : en cas de double condamnation par la juridiction répressive et par la CIVI (ultérieurement), l'auteur de l'infraction n'est tenu de rembourser que l'équivalent de la somme à laquelle il a été condamnée par la juridiction pénale si celle - ci est inférieure à celle allouée par la CIVI.

Et bien dans ce cas là, il n'est pas facile de faire entendre raison au Fonds de Garantie...

Par laurent.epailly le 28/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 13 années 9 mois

Le délibéré est tombé dans le procés (français) des membres de l'Arche de Zoé et, comme je vous le laissais entendre la dernière fois, les gesticulations n'ont pas empêché logiquement le Tribunal Correctionnel de convertir la peine de 8 ans d'emprisonnement aux travaux forcés en 8 ans d'emprisonnement tout court.

Redisons-le : le Tribunal ne pouvait pas revenir sur la culpabilité des condamnés, mais uniquement convertir la peine tchadienne dans la peine la plus proche en droit français.

En dehors de toute émotion bien compréhensible, s'agissant des condamnés et de leur famille, force est de constater que 8 ans, c'est un minimum, quand vous avez en face une peine d'un même quantum mais aggravée des travaux forcés.

Un appel a été interjeté, nous attendrons de manière objectivement pessimiste le délibéré, sachant que les condamnés demeurent incarcérés.

En fait d'Arche, il n'y avait dedans qu'un gros nid de guèpes duquel nos compatriotes ont bien du mal à s'extirper...

Maintenant, deux commentaires, si vous voulez bien :

* on ne peut que s'inquiéter d'entendre un confrère médiatique en appeler à (Monsieur) "SARKOZY" (mais je crois qu'ils se connaissent, comme tout ce qui est Show Bizz : sportifs, acteurs, journaleux, politiques, écrivaillons, créatifs, business, lofteurs et tentateurs, bref, tous ceux qui s'échangent leurs conjoints à longueur d'année au milieu de fêtes glamours, dans le triangle Auteuil-Neuilly-Passy) : la séparation des pouvoirs, ce n'est pas pour les chiens. Et on le dit et on le redit : le Président de la République ne peut pas grâcier dans ce cas là (et de toute façon, il avait promis juré craché croix de bois carla bruni, qu'il ne gracierait personne).

* certes, il faut toujours se battre pour son client, avec la dernière énergie. mais il faut aussi savoir lui expliquer les limites de son combat : c'est tout aussi courageux. Pour moi, un avocat ne doit pas promettre plus qu'il ne peut raisonnablement tenir, même pour faire plaisir au client.

Je vous donne un exemple : pour un dossier prud'homal moyen, avec un salarié ayant au moins deux ans d'ancienneté dans une entreprise d'au moins dix salariés, les sommes confondues que l'on peut escompter (dommages-intérêts, préavis, congés payés, éventuellement quelques menus rappels de salaire) sont de l'ordre d'environ 17.000 Euros, ce qui n'est pas si mal.

Première question :

de celui qui annoncera 20.000 Euros et de celui qui annoncera 40.000 Euros, lequel est le plus sérieux ?

Seconde question :

du client qui recevra 17.000 pour 20.000 promis ou de celui qui recevra 17.000 pour 40.000 promis, lequel sera finalement le plus satisfait ?

Par laurent.epailly le 27/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 13 années 9 mois

Coup sur coup, la Cour de cassation vient d'inviter un nouveau convive à notre traditionnel dîner.

Dîner où, je me permets de vous le rappeler, nous avions déjà invité le justiciable qui avait menti à son avocat (pas bien ! mais surtout pour les conséquences regrettables pour lui...) et dont je vous avais narré les aventures le 24 janvier dernier.

Il semble que la Cour de Cassation soit tombée sur un nid, puisque, aujourd'hui, il s'agit d'une cliente d'un organisme financier qui avait, elle aussi, laissé dans une ombre bienvenue, quelques éléments déficitaires de son patrimoine. Elle avait donc commis un mensonge par réticence (pas bien ! même s'il convient d'admettre que dans certaines circonstances, face à un organisme financier, la tentation peut être compréhensible...).

La Cour de Cassation ramène à une notion de déloyauté qu'on croirait exhumée du 19° siècle.

Cour de Cassation 1° Civ, 30 octobre 2007 n° 06-17.003 : "Attendu que, faisant valoir qu'elle avait consenti à Madame X, une ouverture de crédit, au titre de laquelle lui était due une somme d'argent, la Société COFIDIS l'a poursuivie en paiement; que le Tribunal (Tribunal d'Instance de Neufchatel-en-Bray) devant lequel Madame X avait reconventionnellement sollicité la condamnation de la Société COFIDIS à lui payer une indemnité pour manquement à son devoir de conseil et l'octroi de délais de paiement, a accueilli la demande principale et rejeté les demandes reconventionnelles.

Attendu qu'ayant constaté que Madame X avait dissimulé à la Société COFIDIS l'existence de prêts en cours de remboursement, de sorte que les éléments d'information qu'elle avait, sur la demande de cette société, portés à la connaissance de celle-ci étaient compatibles avec l'octroi de l'ouverture du crédit litigieux, le Tribunal en a exactement déduit que Madame X, eu égard à sa déloyauté que la banque ne pouvait normalement pas déceler, n'était pas fonder à imputer, de ce chef, à ladite société, un manquement au devoir de mise en garde auquel est tenu le professionnel du crédit à l'égard de son client non averti".

Quelques commentaires, si vous voulez bien :

1. Tout d'abord, je vous précise que Neufchatel-en-Bray se situe dans le département de la Seine Maritime (76), en Haute Normandie et sur le site de la Ville, on apprend que jusqu'au 29 janvier, la place de cinéma est à 3 Euros (cinéma "Le Normandy") et que s'y déroule, en ce moment, "le salon du mariage et de la réception". Accessoirement, dans cet endroit où Madame DATI n'a sûrement jamais mis les pieds, le TI fait partie de la liste des TI a supprimer...

2. La Cour de Cassation prend bien soin de rappeler la règle d'obligatoire mise en garde, par l'organisme de crédit, à son client, lorsque celui-ci entend contracter un crédit alors que ses capacités fiancières sont par trop limitées...On sait, aussi, que lesdits organismes sont des tentateurs efficaces, mais il existe quand même une place à la responsabilité individuelle.

3. Dés lors que le client dissimule sciemment des dettes en cours, donc augmente artificiellement sa capacité de remboursement, l'organisme de crédit de bonne foi, est délié de son devoir de mise en garde. Se retourner après contre lui, comme l'a fait cette cliente "déloyale" (dit la Cour de Cassation), c'est en effet un peu fort.

4. Contre vents et marées, les Juridictions continuent d'appliquer, dans les relations contractuelles, un article bien connu de tous les étudiants en droit :

"Article 1134 :

Les conventions légalement formées tiennent lieu de loi à ceux qui les ont faites.

Elles ne peuvent être révoquées que de leur consentement mutuel, ou pour les causes que la loi autorise.

Elles doivent être exécutées de bonne foi".

Je dis contre vents et marées, parce que les deux exemples du justiciable qui a menti à son avocat et celle qui a menti à l'organisme de crédit, sont révélateurs d'une société où nombreux sont ceux qui, non seulement veulent s'exonérer de toute bonne foi ou de loyauté dans l'exécution des contrats qu'ils ont pourtant signé, mais, et c'est plus nouveau (et finalement très enfantin), ne veulent même plus en payer les conséquences.

C'est le cas, par exemple, des très nombreux étudiants qui trichent aujourd'hui aux examens, ou de beaucoup de mineurs délinquants qui, non seulement ont du mal à comprendre qu'on les poursuive pour ça, mais plus encore, qu'on ose les sanctionner.

C'est peut être sur ce plan moral (ou éducatif, je ne sais), qu'Hélène disait dernièrement, dans l'un de ses commentaires, que "tout crime doit être puni".

Maintenant, sans excuser en rien les failles de la morale individuelle, il faut bien reconnaître que quand l'exemple de la vertu ne vient pas (de la France) d'en haut, il y a peu de chance qu'il se renforce (de la France) d'en bas...

Par laurent.epailly le 25/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 13 années 9 mois

Veuillez excuser ce titre volontiers racoleur, destiné à soutenir la popularité de ce blog (je pouffe) et appliquant les règles de la "démarche qualité" expliquée par notre confrère Pillet de Paris, en des termes qu'un militaire ne désavouerait pas : les 4 commandement de la prostituée.

1. la prostituée se montre et racole

2. la prostituée s'habille sexy

3. la prostituée a une spécialité

4. la prostituée ne transmets pas de maladies aux clients

Si vous mettez "ce blog" à la place de "la prostituée", vous avez tous les ingrédients en place pour une bonne audience.

J'ai honte (mais c'est bon la honte).

Je plaisante surtout, vous l'aurez compris, puisque vous êtes des lecteurs intelligents.

Bref, puisqu'on ne peut pas être totalement léger, ce prolégomène est destiné à revenir sur le récent socio-psycho-juridico-drame de notre ravissante Miss France.

Il faut reconnaître, en passant, qu'elle est intelligente : elle fera carrière. Soit, en épousant un riche, comme Rosalie AFFLELOU (celle qui a dit à Mireille DUMAS que "jamais elle ne pourrait tomber amoureuse d'un chef de gare", remarquez, tant mieux pour les chefs de gare, une cruche pareille...); soit elle fera une carrière à la Valérie PASCAL, les sunlights, les spots télévisuels; soit elle finira comme notre presque consoeur LETELLIER, qui au soir de l'élection voulait encore être avocate (et on imagine déjà quelques maîtres de stage texaverysés lyonnais le contrat à la main...) et a échoué au comité Miss France (mais sans doute en gagnant beaucoup plus...), où elle s'occupe quand même de "pauvres filles".

Le summum, c'est quand même celle qui, petite marchande de chaussures à SETE, dans les années 50 avant son élection, épousa l'Agha KHAN. Elle fut, auparavant, la maîtresse d'un de nos Bâtonniers d'ici ce qui fait, les Bâtonniers étant un peu nos pères, que je suis un peu le beau-fils par capilarité de la Begum...

Bref, pour en revenir à cette histoire, c'était quand même simple : les Miss candidates, dans leur contrat, s'engagent à respecter un certain nombre de critères, dont l'absence de photos antérieures en tenues, genre "MANAUDOU" (au passage, pas galant l'italien...). C'est un contrat d'adhésion : tu es d'accord, tu signes; tu n'es pas d'accord, tu ne signes pas.

Après l'élection, des photos genre comme susdit sont publiées, preuve qu'il en existait alors.

Fureur de la dame au chapeau, gardienne du Temple, qui demande logiquement l'application du contrat et la démission de la (ravissante) parjure.

L'autre partie contractante, soutenue par "tout un peuple", les élus réunionnais de tout bord, on a même parlé de racisme (ce qui est surement excessif), le gouvernement (et je crois même Notre Président, comme on dit à GROLAND) et enfin TF1 soi même, refusent l'application du contrat et sa déchéance.

Qu'est-il arrivé ? Rien...Bon, juste une vague suspension et le fait de ne pas participer à Miss Monde ou Univers, je ne sais plus, où, de toute façon, ce ne sont que des Vénézuelliennes qui gagnent.

La dame a sans doute du avaler son chapeau d'où sortait, pour une fois, non pas un lapin mais une couleuvre, mais ne pouvait guère faire mieux quand le "partenaire" lançant l'oukase s'appelait TF1...

Voilà, la preuve que plus grand monde trouve encore un intérêt à sauvegarder la parole donnée. De là à vouloir dépénaliser le droit des Affaires, il n'y aurait pas des kilomètres...

Bon, chose promise, chose due (je tiens mes engagments contractuels avec mon public, moi...) : ci-après, la photo de ma vraie cousine, pas tout à fait germaine, il faut l'avouer, dont la branche est issue d'un ancêtre commun ayant été prié sous la Révolution Française de 1789 d'aller peupler les Antilles où il rencontra et épousa une esclave noire qu'il racheta pour l'affranchir.

Ma cousine est Miss Guyane 2007.

21 ans, 1m75 et des mensurations non-anorexiques.

Par laurent.epailly le 24/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 13 années 9 mois

Vous avez bien sur reconnu les premières paroles du refrain de la chanson de Jean Louis AUBERT (ex Téléphone), titre tout indiqué pour prendre un peu soin de nous tous dans ce monde de fous...

Un arrêt du 30 octobre 2007 (Civ I n° 05-16.789) vient de rappeler à point nommé que si l'avocat a une obligation de conseil, il y a des limites à la bêtise (j'ai failli écrire autre chose, mais il faut rester sérieux).

Qu'on en juge : "l'avocat ne saurait être tenu, dans le cadre de son obligation de conseil, de vérifier les informations fournies par son client s'il n'est pas établi qu'il disposait d'informations de nature à les mettre en doute ni d'attirer son attention sur les conséquences d'une fausse déclaration dés lors que l'obligation de loyauté et de sincérité s'impose en matière contractuelle et que nul ne saurait voir sa responsabilité engagée pour n'avoir pas rappelé à une partie ce principe de bonne foi élémentaire ou les conséquences de sa transgression."

Je résume : un client ment à son avocat en faisant de fausses déclarations qui ont toute l'apparence du vrai et qui sont, bien sur, reprises dans ses écritures. Le mensonge est découvert et le procés perdu. Dés lors, le client ne craint pas de se retourner contre son avocat, lui reprochant de ne pas avoir vérifié ses propres déclarations, ni de l'avoir mis en garde contre les conséquences de son mensonge...Il est débouté en Cassation et c'est quand même heureux.

Ca fait quand même irrésistiblement penser aux Tontons Flingueurs (là, je peux mettre, c'est une citation...) : "les cons ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnait..."

Allez, vous avez eu le refrain, voici la chanson.

En plus, il y a de jolis garçons sur scène, pour ces dames...

Par laurent.epailly le 23/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 13 années 9 mois

La Commission ATTALI sur la "Libération de la croissance" (pour libérer la croissance, encore faudrait-il qu'il y ait croissance, qui plus est captive...) nous propose, entre autres idées parfois intéressantes, de libéraliser certains métiers dits monopolistiques, tels que les taxis, les pharmaciens, les notaires...

Pour une fois, on pourrait se dire "chic, ce coup-ci, les Notaires vont dérouiller...".

Ce n'est évidemment pas ce qu'on va se dire, après avoir réfléchi un peu.

D'une part, tout le monde qui peut tout faire, c'est tout le monde qui ne fait rien de bon : tout travail, pour être bien fait, est affaire de spécialiste et chacun doit s'efforcer d'être efficient dans son activité, et les notaires remplissent très bien leur office.

C'est valable pour l'avocat, comme pour l'enseignant, comme pour le maçon ou le bijoutier, et tous les professionnels...

Honnêtement, vous feriez vraiment confiance à un type qui vous dit qu'il est électricien/plombier/serrurier/maçon/cordonnier/et autres petits bricolages en même temps ?

Bien sur, c'est dans l'air du temps, puisque les banques vendent de l'assurance et les assureurs sont banquiers, et que pris à la gorge d'un pouvoir d'achat en berne, le consommateur accepte tout, pourvu que ça ne coûte pas cher. Mais est-ce bien raisonnable ?

D'autant que c'est complétement schizophrène, car chacun pris individuellement considère qu'il est mal payé pour l'activité qu'il produit, mais qu'il peut sous-payer celui qui lui rend un service.

D'autre part, le problème est, qu'aujourd'hui, on ne parle en terme d'abaissement du coût que par l'abaissement du prix de la prestation (ce qui peut se comprendre du point de vue du consommateur), mais ce n'est qu'une vision à très court terme.

En effet, le coût de la prestation, c'est aussi le coût des charges liées à la prestation et qui devraient pouvoir être reconsidérées. Et ça, nul n'en parle jamais.

Et puis, baisser les prix, y compris de manière autoritaire, ce n'est qu'une autre façon d'éviter de parler d'augmentation des rémunérations....

Enfin, il va falloir qu'un jour quelqu'un explique clairement où se situe le vrai problème : c'est que le niveau de vie des français a réellement régressé, en même temps, d'ailleurs, que la puissance économique de la France.

La vérité, c'est que sans le recours massif au crédit à la consommation, 80 % des français n'est plus en mesure de s'assurer le train de vie du même lot de français il y a 30 ans. Mais le recours au crédit trouve bien sur ses limites.

Et peu à peu, nous en revenons aux années 50 où l'ouvrier, l'employé, l'artisan, ne possédaient pas de véhicules automobiles et allaient au travail en vélo ou en train.

C'est douloureux à entendre ? ça fait mal à l'ego ? C'est normal : nous sommes devenus une puissance moyenne, avec une population plutôt bien formée, des atoûts économiques encore, mais une dette gigantesque du niveau de l'Argentine et soumis à une concurrence féroce de pays à la population innombrable.

Bref, je me résume :

1. je ne veux pas faire le travail d'un notaire et je ne veux pas que le notaire fasse mon travail (et encore moins un juriste d'entreprise...)

2. je veux bien être avocat et astronaute, mais il va falloir que je lance une souscription, au cas où vous auriez un million d'Euros en trop pour m'offrir un prochain séjour avec Columbia...

3. quant à l'Etat économique de la France, je propose une remise à plat du système par la reconstitution de clans et la vie dans les grottes afin de revenir à des conceptions plus saines, d'avant la création de l'URSSAF et autres organismes collecteurs, mais avec 6 ours seulement dans les Pyrénées, on ne va pas pouvoir vêtir tout le monde pour l'hiver...je sens que la concurrence va devenir très vite intenable entre les clans et sans doute faudra-t-il importer, à dos de mammouths clonés, des ours de Chine...

Par laurent.epailly le 23/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 13 années 9 mois

On mande d'Aix en Provence, pour reprendre la vieille formule du temps de la TSF, que finalement, alors que c'était le Juge Administratif qui devait statuer sur le sort de Maître COULIBALY, l'Administration a eu un heureux sursaut d'intelligence et a décidé de lui attribuer un titre de séjour provisoire de 6 mois, dans l'attente du "réexamen de sa situation".

C'est très bien, parce que s'il faut dénoncer l'Administration quand elle agit de manière anormale, il faut lui reconnaître ses mérites, quand elle répare ses erreurs.

Il est probable que notre confrère obtiendra un titre de séjour de 10 ans, auquel la Loi lui permet de prétendre, mais il convient de laisser ce cheminement se faire dans le silence : pour ce genre d'erreur, l'Administration préfère toujours réparer dans la discrétion, ce qui peut se comprendre, l'essentiel étant le résultat et le retentissement initial.

Par laurent.epailly le 22/01/08
Dernier commentaire ajouté il y a 13 années 9 mois

Une de mes amies, récemment, m'a demandé comment un avocat pouvait solliciter (et obtenir, le cas échéant), la relaxe ou l'acquittement d'un client, alors que celui-ci lui avait avoué sa culpabilité. Question classique.

Pire encore, si, libéré depuis peu, ce coupable blanchi récidivait et s'en prenait de nouveau à un enfant, par exemple. Question culpabilisante.

Sans doute serait -il le premier désolé de cela, et le coeur de l'homme saignerait, mais son honneur d'avocat n'aurait point à en souffrir.

En effet, et au-delà des jugements à l'emporte pièce, il convient tout d'abord de rappeler une évidence : chacun, y compris le prévenu, joue son rôle dans le procés pénal et doit le jouer du mieux possible :

* le prévenu choisit sa version, son système de défense

* le Procureur poursuit et doit donc faire la preuve de la culpabilité

* l'avocat conseille et prend en charge les intérêts de son client

* le juge prend une décision de relaxe ou de culpabilité, en respectant la Loi et, le cas échéant, prononce une peine

Dès lors, le rôle de l'avocat est d'obtenir le meilleur traitement possible pour son client, en ce compris la relaxe ou l'acquittement, si le dossier et son talent le permettent.

C'est son rôle premier qui est évidemment le souhait de celui qui lui confie ses intérêts, et le vôtre, lorsque vous choisissez un avocat pour vous assister : je connais fort peu de clients qui, pris la main dans le pot de confiture, désirent ardemment en être punis...

Mais au-delà de ce rôle premier, il convient de relever que l'avocat joue un rôle qui n'est pas forcément perceptible immédiatement par tout un chacun : en permettant même la libération d'un coupable à l'encontre duquel le Procureur de la République n'a pu faire la démonstration de sa culpabilité, l'avocat participe au maintien d'une société démocratique, puisqu'il fait respecter le droit.

Ce rôle est ingrat et pourtant fondamental. Si vous voulez bien vous retourner un instant vers l'affaire d'Outreau, qu'est-ce qui vous apparaît le plus scandaleux : qu'un "coupable" dont on n'a pu prouver la culpabilité soit libre ou que des innocents soient en prison, leur vie brisée ?

La vérité judiciaire, qui est la vérité démocratique, c'est que l'on n'est (nait ?) coupable que lorsque que cela est judiciairement prouvé. Toute autre culpabilité n'est que supputation ou vaine rumeur.

Ethique époque opaque...