laurent.epailly

Par laurent.epailly le 30/11/09
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Ce n'est pas facile de parler de ce procés en essayant de rester mesuré.

Essayons, si vous le voulez bien.

Déjà, que la clameur se taise : on ne sait pas si Demajnujk est bien un criminel de guerre et, en tout cas, celui que l'on juge pour avoir été gardien de Sobibor.

Il faut rappeler que, condamné à mort en Israël, il fut acquitté par la Cour Suprême du même Etat, aux termes d'un verdict extraordinaire de signification et de courage juridique, à mille lieues de nos petits arrangements judiciaires avec la vérité, parce que l'on n'a pu prouver qu'il était gardien à Treblinka.

Aujourd'hui, il est poursuivi parce qu'il est soupçonné, donc, d'avoir été en d'autres lieux, mais pour la même raison : avoir directement participé à la Solution Finale.

A lire l'Express, on ne sait pas si les preuves retenues suffiront : les rares survivants ne le reconnaîtraient pas mais on aurait trace de ce passage sur son livret militaire. A voir.

Bien sur, si c'est lui, le temps joue en sa faveur : les survivants se sont éteints peu à peu, souvent rongés de la culpabilité d'avoir survécus, la mémoire a pu s'enfuir, les dossiers se sont allégés ou on les a égaré, ou les deux.

Et puis, le voilà à 89 ans, sur une civière maintenant, à l'audience.

C'est étrange, cette civière, car sur Rue 89, une avocate raconte comment, à la Cour de Versailles, on s'apprêtait à juger un prévenu appelant, sur une civière justement, la tête coincée dans une minerve, les yeux au ciel et qu'il fallut toute la fougue de l'avocat pour que les conseillers et la procureure consentent à ouvrir les yeux sur le caractère proprement indigne de la méthode et de la scène. Pratiquement tous les commentaires se faisaient compassionnels, alors que pour l'information concernant Demajnujk, c'est l'inverse...

Alors, deux poids deux mesures, à notre compassion ? A nos pratiques ?

Je ne sais ce qu'il ressortira de cette histoire de civière, mais on se doute que s'il faut juger Demajnujk dans cet équipage, il ne pourra que nous rester un malaise certain.

Alors, peut être une assignation dans un hôpital, puisqu'il doit bientôt mourir, nous dit-on (quoi que le précédent Papon, agonisant en prison et guilleret dehors sur ses deux jambes était bien pénible à vivre), pendant qu'on rouvrira l'instruction... Si le dossier est si épais que cela, quand même.

Et puis, qu'on ne vienne nous rappeler la cohorte des gens massacrés, de toutes conditions, de tout âge, pour nous dire qu'il n'a pas droit au respect de la procédure : s'il en était, de cette engeance de nazis, plus que d'autres, il faut lui infliger le respect du droit démocratique. C'est une morsure bien pire que de l'expédier, car, jusqu'au bout, il aura eu tort.

Quant à son âge et au temps écoulé (et on sait aussi ce que cela doit à des politiques pusillanimes), il n'y a rien qui s'oppose à son jugement : à crime imprescriptible, et justement imprescriptible, il ne saurait y avoir droit à oubli ou à pardon.

S'il est soupçonné, il doit être jugé.

S'il est coupable, il doit être condamné.

Sans faiblesse, mais sans renier nos valeurs.

Et puis quand même, si on ne doit jamais souhaiter du mal à un vivant, on se prend quand même à espérer deux choses :

1. que les crapules qui sont mortes et les nazis (miliciens, policiers du vel d'Hiv, SS et compagnie...) qui restent à mourir aient (eu) la décence de fermer les yeux sur une dernière vision de leurs victimes.

2. que l'Enfer existe.

Maintenant, je suis un peu inquiet sur le deuxième souhait, puisque je tiens de Dieu lui même, dans ses entretiens à Sainte Gertrude que "de Salomon ni de Judas, je ne te dirais ce que j'ai fait, afin que l'on abuse pas de ma bonté...".

nov
23

A lundi...

Par laurent.epailly le 23/11/09
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A partir de demain matin, très tôt, je rejoindrai la région parisienne, afin de plaider un dossier très important en terme de dommages corporels et moraux.

Bon, j'ai reçu les conclusions adverses (la compagnie d'assurance) ce matin par fax, mais j'ai l'habitude.

Elle est peu généreuse et veut me faire plein de misères : jusque là, tout est normal.

Le juge tranchera.

Ensuite, comme il faut cultiver notre compétence, je participerai aux Assises du dommage corporel afin de me tenir informé des avancées les plus récentes dans le domaine de l'indemnisation du dommage corporel.

Il ne suffit pas d'être spécialisé dans la matière, il faut encore ne pas être en retard d'une Loi ou d'une jurisprudence.

A lundi donc.

PSSSSSSSSSSSS : je suis de retour... En plus, j'ai même reçu des conclusions (2 adversaires différents) pendant que j'étais dans le train... Appel de mon assistante dans le train pour me lire la fin.

C'est bien connu, quand j'ai une audience à Paris ou sa région à 13H30, je reste à mon cabinet de Montpellier jusque vers 12 H00, avant que de prendre un avion de chasse piloté par un copain qui me parachutera au-dessus du TGI où j'atterirai déjà en robe au grand amusement des enfants et à l'affolement de la sécurité...

Pas grave : on a l'habitude et le juge tranchera.

Sinon, formation intéressante, hormis, comme d'habitude, le "duel" entre universitaires, qui se sentent toujours obligés de pinailler, de subtiler, de cabotiner, tout en s'envoyant du "cher confrère"...

Par laurent.epailly le 21/11/09
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Je ne reprendrai pas la battage actuel et légitime sur l'inadéquation entre nos règles de garde à vue (ne parlons même pas des pratiques...) et les règles européennes qui s'imposent à nous : vous en trouverez les termes un peu partout et fort bien expliqués, sur la blogo ou ailleurs.

Simplement, je lis cet article du jour dont je vous donne un extrait :

"Parce qu'il ne faut pas confondre l'usage de la garde à vue encadrée et justifiée avec les abus qui peuvent l'entourer, il est en effet apparu nécessaire, évident, de repenser ses conditions d'utilisation et son utilité", a affirmé le Premier ministre, dans un discours devant les personnels pénitentiaires lors de l'inauguration d'une maison d'arrêt dans la Sarthe.

"Face à des auteurs de crimes et de délits graves, je n'ai pas d'états d'âme à recourir à l'emprisonnement et la répression mais j'ai des exigences qui au nom du respect des droits de l'Homme et de la défense des libertés publiques doivent s'imposer à tous", a-t-il ajouté.

Une de ces exigences, a poursuivi M. Fillon, c'est que "ces pouvoirs exceptionnels (de placer un suspect en garde à vue) ne tombent jamais dans la banalité, qu'ils ne soient envisagés par personne comme des éléments de routine, qu'ils restent des actes graves pour ceux qui les décident parce qu'ils sont graves pour ceux qui les subissent".

Le Premier ministre, accompagné de la garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie pour inaugurer la maison d'arrêt du Mans-Les Croisettes, a également fustigé ces situations "exceptionnelles mais choquantes" de "gardes à vue non indispensables, de détentions provisoires trop longues, de jugements qui interviennent trop tardivement".

Mon avis, c'est qu'on aurait tort de se réjouir et de croire à une reconnaissance des problèmes réellement posés.

Comme d'habitude, je crains l'enfumage.

En effet, le problème n'est pas, paradoxalement, celui de la multiplication des garde à vues, mais celui du déroulement de ces mesures.

Or, il ne faut pas oublier que le droit pénal fait de la garde à vue, non pas une option, mais une obligation à la charge de l'OPJ, dés lors qu'il existe des indices graves laissant penser que la personne entendue peut avoir commis ou tenté de commettre une infraction.

Cette obligation est, justement, là afin de permettre à cette personne de bénéficier de droits qui ne sont pas ouverts au simple témoin qu'il était jusque là : avocat, médecin, information du procureur, coup de fil à "un ami"...

Si l'on réserve cette procédure normalement protectrice, puisqu'encadrée (mais également comprise par les forces de l'ordre comme un moment de mise sous pression de l'auteur présumé - sans que ce soit nécessairement illégitime, tout étant une question de moyens employés) aux seuls "gros" délinquants, cela signifie que l'on va pouvoir travailler au corps le "petit" délinquant sans aucune garantie pour lui, même si on ne le pourra, sans doute, que pendant quelques heures.

Et même les victimes, qui n'auront guère le temps d'aller à la pêche aux infos et qui, le plus souvent, auront un vague coup de fil ou un mot sur le pare-brise (ça s'est vu !) pour leur annoncer le jour de l'audience, n'ont rien à gagner à ces garde à vues tronquées.

On perçoit, évidemment, l'économie recherchée : moins de garde à vues sous garanties légales équivalant à moins d'indemnités pour médecins, avocats, nourriture...

On ne peut s'empêcher de douter que le respect des droits de l'homme soit la motivation réelle.

Par laurent.epailly le 20/11/09
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Dediou, mais jusqu'où faudra-t-il lire des sottises ???

Non, la taxe professionnelle n'est pas supprimée, comme le disent les journaleux mal informés.

C'est juste son nom qui change et son assiette.

1. Elle deviendra la Cotisation Economique Territoriale, ou un machin comme ça.

Et 2. Seules les industries (les usines, quoi) en seront désormais exonérées. Pour tous les autres, les services notamment, et c'est gérard LONGUET qui l'a rappelé à la télé (donc les avocats, les informaticiens, les pharmaciens, les trucs comme ça), elle restera exactement la même, si ce n'est augmentée pour pallier l'exonération des industries : fondée à la fois sur le chiffre d'affaire TVA compris (...) et la valeur locative des immeubles (...).

Soit exactement ce que nous payons déjà.

Et pourquoi donc ? Pardi, parce que les services, contrairement aux usines, ne peuvent pratiquement pas se délocaliser.

Alors quand on dit vouloir supprimer un impôt parce qu'il est stupide et qu'on laisse une partie des contribuables payer l'impôt sous la même forme et sous un autre nom, que doit-on en penser ?

Alors qu'au moins on n'insulte pas notre intelligence.

Merci.

Par laurent.epailly le 20/11/09
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Ca y est, il fallait bien que cela arrive, fin de cavale pour Treiber des Bois qui, le froid aidant, s'était un "peu réfugié" dans un appartement de Melun...

Mais bon, c'est vrai que ce qui compte vraiment à Kho Lantha, c'est de sauver le feu, puis de faire de l'esbrouffe.

Rien à dire sur le fond : comme d'habitude, force reste à la Loi et c'est parfait comme ça.

Pour autant, doit-on suivre les déclarations de Brice d'Auvergne ?

"Brice Hortefeux interprète aussi cette arrestation comme un «succès majeur». «A la suite de la reddition de Tony Musulin, après une cavale de quelques jours, et la découverte de la plus grande partie du butin du vol, c'est donc un deuxième succès majeur à mettre au crédit de la police nationale», salue le ministre de l'Intérieur, observant que la «cavale» et la «tentative de mystification» de Jean-Pierre Treiber auront «duré moins de trois mois». «Le combat contre la délinquance sous toutes ses formes est permanent et porte ses fruits», conclut le ministre."

Franchement,

1. Toni la sardine a non seulement passé la frontière française pour aller jusqu'en Serbie, mais en est également revenu pour se rendre spontanément à Monaco.

L'action déterminante de la Police française (sauf pour récupérer 9 Millions, ce qui est déjà bien) reste à démontrer dans sa reddition.

2. Quant à treiber, il faut relativiser : 3 mois de cavale, quand même, avec 300 policiers et gendarmes aux fesses, outre les hélicoptères.

Pas de quoi pavoiser, d'autant qu'à ce tarif là, la lutte contre la délinquance va nous coûter un bras et un oeil.

Mais félicitation aux forces de l'ordre quand même : ce sont eux qui ont travaillé et c'est le Ministre qui se félicite.

Par laurent.epailly le 19/11/09
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Puisque l'affaire de la main de Thierry HENRY semble devenir à la fois un enjeu sportif, moral, politique et diplomatique (puisque même le gouvernement irlandais appelle à rejouer le match, excipant d'un précédent), permettez-moi ces quelques observations :

1. Même si le geste n'est pas élégant, accordons à Thierry HENRY la grâce des services rendus, considérables, en leur temps, notamment avec TREZEGUET. Sa main n'en fait pas un voyou.

2. A 1 - 1, nous étions peut être qualifiés, mais à 0 - 1, les irlandais ne l'étaient toujours pas. Il leur fallait marquer deux buts en tout et ils n'en n'ont mis qu'un, jusqu'à preuve du contraire. En encaisser un ne changeait rien à cela. Les tirs aux buts, ça reste hypothètique.

3. Avant de s'auto flageller, songeons au nombre de coups du sort, de cette sorte de coups, les matchs sont coutumiers. Et nous avons eu notre part de décisions arbitrales contraires et erronées qui ont pesé sur nous. Que, du moins, cette polémique fasse évoluer la FIFA vers l'arbitrage vidéo, au moins pour la validité des buts et les grosses fautes ou vrais plongeons. On ne pourra rien sur les fautes en mouvement ou les hors-jeu (on ne va pas arrêter le match pour vérifier si le joueur vient de recevoir le ballon en position de hors jeu ou pas...), mais ça réduira les erreurs.

4. Méfions-nous du fair play présumé : rien ne dit que les Irlandais ne se seraient pas contentés de marquer un deuxième but de la main...

5. Si beaucoup veulent faire rejouer le match, y compris des français, c'est surement moins pour l'amour du panache, que pour emm... Domenech et ces "feignants" de joueurs (du reste, franchement décevants, il est vrai).

6. Enfin, le précédent mis en avant par le gouvernement irlandais n'est absolument pas comparable :

(Site de la FIFA) "La FIFA a confirmé aujourd'hui que le résultat du match de qualification pour la Coupe du Monde de la FIFA 2006, disputé entre l'Ouzbékistan et Bahreïn le 3 septembre 2005, était annulé et que le match devait être rejoué. Afin de respecter l'ordre du tirage au sort des matches, le match aller sera disputé le 8 octobre 2005 en Ouzbékistan et le match retour est prévu pour le 12 octobre 2005 à Bahreïn.

Cette décision a été prise par le Bureau de la Commission d'Organisation de la Coupe du Monde de la FIFA 2006 à la suite d'un protêt formel dressé par la Fédération de Football d'Ouzbékistan concernant une erreur technique commise par l'arbitre officiant durant le match.

[...]

Le Bureau, composé de Lennart Johansson, président de la commission, de Julio Grondona, vice-président de la commission, de Chung Mong Joon et du Secrétaire Général de la FIFA, Urs Linsi, a pris cette décision sur la base des faits suivants :

1) A la 39ème minute du match, alors que le score était de 1-0 pour l'Ouzbékistan, l'arbitre a accordé un coup de pied de réparation à l'équipe représentative de l'Ouzbékistan ;

2) Le coup de pied de réparation a été exécuté et marqué en faveur de l'Ouzbékistan ;

3) Avant l'exécution du coup de pied de réparation, un joueur de l'équipe de l'Ouzbékistan avait pénétré dans la surface de réparation ;

4) L'arbitre a donc accordé un coup franc indirect à l'équipe de Bahreïn ;

5) Cependant, dans de tels cas, les Lois du Jeu prévoient que le coup de pied de réparation soit rejoué ;

6) Le capitaine de l'équipe de l'Ouzbékistan a protesté immédiatement auprès de l'arbitre après cette erreur et avant la reprise du match. Ce protêt a été confirmé après le match ;

7) Cette erreur technique a été confirmée par le commissaire de match et l'inspecteur d'arbitres dans leur rapport respectif ;

8) L'Ouzbékistan a protesté contre la décision de l'arbitre et a demandé par écrit que le match soit " annulé " et qu'un résultat de 3-0 soit accordé à l'Ouzbékistan.

Le Bureau, qui a tenu du compte du fait que l'arbitre avait effectivement commis une erreur technique lors du match en question, a décidé que le match devait être rejoué. Le protêt avancé par l'Ouzbékistan pour ce match et sa demande d'attribution du résultat de 3-0 ont été rejetés. Conformément à l'article 12.6 du Règlement de la Coupe du Monde de la FIFA, Allemagne 2006, cette décision est définitive et sans appel."

Rien à voir du tout.

Donc, gardons notre "tâche", gardons "Moustaches" (surnom de Domenech) puisqu'il a réussi à nous qualifier même dans la douleur et souhaitons que notre équipe aille le plus loin possible dans la compétition.

Par laurent.epailly le 18/11/09
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Réponse du premier Ministre Belge à une Sénateur, sur notre "grand ami Ben Ali"...

(Le Monde) Yves Leterme répondait , mardi dernier, à la question d'une sénatrice belge. Ça vaut le détour :« Le déroulement des élections a une nouvelle fois mis en lumière certains manquements démocratiques dans le système politique tunisien, comme me l'a rapporté notre ambassade à Tunis : omniprésence du président Ben Ali et de son parti, le RCD, musellement de l'opposition, accentuation de la répression des voix indépendantes, allégeance des institutions supposées garantir le caractère neutre des élections.

Notre ambassade ne s'est pas contentée uniquement d'un travail d'analyse : nos diplomates ont, entre autres, entretenu des contacts avec tous les acteurs de l'opposition, autant vassale que réelle ; ils ont soutenu par leur présence des actions de représentants de la société civile et de défenseurs des droits de l'homme.

Après les élections, notre ambassade à Tunis a activement participé à une initiative européenne faisant état des différents manquements démocratiques constatés pendant la période. Nos diplomates ont également rendu visite à Radhia Nasraoui, avocate défendant les droits de l'homme, victime de la pression policière pendant ces élections, et ils suivent actuellement de près le cas des personnes malmenées par le pouvoir à cause de leurs prises de position pendant la même période.

Notre souci du respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales dépasse le cadre des élections qui furent, il est vrai, un condensé de mauvaises pratiques. »

Eux au moins, ils ne trouvent pas bien normal qu'on balance des avocats en taule quand leur seul crime est de défendre des opposants politiques.

M'étonne pas que Ben Ali soit "notre grand ami" : chez nous aussi, on met des avocates en garde à vue (ce qui peut s'admettre, nul n'est au-dessus des Lois), mais, comme le rapporte le Bâtonnier de Paris (qui ne dit pas les choses à la légère) "après l'avoir mise nue et lui avoir introduit un doigt dans l'anus..." (des fois qu'elle y cacherait une lame de scie...).

Nous aussi, il y a quelques années, on nous avait attaché un avocat, en slip, les bras dans le dos, à un radiateur.

L'intérêt pour la sécurité qu'il soit en slip (autant qu'attaché, d'ailleurs) étant toujours demeuré extrêmemnt nébuleux à nos esprits, les explications oiseuses alors servies n'ayant guère que contribué à renforcer l'opacité.

Par laurent.epailly le 18/11/09
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Comme je suis définitivement optimiste, et qu'il n'y a aucune raison que ça tourne mal, j'espère que demain matin nous aurons deux nouvelles, une bonne, une mauvaise (dans cet ordre, c'est important) :

* la Bonne : la France va en Afrique du Sud

* la Mauvaise : faudra y aller avec Domenech...

Bon, ça, c'est parce que je ne supporte pas le personnage, à l'humour douteux et au caractère rancunier et antipathique.

Un vrai tue l'amour de l'Equipe.

Un sélectionneur, beaucoup plus qu'un entraîneur.

Pour autant, sachons lui reconnaître la ténacité dans l'adversité et sa (presque) 3° qualification d'affilée à une épreuve majeure, ce qui ne s'est jamais fait (en effet, la France était bien aux coupes du Monde 82 et 86 et au championnat d'Europe 84, mais qualifiée d'office en 84)..

Retenons donc la leçon : un besogneux pas glamour vaut sans doute finalement mieux qu'un brillant incapable.

L'année prochaine à Pretoria.

Par laurent.epailly le 17/11/09
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Le moins que l'on puisse dire, c'est que la proposition parlementaire de Loi, émise par Madame Edwige ANTIER, pédiatre et députée, de faire interdire la fessée par voie législative déchaîne la moquerie et les foules : 97 % de contre, ai-je lu.

Que voilà donc une bien belle cause à discuter, voire à défendre.

Vous ne m'en voudrez pas, mais je viendrais au secours de cette dame : on n'abdique pas l'honneur d'être une cible (Cyrano).

A mon sens, le débat, puisque c'en est un, vaut mieux que ces fins de recevoir expéditives, non argumentées et, souvent, pas bien fines.

Déjà, on constate que 18 Pays en Europe ont adopté une telle législation : nous ne sommes donc pas dans le club des abolitionnistes avec l'Allemagne, l'Europe du Nord ou encore les Pays-Bas, mais en compagnie de la Russie, la Roumanie, la Biélorussie ou la Pologne... Et on n'a pas forcément plus raison que la majorité.

Ensuite, venir dire, comme Xavier BERTRAND, que "les Lois ça suffit", alors qu'on nous pond une réforme par jour, et pas toujours des plus justifiées, c'est discutable.

Plus discutable encore, tous ces commentaires disant "qu'une Loi n'y suffira pas" ou "qu'une Loi n'a pas à s'intéresser à l'intimité des familles", dans un pays où chaque citoyen est non seulement un sélectionneur d'équipe de France, mais encore un prescripteur de Loi, à chaque merdouille constatée dans sa vie, et qui met toute sa foi dans des textes totalement improbables et pris à la va comme je te pousse..

Sans compter que, justement, le paysage législatif français est encombré de textes qui limitent nos élans et notre autorité parentale.

Ce n'est pas vrai ?

Enfin, je crois que le principe de la fessée peut quand même s'examiner de près, car, sans faire de psychologie de bazar, ce qu'une fessée révèle n'est pas anodin.

Déjà, on écartera les "on en a eu, on n'est pas mort". J'allais dire, "heureusement !", mais est-ce le cas de tous ?

Les fessées que nous avons reçu font-elles pour autant partie de nos bons souvenirs d'enfance au même titre, par exemple, que le service militaire, souvent pénible, mais dans lequel nous retenons toujours le meilleur ? Qu'y a t il de meilleur à retenir dans une fessée, si ce n'est la douleur et la peur, voire la haîne ?

Se permettre la fessée, c'est ouvrir la porte d'une violence sur son enfant, forcément très jeune (vous vous voyez fesser un gosse de 10 ans ?). Et si la fessée n'a pas suffit à taire ses pleurs, et pour cause, ou ne nous a pas assez défoulé (car la fessée fonctionne plus souvent comme un défoulement du parent que comme une mesure réelle d'éducation), n'y a t il pas le passage, pour certains, au "fameux" secouage de bébé aux funestes conséquences ?

Comme souvent, ce n'est que la première tape qui coûte...

D'autant que la fessée, donnée un peu n'importe comment, selon l'humeur du jour du parent, n'a aucune portée éducative. Bien pire, elle apprend l'injustice, plus que la responsabilité.

Donnée de manière systématique, elle apprendra que le prix des choses, c'est la violence et que, sans la violence, on n'a rien. Est-ce là un principe éducatif ?

Pas de comparaison hâtive, mais le chien nous enseigne ceci : les chiens les plus intelligents, comme les Jack Russel par exemple, sont considérés comme ayant un âge intellectuel équivalant à un enfant de 5 ans. En plein dedans, si je puis dire.

Or, tous les éducateurs et les maîtres attentionnés à leur animal savent pertinemment que l'on n'éduque pas son chien en le battant, mais en valorisant seulement ses bonnes actions et en l'envoyant faire un petit tour dans son panier (en l'excluant provisoirement de la meute, quoi) s'il est pris sur le fait. Et surtout pas en le punissant, le soir, pour le petit oubli du matin, parce que le lien entre l'acte et la punition est trop distendu. Et songeons qu'un chien violent, c'est le plus souvent un chien battu...

La pire phrase que l'on puisse dire à un gosse qui a fait une sottise le matin c'est : "Attends que ton père revienne ce soir...". C'est lâche de la part du premier parent et ça file les jetons au gamin toute la journée.

Dernier argument : il ne faudrait pas affaiblir l'autorité des parents.

Et bien je vous le dis tout de go : le plus mauvais des parents, comme le plus mauvais des chefs, c'est celui qui doit punir.

Et plus tu punis, plus tu es mauvais.

Donc, avant de nous défouler de notre impuissance sur les fesses de nos petits, songeons d'abord à ce que nous avons râté dans leur éducation.

Après, je ne vous dis pas qu'une Loi est forcément nécessaire.

Mais que les fessées médiatiques et expéditives à la proposition, après tout fondée sur une intention très honorable de la part de cette députée, ne nous empêchent pas de songer à tout ceci. A moins que, justement, on ne balaye ce débat d'un revers de main pour éviter d'y réfléchir.

Par laurent.epailly le 16/11/09
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...sur la plage de Monaco.

"Dommage", ce sont les commentaires que l'on lit le plus souvent sur internet à l'annonce de la reddition du convoyeur de fonds très très soupçonné (mais toujours présumé innocent, faut-il le rappeler ?) de l'escamotage record et sans violence de 11 Millions d'Euros.

D'ailleurs, sa légende avait déjà pris naissance dés la nouvelle connue et, là encore, l'opinion la plus commune des "petits", du peuple, en fait, lui était plutôt favorable, même si, bien sur, les plus anciens, ceux qui ont fait l'ancienne école et dont je fais partie, ne pouvaient cautionner le vol.

Cette affaire est très révélatrice, pourtant de notre Société :

1. certains, même en condamnant le vol, lui donnaient quand même quitus de son astuce, d'un vol sans aucune violence, ce qui devient rare de nos jours. Et, mieux encore, de voler une banque; organismes qui rameront longtemps avant de redorer un blason qu'ils ont eux-même considérablement terni, non seulement par leur responsabilité évidente dans une crise qui a envoyé des dizaines de milliers de salariés français au chômage, mais encore par leur attitude méprisante qui se poursuit encore aujourd'hui.

Et peut-être, oui, espérions-nous secrètement qu'il puisse échapper aux policiers des 185 pays à ses trousses, d'autant que n'ayant plus que 2 Millions sur 11 (9 ayant été retrouvés dans un garage), il avait, en quelque sorte, payé son ticket de sortie, son prélèvement forfaitaire.

Bon, c'était l'âme romantique qui parlait : force reste à la Loi et il sera jugé pour rappeler que le vol est un délit, c'est bien. Point.

2. plus préoccupant, beaucoup, notamment parmi les plus jeunes, ne condamnaient même pas, estimant quasi normal le vol, saluant l'auteur d'une débrouille comme une autre.

Cet affadissement de la morale est une véritable préoccupation, puisqu'elle va de pair avec une justification de plus en plus présente de la fauche dans les magasins ou la triche aux examens. Sans l'excuser, il n'en répond pas moins à la disparition évidente d'exemplarité de la part de la prétendue élite. Une élite obscène, jouisseuse, avide et cupide. Quand tu as, en plus, l'excuse d'une vie difficile, comment peux-tu demander plus d'honnêteté à un petit qu'à un gros aux fins de mois jamais difficiles ?

Je note que pour convoyer des Millions, et se faire trouer la paillasse éventuellement, un convoyeur est payé en moyenne 1.500 euros brut. Ce n'est pas une excuse, mais ça explique bien des tentations.

3. Enfin, la parabole est tristement excellente : avec ses 2 Millions (et même s'il avait gardé ses 11 Millions), Toni la sardine qui est venu s'échouer à Monaco n'était qu'un Smicard au milieu des requins : mafieux russes, fortunes pétrolières ou de l'armement, sportifs français exilés fiscaux...

Même au Paradis des riches, ce n'était qu'une petite crotte : il n'avait plus qu'à se rendre.

Ce qu'il fit.