laurent.epailly

Par laurent.epailly le 31/12/09
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Elle nous tombe, toute cuite, en ce dernier jour de 2009.

En guise de préliminaire, afin de vous éviter de vous engouler en famille ce soir, je vous résume l'intervention Présidentielle :

(Quelques notes de la Marseillaise sur fond de drapeau français et européen)

* Mes chers compatriotes,

* l'année a été difficile

* l'année prochaine, ça ira mieux, même si ça sera dur quand même, voire plus dur mais ça ira quand même plus mieux que si ça sera pire

* le gouvernement et moi-même avons déjà beaucoup fait et nous ferons encore plus et mieux en 2010

* (faut pas que je cause de la taxe carbone)

* l'écologie demeure ma priorité, avec l'emploi, la réforme de l'Etat, le pouvoir d'achat, le grand emprunt tout en réduisant ladette sans augmenter les impôts (note scénique : avoir l'air convaincu) et les nougats de Montélimar

* (faut pô que je cause du clip nul qui va nous coûter la peau des miches)

* bref, tous mes voeux de bon bonheur à toute votre famille.

(Quelques notes de Marseillaise sur fond de drapeau français et européen).

Nan nan. Ce n'est pas ça la meilleure de l'année, puisque tous les ans, c'est pareil.

Le plus drôle, c'est ce qu'on apprend dans Rue 89, dont voici un extrait, sur la négociation en train d'aboutir entre notre confrère défendant l'UMP et notre consoeur défendant les droits de la Maison de disque, victime du pillage illégal du titre de Jean-Luc PLAMONDON pour le clip où des jeunes militants entourés de Ministres moralisateurs en temps ordinaire, se trémoussent pour "changer le monde".

"D'où une mise en demeure adressée par Me Christine Maestracci. Après plusieurs jours de négociation, son confrère Me Philippe Blanchetier explique à Rue89 que le protocole d'accord « est en voie d'être signé » :

« Nous sommes d'accord sur le principe qui est d'admettre que la personne qui a réalisé le lipdub a seulement reçu l'autorisation de l'auteur et du compositeur, mais il existe également les droits de l'interprète et du producteur, qui eux n'ont pas été respectés.

L'UMP va donc payer les droits, comme elle aurait dû. Et même un peu plus encore, ce qui est normal, c'est la sanction. »

Restent toutefois « quelques détails à régler », précise Me Philippe Blanchetier. Notamment à qui sera reversée la somme en question. Marie-Mai souhaiterait en faire bénéficier une association qui aide les jeunes en difficulté, ce qui n'est pas du goût de l'avocat de l'UMP :

« J'estime qu'il faut garder un lien de rapport, je privilégie donc de la verser à la Sacem, à qui il a été contrevenu. Ce protocole d'accord ne doit pas servir de support publicitaire à Marie-Mai. »

Bon, le clip en lui-même, il vaut ce qu'il vaut, de toute façon, les clips politiques ou institutionnels, ça ne vaut jamais grand chose, si ce n'est que ça fait rire. Le problème n'est pas là.

Ce qui est déjà plus consternant, c'est que ceux qui ont fait voter HADOPI, la moralisatrice et Mère Fouettarde Nadine MORANO en tête, piquent une chanson qui ne leur appartient pas, en ignorant le refus de la Maison de disques (passage en force : on a connu et on connaît ça pour la Réforme de la Justice, c'est forcément une marque de fabrique).

Qu'ensuite ils négocient avec ceux qui sont titulaires des droits, c'est normal et ça leur coûtera le prix de leur coupable obstination.

Mais alors, que l'on prétende, en plus, imposer à la victime l'organisme à qui on va verser les droits dus et les dommages-intérêts... Les bras m'en tombent.

C'est, en tout cas, très révélateur de l'impudence dans laquelle on tombe : toutes proportions gardées, c'est un peu comme si une compagnie d'assurance exigeait de payer les dommages-intérêts dus à la personne renversée au Fonds de Garantie Automobile.

Sidérant.

Enfin, de manière plus générale, je trouve tout aussi invraisemblable que l'on étale, dans la presse (ça vaut donc pour les deux parties), les étapes d'un accord (nécessairement confidentielles) en cours, nous promettant même les détails de celui-ci à la fin.

Dediou ! Si on n'arrive pas à comprendre que la vertu du secret est bien plus importante qu'une fugace exposition médiatique (il n'y a qu'à voir les lettres publiques, les simagrées, les communiqués autour d'une bien banale demande d'expertise médicale concernant Johnny, que le Tribunal n'avait aucunément l'intention de refuser : protestations et réserves, et c'est plié), c'est la fin d'une profession, pour le début d'une autre.

Par laurent.epailly le 30/12/09
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Je reviens sur ce que je disais hier, puisque, comme prévu, la conférence de presse a bien eu lieu et, que, comme prévu, nos deux compatriotes ont clamé leur innocence.

Bon, rien à ajouter sur ce que j'écrivais, jusqu'à ce que je lise, dans le compte-rendu journalistique, un truc hallucinant : Notre cher Secrétaire d'Etat, après avoir relevé le rôle considérable de Carla Bruni (normal, de bonne guerre) et rappeler le caractère tout à fait rarissime de la grâce, indiquant clairement que le motif en résidait dans le dossier qui avait su convaincre le Président Dominicain, donc laissant accroire fortement au très grand doute sur la culpabilité réelle (la culpabilité juridique ayant été tranchée, tel le Dray moyen, par une peine), annonçait la création d'une Association "sarah et céline", dont elles seraient ambassadrices, destinée à lutter contre l'usage de la drogue auprès des jeunes...

Là, j'enfile mon vieil imper, je sors de ma vieille 403 cabossée, l'air chiffonné (l'imper de même), me tenant la tête avec mon vieux cigare dans la même main et je demande au Ministre, en le regardant par en-dessous : "Excusez-moi, M'sieur, mais... si elles sont innocentes de trafic de drogue, pourquoi faut-elles qu'elles aillent, telles des repenties, lutter contre la drogue dans les quartiers ?... M'sieur...".

C'est vrai, quoi, j'ai déjà vu des accusés de viol ou d'assassinat finalement acquittés monter des associations, mais pour protester contre l'incarcération préventive des innocents ou contre la machine judiciaire,mais jamais pour lutter contre le viol ou l'assassinat...

M'sieur.

Bon, sans rire les filles, bienvenue au pays, rentrez chez vous et faites-vous oublier.

Par laurent.epailly le 30/12/09
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Beaucoup s'en sont fait l'écho et je ne prétends pas au scoop.

Que la "taxe carbone" (contribution climat...) soit retoquée par le Conseil Constitutionnel, c'est à la fois une bonne et une mauvaise nouvelle.

Mauvaise, parce qu'il faudra bien et vite que l'on vive autrement, que l'on consomme autrement, que l'on change radicalement notre manière d'appréhender notre rapport à la Terre et aux peuples qui y vivent et sont nos voisins autant que nos frères en Humanité.

Et que dans un système capitaliste, seuls deux instruments peuvent parvenir à cela :

* le comportement indivduel partagé par le plus grand nombre, imposant ses choix aux industriels (et pas l'inverse)

* un système fiscal coercitif et valorisant à la fois : tu pollues, tu paies; tu pollues moins, tu paies moins; tu ne pollues plus, tu ne paies plus.

La bonne nouvelle, c'est que le Conseil Constitutionnel a retoqué à la fois une méthode (absence de concertation, précipitation sur lubie du Prince qui se serait réveillé écolo du genre "I had a green dream...") et l'absence du respect d'un principe essentiel en matière fiscale et fondateur de l'identité nationale (tiens, tiens...) puisque inscrit dans la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1789 : le principe d'égalité de tous devant l'impôt et les charges publiques.

Je rappelle que la Justice Fiscale (ou plutôt l'injustice fiscale) a été un moteur essentiel des revendications du Tiers Etat en 1789.

En l'occurence, 93 % des pollueurs échappaient à toute taxe.

La dernière incohérence en date étant ces 100 Millions d'Euros d'exonération lâchés par l'Etat aux entreprises de transport routier pour financer les hausses de salaire et s'éviter un blocage des routes avant les fêtes.

Que devient l'égalité fiscale, lorsque la mère de famille emmenant ses enfants à l'école paie une taxe que le gros poids lourd livrant ses bananes congelées à l'autre bout de la France ne paie pas ou partiellement ?

Bien sur, conformément à la logique punitiviste qui prévaut (c'est de la faute à quelqu'un, absolument, qu'il suffit de stigmatiser ou de virer), les éléments de langage du gouvernement consistent à rappeler que le Conseil Constitutionnel aurait fait de la politique (anti-Sarkozy, cela va sans dire).

C'est évidemment, à la fois, idiot (vu la composition du Conseil) et révélateur d'une incapacité à se remettre en question : si le CC avait fait un coup politique, il aurait aussi annulé la fiscalisation des Indemnités Journalières au titre des accidents du travail, en l'état actuel, je le répète, de notre droit privant ces travailleurs blessés au travail d'une réparation intégrale en discrimination à ceux blessés dans d'autres circonstances.

Quant à l'absence de remise en question, accrochons-nous aux branches : la prochaine mouture de l'usine à gaz est déjà annoncée pour le 20 janvier...

C'est sur que d'ici le 15 janvier (faut bien le temps de taper, que l'encre sèche et qu'on relise) le gouvernement aura su repenser totalement un dispositif qui ne peut s'inscrire que dans un remaniement complet de la fiscalité française.

Le courage d'imposer des réformes, qui est indéniable, ne doit pas être confondu avec l'inconscience de réformer pour réformer.

Par laurent.epailly le 29/12/09
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Ainsi donc, Sarah et Céline (c'est important de les appeler par leur prénom : compassion, empathie, starisation) seront bientôt de retour, sous les caméras de TF1, accueillies par Madame Carla, tandis que l'on a dépéché un Ministre pour les attendre à la sortie de leur prison en République Dominicaine.

Comme toujours, trop de tout partout.

Si on ne peut pas rejoindre les commentaires des aigris, du genre : "Ces filles sont des délinquantes ! Quelle honte ! Bla bla bla...", parce que, en effet, elles peuvent avoir été condamnées à tort et que leur procés n'a pas été un modèle du genre, on ne peut davantage considérer cette libération avec des accents martiaux et patriotiques, sur l'air des flon flons.

Franchement, rien ne dit non plus qu'elles ne sont pas coupables et la Justice Dominicaine ne fonctionne finalement pas moins vite et pas moins mal que nos comparutions immédiates qui peuvent, aussi, t'envoyer un passeur, vrai ou contraint ou surpris, pour quelques dix années au trou, en une demi-heure de procés bâclé.

Alors, dans le doute, on peut se réjouir en privé pour elles et leurs familles, mais on peut aussi éviter de frapper la grosse caisse médiatique et vouloir nous faire croire qu'on a libéré des otages.

D'ailleurs, si deux Dominicaines s'étaient faites gauler en France dans les mêmes conditions, notre Président aurait-il eu le même geste "généreux et humaniste" que son collègue Dominicain ?

Moi, je parie que non, à l'heure de la tolérance zéro et des peines planchers.

D'autant que les "patriotes" auraient trouvé ça parfaitement scandaleux.

Alors, on rentre les feux d'artifices et on la joue profil bas. C'est bien préférable.

Par laurent.epailly le 29/12/09
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A l'occasion de la réforme de la Taxe Professionnelle (à force de le dire, il ne doit plus y avoir grand monde qui croit encore qu'elle est supprimée), les mairies, en quête de ressources, viennent de découvrir les charmes d'une nouvelle taxe créée en 2008 (je rappelle que les impôts n'augmentent officiellement pas - on se croirait dans Brazil dans ce Pays...) : la taxe sur les espaces publicitaires.

Il s'agit d'une taxe sur les enseignes et les panneaux publicitaires, classiquement à tant du m² (80 euros).

Conçue avant tout pour limiter la pollution visuelle ( à quand une taxe sur les Tags, SVP ? Parce que pour être moche et être de la pollution visuelle...) elle va incontestablement être détournée de son objet afin de compenser les pertes de la réforme, pertes qui ne seront compensée qu'en 2010 par l'Etat.

Reste à savoir si cette taxe, qui frappe donc les entreprises et leurs enseignes et affiches et placard publicitaires frappera aussi les cabinets et études.

Pour moi, ça ira, ma plaque fait 20x30, mais je connais certains gros cabinets dont le nom s'étale sur des m²...

Par laurent.epailly le 28/12/09
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Par un arrêt en date du 10 novembre 2009, la Cour de Cassation a cassé un arrêt rendu par la Cour d'Appel de Paris ayant, lui-même, infirmé un jugement de TGI qui avait résilié le bail d'une famille avec 5 enfants, dont les deux plus grands, récemment majeurs, se signalaient par des actes répétitifs de délinquance et des nuisances répétées aux voisins.

La Cour d'Appel avait retenu que ces derniers avaient échappé définitivement à l'autorité de leurs parents qui en étaient les premières victimes, même si on pouvait retenir quelques tapages les concernant.

Sur le moyen unique :

Vu l'article 1735 du code civil ;

Attendu selon l'arrêt attaqué (Paris, 20 novembre 2008), que l'Office public de l'habitat de la Seine Saint Denis (l'Office), propriétaire d'un logement donné à bail aux époux X..., a assigné ces derniers en résiliation de ce bail pour manquement à l'obligation d'usage paisible des lieux loués ;

Attendu que pour rejeter la demande, l'arrêt retient que les époux X... ne sauraient être en l'état considérés comme responsables des nuisances et actes de malveillance dont se sont en réalité rendus coupables leurs deux fils aînés, s'agissant d'un grand adolescent et d'un adulte connus pour leur brutalité et leur tendance à la délinquance et échappant ainsi de façon totale et définitive à l'autorité de leurs parents devenus leurs premières victimes ;

Qu'en statuant ainsi, sans rechercher, comme il le lui était demandé, si les auteurs des troubles étaient hébergés par les époux X..., la cour d'appel n'a pas donné de base légale à sa décision ;

PAR CES MOTIFS :

CASSE ET ANNULE, dans toutes ses dispositions, l'arrêt rendu le 20 novembre 2008, entre les parties, par la cour d'appel de Paris ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Paris, autrement composée ;

Commentaires :

D'un côté, la solution peut apparaître sévère, quand on connaît, en effet, ces situations où des ados ou jeunes adultes (et pas que dans les milieux les plus défavorisés) échappent complètement à l'autorité de leurs parents, lesquels, parce que ce sont leurs enfants ou parce qu'ils ont peur, tout simplement, ne peuvent les mettre à la porte, à défaut de les remettre dans le droit chemin.

D'un autre côté, le vivre-ensemble passe par l'indispensable respect de ses voisins, tant les manifestations d'irrespect allant jusqu'à la délinquance, sont génératrices de tensions et de drames.

De toute façon, quand tu ne respectes pas tes voisins, que tu connaîs un peu au moins pour les croiser, comment veux-tu respecter le piéton anonyme ou l'étranger ?

Dés lors, on ne peut qu'approuver la solution, dans la mesure où, naturellement, on doit étendre les obligations générales du bail (jouir paisiblement des lieux) aux ayants-droits et personnes hébergées par les titulaires de celui-ci, sauf à créer une amnistie permanente pour ces derniers.

On ne peut, en effet, bénéficier de l'avantage d'un bail à un titre quelconque (et on sait que c'est aujourd'hui un bien précieux) sans en assumer les contraintes.

Certes, quoi faisant, on fait peser son inconduite sur le titulaire du bail, mais la Cour rappelle, finalement, que charbonnier est censé être maître chez lui et assume les conséquences ne pas savoir faire respecter cette autorité.

Par laurent.epailly le 27/12/09
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GRL, ce n'est pas l'acronyme de Grande Rousse Lascive, mais Garantie des Risques Locatifs. C'est moins glamour, c'est sur.

Cela, pour dire que le gouvernement va faire évoluer le système.

En fait, il s'agit, tout simplement, d'un système d'assurance permettant au bailleur, moyennant une fraction du prix du loyer (2,5 % le plus souvent) de se garantir des impayés, ce qui lève un frein à la location.

L'idée de base était correcte : la force de frappe de l'assureur subrogé, à l'égard du locataire dans l'embarras ou indélicat, étant bien supérieure à celle d'un bailleur privé.

Installé en 2007, il montre déjà ses limites que l'on ne pouvait qu'anticiper : d'une part, les assureurs privés, à qui a été confié la mise en oeuvre, rechignent à garantir les locataires payant un loyer supérieur à 28 % de leurs revenus (petite "marge" de sécurité sur les 33 % couramment admis...); d'autre part, les propriétaires répugnent, avec un rendement réel à 4 %, à payer un tel prix à la sécurité.

D'autant que, comme d'habitude, les restrictions genre "petites lignes en bas" sont nombreuses.

Pour faire évoluer, sous couvert de social, d'ailleurs ( "les locataires n'auront plus de dépôt de garantie à apporter" dit benoîtement le secrétaire d'Etat au Logement), l'Etat se propose de garantir les assurances (réassurance, donc) pour les locataires dépensant entre 28 et 50 % de leurs revenus en loyer.

Admettons, mais :

* sur l'idée que les locataires n'auront plus de dépôt de garantie à apporter, il faudrait faire passer un p'tit papier au secrétaire d'Etat, comme sur les bancs de la fac, pour lui dire que le dépôt de garantie sert à garantir le bailleur des éventuelles dégradations sur le bien loué, avant tout...

* si l'Etat doit se faner de garantir le risque locatif (j'y suis d'ailleurs favorable : la force de frappe de l'Etat avec son bras armé, l'Administration Fiscale est bien supérieure aux assurances et n'a pas besoin d'un procés, puisqu'un titre de recette suffit), pourquoi faut-il absolument laisser aux assureurs ce marché juteux où ils ne prendraient plus aucun risque ?

Je suis bête... La réponse est dans la question.

Parce que les assureurs n'assurent que ce qui n'a pratiquement aucune chance de se produire, donc qui génère du bénéfice, laissant à l'Etat assurer ce qui risque de se produire.

Si on part du postulat que les politiques sont au service de l'Etat (ce qui est un postulat déjà très fragile), on peut légitimement se demander au service de qui est l'Etat...

Par laurent.epailly le 26/12/09
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Encore une Loi qui va pouvoir produire ses effets, et dont nos députés ne s'étaient pas vantés...

Les décrets relatifs à l'application de l'article 119 de la Loi du 25 mars 2009, viennent de sortir.

Certes, me direz-vous vaguement intéressés, mais, cékoidon l'artic' 119 de la Loi machin chose là ?

Et bien, l'article 119 permet au bailleur qui effectue des travaux d'isolation ou d'amélioration (vers moins de consommation) des systèmes de chauffage ou de fourniture d'eau chaude, de demander une quote-part au locataire, en sus du loyer...

En d'autres termes, vu l'état du marché locatif, qui impose au locataire de payer une quote-part desdits travaux.

En pratique, pour les appartements construits avant le 1 janvier 1948, la quote-part est de 10 à 20 Euros par mois, selon la taille du bien loué.

Pour les appartements construits après, on reprend soit le forfait susdit, soit un savant calcul relatif aux économies réalisées.

Cette "taxe" privée pourra être payée pendant 15 ans et sera augmentée annuellement en fonction de l'indice des loyers.

Commentaires :

C'est proprement consternant.

Déjà, on oublie que le bailleur qui loue, quelque soit sa taille ou son parc, loue toujours, a minima, soit pour se constituer un patrimoine, soit pour gagner de l'argent. D'ailleurs, sur la durée, l'objet de la location, l'immeuble, prend lui-même de la valeur, même s'il peut subir une baisse très ponctuelle.

Le rendement du placement s'étage donc entre le loyer perçu et la valeur de l'immeuble qui s'accroît inexorablement.

En outre, si des travaux sont réalisés, vers des normes HQE, par exemple, la valeur de l'immeuble s'accroît encore sensiblement.

Or, seul le propriétaire bénéficiera de cet accroissement et, d'ailleurs, s'il venait à vendre au locataire en vertu du droit à préemption de ce dernier, fatalement, il exciperait des travaux pour vendre plus cher...

De surcroît, il ne faut pas oublier que le propriétaire empochera, au passage, les réductions d'impôts et autres subventions.

Alors, venir dire que le locataire doit participer au coût des travaux, sous prétexte qu'il va faire des économies est excessivement spécieux. A mon sens, il y a là matière à application de la notion d'enrichissement sans cause.

C'est encore plus spécieux lorsque l'on sait, par exemple, que le forfait studio est de 10 Euros.

Donc, 120 Euros par an.

Objectivement, je veux bien que le coût du chauffage et de l'eau soit devenu un poste important.

Mais arriver à économiser 120 Euros par an sur un tel poste, c'est déjà beaucoup pour un studio.

En d'autres termes, c'est le locataire qui financera la baisse de ses charges, pour un gain égal à zéro.

Je le redis : il y a enrichissement sans cause du bailleur.

C'est merveilleux : il n'y a plus qu'à appliquer cette méthode partout.

J'achète des autobus électriques ? J'augmente les tarifs pour les financer puisque ça coûtera moins cher à l'usager en électricité...

J'ai même une suggestion pour Monsieur WOERTH : diminuez la dette que nous allons payer sur les 10 prochaines générations et, en échange, augmentez les impôts, puisque nous aurons moins de dette à payer. C'est logique, non ?

Par laurent.epailly le 25/12/09
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Il y a longtemps qu'il courait en toute impunité, narguant le GIPN depuis prétendument ses bois de Finlande (en fait, il était bien au chaud dans un chalet), le gros rougeaud obèse.

C'est qu'il y a du lourd dans la hotte :

* circulation sans papier sur le Territoire national

* traîneau non immatriculé, pour échapper aux radars, et sans ceinture de sécurité

* conduite en état d'ivresse manifeste

* effractions de domiciles

* travail dissimulé de lutins

* soupçons évidents de pédophilie, à toujours prendre des gosses sur les genoux en les attirant avec des bonbons, au risque, d'ailleurs, de propager la grippe H1N1...

Son compte est bon, au présumé coupable !

C'est que dans notre beau Pays, l'indulgence n'existe que pour les politiques ou les coureurs du Tour de France.

Les réactions ne se sont pas fait attendre et toutes, sauf une, sont fermes.

Certes, Frédéric MITTERRAND s'est fendu d'un communiqué déplorant que le « Père Noël soit jeté en pâture à l'opinion publique, pour une histoire déjà ancienne qui n'a pas de sens ».

Mais le reste est peu amène :

Frédéric LEFEVBRE s'est offusqué de ce « qu'il n'était pas encore à se battre en AFGHANISTAN ».

Roselyne BACHELOT a trouvé « inadmissible qu'il ne soit pas vacciné, alors qu'il avait reçu son bon... ».

Eric BESSON a confirmé que « le Père Noël, avec sa barbe qui lui cache le visage et son grand capuchon pointu, n'était pas utile à l'identité nationale », tout en confirmant qu'un charter était naturellement prêt « à l'expulser, lui et ses lutins mineurs ».

Brice HORTEFEUX se félicitait de ce que ses services « avaient pu mettre hors d'état de nuire un tel prédateur sexuel. ».

Quant à Julien DRAY, il préféra ne rien dire, ayant reçu son cadeau par anticipation.

Pour la presse, l'affaire allait bon train.

Le Figaro titrait sur « l'Etat met fin au monopole du Père Noël ! », tandis que l'Humanité préférait insister sur « La fin d'un système d'exploitation de lutins »; pour leur part les Echos titraient sur la probable « Condamnation du Père Noël pour fraude fiscale ».

Seul Marianne se lançait dans une analyse emberlificotée, renvoyant dos-à-dos l'atteinte au symbole Républicain par la droite bling bling et l'angélisme intéressé de la gauche, qui faisait mine de croire au Père Noël, pour les prochaines présidentielles.

Le Père Noël, déjà secoué, toucha le fond lorsqu'il apprit que 40% des gens à qui il avait choisi et apporté un cadeau par -15 degrés C°, la veille, en passant par la cheminée (à son âge...), les revendaient déjà sur des sites de vente en ligne...

Ebranlé dans ses convictions les plus intimes, à la grande satisfaction de la Religion qui n'avait jamais fait que le tolérer, il abandonna la partie et se laissa expulser sans même balbutier un mot de défense, laissant son traîneau et ses rennes, saisis par l'Etat : c'est qu'un tel attelage semblait bien dépasser le train de vie d'un loqueteux travaillant pour la gloire.

Epilogue ?

Si tu me lis, ne reviens pas Marcel (hé oui, le Père Noël s'appelle Marcel Noël, mais les gens sont bien trop avides de recevoir des cadeaux pour seulement s'intéresser à lui au point de discuter le bout de gras et d'apprendre son prénom).

Ne reviens pas Marcel ! On ne te mérite pas et, de toute façon, il n'y a plus guère de raisons de croire au Père Noël.

Par laurent.epailly le 24/12/09
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A partir du 5 janvier 2010, les salariés et fonctionnaires pourront être vaccinés directement dans les entreprises ou les Administrations contre la grippe H1N1.

Il est bon de rappeler que les salariés et fonctionnaires ne sont nullement forcés de se faire vacciner, mais que, sans doute, la pression sera forte de la part des employeurs privés ou publics.

Un argument recevable est celui de l'obligation qui pèse sur eux d'assurer les moyens de la sécurité de leurs employés dans le cadre de ce qui est encore présenté comme une pandémie (pensez aussi aux préservatifs dans les toilettes contre le SIDA et à l'Alka Selzer pour les lendemains de fête).

L'autre, moins recevable et donc officieux, est celui d'éviter des "prétextes" d'absence.

S'y ajoute, bien sur, la pression de l'Etat qui a commandé 94 millions de doses à 10 Euros pièce (justificatif de ne pas alourdir la note en faisant vacciner par les médecins libéraux mais plutôt par des requis quasi bénévoles dans des gymnases) outre une option sur 30 millions supplémentaires.

Lorsque tout cela sera fini, on imagine, forcément, la demande d'enquête parlementaire sur le gâchis financier (coût des vaccins et de fonctionnement des centres).

Sans faire d'anti sarkozysme primaire (puisque si le gouvernement n'avait rien fait, les mêmes le lui auraient reproché), force est de constater l'excés de tout : excès de vaccins commandés, excès de dramatisation autour de la "pandémie", excès d'imprécations et d'organisation (gymnases, "bénévoles" requis, préfets sous pression...).

D'autant, qu'au final, nous avons 5 millions de vaccinés pour 127 morts officiels, dont l'écrasante majorité décédée de grippe H1N1 par "opportunité", en ce sens que le virus est tombé sur des personnes déjà fragilisées par d'autres maladies.

Et le seul malade que j'ai connu, à ce jour, alors que j'aurai du statistiquement en rencontrer plusieurs dizaines sur la période, c'est une suspiscion de grippe A en Garde à Vue (heureusement que la GAV n'est pas une maladie...).

Pour un coût aujourd'hui, tout compris, de 1,7 milliard d'Euros, soit 2 à 3 fois le déficit des hôpitaux et 2 à 3 fois le budget de l'Inserm.

Au final, 127 morts, contre plus de 300 morts dans les rues à ce jour, de froid ou de misère.

Mais il n'existe pas de vaccin contre la déchéance sociale, qui n'intéresse d'ailleurs pas les Labos. Ni même grand monde, en fait.

C'était notre "compte" de Noyel.

Joyeux Noël à tous et à bientôt.