laurent.epailly

Par laurent.epailly le 31/08/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

L'idée prônée par Ségolène ROYAL (dont elle va demander un test grandeur nature au Ministre de la Défense) de confier des mineurs délinquants à l'Armée, afin qu'ils y soient "encadrés", n'est pas forcément mauvaise en soi.

Elle n'a juste aucun avenir matériel possible.

Certes, nombre d'anciens, nostalgiques du service National (j'en suis...) adhèrent à une idée qui, du reste, a permis à certains jeunes gens de sortir de leur patelin, de voir autre chose, parfois d'avoir leurs premiers 3 sous en poche, de s'affirmer un peu ou de se modérer le melon au contact de leurs concitoyens et les chevilles au contact des rangers.

Mais en l'état actuel, c'est juste impossible.

D'abord sur le plan matériel : songez que, RGPP oblige, aujourd'hui, le format de l'Armée, c'est 135.000 terriens, 25.000 marins, 15.000 aviateurs, en baisse encore en cours; sachant que chaque poste est programmé, prévu au plan, déterminé, sérié.

J'élimine les marins (qui n'ont plus de bateaux) et les aviateurs (qui n'ont plus rien et dont la vertu première, n'est pas le type de discipline recherchée...), restent les terriens.

Et là, nous allons nous livrer à une expérience amusante, à la découverte de votre corps :

* il reste autant de régiments d'infanterie que vous pouvez compter sur vos doigts et vos orteils réunis.

* il reste autant de régiments de cavalerie que vous pouvez compter sur vos deux mains

* pour les régiments d'artillerie, une main suffira, même amputée d'un doigt...

S'y ajoutent les OMLT, les déploiements, les interventions, les vigipirates, les JAPD, les commémorations...

Bref, monter un petit peloton de djeuns, souvent intimidés mais mal maîtrisables car en carence de repères et d'estime d'eux-même et pas vraiment volontaires, au sein d'un escadron d'instruction (puisqu'il vaut mieux les confier à des instructeurs, tant qu'à faire - je vous rassure : pas de sergent major vous crachant à la goule en France), et pendant un certain temps si on veut que ça soit utile, c'est juste très difficile.

D'autre part, c'est oublier que l'Armée prend déjà sa part dans son recrutement où, au-delà de réelles vocations, on va retrouver aussi des gens qui viennent à la gamelle (après tout, il y en à d'autres ailleurs) ou chercher une seconde chance, justement, et pas que dans la Légion.

L'Armée participe également aux EPIDES : http://www.epide.fr/

où viennent également, parmi des jeunes en difficultés sociales ou scolaires, certains qui ont fait des bêtises encore excusables et veulent tourner, méritoirement, la page.

Bref, on ne peut pas trop charger la mûle non plus et pour les nostalgiques des Bat'd'Af' (*), disons que les années 30 ne reviendront plus (ce qui n'est pas plus mal, puisqu'elles furent suivies des années 40).

(*) les Bat'd'Af', pour Bataillons d'Afrique, étaient des formations disciplinaires stationnés en AFN, pour l'essentiel.

Le fameux Chéri Bibi y était.

Notons que le fameux 17° d'infanterie de Béziers (celui qui "en ne tirant pas sur nous - la foule - ne voulut pas assassiner la République", lors des manifs monstres autour de Marcellin ALBERT en 1907, plus de 700.000 personnes dans le Montpellier de l'époque !) y alla tout entier...

Par laurent.epailly le 27/08/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

Monsieur HORTEFEUX, vu qu'il est indigne, et j'en suis le premier convaincu sans ironie, qu'un français commette des attentats à l'encontre d'autres français sur le territoire national ou ailleurs, même, doit-on dénationaliser les Corses qui mitraillent les gendarmeries ?

Je sais, ça a l'air d'être bête, comme ça, au premier abord, mais ça l'est moins qu'on le croit si on y réfléchit.

Par laurent.epailly le 27/08/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

Monsieur WOERTH, ex-ministre du budget mais qui connaît bien mieux les données de l'affaire que le petit nouveau (dont la nénette ne payait pas ses impôts en France depuis 5 ans) : sachant qu'en 2008, Madame BETTENCOURT a reçu 32.665.513 euros exactement au titre de la restitution par la grâce du bouclier fiscal et sachant que je dois payer, prochainement, un reliquat de 1.400 euros et quelque au titre de l'impôt sur le revenu, puis-je faire directement un chèque à l'ordre de Liliane BETTENCOURT, Neuilly ?

On gagnera du temps et un timbre pour l'administration et ce sera ma modeste contribution au sauvetage de la plus riche contribuable de France dont le publi reportage qui lui a été consacré par de Claire CHAZAL dans sa maison de Bretagne (estimée à peine 800.000 euros par elle-même) m'a ému jusqu'aux larmes : vivre dans un tel dénuement est proprement indigne.

Par laurent.epailly le 23/08/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

C'est le sens d'un article du Monde d'aujourd'hui, dont je vous livre un extrait, et sur lequel nous allons nous arrêter un peu, tant il est révélateur de la dérive décomplexée de notre Droit du travail.

"Tout semble indiquer que Raymond Domemenech ne sera bientôt plus salarié de la Fédération française de football, où il occupe encore des fonctions au sein de la Direction technique nationale. A ce titre, il touche encore un salaire mensuel de 12 000 euros selon RMC (contre 45 000 quand il était sélectionneur). Mais il s'agit là bien moins d'une question financière qu'une volonté de se débarrasser d'un personnage embarrassant pour une institution qui cherche à se refaire une crédibilité.

Selon Sud-Ouest, l'ancien sélectionneur a reçu à la mi-août, à son retour de vacances, une lettre de mise à pied à titre conservatoire, première étape avant un licenciement. Dès mercredi, il pourrait être reçu par Fernand Duchaussoy, le président de la Fédération par intérim, pour ce qui serait déjà un entretien préalable à un licenciement".

Mais BFM indique lundi que la Fédération pourrait avoir des difficultés à justifier les motifs du licenciement - puisque ceux-ci portent sur la période où il était sélectionneur, poste qu'il n'occupe plus. Résultat, la FFF pourrait chercher à conclure un accord à l'amiable. Il pourrait en coûter entre 1,5 et 1,8 million d'euros à la Fédération...

Commentaires :

Il est bon de rappeler que, le propre du licenciement, c'est que, justement, il ne peut pas être décidé par avance, faute de quoi il est nécessairement nul.

Certes, il y a une tartufferie certaine dans la formule, car force est de constater qu'au sortir de l'entretien préalable à sanction (et non pas à licenciement, nécessairement), seuls une quantité infinitésimale de salariés pour lesquels l'employeur avait anticipé de les licencier, s'en sort sans licenciement.

Mais c'est que, justement, notre droit du travail est censé reposer sur la bonne foi : si un entretien préalable est prévu avant toute sanction grave, dont le licenciement pour motif personnel fait partie (avec la mise à pied ou la rétrogradation, par exemple), c'est précisément pour recueillir les explications du salarié sur les faits qu'on lui reproche et lui donner une chance d'expliquer son geste ou de se disculper.

En l'occurrence, le moins que l'on puisse dire, c'est que le licenciement de Domenech est annoncé depuis la fin de la Coupe du Monde (il me semble même avoir vu un sondage sur la question...), de sorte que même un débutant en droit social devrait le faire annuler sans trop de difficulté, s'il était prononcé.

Certes, Domenech aurait pu avoir la décence de démissionner, mais ce n'est pas conforme au personnage, lequel, il faut l'admettre, présente une pugnacité dans la défense de ses intérêts que l'on aurait aimé lui trouver dans la conduite de l'équipe qui lui fut confiée...

Bref, il ne fait nul doute que la rupture interviendra, vraisemblablement sous forme de rupture conventionnelle, parce que je vois mal la Fédération de Football licencier sous un motif plus ou moins tiré par les cheveux, sauf à ce qu'elle estime avoir des griefs suffisants à l'origine de la mise à pied conservatoire et qu'elle ne conclue une transaction par la suite : de toute façon, les blaireaux ne se mangent pas entre eux.

En tout cas, si la rupture intervient par rupture conventionnelle, alors que Domenech ne voulait manifestement pas démissionner (car il l'aurait déjà fait) et qu'il percevra, évidemment, une indemnité de rupture bien supérieure à l'indemnité légale ou conventionnelle, cette rupture-ci démontrera bien ce que je proclame depuis toujours : il n'existe pas de rupture conventionnelle.

Il ne s'agit que de ruptures transactionnelles entre deux parties inégales visant, en échange de l'adhésion du salarié à son départ de l'entreprise, à lui garantir une indemnité de chômage.

Dans les cas les plus "graves" (ou les plus magouilleux, entre amis, quoi) l'indemnité légale se transforme en indemnité forfaitaire transactionnelle.

Le tout, en faisant reporter sur les ASSEDIC la charge financière de ruptures qui relevaient, normalement, soit de l'employeur (licenciement économiques déguisés où l'employeur finance la CRP), soit du salarié, en cas de démission non légitime.

Bref, j'ai hâte de voir comment les cadors de la FFF, qui compte pourtant des avocats dans son staff, va se dépêtrer d'une affaire bien mal engagée avec un salarié qui, c'est à la mode au sommet, entend se maintenir coûte que coûte à son poste.

Par laurent.epailly le 22/08/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

Les chemins de la politique, surtout.

Après avoir beaucoup réfléchi, je vous livre ces quelques réflexions, que je voudrais dépassionnées mais pas politiquement correctes, sur la question.

D'autant que, pour une fois, Brice HORTEFEUX a raison de boire du petit lait en estimant que « les français sont [majoritairement] en phase » avec sa politique à l'égard des Roms.

Notons, en première réflexion, qu'être majoritaire à penser quelque chose ne signifie pas que la pensée soit démocratique (sinon, il y aurait toujours la peine de mort en France et jamais l'impôt sur le revenu universel n'aurait existé...), mais simplement que la majorité a politiquement raison, ce qui est un avantage nécessaire en Démocratie; ni que la pensée soit juste.

Deuxièmement, je relève l'amalgame à l'origine de la méthode : des Gitans attaquent une gendarmerie suite à la mort de l'un des leurs à l'occasion d'une tentative de forcer un barrage, et ce sont les camps illégaux de Roms de Roumanie et Bulgarie qui font l'objet d'une stigmatisation Présidentielle et d'une politique spectaculaire et médiatique de démantèlement de campements.

Les Gitans (la première mention est du 19° siècle), plus couramment appelés Tsiganes (de l'espagnol « egiptano » au 14 siècle, car on les croyait venus d'Egypte, ce qui donnera « zingaro » en italien - d'ailleurs, dans Fanfan la Tulipe, la jeune et magnifique Sophia LOREN incarne une bohémienne « égyptienne» ), sont en France depuis des siècles. Citoyens français encore parias aujourd'hui, tenus au carnet de circulation avant Vichy, pendant Vichy (avec des déportations en prime) et depuis Vichy.

Les Roms sont des parias chez eux, en Roumanie/Bulgarie, là où un certain « romcisme » d'Etat et populaire subsiste encore, totalement décomplexé. Ils sont ici, parce que citoyens de l'Union depuis 2007, une simple carte d'identité leur suffit pour venir.

Bref, « expulser » des Roms parce que des Gitans ont attaqués une gendarmerie, c'est comme si on expulsait des Belges flamands parce que des Néerlandais Frisons ont braqué une banque : il y a un vague rapport, mais on parle de deux peuples différents. Cela rappelle un peu les Américains qui allaient exterminer un campement d'indiens Pawnees parce que des Apaches avaient attaqué une ferme...

Ces Roms sont donc bien des bouc-émissaires au sens où on l'entend aujourd'hui, dans la mesure où ils paient collectivement pour la faute d'autres.

Troisièmement, ces Roms sont-ils illégaux et, le cas échéant, sont-ils bien expulsés ?

Bein... Oui et non.

Oui, parce que les campements sont souvent des sortes de squats comme on en a connu tant (je vous rappelle que l'appel de l'abbé Pierre, hiver 1954, « Mes amis, un enfant est mort de froid cette nuit ! » portait sur les bidonvilles de la région parisienne où s'entassaient, sous la tôle entre 4 planches, des ouvriers français et leur famille) et, partant, illégaux.

Non, enfin, on n'en a pas la preuve certaine, dans la mesure où, depuis l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie à l'Union Européenne, les Roms bénéficient des règles relatives à la libre-circulation, nécessairement applicables à tous les citoyens de l'Union : une simple carte d'identité à jour suffit pour circuler dans tous Pays de l'Union pendant 3 mois, mais sans donner le droit à s'installer, ce qui nécessite un titre de séjour particulier.

De ce point de vue, difficile de faire le tri évident (surtout en l'absence de visa qui n'est plus nécessaire) entre celui qui a dépassé ses 3 mois et celui qui est encore dans la période.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle, nonobstant les titres inconséquents d'une presse complice ou mal informée, mettant en lumière les retours médiatiques et spectaculaires de Roms en groupe et par avion, le gouvernement n'a expulsé aucun Rom : ne sachant que faire après avoir fait démolir les campements, de manière non-moins spectaculaire et médiatique, il les a incité, durant la garde à vue puisqu'il n'était pas question de rétention administrative, à accepter une aide au retour bienvenue pour eux (400 Euros par adulte) pour pouvoir donner l'illusion d'une expulsion en masse, alors qu'on n'a fait que les payer pour partir, leur offrant le billet en prime... Certains ont accepté, d'autant qu'ils pourront revenir quand ils voudront. Les autres sont toujours là.

C'était des passager ordinaires, si ce n'est qu'ils voyageaient gratuitement, les gendarmes étant aux petits soins avec ces VIP que l'on protégeait de la curiosité de la foule et des passagers de classe économique.

Quatrièmement : et la morale dans tout ça ?

Poser la question, c'est y répondre un peu.

D'une part, il n'y a rien à dire sur le principe de l'évacuation des camps illégaux (je rappelle que c'est le camp qui est illégal, pas forcément les gens dedans) : dura lex, sed lex.

D'autre part, il y a à dire sur la méthode et les buts poursuivis.

La méthode est-elle une succession de rafles, mot qui fait s'étrangler le transfuge BESSON ?

Non si on suit le discours politicien de l'opposition qui, inévitablement, ramène à la rafle du Vel' d'Hiv' dont les buts et l'ampleur étaient bien différents.

Oui, si l'on reprend son dictionnaire. Afin de ne pas être « pollué », j'ai pris un Larousse de 1923 lequel, par définition, ne connaît ni la rafle du Vel' d'hiv, ni le Nazisme (songez qu'il parle encore des Bolcheviques...).

Rafle : action inopinée de la police d'arrestation en masse d'un groupe social. L'exemple donné est une rafle de vagabonds. De l'allemand « raffel ». Première apparition en France en 1867.

Il s'agit donc bien objectivement de rafles et, d'ailleurs, le Français « en phase » ne s'y trompe pas : c'est bien la rafle qui lui plaît, ainsi que l'image de tous ces gens qui partent . Il y a en France, il faut le dire, une mythologie majoritaire du wagon à bestiaux, même amélioré. La seule concession aux Droits de l'Homme, mais elle est de taille, c'est que, Dieu merci, la très très grande majorité se contente de l'expulsion : not in my back yard, but alive (pas dans mon arrière-cour, mais en vie).

Sur les buts, le simple déclenchement de l'opération par voie d'amalgame tend à laisser penser que ces gens étaient en sursis dans un tiroir : comme souvent avec ce gouvernement, dés qu'un évènement quelconque ayant un vague rapport, même lointain, peut servir de prétexte, on ressort le plan médiatique du tiroir, sans trop se préoccuper de droit applicable, ni des conséquences humaines immédiates.

Par ailleurs, plus spécifiquement sur les Roms, il faut quand même se poser deux questions fondamentales :

1. Qui était ministre de l'intérieur du gouvernement français qui a signé le traité d'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie en 2007, avec en charge le volet lié à la libre-circulation des personnes ?

2. Qui est le Président qui, en 2007, a fait passer par voie Parlementaire une version allégée quoi que plus touffue (va comprendre, Charles...) du Traité de Maastricht avec, notamment, son volet libre-circulation des nationaux, traité que le peuple français avait majoritairement (et à mon avis bêtement, puisque, comme souvent en France, on confondait plébiscite du Président Chirac avec affaires de l'Union) rejeté par voie de référendum ?

Si fait. Cestui-là mesme, mon bon Monsieur.

Enfin, on a beau dire, mais utiliser des groupes humains (dont certains éléments sont délinquants, c'est incontestable) que l'on se garde au chaud, en pleine précarité, pour les besoins d'une politique spectacle, de la foire médiatique, ou d'une côte de popularité à faire remonter, ce n'est pas joli joli.

Et on a beau dire aussi, mais si l'on dépasse le débat franco-français pollué par les arrière-pensées des uns et des autres, et que l'on se tourne vers l'étranger, ce n'est pas sans amertume que l'on lit, dans des journaux conservateurs tels que le New York Times, le Times de Londres ou Le Temps de Genève, que « la France fait preuve d'un racisme d'Etat à l'égard des Roms... ».

On voit mieux l'autre qu'on ne se voit soi même.

Par laurent.epailly le 17/08/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 2 mois

Dans le Temps, de Genève, cet extrait de l'entretien avec l'avocat de Sakhina, menacée de lapidation en Iran, et réfugié à Oslo.

Lisez le jusqu'au bout, pour vous faire votre opinion.

"Mohammad Mostafaei était, jusqu'il y a quelques jours, l'avocat de Sakineh Mohammadi-Ashtiani. C'était, par-delà son métier, l'une des voix libres de l'Iran et l'une de ses consciences. Harcelé par les mollahs, plusieurs fois emprisonné, soumis à un insoutenable chantage moral chaque fois que l'on s'en prenait à sa femme et à sa fille, il a fini par quitter son pays. C'est d'Oslo, où il a trouvé refuge depuis dimanche, qu'il a répondu à nos questions. C'est la première fois qu'il s'exprime, depuis son départ d'Iran.

- Comment s'est passé votre départ?

Mohammad Mostafaei: J'ai passé la frontière entre l'Iran et la Turquie. Cinq heures de marche. Puis à cheval.

- Et ensuite, en Turquie?

- Je suis arrivé dans la ville de Van. Des organisations humanitaires comme Amnesty International ont pris mon cas en main. Nous avons écrit au gouvernement turc. Ils m'ont fait prendre un avion pour Istanbul. Et, là, j'ai passé six jours. Trois au poste de police de l'aéroport. Trois dans un centre de rétention pour étrangers en situation irrégulière. Et c'est grâce à l'intervention de gens de l'ONU, de l'Union européenne et du gouvernement norvégien que j'ai pu arriver à Oslo.

- Quel est votre état d'esprit?

- Epuisé mais combatif. J'aurais préféré rester en Iran, bien sûr, pour continuer le combat pour Sakineh et pour les droits humains dans mon pays. Mais ils m'auraient arrêté. Ou, pire, ils auraient gardé ma femme en prison.

[...]

- Une chose frappe: l'acharnement contre une femme?

- C'est vrai. On s'est acharné sur elle de toutes les manières possibles. D'abord, il y a eu cette condamnation à la lapidation. Elle a vécu avec ce cauchemar, cette épée de Damoclès, au-dessus de la tête. Et puis, maintenant, la République islamique d'Iran, émue par la mobilisation internationale, hésite à appliquer le verdict et pense à transformer la lapidation en pendaison. Sakineh attend. Et c'est une autre forme de torture.

- Pourquoi cet acharnement contre elle en particulier?

- Elle est un symbole. Elle est le symbole de toutes les femmes iraniennes victimes de la famille, de la société, de leurs lois discriminatoires.

- Vue de l'extérieur, toute cette affaire semble parfois très obscure. De quoi est-elle accusée, au juste?

- Concrètement, elle a été condamnée à 99 coups de fouet pour «relation immorale» avec un homme pendant que son mari était en vie. Après le meurtre de son mari, elle a été condamnée à 10 ans de prison pour complicité. Et, au même moment, un autre tribunal l'a rejugée pour son soi-disant adultère et l'a condamnée, cette fois, à la lapidation. Il n'y a évidemment rien de vrai dans tout cela. Aucune preuve. Aucun aveu. Mais, quand l'affaire a été jugée, trois des cinq juges l'ont déclarée coupable avec, pour seule base, leur intime conviction. C'étaient, tous les trois, des religieux. Et des religieux particulièrement fanatiques.

- Quel genre de femme est-elle?

- Une femme simple. Très simple. Elle ne parle quasiment pas le farsi par exemple. Seulement l'azéri.

- Est-ce pour cela qu'elle n'a pas compris, quand il a été prononcé, le verdict de lapidation? On dit que c'est seulement une fois rentrée dans sa cellule que ses codétenues lui ont expliqué et qu'elle a compris?

- Non. Ça, c'est autre chose. C'est parce que le mot employé par les juges a été rajam, le mot arabe pour dire lapidation.

- C'est étrange qu'on utilise un mot arabe?

- C'est vrai. Mais c'est la règle. C'est ce mot, ce mot arabe, qui est utilisé dans le système pénal iranien. Et c'est ce mot qu'elle n'a pas compris.

- Qu'en est-il, selon vous, de ces images télévisées où on la voit, presque entièrement cachée par un voile, confesser ses prétendus crimes. Est-ce bien elle, d'abord?

- Je n'ai pas personnellement vu les images. Mais, selon toute vraisemblance, oui, c'est elle.

- Est-ce sous la torture qu'on lui a extorqué ces aveux?

- C'est ce que j'ai entendu, oui. Qu'elle a été soumise, disons, à très forte pression. Et qu'elle a été contrainte de dire ce qu'elle a dit...."

Juste ces quelques commentaires :

1. Nous avons là une image symbolique et admirable de l'avocat tel qu'il est dans les Pays dictatoriaux et que nous avons, heureusement, perdue de vue dans nos pays occidentaux.

Mais la relative aisance démocratique qui est la nôtre (car le Pouvoir résiste et corrompt) ne doit pas faire oublier que nous sommes les héritiers de ceux qui luttèrent pour défendre des résistants, des collabos, des moins aisés, des opposants politiques....

Je dis ceci avant tout pour le public qui croit trop souvent que seul l'argent (de plus en plus rare (*) nous motive.

2. Pour Sakhineh, on se sent bien impuissant. Mais on peut écrire, relayer, pétitionner, interpeler son élu de tout bord...

Franchement, même si elle avait été complice de la tuerie de son mari, pour le besoin du raisonnement, personne ne mérite d'être lapidé.

Tiens, il faut quand même que je vous décrive la scène : on creuse un trou à mi-femme (normal, on ne lapide que les femmes...), femme que l'on a saucissonnée (saucissonage hallal, faut pas jouer avec ça) dans un drap blanc et que l'on positionne donc dans le mi-trou. Vous me suivez ?

Normalement, la foule doit être à point et, même si l'on ne peint pas un petit cercle rouge sur la tête, chacun y va de sa caillasse visant la tête, éructant (pas exultant) sa joie à chaque coup au but.

J'imagine déjà certains tentant le coup en 1, voire le ricochet.

Bref, chaque Pays est maître chez lui.

Mais il y a un moment où, quand c'est l'Humanité qui est bafouée, on a forcément le droit de s'immiscer.

Tiens, la preuve que ça marche : sous la pression des reproches, les Mollahs envisageraient de commuer la lapidation en pendaison.

Les Mollahs ça ose tout...

(*) c'est dérisoire au regard du sujet de l'article, mais la Garde des Sceaux a demandé à la Profession de réfléchir à un numérus clausus au regard des difficultés économiquyes connues par nombre de cabinets.

Par laurent.epailly le 17/08/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 2 mois

On apprend que, ce vendredi, la Cour d'Appel de Versailles aura à statuer sur une requête présentée par Maître KIEJMANN, avocat de Madame BETTENCOURT, visant à faire annuler le supplément d'information ordonné par le Tribunal Correctionnel ayant à statuer sur la plainte en abus de faiblesse diligentée à l'initiative de la fille de l'héritière de Loréal, à l'encontre de Monsieur BANIER.

La demande de Maître KIEJMANN se fonde sur la nullité alléguée, comme moyen de preuve, des fameux enregistrements pirates réalisés par le majordome.

Notons que, jusque là, personne n'a jamais soutenu que le contenu était faux : le débat se porte sur la recevabilité.

La question, d'importance, porte sur leur recevabilité en tant que preuve loyale, critère permettant de juger du droit à un procés équitable.

Commentaires :

1. Sur le timing : certains penseront que voilà encore une affaire jugée à la sauvette pendant les vacances.

A mon sens, ils ont tort : une Justice sereine dans une affaire très médiatisée peut gagner à se tenir en août.

Du reste, pour les aficionados de la croustillance, il y aura, comme d'habitude, synthèse des plaidoiries outre leur avis personnel, par les conseils respectifs en conférence de presse à la sortie de l'audience...

2. Sur le demandeur, je suis plus dubitatif : je comprends mal la demande émanant de Madame BETTENCOURT, alors que l'action de sa fille vise le seul BANIER et pas sa mère, s'agissant d'une procédure en abus de faiblesse. Logiquement, c'est ce dernier qui a intérêt à demander la suppression du rang de la preuve d'enregistrements qui le dépeignent comme un type un rien parasite, manipulateur et pas vraiment embarrassé, fixant le prix de son amitié à 1 Milliard d'Euros de cadeaux...(du reste, Le Temps, journal francophone de Genève a donné de lui un portrait où on le montre comme sachant s'attirer la bonne grâce de fortunes et célébrités diverses depuis ses seize ans).

3. Si la demande émane de Madame BETTENCOURT, c'est peut être aussi que les enregistrements révélaient, sans être contredits, là-encore, certaines affinités électives (c'est le mot) entre la milliardaire et Monsieur WOERTH alors en charge de recevoir les fonds des gros adhérents de l'UMP, notamment ceux habitant à l'étranger, ou ayant des comptes en Suisse ou ailleurs, plus ou moins déclarés (telle Madame BETTENCOURT).

Révélant, par là même, l'existence de probables fraudes fiscales.

4. Le plus étonnant, c'est que ces CD ne sont actuellement pas entre les mains de la présidente qui mène le supplément d'information, car le Procureur COURROYE, qui s'est auto-chargé ou l'a fait sur instrcution de la Chancellerie, d'ouvrir pas moins de 6 enquêtes préliminaires sur la foi des enregistrements, les détient et refuse de s'en séparer.

Il paraît donc plus urgent de s'interroger sur la validité des enquêtes préliminaires menées sur la base de ces enregistrements pirates que sur un supplément d'information qui n'a pas débuté faute d'avoir lesdits enregistrements.

5. A moins qu'il s'agissent de les déclarer nuls par la bande, si je puis dire, mettant alors en péril les enquêtes préliminaires par voie de conséquence, sans "mouiller" le Procureur qui, au passage, y est cité.

Débarrassés de l'urgence médiatique, déportée (sans jeu de mots) sur les Roms, gens du voyage et autres délinquants à dénaturaliser, il est vraissemblable que les différentes "cellules" juridiques ont phosphoré depuis la tourmente et mis en place la stratégie commune de désincarcérations entre toutes les parties ayant le même intérêt.

6. Sur la recevabilité, justement, il y a à dire : comment peut-on raisonnablement soutenir que l'on puisse brandir, à un an d'intervalle, une fameuse liste de noms de clients français d'UBS volée en Suisse et contester la valeur d'enregistrements volés dans des conditions similaires ?

Mais il est vrai que nous n'avons jamais eu les résultats promis de la fameuse cellule de "régularisation", ce qui laisse peser le soupçon d'un blanchiment des situations, plutôt que d'une régularisatio. La fameuse liste, jamais publiée, ne visant alors qu'à donner le sentiment que l'on agit.

Cette affaire BETTENCOURT est merveilleuse en ce qu'elle révèle des moeurs de nos politiques et de l'esprit "national" qui anime nos grandes fortunes et autres sportifs "réfugiés" à l'étranger : il paraît qu'il faut dénationaliser les français qui se commettent avec l'étranger au mépris de nos intérêts nationaux. Quoi de moins national que d'aller payer ses impôts de français ailleurs, tout en bénéficiant de la sécu en France quand on a un gros bobo de sportif ?

Si vous êtes sages, je vous ferai le point de toute l'affaire BETTENCOURT : j'ai tout suivi et tout noté pour ne rien oublier, pour quand arrivera le temps du noyage de poisson...

Par laurent.epailly le 09/08/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 2 mois

La proposition de Loi présentée par Eric CIOTTI (dont le "mérite" essentiel tient évidemment à la place qu'il prend dans le dispositif de communication présidentiel omniprésent autour de l'insécurité) d'infliger 2 ans de prison aux parents d'enfants délinquants ne respectant pas les obligations de probation n'a, évidemment, aucun sens.

Aucun sens, non pas parce qu'il n'y aurait pas de sens à responsabiliser les parents qui ont leur part de responsabilité dans la délinquance de leurs enfants, mais parce que tout cela existe déjà (*).

L'article 227-17 punit, déjà, de 2 ans de prison et 30.000 € d'amende les parents qui se "soustraient, sans motif légitimes, à (leurs) obligations légales au point de compromettre gravement la santé, la sécurité, la moralité ou l'éducation de (leur) enfant mineur"...

On peut raisonnablement penser que de ne pas veiller à ce que son enfant mineur respecte ses obligations de reclassement fait précisément partie de cette définition.

Et si l'on s'en tient aux explications de Christian ESTROSI (qui n'a pas du bien lire la proposition de son camarade dont il a embauché la femme comme dir'com adjointe de sa bonne ville de Nice), sur Europe I, il s'agirait, en fait, de punir "certains parents instrumentalisent leurs enfants et leurs familles pour commettre des actes délictueux ".

Or, ça aussi, c'est déjà prévu à l'article 227-21 du Code Pénal : 5 à 7 ans de prison et 150.000 € d'amende, selon l'âge du mineur (+ ou - de 15 ans).

Et, naturellement, sous l'approbation et les vivats du bon citoyen et père de famille, néanmoins mal informé : je suis certain que si l'on annonce que l'on veut la perpétuité pour les assassins de gendarmes ou de policiers, la foule approuvera légitimement (sauf les quelques anars subistants)... une disposition qui existe déjà.

Bref, beaucoup de bruit pour rien, mais tant que l'on parle de ça, on ne parle pas d'autre chose, dont les 550.000 emplois détruits en France sur les deux dernières années et, pour la première fois là encore depuis la guerre (...), le recul absolu du nombre d'entreprises en France, tout juste freinés par les déclarations d'auto-entrepreneurs.

Le problème, c'est que dans 9 cas sur 10, les auto-entrepreneurs sont à l'emploi et l'industrie, ce que le chasseur-cueilleur de la Préhistoire est aux filatures du 19° siècle...

D'où, 729.000 nouveaux chômeurs depuis 2008.

(*) A ce sujet, sans vouloir tomber dans la polémique politicienne sur le sujet de facho ou pas (encore que la stigmatisation généralisée des "gens du voyage" , dont le rejet par l'écrasante majorité de la population en font une cible facile et électoralement payante, n'était objectivement pas assumée à ce point depuis Vichy), force est de constater qu'annoncer qu'on va démanteler des camps illégaux est un non-évènement : si les camps sont illégaux, qu'a - t - on besoin d'attendre l'injonction présidentielle pour les démanteler ?

Par laurent.epailly le 05/08/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 2 mois

Il est entendu que depuis près de 10 ans, ainsi que le relevait malicieusement le Canard Enchaîné en publiant toutes les "déclarations de guerre successives" à la Délinquance, à chaque fait divers opportun et médiatique, Notre Président d'abord Ministre de l'Intérieur, puis Notre Président, donc, déclare la guerre au crime organisé, à la délinquance, aux agresseurs divers et variés (voleurs de personnes âgées, "prédateurs" sexuels, voileurs de donzelles, gens du voyage fourre-tout...), avec Lois renforcées à la clé, coups de mentons, préfets déplacés, approximations légales et amalgames douteux.

Naturellement, à chaque déclaration de guerre, il faut une grandiose et médiatique opération policière combinée (policiers - ce gouvernement préfère les policiers aux gendarmes, c'est un fait - douaniers, agents du fisc, journalistes estampillés "suiveurs officiels") qui suit pour traduire en acte la parole présidentielle, comme on vient de le faire à Grenoble.

Commentaire au cas général : si l'on déclare la guerre à la délinquance tous les trois mois depuis dix ans, c'est que rien ne change sur le front du crime. Bilan ? Néant. Nul. On se croirait chez Orwell...

Il faudrait arrêter le baratin et agir vraiment : à la guerre, il y a ceux qui agissent et ceux qui font les discours, font un petit tour sur le terrain hyper-protégés et commentent les opérations. Curieusement, ce ne sont jamais les mêmes.

Commentaire au cas particulier : comme d'habitude, les quatre gus interpelés (tiens au fait, on en est où de la mouvance "extrême gauche de Tarnac", les dangereux "terroristes"?) sous les caméras de TF1, avec force policiers venant exprès de Paris (parce qu'en plus, il faut humilier les policiers de Grenoble, jugés pas assez bons pour cela...), style descente à Chicago, juste avant la venue de Brice HORTEFEUX, sorte de séminaire "Sécurité et Communication", ont été relachés, dés le lendemain du départ du même HORTEFEUX, sans charge retenue contre eux.

Il paraît que, toujours selon le susdit, ces 4 interpellations ont été "un succès"...

Bein au prix que ça a du coûter un "succés" pareil, souhaitons que l'on trouve rapidement le complice présumé qui, n'ayant fort heureusement pas tué ni blessé de policier, n'est finalement pas plus l'ennemi public numéro 1 que n'importe laquelle des petites frappes qu'il faut aussi interpeler... C'est qu'on n'a plus guère les moyens de se payer des "succés" pareils, nous autres, avec la crise.

Mais bon, celui-là, c'est comme Lies HEBADJ (le superlover Nantais à l'humour douteux) : il est dans le collimateur du Ministre.

C'est donc une affaire personnelle, sentiment qui ne devrait jamais guider une action gouvernementale prétendant à un minimum de hauteur et d'efficacité.

Et pour le reste, c'est toujours pareil : les victimes, tout le monde s'en fout, passé le temps de leur instrumentalisation.