laurent.epailly

Par laurent.epailly le 29/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 3 semaines

Par l'AFP :

" Alertée par l'association Brigitte Bardot signalant de mauvais traitements envers des animaux domestiques dans un appartement du XVIIIe arrondissement, une unité de policiers spécialisés s'est rendue sur place le 5 août.

Une fois sur les lieux, les policiers ont du faire face à une "cohorte de chats" qui s'est alors déchaînée, blessant trois policiers de l'unité, une "situation assez paradoxale pour des policiers aguerris à la capture de chiens dangereux", écrit la Préfecture de Police".

Cela m'étonne que Brice HORTEFEUX n'ait pas promis une Loi : déjà qu'il entend intervenir dans le processus de nomination des Juges, il pourrait aussi vouloir s'en prendre aux Greffiers...

Quoi qu'il en soit, la Loi Besson aurait été votée, ces chats risquaient la déchéance de la nationalité française; qu'on se le miaule.

Par laurent.epailly le 28/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 3 semaines

Le transfuge BESSON, celui qui chasse les Roms sans le savoir, vient de présenter son nouveau projet (le 8° en 12 ans) sur le renforcement de la réforme de l'aggravation de la situation des étrangers en France.

Soyons clairs : avec des réformes qui se succèdent à ce rythme, sans même attendre les décrets d'application de la précédente, on ne peut plus parler de Droit des Etrangers au sens de droits, mais uniquement de législation sur les étrangers.

C'est un choix et il paraît qu'il plait, pas seulement chez les Dupont (ou Dupond), mais encore chez les Fernandez, Da Costa, Sarkozy de Nagi Nocsa, Ben Youcef et autres Hoffenheim et Duchowsky (pris au hasard).

Bref, parmi les renforcements, je relève :

* le Juge des Libertés qui n'interviendra plus qu'au bout de 5 jours de rétention, sachant que les expulsions interviennent en moyenne sous 48 heures, ce qui tend clairement à priver l'étranger d'un recours effectif à un magistrat, le Juge Administratif devenant, de fait, le "vrai" juge des Libertés : inutile de dire que bruxelles, qui manie quand même assez bien l'hypocrisie dans le domaine, va néanmoins nous "remonter les cales".

* la création d'un délit de "mariage gris".

Là, il faut suivre, parce que c'est amusant.

On se croirait dans la blague de Coluche avec le plus blanc que blanc.

Le mariage gris, c'est un mariage où un seul futur conjoint (l'étranger, nécessairement, si on lit la définition) escroque les sentiments de l'autre (nécessairement de nationalité française, toujours si l'on suit la définition) pour se marier et donc, en filigrane, obtenir un titre de séjour.

Sanction : 7 ans de prison et 30.000 € d'amende.

Il y a déjà un hic : si un français escroque le sentiment d'un étranger, quid ? Un autre hic : si un étranger escroque le sentiment d'un autre étranger titulaire d'un titre de résident lui permettant de bénéficier d'un regroupement familial ?

Le mariage blanc, lui, c'est lorsque les deux mariés sont de connivence pour escroquer l'état-civil...

En fait, ils n'avaient pas envie de se marier et se marient pour toute autre raison qui peut très bien ne rien à voir avec l'obtention d'un titre de séjour (il y avait bien avant le PACS des fonctionnaires se mariant pour avoir une mutation "blanche").

Du reste, dans la bonne société, les mariages d'arrangement entre deux futurs conjoints qui, passées la Mairie et l'Eglise, songent déjà avec qui ils adultèreront d'autant plus facilement qu'ils n'ont aucun sentiments de culpabilité à l'égard de leur conjoint, sont encore bien pratiqués : mais pour ceux-là, il y a le "bouclier sentimental".

Curieusement, ce n'est guère que dans le droit des étrangers qu'on poursuit ledit mariage blanc : le fait de contracter un mariage aux seules fins d'obtenir, ou de faire obtenir, un titre de séjour constitue un délit puni de cinq ans d'emprisonnement et de 15.000 € d'amende.

Donc, pour se résumer, tromper sciemment l'état-civil par deux conjoints est moins puni que lorsque un seul le fait : les 2 ans de taule de rab, ça doit être pour l'égo du conjoint escroqué du sentiment...

Pourtant, force est de constater que, déjà, faire annuler un mariage pour blanchitude, c'est déjà tout un travail, sachant que la virginité aléatoire n'est plus une cause.

Mais faire annuler un mariage gris, dont les éléments constitutifs tiennent une bonne part dans la définition du mariage blanc, ça devient franchement difficile.

Surtout que, si le mariage blanc est pris.

Si le mariage gris est pris.

Le vrai mariage, le pur, le dur, celui où tout le monde est bien bien d'accord pour vivre ensemble jusqu'à ce que la mort les sépare et nonobstant le pire (pour le meilleur, c'est facile), c'est quoi ? Un mariage noir ?

Sans compter que, sans vouloir faire ma mijorée, un mariage où l'on divorce au bout d'un an, ou deux, voire dix, après tout, sans respect du jusqu'à-la-mort-qui-nous-sépare, n'est ce point révélateur, après coup, de la noirceur du sentiment ? Que dire de celui qui, vert en apprenant la chose, est marron lorsqu'il faut payer la prestation ?

Sombres perspectives pour le mariage...

Par laurent.epailly le 17/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

Ce n'est pas moi qui le dit, mais un arrêt extrêmement important rendu ce 14 septembre par la Cour de Justice de l'Union Européenne.

Saisie d'un pourvoi en vue d'obtenir l'annulation d'un arrêt du Tribunal de l'Union européenne (aff. jointes T-125/03 et T-253/03), la Cour de Justice de l'Union européenne a confirmé, le 14 septembre dernier, que les échanges au sein d'une entreprise avec un avocat interne ne bénéficient pas de la protection de la confidentialité des communications entre avocats et clients (Akzo Nobel Chemicals Ltd et Akcros Chemicals / Commission européenne, aff. C-550/07 P). Le litige opposait les sociétés Akzo Nobel Chemicals et Akcros Chemical à la Commission européenne qui, lors d'une inspection dans le cadre d'une procédure d'enquête en matière d'entente, avait saisi des documents échangés entre la direction de ces sociétés et un avocat interne.

La Cour précise que, conformément à l'arrêt AM&S (aff. 155/79), la protection de la confidentialité implique l'absence de tout rapport d'emploi entre l'avocat et son client, si bien que cette protection ne s'étend pas aux échanges au sein d'une entreprise ou d'un groupe avec des avocats internes. Elle ajoute que l'avocat interne, du fait de sa dépendance économique et de ses liens étroits avec son employeur, ne jouit pas d'une indépendance professionnelle comparable à celle d'un avocat externe. La Cour rejette donc le pourvoi.

Inutile de dire que cet arrêt ne peut qu'avoir une influence importante, à l'heure où des esprits tordus croient devoir donner un titre d'avocat à un juriste d'entreprise, tout en voulant faire croire à leur indépendance : quand un avocat a déjà un employeur et même qu'un seul employeur, il n'a nécessairement aucune indépendance.

CQFD. Espérons simplement que les gens du CNB soient encore capables de lire une décision de Justice.

Par laurent.epailly le 14/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

Petit éclairage pour ceux qui suivent encore un peu mais n'ont pas forcément tout compris :

Aujourd'hui, la Cour d'Appel de Versailles a donc décidé que, nonobstant une erreur technique de la Présidente du Tribunal Correctionnel de Paris jugeant la citation directe de la fille de Liliane BETTENCOURT à l'encontre de François - Marie BANNIER, accusé par elle de délit d'abus de faiblesse sur sa mère de 87 ans, pouvait donc poursuivre la mission d'instruction complémentaire qu'elle s'est accordée.

L'avocat de Liliane BETTENCOURT (vous me suivez ?) a annoncé son intention de se pourvoir en cassation.

Veuillez noter, qu'en l'occurence, Liliane BETTENCOURT est une partie curieuse dans le procés, puisqu'elle est censée être une victime... Partie civile mais au comportement de mis en cause.

Bref, en résumé :

1. Nous avons donc, aujourd'hui, deux magistrats en charge de l'instruction de la nébuleuse Bettencourt, dont un dit indépendant, la Présidente du Correctionnel et l'autre dit non-indépendant (selon les critères Européens), le Procureur Courroye.

Sachant que le Procureur était favorable au classement sans suite de la plainte initiale de la fille et refuse de donner la copie des enregistrements à la Juge.

2. Les deux instructions, curieusement effectuées sans aucun juge d'instruction au milieu, vont donc se chevaucher l'une l'autre, sur une partie de leur périmètre, puisque la totalité de celle de la Juge est englobée dans les 6 enquêtes ouvertes par le Procureur Courroye...

3. En ce qui concerne le Procureur Courroye (dit de transmission par certains), pas de procés d'intention : on verra au final, même si sa proximité avec le Pouvoir actuel n'est objectivement pas la meilleure garantie d'indépendance.

4. Du reste, on peut légitimement s'interroger sur trois points de sa stratégie alors que, ce point est capital, pour indélicats qu'ils sont, il n'a jamais été dit autre chose que les enregistrements étaient vrais. Les propos qui y sont tenus sont donc vrais et bien tenus par les personnes qui y s'y expriment : la plainte en violation de je ne sais plus quoi, toujours déposée par l'avocat de Liliane ne doit pas faire oublier qu'elle ne vise que le moyen pas le contenu.

3 points, donc :

* pourquoi 6 enquêtes, alors que le lien entre elles est évident et issu des mêmes enregistrements ? La suspiscion de vouloir tronçonner le dossier et d'en profiter pour en classer sans suite deux ou trois, en désorganisant la cohérence de l'ensemble est grande.

* pourquoi, contrairement aux trafics de stup, par exemple, procède-t-on aussi lentement et par voie de rendez-vous délayés dans le temps (exemple du siège de l'UMP contrôlé trois mois après l'affaire et encore, après que l'on ait prévenu la veille...) ?

Si l'on ne jette pas un coup de filet concerté, immédiat et simultané et qu'en plus on prévient avant, que voulez-vous trouver ?

* enfin, pourquoi avoir relevé appel de la décision de la Présidente de reporter le procés avec complément d'instruction alors que, du reste, il n'avait pas encore bougé d'un cil sur l'affaire Bettencourt/Woerth/Bannier and co ?

5. Reste le cas Bannier and co, tout l'aréopage gravitant autour de Liliane BETTENCOURT (le professeur Brücker coordonateur des soins en même temps exécuteur testamentaire et dont la fille reçoit, comme ça, 500.000 € pour s'acheter un appart à Paris, Woerth qui ne connaît personne mais dîne avec ou décore tout le monde, Bannier le saprophyte bien croqué dans Le Temps de Genève...et tant de mendigots sans honneurs qui gravitent autour et se servent) dont tout le monde voit bien qu'ils protègent Madame BETTENCOURT, comme le renard veille sur ses poules et lui gobe ses oeufs sans vergogne.

6. Et jusque'au contre-espionnage français que l'on va utiliser, de son propre aveu, pour retrouver les sources des journalistes alors que quand Claude GUEANT lui même, secrétaire général de l'Elysée, se procure un PV d'audition de la comptable "martyrisée" par la Police (mais qui a quand même été bien servie aussi financièrement s'entend, mais rien n'est à portée du commun dans cette affaire), pour laisser fuiter des informations qui aident un peu Woerth dans la tourmente, tout le monde trouve ça normal et la DCRI ne s'intéresse pas à l'auteur des fuites alors que, sauf erreur, les PV d'audition de la Police demeurent la propriété de la Police et du magistrat qui les commande...

7. Dire, enfin, que la main de l'Elysée ne serait pour rien derrière tout cela, là, les bras doivent nous en tomber : bien évidemment, comme pour Woeth, on peut mettre sur pied une commission express confiée au directeur de cabinet du Président, laquelle, sans mentir et en 48 heures chrono, garantira qu'il n'y a aucune trace écrite d'une demande l'Elysée en ce sens.

Pour une fois, voyez, je suis d'accord avec mon confrère de passerelle Lefevbre (c'est un peu compliqué, mais comme beaucoup de politiques qui n'ont pas fait de droit, être député suffit pour demander à être avocat, en gros) : laissons à la Justice faire son travail.

Sauf que le malin Lefevbre oublie de préciser que le temps judiciaire n'est pas le temps politique : dans 15 ans, quand sortira ce qui peut sortir de ce merdier, Madame BETTENCOURT nous aura quittée pour un ailleurs où sa fortune ne vaut pas tripette, Woerth sera Sénateur, Bannier aura entouré une autre dame âgée de son affection, quelques avocats se seront enrichis (intellectuellement, s'entend...), Sarko donnera des conférences à 500.000 € sur comment moraliser le capitalisme (Carla ayant depuis longtemps rompu ce qui était, de toute façon, un CDD dans son esprit).

Et dans 15 ans, tout le monde s'en foutra parce que, je ne sais pas si vous le savez, mais le Peak Oil (le moment où la production de pétrole commencera inexorablement à décroitre) sera déjà arrivé depuis longtemps...

Par laurent.epailly le 13/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

Ponson du Terrail était un auteur, franchement plus connu pour ses perles que pour ses textes.

Celle-ci en est une, de même que : "il entra, un poignard dans chaque main et un révolver dans l'autre...".

Ou encore : " Il posa sur le front de la jeune fille un baiser aussi chaste qu'un rayon de lune...".

Bref, nous parlons d'Espagne aujourd"hui où, pour la première fois semble-t-il, le Tribunal Suprême a décidé qu'une erreur de diagnostic prénatal avait "privé" une femme de la "liberté de décider d'un éventuel avortement" avant la naissance de son fils trisomique en 2009. Les parents percevront chacun un "dédommagement" de 75 000 euros et l'enfant recevra une pension à vie de 1.500 euros mensuels.

En l'espèce, le couple avait décidé de procéder à des diagnostics prénataux afin de s'assurer que l'enfant n'avait pas de malformations. L'amniocentèse avait conclu que l'enfant était bien portant. Mais le laboratoire de génétique du département de pédiatrie de la faculté de médecine de l'université Miguel Hernandez de Elche avait confondu les échantillons d'analyse de deux patientes.

Rappelons que, chez nous, la Loi dite "anti-Perruche", validée par le Conseil Constitutionnel après une QPC opportune (juin 2010) pour éviter de rester dans un flou juridique insupportable, interdirait les dommages-intérêts pour le compte de l'enfant, se restreignant au préjudice moral des parents, et excluant, également, leur préjudice "matériel" ou "économique" lié aux frais supplémentaires entraînés par cette vie plus difficile.

L'article 1er de la loi du 4 mars 2002 dispose que "nul ne peut se prévaloir d'un préjudice du seul fait de sa naissance". Cette loi précise aussi que "lorsque la responsabilité d'un professionnel ou d'un établissement de santé est engagée vis-à-vis des parents d'un enfant né avec un handicap non décelé pendant la grossesse à la suite d'une faute caractérisée, les parents peuvent demander une indemnité au titre de leur seul préjudice. Ce préjudice ne saurait inclure les charges particulières découlant, tout au long de la vie de l'enfant, de ce handicap. La compensation de ce dernier relève de la solidarité nationale".

A mon sens, on a pris le problème à l'envers : qu'on le veuille ou non, une naissance dans de telles conditions ne saurait, en effet, être le lieu d'une réparation morale (réparer une douleur morale des parents issus d'une perte de "chance" d'avorter, n'a pas de sens, puisque cela revient à dire que, quelles que soient leurs raisons, bonnes ou mauvaises, à leurs yeux, il valait mieux un enfant jamais né que né handicapé, ce qui fait fi de l'intérêt de l'enfant à vivre) y compris pour l'enfant.

Mais, sans attenter à la dignité de la personne, une responsabilité médicale créant objectivement les conditions d'une vie handicapée, justifie que le préjudice économique issu de celle-ci, limitée à l'indemisation des surcoûts, soit compensée par le responsable et son garant (assureur ou Etat, selon le cas), tout au long de la vie de cet enfant.

Et compensé autrement que par la solidarité nationale, dont l'on voit bien aujourd'hui qu'elle peut être laminée par des politiques gouvernementales ou par la crise économique, voire par des courants eugénistes sous couvert d'économie budgétaire.

D'ailleurs, nombre de parents, sous désir inavoué d'enfant parfait, n'en sont pas lers moins eugénistes (*).

Cette différence est essentielle : c'est celle entre l'acceptable (la solidarité nationale) et le mieux (l'indemnisation qui vient compenser le surcoût réel).

Maintenant, il faut comprendre le choix économique qui a présidé à la Loi dite "anti-Perruche", choix bien moins éthique qu'on le croit, à grand coup de baratin sur la dignité du handicapé : l'indemnisation du préjudice moral des parents est ridicule au regard des sommes à verser pour qu'un handicapé vive dignement tout au long de son existence...

Le coup est même encore plus vicieux : en allouant, mettons, 50.000 € à chacun des parents au titre du préjudice moral (donc à avoir perdu une chance d'éventuellement avorter - la formulation, d'ailleurs, justifierait que la femme, franchement plus concernée, perçoive davantage, sans rien enlever à la douleur du père), l'on sait bien que, sauf parents indignes, cette somme de 100.000 € sera consacrée aux conditions matérielles de la vie de l'enfant et pas à l'achat d'une jag dernier modèle.

La pratique rétablit donc ce que la Loi refuse.

(*) il est bon de méditer ce proverbe africain (je collectionne les proverbes depuis que je suis minot : j'en ai plus de 2.000) : aux yeux de sa mère, chaque hanneton est une gazelle.

Par laurent.epailly le 10/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 6 années 8 mois

C'est ce que vient de dire la Cour de Cassation (n° 08-70233 du 23 juin 2010).

Vu les articles L. 3141-1, L. 3141-22 et L. 3141-26 du code du travail ;

Attendu que pour débouter M. X... de sa demande tendant au paiement d'une indemnité de congés payés calculée sur la contrepartie financière de l'obligation de non-concurrence, l'arrêt énonce que seul le travail effectif ouvre droit à congés payés ; que dès lors, la contrepartie financière de la clause de non-concurrence versée par l'ancien employeur pour une période non travaillée ne peut donner lieu à une indemnité de congés payés ;

Qu'en statuant ainsi, alors que la contrepartie financière de l'obligation de non-concurrence ayant la nature d'une indemnité compensatrice de salaires, ouvre droit à congés payés, la cour d'appel a violé les textes susvisés ;

C'est tant mieux pour les salariés, d'autant que cela ouvre des perspectives à l'égard d'autres types d'indemnités compensatrices (il ne serait pas totalement idiot de dire, à mon avis, que les dommages-intérêts compensant une rupture abusive viennent d'abord compenser les salaires perdus...), mais sous réserve que :

* si l'on considère que l'indemnité compensatrice à l'obligation de ne pas concurrencer l'employeur sur son secteur d'activité antérieur (sous les réserves de lieu, objet et temps) est un salaire, on ouvre la porte à la fiscalisation et à la cotisation sociale...

* cela donne du grain à moudre à l'innéfable COPPE, lequel, après les IJ de la sécurité sociale, souhaite fiscaliser les dommages-intérêts précisément (mais les impôts n'augmentent pas en France, c'est juste qu'on en créée de nouveaux).

Peut être peut-on voir les choses de manières plus limitatives : la Cour évoque une situation particulière "la contrepartie financière de la clause de non-concurrence versée par l'ancien employeur pour une période non travaillée ".

C'est-à-dire que l'on peut envisager qu'elle ne vise que la situation où l'on payerait le salarié pendant qu'il ne travaillerait pas pour exécuter sa clause de non-concurrence (ou afin qu'il ne travaille pas), mais cela reste une hypothèse douteuse, puisqu'aucune clause de non-concurrence ne saurait interférer sur la Liberté absolue de travailler dans une autre activité ou un lieu non-visé par la clause de non-concurrence...

Bref, à exploiter immédiatement, mais penser à peaufiner la réflexion sur les conséquences exactes.

Par laurent.epailly le 07/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

Avec vous qui avez marché pendant des heures dehors, parfois sous la pluie ou dans le froid, aujourd'hui, dans tout le Pays.

J'ai l'habitude des manifestations, car mon cabinet donne sur le parcours habituel passant par le Jeu de Paume (tout un symbole), inutilisable pour cause de travaux.

Mais je vous ai suivi, tout le cortège, depuis le Palais de Justice.

Un beau cortège, où je vous ai estimé environ 40.000 (j'ai l'habitude, je le répète), et je crois que depuis le CPE, vous n'aviez pas été aussi nombreux, avec ces notes "d'ambiance" que je retiens :

* la dignité. Pas un problème.

* les drapeaux de la CGT, les plus nombreux.

* Des voisinages oeucuméniques : la CGC juste derrière le NPA...

* le comité de vigilance des droits des femmes, tant il est vrai qu'avec leur carrière décousue, les femmes sont les premières laminées par un double report des ages de la retraite : 62 ans pour l'age légal et 67 ans pour la retraite à taux plein.

* 2 drapeaux du PCF (ce n'est pas mon bord, mais c'est un peu triste pour ce qu'a représenté ce parti aux yeux des travailleurs), mais tout de même 1 de plus que celui d'un nostalgique de l'URSS (...) et un pauvre Che Guevarra.

* la palme du message émotion : deux petits bouts qui tenaient une pancarte colorées "on veut profiter de nos papis mamies"

* la palme du message court et efficace : la pancarte "pas content".

* La Marseillaise émise du camion sono de la CGT (suivie, il est vrai, de l'Internationale).

* la palme du courage à ceux que j'ai vu passer en fauteuils roulants, ce papy avec sa canne (20 % ? Moins de 20 % de "pénibilité" ?) ou ces autres avec leurs béquilles.

Bref, merci à vous d'être descendu dans la rue même pour les autres.

Bien sur, je ne puis suivre les jusqu'aux-boutistes comme certains d'entre vous : nier que la retraite est, déjà, un problème d'aujourd'hui est suicidaire.

Pour autant, vous avez plus raison que les adeptes du TINA (There Is No Alternative), ceux qui veulent faire croire qu'on ne peut faire autrement, car on peut toujours faire autrement : faire plus juste, faire mieux, faire plus pour tous.

Ceux là, ce sont en réalité, eux, les vrais fainéants : incapables d'imaginer d'autres solutions que le pré-maché des marchés.

Pour ma part, je crois que passer à 62 ans n'est pas scandaleux : nous vivons plus longtemps, en meilleure santé, même si l'écart de survie entre un cadre et un ouvrier reste de 10 ans (mais cette injustice, elle ne dépend pas de la retraite).

Mais c'est toute l'architecture de la réforme qui est injuste. Faites l'addition avec moi :

60 à 62 ans pour l'âge légal de la retraite.

+ 40 à 41,5 annuités

+ 65 à 67 ans pour la retraite sans décôte

+ 70 ans pour la mise à la retraite d'office

- les 20 % de travailleurs encore au travail à 55 ans

- les 5 millions de chômeurs et précaires

- les carrières décousues, les maternités, les congés parentaux

+ 20% d'incapacité... (avec la main non directrice arrachée, tu as 15 %, alors...)

____________________________________________________________________________

= Travailler plus pour toucher moins.

Bref, vous étiez le peuple en marche et vous méritez mieux, même si je ne suis pas d'accord avec tout ce que vous demandez, que la bataille stupide des chiffres (puisque chacun d'entre vous était le Peuple) et le mépris du gouvernement qui va lacher quelques rouscailles qu'il avait de toute façon prévu de lacher dans le style "je vous ai compris", le gaullisme en moins.

Par laurent.epailly le 03/09/10
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 1 mois

"Je pense aux policiers qui se sont donné tant de mal pour retrouver ce délinquant, c'est bien difficilement compréhensible qu'on le remette en liberté dans ces conditions", a déclaré le président à la presse à l'issue d'une table-ronde sur l'industrie à l'usine Valinox Nucléaire de Montbard.

"Le ministre de l'Intérieur a dit ce qu'il convenait de dire en la matière", a-t-il ajouté sans autre détail.

Ces deux phrases sont celles prononcées par Notre Président et dont on a pris l'habitude, à l'égard du second braqueur présumé du casino d'Uriage pour lequel la Police estime avoir charges suffisantes et qu'un JLD a libéré, nonobstant un passé apparemment chargé.

Inutile de relever que, comme d'habitude, d'un suspect, l'on fait un délinquant avéré : le verbe présidentiel est ainsi fait que la présomption d'innocence, dont il est le premier garant, l'ultime garant, a été suspendu avant même son entrée en fonction à un croc de boucher.

Le Président est toujours certain, lui, de la culpabilité des gens avant qu'ils ne soient jugés. Hortefeux aussi.

Comme il est toujours certain de l'innocence d'autres, avant que les enquêtes n'aient abouties. Woerth aussi.

Et je ne vous parle pas des syndicalistes de Synergie qui, sans avoir lu une ligne du dossier (et s'ils l'avaient fait, mériteraient une sanction disciplinaire), sont convaincus, eux-aussi, qu'on a libéré un coupable.

Bref, je sais bien que ce que je vous écris là risque de vous agacer considérablement, car je sais bien aussi que 80% des lecteurs sont convaincus que l'on a libéré un coupable (il n'y a qu'à voir les commentaires rageurs et, pardon, souvent bébêtes, sous l'info sur orange ou dans le Figaro).

Néanmoins, je me permets de vous indiquer que le débat n'est pas là : le débat, celui qui s'est joué devant le Juge de la Détention et des Libertés (JLD), c'est celui des charges et des garanties de représentantion.

Ici, compte tenu des faits, les charges ont joué un rôle prépondérant et les preuves présentées par les policiers et le Parquet n'ont apparemment pas convaincu.

Dés lors, il y a deux hypothèses, avant de s'enflammer, sachant que, en toute dernière ligne des articles de journaux, du moins ceux qui ne virent pas au populisme, on lisait que l'avocat de ce garçon disait que le dossier ne recelait aucune preuve, si ce n'est des rumeurs :

* soit les charges présentées étaient pourtant suffisantes, objectives, et j'avoue, alors, que la libération de ce garçon est pour le moins surprenante et bien peu indiquée, compte tenu des faits et de son passé.

* soit les charges reposent bien sur la simple rumeur et sur la volonté des policiers pressés par leur hiérarchie de livrer un coupable potentiel, même n'importe lequel, un peu comme ceux de Tarnac : la libération est alors normale. C'est sous l'Antiquité Romaine qu'on mettait les gens en prison par la rumeur...

A un juge d'instruction de faire la lumière.