laurent.epailly

Par laurent.epailly le 29/06/11
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eu wouineuse.

J'apprends donc, car j'étais loin du monde ces deux derniers jours (pas d'internet, pas de télé, pas de radio, je ne pouvais pas beaucoup faire mieux...) que Christine LAGARDE, qui faisait campagne avec nos sous depuis un mois (j'aimerais bien qu'on nous montre les notes de frais et le prix des billets d'avion en executive class), est donc désignée au FMi en remplacement de DSK.

Bon, j'espère sincèrement que nonobstant un rapport pourtant explicite de la Cour des Comptes, elle ne sera pas poursuivie par la Cour de Justice de la République : après DSK qui nous a mis dans l'embarras, il serait de bon ton d'éviter le ridicule. L'image de la France, déjà bien dégradée, n'y survivrait pas.

Pour le reste, ce qui m'embête un peu, c'est que le monde entier va savoir de quoi on se contentait.

Cela dit, il est possible que notre médiocrité hexagonale était un champ d'action trop restreint pour une si belle mécanique intellectuelle : telle l'albatros, ses ailes de géante l'empêchaient de marcher alors qu'elle a besoin de voler au-dessus des nuées...

Du reste, j'ai toujours trouvé qu'elle avait une tête qui faisait penser à une mouette.

C'était une erreur : c'est un albatros femelle, qu'on en juge ci-dessous.

Par laurent.epailly le 29/06/11
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mais pous liquider, c'est maintenant !!!

Dans le cadre de la fiscalité qui n'augmente prétendument pas,

* après la création de 24 nouveaux impôts et taxes depuis 2007

* dont les derniers qui mettent fin à la gratuité de la Justice : 150 € pour ester en appel et 35 € pour ester n'importe où ailleurs, en gros,

* voici, badaboum, roulement de tambour, suspens insoutenable, la hausse du droit de partage de 1,1 à 2,5 %, soit 150 %.

Bon, à première vue, me direz-vous, ça ne fait pas bien lourd 1,1 à 2,5.

Oui, sauf que ça fait donc 150 % (et que ça m'étonnerait que votre salaire ait augmenté d'autant...) et que, le droit de partage, c'est la taxe que vous payez quand vous héritez ou que vous rachetez la part de votre conjoint.

Vous saisissez mieux ?

Voilà, par exemple, pour un bien valant 200.000 €, si vous rachetez la part de votre conjoint, vous payez 2.200 € aujourd'hui (bein oui, parce que, déjà, vous payez même pour votre part, sur la totalité de la valeur du bien...).

Demain, vous paierez 5.000 €.

Forcément, sur 200 €, c'est peanuts, mais vu le prix des biens immobiliers d'aujourd'hui...

Déjà, on rale.

Mais là où ça va vous achever, c'est la raison (la double raison, en fait) de la hausse vertigineuse :

1. Il s'agit de financer l'allègement de l'ISF.

2. On a supprimé la taxe sur les résidences secondaires en France des expatriés non-résidents et il faut bien financer la perte.

Sans commentaire.

Ou plutôt si : bande d'enfoirés.

Par laurent.epailly le 26/06/11
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Poursuites de nos réflexions sur l'école.

Luc Chatel nous a gratifié, en rafales, d'approximations pour certaines douteuses.

Ne jamais oublier que, sous nos latitudes, un ancien DRH de Loréal peut devenir Ministre de l'Education Nationale.

1. A l'égard des suppressions de postes d'enseignants (16.000 cette année), il met, en face, la bonne nouvelle : 17.000 enseignants recrutés cette année.

Bien. A première vue, élève François, ça fait bien 17.000 - 16.000 = 1.000 enseignants de plus, non ?

Et bien non, car il manque une donnée du problème : 32.000 enseignants partent à la retraite cette année, donc, la moitié non-remplacée, fait bien 16.000. Nos 16.000.

Sauf que ces 16.000 ci, ne sont pas ces 16.000 là.

Il y a, en fait (mais c'est évidemment fait exprès), 16.000 enseignants partant à la retraite non-remplacés, auquels s'ajoutent 16.000 suppressions de postes... Soit, 32.000, mais il est bien aisé de confondre les 16.000 ci, avec les 16.000 là.

Elève François, calculez le déficit.

2. Sur la triche au Bac.

La décision de Chatel est scandaleuse : geler l'épreuve alors que l'on ignore qui a triché dans le lot et qu'il s'agit donc d'une sanction collective. Juridiquement, c'était le pire à faire (mais en termes juridiques, on nous a habitué à prendre toujours la pire solution pour les deniers de l'Etat, comme pour le sacandaleux arbitrage Tapie), car la voie est ouverte à un recours (mais ils s'en foutent, ça durera des années).

Bien sur, l'idéal aurait été de faire repasser l'épreuve de math. Mais, vous savez quoi ? On a déjà 3.000 copies de philo qu'on ne peut pas corriger faute de profs. Alors repasser une épreuve...

On a donc fait au plus simpliste, faute de pouvoir faire au plus juste.

J'ouvre un aparté sur cette affaire, même si Chatel n'y est sans doute pas pour grand chose, mais il faut compter avec l'esprit de servilité qui peut animer parfois le Parquet, allant au-devant des désirs de l'Exécutif : il est tout de même scandaleux d'avoir pu requérir la mise en détention de ces élèves pour une simple affaire de triche avec une mise en examen, par ailleurs, un peu tirée par les cheveux pour certains chefs. Ce qui n'aura été demandé ni pour un Tron, mis en examen pour viols en réunion, ni pour un Dray dont la confusion entre l'argent d'une assoce et ses poches est prouvée par son rappel à la Loi.

Mais il fallait faire vite et frapper fort.

Ces gamins n'ont, apparemment, pas perçu un sou et ont plutôt cherché à partager la bonne aubaine.

C'est mal, parce qu'il faut bien reconnaître que nous avons, de plus en plus, des générations de tricheurs que cela n'effraie plus, mais qu'il faut aussi mettre en perspective avec des exemples aussi parlants que le mensonge politicien permanent, les fraudeurs aux cotisations sociales et la fraude fiscale, qui ne sont pas le fait des lycéens...

Quand les "grands" ont des comportements de voyous, il est malhonnête d'exiger des "petits" des comportements de Bénédictins.

3. Sur l'affaire de Florensac.

Il s'agit d'une affaire terrible qui a vu un gamin de 14 ans, pour un motif qui est toujours futile après, venir frapper une gamine de 13 ans qui en est décédée.

Le Parquet de Béziers a su résister à la dictature de l'opinion et retenir la qualification qui semble, actuellement, la plus adéquate : coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner.

Cela n'enlève rien au drame, ni à la perte, ni au chagrin, mais c'est la transcription de la réalité connue des faits.

Mais de grâce, que Chatel ne vienne pas nous dire, parce qu'il ne faut pas de vague, qu'il s'agit "d'une bagarre d'élèves qui a mal tourné...". Dans une bagarre, il faut être au moins deux.

Il y a des stupidités qu'un Ministre de l'Education n'a pas le droit de dire.

Par laurent.epailly le 26/06/11
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Quelques réflexions sur l'école en vrac :

A tout seigneur, tout honneur, la sortie au mot près de Notre Président, Premier Ministre, Chef des Armées, chef de tout en fait, donc de l'Ecole :

« Je soutiens la rentrée 2011 telle qu'elle a été préparée par le ministre. Pour la rentrée 2012, je souhaite que l'école primaire bénéficie d'un traitement particulier.» Et il précise : « A la rentrée 2012, nous ne procèderons, hors démographie, à aucune fermeture de classe à l'école primaire. C'est-à-dire (...) que le nombre de fermetures de classes n'excèdera pas le nombre d'ouvertures liées aux évolutions démographiques .»

En français normal, la traduction donne : pour septembre 2011, nous continuerons à fermer des classes, puisque nous ne remplacerons pas un instit sur deux qui part à la retraite. Mais pour septembre 2012 (sous-entendu, moi si je suis réélu ou mon successeur...), je m'engage (ou lui...) à ne pas fermer des classes sauf celles que j'aurais de toute façon fermées...

Moralité : il est où le progrés puisque cela à revient à continuer de fermer des classes (beaucoup) à la campagne et à ouvrir (peu) de classes dans les villes ?

D'autant que le système d'ouverture/fermeture de classes n'est pas mathématiquement identique (et que c'est là-dessus que jouent les gestionnaires de l'éducation nationale).

Attention, veuillez vous munir d'un litre de café noir et de Prozac :

Selon la taille de la ville où se situe l'école, les seuils de fermeture et d'ouverture de classe varient. Attention, ce n'est pas le nombre d'enfants dans chaque classe qui est pris en compte mais le nombre total d'enfants minimum ou maximum multiplié par le nombre de classe avant l'ouverture ou la fermeture.

Par exemple, dans une école primaire il y a 392 enfants pour 12 classes = 32,66. Normalement on doit pouvoir ouvrir une classe.

La règle résumée (!)

Pour les fermetures il faut :

En maternelle :

Selon le nombre de classes dans l'école et la ville le seuil varie entre 27 et 29 enfants. Cela explique pourquoi nos classes de maternelle sont de plus en plus surchargées.

En primaire :

Cela va de <=24 après fermeture à <=25,5 après fermeture + de 5 classes dans les grandes villes. Mais c'est souvent une moyenne ... Donc des classes à 32, des doubles niveaux ... Tout est possible.

Pour les ouvertures il faut :

En maternelle :

Plus de 28 pour 2-3 classes avant ouverture à plus de 31 avant ouverture pour + de 3 classes (toujours selon le nombre d'habitants dans la ville).

En primaire :

Plus de 25 à 26,5 avant ouverture.

C'est toujours plus facile de fermer que d'ouvrir et le comptage de début d'année est souvent décisif.

Vous avez compris ? Non ? C'est normal, c'est fait pour.

Enfin, en attendant, c'est simple :

* pour 2011/2012, on continue comme avant, comme depuis 2007/2008.

* pour 2012/2013, de toute façon c'est après mai 2012, alors les engagements, les promesses...

De Jules Ferry à Nicolas Sarkozy, le PPCM, c'est le "y".

Par laurent.epailly le 25/06/11
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Au cabinet, nous fonctionnons sur des principes dont, certains, relèvent de la marque de fabrique et demeurent donc rigoureusement couverts par le secret défense (hé hé).

D'autres maximes peuvent être partagées.

Souvent, nous aimons à les rappeler aux clients, aux confrères, aux magistrats et à nous même... quand nous nous éloignons de la ligne.

En cette pause de fin de semaine, voici notre première maxime :

"Plus on hésite à choisir, plus le risque d'avoir ce qu'on ne voulait pas augmente...".

Veuillez noter que le paradoxe n'est qu'apparent : dans un choix, il est vraiment rare que les deux propositions se valent vraiment. Et plus on hésite à choisir la meilleure solution, plus on a, en effet, de risques que ce soit l'autre qui nous échoisse.

Par laurent.epailly le 24/06/11
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L'enquête, la garde à vue, puis la mise en examen pour viols en réunion (et sous régime de témoin assisté pour une partie des faits) et enfin, le contrôle judiciaire, de Georges Tron sont exemplaires.

Pas de Claude Guéant pour exprimer sa conviction de la culpabilité.

Pas de Président de la République pour s'étonner publiquement, dans un discours bien troussé, de ce qu'un dysfonctionnement grave de l'Administration ait permis de nommer Ministre un prédateur sexuel polymorphe, violant des pieds et le reste avec.

¨

Pas de menottes (qui n'étaient pas justifiées, du reste, le risque de voir Tron prendre ses jambes à son cou étant objectivement faibles). Des "Monsieur Tron, pouvez-vous nous expliquer ceci ?" à la police, commissariat où je ne parierais pas qu'il ait dormi sur le châlis en bois dans l'odeur d'urine.

Une parfaite connaissance du dossier puisque les plaintes étaient publiées dans leur intégralité 20 jours avant la garde à vue sur Rue 89 (et que, du reste, ne nous y trompons pas, comme Dray avait eu droit à la copie de son dossier, l'Intérieur l'a depuis le début).

Plus d'un mois pour se préparer à l'inévitable convocation au commissariat, à la perquisition, (comme si on annonçait la veille à des trafiquants de stup qu'on va venir le lendemain...), à se concerter avec les co-mis en cause, voire, accusent certains, à organiser les pressions sur les victimes qui, contrairement à l'affaire DSK, ne font l'objet d'aucune protection particulière.

Deux juges d'instruction (ça, c'est plutôt mieux pour eux...) et, naturellement, un simple contrôle judiciaire sur une mise en examen pour faits de viols en réunion (qu'on appelle "tournante" chez les vulgaires en banlieue), sans interdiction d'exercer sur les lieux du crime présumé.

Le tableau sera complet lorsque l'on saura que depuis 2008, non content de percevoir son traitement de Ministre pendant 6 mois, un Ministre remercié (et il n'y en a jamais eu autant sous la 5° que sous ce mandat) retrouve automatiquement son poste de député (et ses émoluments) un mois après. Bel exemple de volontarisme politique dans la lutte contre le chômage.

Grâce à DSK qui a le bénéfice de l'antériorité de l'apparition en scène, du moins a-t-on évité les commentaires indulgents et sexistes sur "la solitude des hommes de pouvoir", le "nécessaire repos du guerrier", ce bien "pardonnable troussage de domestiques", ces femmes, finalement, toutes "avides" de se livrer à l'honneur d'être carambolées par un Homme de pouvoir...

Bref, vous l'aurez compris, Georges Tron bénéficie de conditions exceptionnellement favorables et exhorbitantes du droit commun pour se défendre (tant mieux pour lui), alors que le régime ordinaire du violeur en réunion présumé ordinaire, c'est celui de DSK avant son assignation à résidence : l'interpellation dans l'heure, les menottes, la perquisition dans la foulée, le flic moyennement aimable (parfois même avec la victime), la presse et le politique qui se déchaînent s'il y a un bénéfice à escompter, la geôle qui pue avant la cellule trop petite...

Elle est facile, mais Tron est bien l'arbre qui cache la forêt.

Par laurent.epailly le 21/06/11
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J'espère que vous avez reconnu le chanteur ?

Le 18 juin 2011 à Lille, lors de sa 31e assemblée générale, l'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) a réélu à sa présidence Jean-Luc Romero pour une durée de 2 ans. Il s'agit de son 3e mandat.

A cette occasion, Jean-Luc Romero a indiqué sa volonté de mettre la question de la légalisation de l'euthanasie au coeur des campagnes électorales de 2012, présidentielle et législatives. Il a également annoncé la tenue d'une manifestation publique à Paris le 24 mars 2012 durant laquelle les candidats à la présidence de la République pourront présenter leur projet concernant la fin de vie et l'euthanasie en France.

Vous savez, d'ailleurs, qu'en Suisse une votation vient de maintenir le "tourisme de la mort", puisque la Loi continue de permettre l'assistance au suicide des étrangers, alors que cette transhumance particulière où l'on monte sans jamais redescendre, agace certains comme le tourisme du cannabis en Hollande.

C'est en tout cas l'occasion pour nous tous de réfléchir à la question puisqu'elle va débouler dans le débat politique, sans doute avec le mariage homosexuel et aux côtés des vedettes incontestées et plébiscitées à chaque fois : délinquance, chômage et coût de la vie...

Par laurent.epailly le 21/06/11
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La vraie-fausse interpellation d'Aurore Martin, membre du parti Basque Batasuna, de nationalité française, dans des conditions rocambolesques appelle les commentaires suivants, pour vous permettre de mieux comprendre.

1. Aurore est membre de Batasuna, parti politique indépendantiste Basque, autorisé en France et interdit en Espagne depuis 2003, comme présumée vitrine légale d'ETA, la branche armée de l'indépendance, responsable de nombreux attentats, notamment contre la Guardia Civil espagnole.

2. le terrorisme Basque, il faut remonter à 1936 pour le comprendre un peu : dés le coup d'Etat de Franco, la Province Basque se range aux cotés du gouvernement républicain, comme la Catalogne; Ces deux provinces vont payer très cher le ralliement, notamment le Pays Basque avec Guernica et la prise de Bilbao.

La répression d'après guerre est terrible et, plus que les autres, les militants basques sont garrotés.

Disons que sous Franco, le terrorisme basque a bien des excuses qu'il n'a plus depuis l'avènement de la démocratie en 1977 (et pas 75, qui n'est que la mort de Franco). Il est clairement dans l'impasse.

3. 8 jours après les attentats du 11 septembre (à croire que certains n'attendaient que cela), l'hypothèse d'un mandat d'arrêt européen permettant de faciliter les extraditions intra-européennes est lancé.

Tout va très vite et il est adopté dés 2002 et en 2004 en France.

4. Le mandat d'arrêt européen a été institué par la décision cadre 2002/584/JAI, du 13 juin 2002, après avoir été approuvé au niveau politique lors du Conseil européen de Laeken (décembre 2001), peu après les attentats du 11 septembre 2001. Il permet une simplification des procédures d'extradition entre États membres de l'Union européenne, via leur automatisation judiciaire.

Il est défini comme toute décision judiciaire adoptée par un État membre en vue de l'arrestation ou de la remise par un autre État membre d'une personne aux fins de :

- l'exercice de poursuites pénales ;

- l'exécution d'une peine ;

- l'exécution d'une mesure de sûreté privative de liberté. (Wikipédia)

5. les contraintes sont tellement légères que, par exemple, pour un simple vol de porcelet, un lituanien fut extradé de Grande Bretagne.

En tout, pour lutter manifestement contre un terrorisme de grande ampleur qui nous aura échappé, 14.000 MAE ont été mis en oeuvre en Europe depuis 2002, ce qui est colossal.

6. On a découvert peu à peu ses effets, dont celui de placer la France en situation de contradiction avec sa propre législation : la justice française a ainsi extradé le 12 août 2010 vers l'Espagne le journaliste et militant basque Jon Telleria, soupçonné d'être un dirigeant de l'organisation de jeunesse indépendantiste Segi. Or Segi est autorisée en France mais interdite depuis 2007 en Espagne. Un magistrat espagnol soupçonne l'organisation de liens avec Batasuna, également légal en France mais interdit en Espagne en 2003, en tant que « vitrine légale » d'ETA.

Non seulement c'est donc pour son activité politique que Telleria risquait douze ans de prison en Espagne, mais par le miracle de la reconnaissance judiciaire mutuelle, la France se contredisait alors en reconnaissant, le temps d'une extradition, le caractère criminel d'une activité qu'elle juge pourtant légale « en temps normal ». La cour d'appel de Pau a entériné le MAE contre Telleria. C'était le quatrième militant basque que la justice française renvoyait depuis le début de 2010.

7. Avec Aurore Martin, pour laquelle un MAE a été délivré par un Juge Espagnol pour les mêmes motifs, on a franchi un palier dans la découverte, car elle est française...

Or, la Cour d'Appel de Pau, dans un premier temps en juin 2010, a d'abord refusé son extradition, car elle est française, avant de se raviser en décembre 2010 et d'autoriser son extradition, le Parquet dont on connait le caractère farouchement indépendant en France, ayant fait valoir que, justement, le MAE s'appliquait aussi aux nationaux... Ce qui est proprement stupéfiant : dans aucun Pays on n'extrade ses nationaux, sauf à l'intérieur de l'Europe ou quand ce sont les Américains qui demandent secrètement pour torturer à l'aise à Guantanamo ou dans les prisons sous-traîtées de Pologne ou d'ailleurs.

C'est ça qui est bien avec le droit européen, c'est qu'on en découvre sans cesse dans les petites lignes et de quoi alimenter en voix les partis d'extrême droite sans qu'ils n'aient besoin de se fatiguer. L'Europe actuelle nous prépare, au mieux, au poujadisme, au pire au fascisme.

Bref, de cela nous tirerons deux leçons.

La première, puisque le bon soldat Guéant a dit que le Mandat sera exécuté et que donc, ce n'est que partie remise, on s'apperçoit que l'on met autant d'énergie à faire revenir des condamés français de l'étranger qu'à extrader des français innocents à l'étranger.

La seconde, c'est que si j'écris que Berlusconi, par exemple, est un vieux pervers indigne, les Suisses, qui adhèrent au MAE et à l'espace Schengen et chez qui il existe le délit d'outrage à chef d'Etat étranger, ou les Italiens, peuvent délivrer un MAE contre moi et je pourrais être extradé sans état d'âme par Guéant.

On marche vraiment sur la tête.

juin
19

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Par laurent.epailly le 19/06/11
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Par laurent.epailly le 19/06/11
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