laurent.epailly

Par laurent.epailly le 30/07/11
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On apprend aujourd'hui que 4 des personnes ayant aidé Jean-Jacques TREIBER lors de son évasion de la prison d'Auxerre (TREIBER est soupçonné d'avoir assassiné Géraldine GIRAUD et sa compagne Katia LHERBIER, mais dont le suicide a mis fin aux poursuites pénales) seront poursuivies en correctionnelle pour "recel de malfaiteur".

Ce délit est déjà assez amusant à prononcer : receler un malfaiteur...

Il est, en fait, un délit proche du recel de déserteur (consistant à soustraire un militaire à ses obligations), et consiste à cacher sciemment l'auteur d'une ou de plusieurs infractions, ou même à lui apporter une assistance quelconque, afin de l'aider à échapper aux recherches de la force publique.

Il est prévu et réprimé par l'article 434-6 du Code Pénal :

"Le fait de fournir à la personne auteur ou complice d'un crime ou d'un acte de terrorisme puni d'au moins dix ans d'emprisonnement un logement, un lieu de retraite, des subsides, des moyens d'existence ou tout autre moyen de la soustraire aux recherches ou à l'arrestation est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45000 euros d'amende. Les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75000 euros d'amende lorsque l'infraction est commise de manière habituelle.

Sont exceptés des dispositions qui précèdent :

1° Les parents en ligne directe et leurs conjoints, ainsi que les frères et soeurs et leurs conjoints, de l'auteur ou complice du crime ou de l'acte de terrorisme ;

2° Le conjoint de l'auteur ou du complice du crime ou de l'acte de terrorisme, ou la personne qui vit notoirement en situation maritale avec lui."

Vous noterez que, comme pour le recel de déserteur, il existe une immunité familiale datant de la guerre de 1914 : le Législateur a très vite compris qu'il serait vain de poursuivre une mère ou une fiancée cachant un fils ou un amoureux afin qu'il ne retourne pas aux tranchées.

Il en va de même pour un prisonnier.

Le problème est ailleurs : le texte dit bien que l'on doive avoir caché (recelé en wallon signifie caché, pas détenir frauduleusement, comme en français) l'auteur d'un crime ou d'un délit.

Sauf que s'étant suicidé, il me semble que, sauf erreur, TREIBER n'a jamais été déclaré coupable.

Et quand bien même, avant d'être jugé, on ne peut être coupable : on ne le devient qu'a posteriori.

La question est donc : peut-on avoir recelé, au sens précis du texte, un présumé innocent d'un crime au moment où on le recèle ?

Je tente la relaxe pour défaut d'élément légal.

Par laurent.epailly le 29/07/11
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Vu que la presse ne nous dit pratiquement rien de ce qui se passe en Libye (blackout gouvernemental, manifestement), voici ce que l'on trouve de ci, de là, sur les organes de presse notamment étrangers.

Nous sommes dans le merdier le plus total, quoi que les grandes lignes s'éclaircissent :

1. l'assassinat, aujourd'hui, du général commandant les forces armées de "la rébellion", avec deux colonels ralliés (à ne pas oublier) en plein Benghazi n'est évidemment pas sans rappeler celui de notre compatriote français, venant de Carcassone (donc ancien militaire au 3° RPIMA si ma mémoire est bonne et, surtout, gérant d'une société militaire privée - interdite en France, pourtant), assassiné dans les mêmes conditions, manifestement par nos "alliés".

Paris n'a jamais communiqué ni sur l'un, ni sur l'autre, ce qui n'est pas très bon signe. D'autant que les corps ont été emportés par les tueurs, ce qui est proprement stupéfiant : ça m'étonnerait qu'ils veuillent un trophée empaillé pour décorer leur salon...

Et d'ailleurs, y a t il seulement une instruction ouverte en France pour assassinat de notre compatriote ?

2. il est quand même bon de savoir que YOUNES (le général) est l'ancien ministre de l'intérieur de KHADAFFI, celui qui avait fait incarcérer (et torturer les infirmières bulgares) et qui s'était rallié au "CNT" dés le début, manifestement pour se refaire une virginité.

Le pire, c'est qu'il savait tout des tractations avec Paris pour faire sortir lesdites infirmières et, surtout, sur les contreparties que Médiapart semble devoir mettre en lumière aujourd'hui (sur ce qui semble être un gros mensonge de Guéant aux députés - mais bon, un politique qui mentirait, ça ne serait pas le premier. C'est consubstantiel à l'activité, je dirais).

3. Si on ajoute qu'on a échoué à tuer KHADAFFI de quelques coups au but et qu'on en est donc réduit à négocier et son départ, et son silence (cela dit, toute déclaration de ce dernier ne serait pas non plus à croire sur parole...) et que quelques barbus pas sympas semblent s'être emparés d'une partie de l'armement récupéré sur les forces loyales au Libyen ou livrées par nous et que les gens du CNT n'apparaissent pas être des démocrates (la preuve, prendre avec eux l'ancien Ministre de l'Intérieur du régime avec eux, c'est comme si on avait gardé Laval premier ministre en 1944)...

On en conclue donc que nous voilà dans un marigot des plus pourris avec billard à trois bandes...

Par laurent.epailly le 29/07/11
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Peu d'entre-nous s'en souviennent, mais il existe encore quelques Lois prises dans les années 1974/1978, jamais abrogées et qui, pourtant, ne trouvent pas à s'appliquer aujourd'hui.

C'est qu'à cette époque, on écrivait encore simplement (en français compréhensible, qui plus est) : une Loi, un principe.

Et, surtout, qu'on pensait qu'il suffisait d'écrire un texte de Loi pour qu'il soit respecté.

Et il est vrai que le respect de la Loi était bien plus important à cette époque qu'aujourd'hui, y compris par tous ceux qui nous font l'amorale (*) (les vieux, les jeunes, les riches, les pauvres, les politiques, les flics...).

Le problème, c'est qu'entre temps, notre monde a changé.

D'un Giscardisme de transition (mais qui a poussé les murs) on est passé "de l'ombre à la lumière" (et on a carrément fait exploser les murs...) et, à côté d'aspects positifs dans la société et le monde du travail, commencèrent alors les années fric et magouilles, l'avidité de ceux qui furent tenus trop longtemps éloignés du pouvoir.

Plus grand chose d'irréprochable dans notre République depuis, nonobstant les protestations des uns et des autres : HLM, financement des partis, Karachigate, fraudes fiscales, gros chèque à Tapie, le petit Jean pour prendre la tête de l'EPAD...

Bref, l'inconvénient c'est que lorsque le sommet se délite, la base devient individualiste et donc, pour en revenir à notre problème, chacun créé son corps de règles qu'il accepte ou sa propre religion.

Et pour dévider ce succinct tableau, la Loi n'est plus qu'une option, contestée par le plus grand nombre, sauf à être coercitive.

Pour en revenir à nos Lois de la décennie 1970, c'est ainsi qu'en 1975 fut prise une Loi toute simple mais évidente : tous les bâtiments recevant du public devront se rendre accessibles aux handicapés.

Pas de sanction, donc, on s'en doute, peu d'effets...

Donc, en 2005 (période de feu d'artifice électoral de Jacques CHIRAC qui achevait son dernier mandat de Président), on décide avec un volontarisme pré-sarkozyen, que d'ici 2015 , "tous les bâtiments recevant du public seront accessibles aux handicapés".

C'est du lourd, sauf qu'on n'a mis aucun budget sur la table.

Depuis, seuls 16% du total est accesible, à 3 ans et demi de l'échéance : mission impossible.

Et puis, il faut le dire sans esprit de polémique, l'actuel gouvernement compte plus d'amis dans le BTP que dans le handicap. C'est pour cela que depuis 2007, les propositions de loi (on laisse faire le sale boulot à un obscur député) visant à obtenir des dérogations se multiplient.

La dernière en date, c'est le pompon : un député UMP quelconque (le nommer est inutile) a tenté par la Loi du 13 juillet 2011 de voir octroyer des dérogations pour des immeubles à construire...

On peut admettre que pour des bâtiments historiques, ce soit compliqué et que le coût éventuel soit un problème.

Mais pour des bâtiments neufs qui peuvent intégrer l'accessibilité dés la conception, cela relève de la mauvaise foi crasse.

D'autant qu'on l'oublie souvent, mais l'accessibilité, ce n'est pas une fleur faite à 6% de la population, c'est une conception du vivre ensemble avec des personnes de plus en plus âgées, des blessés, des parents avec poussettes...

L'accessibilité c'est un problème qui touche toutes les personnes dont la mobilité est définitivement ou provisoirement réduite.

Heureusement, le Conseil Constitutionnel vient de censurer cette disposition :

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/l...

Mais ne nous leurrons pas : un rapport sur commande (de qui vous savez) a été rendu au mois de juin par le sénateur UMP Eric Doligé dans lequel il proposait de changer la définition même de l'accessibilité. Plutôt que de donner aux personnes handicapées la possibilité d'occuper un bâtiment exactement comme un valide, ainsi que le prévoyait la loi de 2005, le parlementaire s'était prononcé pour un accès à toutes les fonctions du bâtiment en tolérant que les personnes handicapées n'aient pas accès à toutes les surfaces. Un changement de taille qui reviendrait à faire passer les handicapés par le monte-charge ou le local poubelle, selon certaines associations (ce qui me semble un peu excessif, même si on comprend bien que l'on maintient l'option "second choix").

Le Président de la République a sollicité que ce rapport soit repris en proposition de Loi... selon la méthode bien rôdée maintenant : un rapport dont on a déjà écrit les conclusions = proposition de Loi déjà écrite = Loi, ce qui semble inverser le processus usuel.

Mais bon, dans le social, il ne faut jamais se fier aux engagements pris, même quand ils sont datés et affirmés avec force.

Exemple :

(*) Je voulais écrire "la morale", mais j'ai commis un lapsus de clavier et j'ai trouvé la formule jolie, alors je l'ai laissée...

Par laurent.epailly le 22/07/11
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... à la presse de caniveau en général aussi.

On en a parlé hier, sur l'affaire du chien mordeur, évoquant cette presse qui ne se consacre plus qu'au fait sensationnel, se refusant à toute investigation et, surtout, tout suivi.

Avec DSK, on le voit, on va plus loin : le conditionnel n'existe plus, la moindre rumeur est affirmée, le moindre micro-fait innocente ou accable; surtout s'il s'y étale, sans vergogne, non pas sans doute un complot, mais d'évidentes arrières pensées politiciennes. C'est simple : DSK, c'est trois Une du Figaro par jour sur le net. Et si l'on peut y embarrasser Hollande en tête des sondages, allons-y ! Et si, demain, on peut affirmer qu'une amie par alliance de la tante du cousin de la mère de la soeur du demi-frère de Tristane Banon aurait croisé Aubry dans un couloir, celle-ci est bien sur suspecte.

Naturellement, cette Norvégienne de Joly n'est sans doute pas innocente, puisqu'un juge d'instruction sait tout sur tout, c'est entendu.

Au bout d'un moment, c'est l'écoeurement.

Bref, à ma modeste échelle, j'expérimente régulièrement cette prsse approximative qui joue sur le Ducon-Lajoitisme de trop de nos compatriotes.

Lisez cet article, sachant que Amel BELLOULOU et moi même sommes les deux avocats (désignés d'office...) du mis en cause.

Si vous faites abstraction des approximations juridiques du texte, qu'y manque-t-il à votre avis ?

http://www.midilibre.fr/2011/07/16/guerre-juridique-autour-du-meurtre-du...

Voilà.

Il manque juste le point de vue de ceux qui ont lancé la procédure.

C'est ainsi que l'on fait son métier de journaliste aujourd'hui.

Par laurent.epailly le 21/07/11
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Vous avez tous entendu parler de cette malheureuse enfant mordue par un chien (Bull-terrier - celui de "pappy Boyngton").

Le chien sera euthanasié; telle est la volonté de son maître.

Bon, reprenons un peu dans l'ordre :

1. Ce chien a un passé difficile - comme l'on dirait pour un délinquant ordinaire - puisqu'il avait été retrouvé il y a un an, auprès du cadavre de son maître décédé 15 jours auparavant, dont il avait du se nourrir pour vivre.

2. Ayant agi, en quelque sorte, par état de necessité, le chien fut considéré comme n'ayant pas attaqué volontairement un humain et fut donc grâcié par le Procureur qui le remit à la SPA.

3. Un an après, il est adopté par une famille, laquelle, d'abord éconduite, serait revenue à trois reprises au refuge avant d'emporter le morceau et le chien avec. C'est dix jours après que, étant sur le canapé sans surveillance particulière, le chien, après avoir grogné une première fois envers l'enfant de l'adoptant qui venait vers lui en levant la main, sautait au visage de la fille d'un couple d'amis qui s'approchait également.

4. Là, les versions divergent :

- le nouveau propriétaire affirme ne pas avoir été avisé du passé du chien, faute de quoi, il ne l'aurait pas pris. Il a d'ailleurs, comme les parents de l'enfant, déposé plainte contre la SPA (on imagine au pénal, mais les journaleux sont souvent approximatifs avec les termes juridiques - je vous en reparlerai bientôt, tiens).

- le refuge dit les avoir avisé. Du reste, j'ai tendance à les croire en première analyse. D'une part, parce que c'est l'usage dans les SPA qui recherchent toujours un placement adapté au chien (un retour de chien, c'est pire qu'un chien qu'on n'adopte pas...).

D'autre part, si cet animal, qui est très à la mode, est resté un an au refuge, c'est sans doute parce que beaucoup d'adoptants potentiels se sont récusés une fois connue son histoire : ce type de chien ne fait pas un mois de "centre de rétention canin"...

Enfin, la famille est venue à trois reprises, subissant deux refus (dont le premier parce qu'ils avaient un jeune enfant), refus qui ont forcément été motivés et pour lesquels la famille adoptante a du revenir avec une contre-argumentation.

Au final, on peut tirer quelques conclusions provisoires ou définitives :

* les plaintes contre la SPA n'empêcheront pas, de toute façon, de faire jouer les dispositions de l'article 1385 du Code Civil : on est responsable d'un animal que l'on a sous sa garde (article d'ailleurs intéressant, puisque, cumulé à l'article 1384, il prouve qu'un animal n'est pas une chose...). C'est donc le propriétaire ou son assurance qui paieront, et c'est normal.

Il faut, de toute façon, mobiliser des fonds pour rendre un visage à cette enfant qui n'y est pour rien.

* ces plaintes - dont il faut attendre le résultat, mais le saurons-nous jamais ? (avec les journaleux, on peut douter) - visent sans doute à déculpabiliser les parents et le propriétaire : honnêtement, ils n'ont pas été prudents. Ce chien vient d'arriver, qui plus est de la SPA et on n'en connaît rien (ou on a été averti et on s'en fout - pire, on compatit). On ne peut le laisser, déjà sur le canapé (très dangereux ça, le chien se prend pour le maître des lieux, si on n'est pas ferme avec lui), grogner sur un enfant.

* par ailleurs, cette affaire a, évidemment, relancé le débat sur les chiens "dangereux". La presse a besoin de sans cesse monter les oeufs en neige.

Tout ça, c'est de la foutaise : tous les chiens sont dangereux et on ne compte plus les Yorks à leur mémère qui mordent la main tremblotante qui les nourrit. Un chien est dangereux parce qu'il est jeune, parce qu'il a peur, parce qu'il n'est pas à sa place, parce qu'il est mal élevé, parce que ça lui prend...

En revanche, il est exact que certains chiens, bien équipés et sélectionnés pour certaines aptitudes sont évidemment beaucoup plus dangereux, en ce sens que leurs morsures peuvent être très cruelles. remarquez, le fox-terrier est un tenace qui mord très fort.

* enfin, on notera sans plaisir que ce pauvre animal va être euthanasié pour récidive, en quelque sorte.

Pas de prise en compte de son passé, des circonstances de sa jeunesse, de sa vie derrière les barreaux. Aucune circonstance atténuante. On ne recherchera même pas si son discernement n'était pas aboli ou altéré au moment des faits (du reste, ça lui serait une circonstance aggravante). Il aura passé 10 jours de liberté dehors, sans doute choisi plus comme accessoire de mode et de frime que pour sa truffe, et il est dans le couloir de la mort.

Après avoir aboli heureusement la peine de mort pour les humains, on pourrait songer à l'abolir pour les animaux. Non ?

Par laurent.epailly le 19/07/11
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Cet article de Gènéthique :

"Aux Etats-Unis, Marissa Evans, mère d'un jeune homme de 21 ans mort en 2009 à la suite d'une importante lésion cérébrale, veut faire appel à une mère porteuse afin d'avoir un petit-fils de son fils décédé.

Après avoir subi 2 opérations, son fils Nikolas ne s'est jamais réveillé. Avant que les médecins n'arrêtent l'appareil maintenant son fils en vie, Marissa Evans avait demandé le droit de prélever le sperme de son fils. Le juge ne s'y est pas opposé et Mme Evans est partie à la recherche d'une clinique à l'étranger lui permettant de recourir à une mère porteuse. Au Mexique, une clinique lui a proposé d'utiliser l'une de ses mères porteuses pour 18 000 £. Elle fait désormais appel à des dons pour pouvoir payer cette somme. Elle ne rencontrera jamais la mère porteuse mais elle a choisi la donneuse d'ovocytes à partir de plusieurs profils.

Beaucoup critiquent son projet, y compris son ex-mari, père de son fils."

Commentaires : on s'essayera à sortir des commentaires du style pouah fi beurk, car n'oublions jamais que derrière toutes ces demandes, on parle d'abord de douleurs morales.

En France, on sait que cette configuration est impossible : on ne fait pas parler les morts - quoi que.

En effet, un mariage posthume demeure possible, pour autant que des préparatifs sérieux manifestent la volonté du futur conjoint disparu. De même, dans les hypothèses de décès subit, le consentement au prélèvement d'un greffon ressort usuellement de la volonté du de cujus telle qu'elle est exprimée par la famille.

Disons que nous retrouvons le régime ultra-libéral américain avec ses défauts et ses avantages.

A mon sens, la demande de cette femme se heurte à plusieurs difficultés morales, puisque l'on croit savoir que la faisabilité technique et judiciaire ne sont pas en cause.

Premier élément : qui dit que ce jeune homme voulait un enfant ? En aucune manière, il n'avait mis de côté son sperme au cas où, même si l'on croit comprendre que la mort semble faire suite à un accident : à 21 ans, on pense rarement à l'accident, mais la question de lui donner une descendance post mortem sans son consentement express demeure posée.

Deuxième élément : il découle de la première question : quel droit-a-t-on de faire naître délibérément un orphelin ? La question s'est posée en France avec l'affaire Justel qui sollciitait la restitution du sperme de son compagnon décédé et souhaitait les récupérer. Refus des juridictions civiles (CA Rennes mai 2010).

A cette occasion, un pédo-psychiatre avait expliqué la différence fondamentale entre devenir orphelin et naître orphelin : situation où le père, pour le coup, n'aurait existé que dans la parole, voire l'idéalisation et la toute-puissance de la mère.

Moralement, cela reste douteux, même si la jurisprudence Perruche à l'origine de la loi du même "nom", a pris le soin de rappeler que l'on n'avait pas de préjudice à naître.

Troisièmement, enfin : que veut exactement la mère ? A l'évidence, c'est un prolongement de son fils décèdé et, plus exactement, tenant le soin dans le choix de la donneuse d'ovocyte, une sorte de clonage qui ne s'avoue pas.

C'est à dire la plus compréhensible, pour une mère, mais la plus vaine des raisons pour donner la vie, comme pour le bébé-médicament, mis au monde pour servir de réservoir de pièces détachées à un frère déjà né. Pas que pour cela, mais quand même pour cela.

Tout ceci fait un peu penser à ces richissimes qui clonent leur animal de compagnie favori, manière de le faire vivre indéfiniment (alors que c'est la personnalité de leur animal qui le rend unique - personnalité qui ne peut être clonée - et qu'un autre animal unique les attend à la SPA ou ailleurs) ou le font trôner, empaillé, sur le buffet...

Tout cela demeure bien triste, mais le propre d'une condition humaine mâture, c'est d'accepter la mort terrestre, au moins (mais croire en la vie future, c'est aussi manière d'échappatoire), comme une étape inéluctable.

Par laurent.epailly le 16/07/11
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tout simplement odieuse !

Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre de quoi sera faite la campagne présidentielle de 2012, entre un Président massivement rejeté pour son style, et qui n'a aucun bilan sérieux à défendre, et des challengers qui pensent avoir tous une chance, pourvu qu'ils se présentent.

Les développements autour d'Eva JOLY, qui ne sont que le continuum de l'affaire DSK, qui s'essoufle (*), sont particulièrement odieux : on se croirait revenu en 1934/36, quand les saloperies mensongères d'une classe politicarde veule et amoureuse de l'Ordre (Laval, Déat, Doriot...) s'apprêtant à capituler et devancer les désirs de l'Allemagne Nazie, provoquaient le suicide de Roger Salengro.

Bein oui, les collabos de 1940, ils ne sont pas venus ex-nihilo, ils existaient avant.

Naturellement, nous ne sommes pas dans le même registre, mais les mots sont les mêmes : en gros, qu'elle rentre chez elle la grosse norvégienne qui ne cause même pas le français.

Déjà, pour ce qu'il en est du français, celui du Président ne brille pas par son académisme. Lefevbre l'avait même excusé, stupidement du reste, en disant que cela fait peuple : comme si le peuple devait absolument parler un français médiocre...

Je viens du peuple et je vous conchie.

Ensuite, qu'est-ce que c'est que ces propos qui reviennent, une nouvelle fois, sur ces Français de seconde zone, les naturalisés ?

Eva JOLY a été assez française pour être juge d'instruction, elle serait trop étrangère pour avoir une opinion, même non-majoritaire et être candidate d'un Parti Politique à la Présidentielle ?

Celui qui dira que Nicolas SARKOZY devrait retourner en Hongrie, dont une Loi de 1993 puis 2003 lui donne la nationalité, est un con.

Celui qui dira que COPPE n'est pas français parce que sa mère est d'origine Algérienne est un con.

Celui qui évoque la judéïté de FABIUS comme argument politique est un con.

Et donc, celui qui veut renvoyer Eva JOLY en Norvège est un con, et pire, un délinquant incitant à la haîne raciale : je serai d'Eva JOLY, je leur collerai une plainte aux fesses.

On le voit, ce ne sont pas les cons qui manquent, surtout quand des cons plus hauts placés, dont on pourrait attendre un peu plus de hauteur de vue, les caressent dans le sens du poil au lieu de faire oeuvre de pédagogie.

En 2012, votons donc DUCON, nous resterons dans le ton.

P.S : de toute façon, au risque de me répéter, depuis que des députés ont pu traîter impunément Madame VEIL de nazie en 1974, sans aller pointer au chômage de l'Assemblée Nationale, je crois que tout est possible.

(*) Ne jamais oublier que, finalement, DSK a sans doute rendu service à la gauche en succombant à NEW-YORK. En quelque sorte, il a devancé l'appel, parce que LEFEVBRE l'avait dit (c'est un bavard, ce LEFEVBRE...) : "nous avons un dossier qui sortira en temps et heure", c'est à dire à 15 jours du premier tour...

Par laurent.epailly le 14/07/11
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Comme vous vous en doutez, j'ai regardé le défilé du 14 juillet (que je crois n'avoir jamais manqué, depuis que mes parents ont eu la télé...).

Bein oui, sans jouer les anciens combattants, les jeunes lecteurs apprendront avec stupéfaction, que fin des années 60, courant des années 70, la télé était en noir et blanc, il fallait ajuster la longue antenne à deux brins, il fallait se lever pour changer de chaîne (mais ça, c'était peu fréquent, vu qu'il n'y avait que deux ou trois chaînes, c'est selon), il n'y avait pas de magnétoscopes et on tournait le cadran du téléphone pour faire un numéro (en revanche, il y avait plein de cabines téléphoniques).

Et encore, nous habitions en Allemagne, ce qui nous avait assuré un certain saut technologique par rapport aux compatriotes français, dont je rappelle que, pour beaucoup, ils avaient encore vivant un aïeul qui avait connu la guerre de 14 et qu'en Bretagne, la terre battue était encore fréquente dans les fermes.

Bref, j'ai donc regardé le défilé en amateur éclairé et ai entendu Madame Joly proposer d'en finir avec le défilé militaire.

En première réaction, on râle un peu.

Pour autant, si on revient un peu sur la prestation, on ne peut que constater que :

* sans les élèves des écoles militaires, de pompiers et de la police, on a presque les deux tiers du défilé à pieds en moins...

* sur le défilé à pieds, on relève que les régiments, certes colonel en tête, sont réduits à la valeur d'une compagnie tout au plus.

* sur le défilé motorisé, j'ai compté 6 chars Leclercs, 6 AMX 10 RCR, ce qui fait léger pour deux régiments de cavalerie.

* 1 Rafale pour l'aérien, 2 Mirages

* la Légion réduite aux traditionnels sapeurs, la Musique, le 1° RE au petit tiers.

* pour meubler, un Etat-Major, deux GSBDD; un numéro tenant d'un mélange de cirque et de comédie musicale par les pompiers (sympa quand même) et une prestation des rugbymen du Pacifique, outre la traditionnelle chorale.

Bref, sans esprit de polémique, ça reste esthétique et c'est une reconnaissance méritée pour l'armée, mais, année après année, ça devient tellement cheap que la question du maintien se pose objectivement (au-delà des problèmes de coût, parce qu'on en gaspille bien d'autre dans des bêtises) : parce qu'à force de diluer pour continuer de faire croire, ça va finir par se voir.

Par laurent.epailly le 13/07/11
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"Aujourd'hui plus que jamais, nous mesurons à quel point cette réforme constitutionnelle est indispensable pour assurer la crédibilité financière de notre pays et garantir l'indépendance économique des générations futures", a déclaré au nom du gouvernement le ministre de la Justice, Michel Mercier, qui a remplacé Valérie Pécresse (Budget).

Ce projet de loi de réforme constitutionnelle institue des "lois-cadres d'équilibre des finances publiques" prévoyant sur au moins trois ans "le rythme du retour à l'équilibre" budgétaire, selon l'exécutif.

L'opposition a de nouveau voté contre lors de cette dernière consultation à main levée, dans une Assemblée réduite à quelques spécialistes de la commission des Finances.

En cas de Congrès à Versailles, le gouvernement aura donc du mal à regrouper une majorité des 3/5e.

"Amusez-vous tout seul", a lancé l'ex-ministre PS du Budget Henri Emmanuelli. "Quand on est à 1.800 milliards de dettes, contre 900 en 2002, on ne vient pas proposer à l'Assemblée nationale des règles pour limiter les déficits. C'est à la limite de la malversation intellectuelle", a-t-il ajouté. (Orange).

Commentaires : nul ne peut raisonnablement discuter le besoin de nous désendetter mais, pour le coup, alors qu'il s'agit du dernier budget qui sera voté par cette législature qui est au pouvoir depuis 10 ans et a vu augmenter le déficit budgétaire de 85 % (pas 100, Emmanuelli se trompe sur ce point, mais 100%, ça parle plus), l'avoir même creusé de 35 Milliards pour cause de grand emprunt et alors que l'accroissement relève bien davantage d'une cause structurelle que de la crise (de toute façon, 70 % du déficit est antérieur à la crise de mi 2008... - cf la Cour des Comptes), alors même que l'on ne peut raisonnablement être certain d'êttr encore au pouvoir dans dix mois, ça revient bien à glisser une bien belle peau de banane sous les pattes des suivants. Lesquels n'auront aucune marge de manoeuvre budgétaire.

Que ne l'ont-il fait en 2007 ?

juil
13

Et hop ...

Par laurent.epailly le 13/07/11
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...on prépare la guerre civile !

Voyez plutôt ces deux beaux décrets en vigueur ce jour :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=5C53443CFB7930BF...

http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT0000242870...

Mine de rien, sans faire preuve de paranoïa excessive, on se focalisera sur l'article 3 du premier décret, un "Fusil à répétition de précision de calibre 7,62 × 51 mm et ses munitions" ça sert à faire un tir de précision...

S'y ajoutent les fameux 10.000 soldats que l'armée doit pouvoir fournir au coup de sifflet pour des interventions en France métropolitaine, les appels aux militaires dans les cités, les caméras partout, les citoyens délateurs, etc.

Bref, la sécurisation, c'est normal.

Le sécuritarisme, ça commence à irriter Raoul...