laurent.epailly

Par laurent.epailly le 30/11/11
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Je viens de découvrir cette perle de notre surréalisme fiscal : la CVO ou Contribution Volontaire Obligatoire...

Cékoidon ?

C'est donc une Taxe Volontaire mais Obligatoire - cette bonne blague - que paient les vendeurs de bois de chauffage.

C'est sur ce modèle qu'une proposition de Loi présentée par le sénateur UMP Christian Demuynck, avait été adoptée par le Sénat en première lecture le 8 juillet (avant le changement de majorité, donc) et vient d'être adoptée par l'Assemblée Nationale a créé une taxe nouvelle imposant aux agriculteurs céréaliers de payer une taxe pour l'utilisation des semences de fermes, c'est-à-dire le droit de prélever une part de leur récolte afin de la semer de nouveau.

Bon, bien sur ce n'est pas si simple, puisqu'il s'y cache des problèmes de droits de propriété et de financement de la recherche.

Mais quand même, quand tu lis que la FNSEA (principal syndicat d'exploitants agricoles) se réjouit par la voie (et la voix, surtout - initialement, j'ai fait la faute et comme elle était jolie, je l'ai laissée...) de son Président en même temps que le GNIS (cartel des semenciers qui a donc intérêt à la taxe), déjà tu trouves ça étrange.

Quand tu sais que le Président de la FNSEA est proche de l'UMP et est aussi à la tête du groupe Sofiprotéol, actionnaire de semenciers français comme Limagrain ou Euralis Semences, tu comprends mieux.

Il devient vraiment difficile de séparer le bon grain de l'ivraie.

Les anglais seraient plus directs : "il est difficile de choisir entre les pommes pourries".

Par laurent.epailly le 30/11/11
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Je lis dans la lettre d'actualité du barreau de Montpellier, la réponse de notre Bâtonnière bien-aimée au décret scélérat pondu par quelques esprits vraisemblablement malades, visant à obliger les Barreaux Français à établir une liste d'avocats seuls susceptibles d'intervenir en garde-à-vue pour des actes de terrorisme, liste tenue par le CNB, mais, vraisemblablement, sinon cela n'a aucun sens, entérinée par les autorités françaises.

Bien évidemment, ce décret n'aurait pas passé le filtre du Conseil Constitutionnel, on ose l'espérer, et en tout cas la CEDH de Strasbourg, mais il faut bien reconnaître que ces gens qui nous gouvernent sont de grands malades, de très très grands malades.

Ou alors, ils préparent la mise en oeuvre des dispositions de l'article 16 de la Constitution qui rendrait une élection présidentielle provisoirement (?) caduque. Je ne vois pas d'autre motivation plausible.

Réponse donc de notre Bâtonnière :

GARDE A VUE

DECRET DU 14 NOVEMBRE 2011 EN MATIERE DE TERRORISME

Nous avons refusé, en Conseil de l'Ordre du 22 novembre 2011, comme tous les Barreaux, de nous plier à cette sélection scandaleuse.

J'ai envoyé au CNB, à destination de la Chancellerie, l'annuaire complet de notre Barreau.

Bravo Michèle ! Ou plutôt, comme le hurlait Thierry Roland (je m'en rappelle encore) lors du match France-Pays-Bas de 1981 et le but sur coup franc de Platini qui qualifiait la France pour la coupe du monde 1982 (second but de Six, pour le 2-0), premier pas de l'épopée héroïque qui nous conduira jusqu'à la demi-finale dantesque de Séville contre l'Allemagne (ou on aurait du gagner et Schumacher être expulsé, dediou !) : "Ouiiiiiiiiiiii Michèle ! Ouiiiiiiiiiiiiii Michèle !!! Halalalala mon petit Jean-Mimi maintenant je peux mourir !" (Réponse inévitable de Jean-Michel Larqué : "Tout à fait, Thierry"...).

Directement dans la filiation de notre Bâtonnier Jules Granat en 1941 : "Il n'y a pas de Juifs au barreau de Montpellier, il n'y a que des avocats".

Et la prochaine étape c'était quoi ? Seuls les avocats habilités par Alliance ou Synergie dans les commissariats ?

Cela dit, je ne voudrais pas être désagréable pour certains, mais être copains avec certains flics ou surveillants de prison, ça aide...

Par laurent.epailly le 29/11/11
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Bon, c'est pas tout ça, mais que fait-on ?

Régine ou Luc ? Luc ou Régine ?

Il y a donc 2 candidats qui se présentent au dauphinat mardi prochain, ce qui est plutôt moins que d'habitude et, du moins, il est probable qu'il n'y aura pas de second tour.

One shot, comme on dit dans les bars à jus de fruits New yorkais. N'oublie pas de règler ton réveil...

Pas si facile de choisir :

* si tu es "de gauche", tu as deux candidats. Si tu es "de droite", tu n'en as aucun. Bon, cela dit, Régine est quand même la candidate officielle du SAF, Luc le candidat par défaut de la CNA. Chacun a son fan club, dont certains s'étripent au Palais.

* si tu veux une femme, tu voteras Régine. Si tu veux un homme, tu voteras Luc. En même temps, si ton choix se limite à ça, pardonne-moi de soupirer...

* si tu cherches l'onction de l'expérience, tu voteras Régine et ses mandats multiples (Ordre, Caram, Cnb, Saf...).

* si tu veux l'envie, sans doute en trouveras-tu un surcroît chez Luc qui se présente pour la troisième fois.

* si tu veux l'expérience du Palais, tu mets deux bulletins dans l'urne...

Maintenant, j'ai là deux copains, dont chacun voudrait que je me présente au renouvellement du prochain conseil de l'ordre, fin 2012, ce qui me paraît difficile dés lors qu'il me reste 5 ans de mandat à la CARAM. Mais j'ai promis d'y réfléchir, c'est vrai et de bonne politique.

J'ai siégé avec Régine à deux reprises : à l'Ordre en 2001 et à la CARAM depuis 2005 et lui dois ma wild card au SAF, comme compagnon de route, tout comme je reste compagnon de route de l'UJA et de la CNA. Compagnon de route de tous les confrères, du reste.

Luc, c'est le compagnon du Prud'hommes, avec lequel je discute agréablement belgitude et cognac arménien, avenir et présent de la profession, aussi....

Chacun a sa vision, sans doute plus d'appareil de Régine qui conçoit davantage l'action dans le collectif structuré, Luc étant plutôt dans les liens personnels, la bande.

La bandera chez l'une, la bande chez l'autre, pour se résumer.

Chacun a une ambition légitime à succéder à Michèle Tysseire qui, quoi qu'il arrive, a déjà réussi son mandat.

Je pense que l'un des deux vivrait moralement plus difficilement son éventuel échec : c'est que solliciter la confiance de ses pairs, c'est aussi demander leur affection.

Le bâtonnier n'est pas qu'un chef de service administratif, c'est aussi le chef de meute, le grand frère. Beaucoup ont perdu l'estime de leurs confrères pour n'avoir été qu'à leur seul service.

Bref, je mentirais en disant que je n'ai pas fait mon choix, car je n'ai pas de ces chochoteries qui amènent dans l'isoloir à se jouer la dramartugie de celui qui hésite jusqu'au bout en attendant que sa conscience ou un signe du destin lui épargne de choisir.

Je dirais même que l'amitié commande de choisir, car ne pas le faire, insulte celui que tu délaisseras in fine, sans grandir celui que tu choisiras.

Toutefois, chacun n'étant pas seul à décider, fort heureusement, sachons simplement nous réjouir pour celui qui gagnera et consoler celui qui perdra, sans culpabilité ni triomphalisme. Comme dans un peloton d'exécution, nous ne savons pas qui a la balle à blanc.

Car mardi, il n'y aura qu'un dauphin, mais il nous restera deux copains.

Par laurent.epailly le 29/11/11
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Je lis ceci dans le Figaro :

"Un avocat du barreau de Draguignan dans le Var, victime aujourd'hui d'une violente agression dans son cabinet face au palais de justice, a été évacué dans un état "grave" vers le centre hospitalier de la commune.

"L'agression est grave", a déclaré le procureur de la République de Draguignan, Danielle Drouy Ayral, qui s'est rendu sur place, accompagné des membres de son parquet et du président du tribunal de grande instance (TGI).

En l'état de l'enquête, aucun élément ne permet de lier cette agression à ses activités professionnelles d'avocat ou à sa vie privée.

Selon une source proche du dossier, Me Hervé Humbert Senninger, âgé d'une soixantaine d'années, aurait en début d'après-midi ouvert la porte de son cabinet à deux individus, cagoulés, qui l'auraient violemment agressé et ligoté. C'est son épouse, inquiète, qui vers 19H a donné l'alerte.

L'avocat, qui avait perdu connaissance après son agression, aurait perdu beaucoup de sang mais son pronostic vital n'était pas engagé. Les médecins envisagent son transfert en hélicoptère, soit vers Marseille soit vers Nice".

Quelques commentaires :

* il est possible que cette grave agression puisse être purement crapuleuse. Mais c'est assez rare dans la profession et, plus généralement, nous faisons plutôt face à une "vengeance" de client ou d'adversaire.

* je pense, pour ma part, que tout avocat a eu à faire au moins une fois dans sa vie (comme sans doute les médecins) à une agression ou une altercation violente à son cabinet et, le délitement social étant ce qu'il est, ces faits se renouvelleront souvent.

* pour ma part, il m'est arrivé d'être projeté dans une armoire - un grand costaud comme moi...- par un client - encore plus massif mais qui a déclenché son attaque par surprise (sinon, vous pensez que je l'aurai maîtrisé...) - pour lequel j'avais pourtant gagné son procés en appel, après qu'il ait perdu, lui-même, son procés aux prud'hommes. Mais bon, la somme de 22.000 Euros allouée (sur 27.000 demandée) lui avait semblé insuffisante et j'étais, évidemment, nullissime...

* certes, les avocats, moi le premier, nous pouvons ne pas toujours être excellents et nous tromper : mais il y a des assurances pour cela et rien n'excuse la violence.

* enfin, les commentaires sous l'article sont affligeants, puisque d'aucuns qui, habituellement, voudraient le rétablissement de la peine de mort pour les violeurs, meurtirers, voleurs d'habitude, agresseurs de vieilles dames, etc.y donnent libre court à leur haîne de l'avocat, trouvant toutes les excuses à leurs agresseurs et d'ironiser sur l'espoir qu'il y ait un vice de procédure afin qu'ils s'en sortent...

Je ne vais pas me lancer dans une diatribe corporatiste mais bon, les cons auront toujours la démocratie qu'ils méritent et, même, un avocat pour les défendre quand ils sortiront bourrés du déjeuner de dimanche chez leur balle-soeur, espérant bien que l'on trouve un vice de procédure afin de sauvegarder leur permis de tuer sur les routes.

Bon rétablissement à ce confrère qui est d'abord un homme blessé.

Par laurent.epailly le 28/11/11
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C'est l'une des polémiques actuelles, dont nous avons le secret.

De quoi s'agit-il ? De la proposition socialiste de faire voter les étrangers - non communautaires - aux élections locales et, donc, sans doute, d'être candidats.

Sur le coup, je trouve Guéant et Sarkozy assez moyens.

Guéant parce qu'en prétendant que le droit de vote ne peut appartenir qu'aux Français et qu'il n'a pas envie qu'en Seine-Saint-Denis la majorité des maires soient étrangers, dit deux sottises qu'il ne devrait pas dire, lui, Ministre de l'Intérieur.

En effet,

1. Depuis 2002, les étrangers membres de l'Union Européenne, votent déjà en France pour les élections municipales... Le droit de vote des étrangers est donc une réalité légale.

2. Les étrangers communautaires peuvent également être candidats aux élections locales, mais ne peuvent être ni maire ni adjoint, du fait de leurs pouvoirs de puissance publique. Il n'y a donc aucune raison que cela change avec les étrangers non-membres...

Bref, du Guéant (très) approximatif.

Quant à Nicolas Sarkozy, il prétend aujour'hui être contre le vote des étrangers depuis toujours, des trémolos gaulliens dans la voix, disant que cela divise les Français...

Sauf qu'il ne faut pas chercher longtemps sur le net pour retrouver une vidéo de 2005 où (il est Ministre de l'Intérieur) il s'affirme pour le droit de vote des étrangers nécessairement non-communautaires aux élections locales. C'est donc d'un toujours politicien dont il s'agit.

Quant à diviser les Français, tout ce que dit ou souhaite Sarkozy ou Hollande divise les Français.

La polémique est donc du baratin électoraliste.

Pour autant, le fond de la question n'est pas neutre et, pour ma part, j'y suis opposé.

J'apprends que 61% des Français seraient pour. Moi pas.

Pour trois raisons majeures :

* le première, c'est que je pense, depuis toujours pour de vrai pour ma part, que le droit de vote est consubstantiel à la nationalité française. Je ne vote pas en Algérie ou au Niger et même si j'y habitais, les Algériens et les Nigériens ne votent pas en France. C'est simple.

* la deuxième, c'est que, certes, le droit de vote des étrangers communautaires écorne le principe. Mais leur situation n'est pas objectivement la même - du moins, tant que l'Europe continuera, tant bien que mal à avancer. En effet, les traités intégratifs européens tendent à donner aux peuples des droits sur les Etats membres de l'Union : par exemple, un Allemands paumé au Niger, pourra se rendre à l'Ambassade de France où il sera traité comme un national. De même, les étrangers communautaires peuvent tenir des postes, y compris dans l'administration d'un autre Etat membre, sauf ceux relevant des pouvoirs régaliens. Rien de tout cela pour les extra-communautaires.

* la troisième, c'est que je n'ai pas envie de voir fleurir des listes ethnico-religieuses dans des villes où, en effet, du fait de la gestion calamiteuse de nos politiciens, il y a eu constitution de ghettos avec surreprésentations d'étrangers et de nationaux regroupés par nationalités détenues ou anciennes, ou rattachement religieux.

Pour le coup, si le maire n'est pas étranger, il serait l'otage de listes majoritaires. Sinon, il devra au moins passer des compromis bancals avec des listes à 15 %, pour le second tour, par exemple.

Après, beaucoup d'étrangers sont aussi laïques que les nationaux et tout aussi respectueux de la Loi nationale, mais je ne prends pas le risque que dans telle ou telle commune, un coup de tonnerre s'abatte lors d'une municipale.

Par laurent.epailly le 27/11/11
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C'est bien, cette polémique sur le droit de véto à l'ONU : ça me permet de revenir à mes premières amours, le Droit International Public et Européen.

Hé oui, je suis issu d'une filière Droit Public mention International et Européen, de la licence jusqu'au DEA...

Bref, pour faire court, on ne sait pas trop si l'accord PS/verts prévoit ou pas l'abandon du droiit de véto français au Conseil de Sécurité de l'ONU, et il faudra clarifier cela le moment venu, mais on a bien compris que cela nourrissait la polémique notamment orchestré par Monsieur Copé qui y voit une atteinte (je ne sais plus quel adjectif il a a utilisé, mais j'ai remarqué que pour parler des socialistes - qui ne sont pas forcément mes chouchous - l'UMP utilse toujours des qualificatifs apocalyptiques et, d'ailleurs, imbéciles dans leur surrenchère : plus tu traites ton adversaire de manière outrancière, plus tu dois augmenter l'outrance, jusqu'à en être rapidement ridicule), une atteinte donc heu... apocalyptique à l'indépendance diplomatique de la France.

Certes, sauf que c'est largemente erroné.

De quoi parlons-nous ? Du fait qu'en 1945, et alors que les 4 grands vainqueurs de l'AXE s'était octroyés un siège permanent et un droit de véto au conseil de sécurité de l'ONU, par une sorte de miracle gaullo-churchillo-trumanien et une faiblesse stalinienne, la France se vit offrir un 5° siège avec les mêmes attributs.

En pratique, le conseil de sécurité c'est 15 membres : 5 permanents avec droit de véto (USA, UK, URSS puis Russie, Chine, France) et 10 non permanents élus pour 2 ans.

Pendant toute la guerre froide, le droit de véto a bien servi : aucune décision possible sur des sujets sensibles.

Mais le droit de véto sert-il à paralyser toute action ? Il est dés lors contraire à l'idée même de l'exception et à l'action.

Bref, là où Copé se trompe dans son argumentation (enfin, sa diatribe) c'est qu'il lie l'indépendance de la France au droit de véto. Or, c'est tout le contraire qui arrive.

D'une part, l'absence de droit de véto et de siège permanent n'a nullement empêché l'Allemagne, le Japon, le Brésil... de devenir des puissances économiques et politiques majeures.

A rebours, le droit de véto et le siège permanent n'épargnent pas le déclin ni à la France, ni au Royaume-Uni, ni à la Russie, voire aux USA.

Je dirais même mieux, parce que nous avons un rang à tenir, celui du droit de vétotiste, nous engageons (UK, France, Russie et aussi USA) des ressources considérables et participons à des expéditions militaires ruineuses pour prouver sans cesse que nous méritons notre droit de véto et, d'une certaine manière tenir notre rang face à la grogne de ceux qui lorgnent notre droit de véto (s'ils savaient...).

D'autre part, certes notre droit de véto fut magnifique en 2003 lors de la deuxième guerre d'Irak. Mais il n'a pas empêché la guerre... Un droit de véto dont même nos alliés se foutent n'est qu'un hochet.

Et ce n'est pas le droit de véto qui nous a empêché d'aller faire la guerre, mais le fait que nous n'avons pas voulu la faire, ce qui est moins commode maintenant que nous avons réintégré l'OTAN...

Et encore, même en ayant réintégré l'OTAN, ayons l'honnêteté de dire que si nous sommes liés juridiquement entre Etats membres, si on ne veut pas faire la guerre, on ne la fait pas, comme l'a démontré l'Allemagne qui a mis... son véto à une participation à l'expédition rocambolesque de Libye ou encore, la sortie des ocntingents néerlandais ou espagnols d'Irak et d'Afghanistan.

Enfin, de toute façon, si on veut modifier le droit de véto et les sièges permanents au conseil de sécurité, il faudra l'accord des autres, qui y mettrons leur veto...

Ceci, même si on peut penser que pour les mêmes raisons que l'on a pourtant évoqué lors des G8, G20 et des mini-sommets franco-allemand (merkosyens, on dit) faiseurs de rois grecs et italiens, il est en effet souhaitable que le siège franco-anglo et putativement allemand, revienne un jour à l'Europe Fédérale. Et ça libèrerera un siège pour le Brésil.

Tout ceci est de la polémique à la petite semaine et il serait temps de parler des vrais problèmes qui nous conduisent en Ligue 2 mondiale : leaders, mais en Ligue 2, dont, d'ailleurs, le coût de ce droit de véto....

Par laurent.epailly le 26/11/11
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il nous faut sortir du nucléaire.

J'ai longtemps réfléchi à la question et ne suis donc pas motivé par un prétendu antisarkozysme primaire, lui qui défendait ainsi le nucléaire à Orange, il y a deux jours :

« Mettre en cause la filière nucléaire, c'est mettre en cause la pérennité des usines dans le secteur électro-intensif (...), on ne peut pas dire 'je défends l'industrie' et 'je remets en cause la filière nucléaire'. Le jour où le prix de l'énergie sera multiplié par deux, posez-vous la question 'est-ce que Saint-Gobain pourra garder son usine ici en France ?'»

« On n'a pas le droit de rompre un consensus politique de soixante-cinq ans au risque de détruire les emplois de l'industrie française, c'est une folie. »

«Quand l'intérêt national est à ce point mis en cause, ma responsabilité c'est de dire 'on n'a pas le droit'.»

C'est juste que tout ceci n'a pas de sens.

D'une part, il est tout à fait possible, et je le pense, que le nucléaire a trouvé sa justification dans les années 50/60 jusqu(à 2000.

Pour autant, nous n'avons rien anticipé des problèmes colossaux qui nous attendent pour avoir juste 100 ans, tout au plus, d'énergie nucléaire devant nous.

Le moindre des problèmes n'est pas celui des déchets, irradiants et dangereux pendant des millions d'années.

C'est à dire que pour fournir une électricité bon marché (nous y reviendrons) à 4 générations, nous pourrissons le futur des centaines de milliers de celles qui nous suivront.

Certes, nous enfouissons, dans des failles, des sarcophages, etc. Mais qui peut affirmer que, ne serait-ce que dans 2000 ans (il y a 2000 ans, c'était Jésus qui marchait sur l'eau et les Gaulois à Lutèce...), nos descendants sauront encore où sont enfouis les déchets ? Personne.

Déjà, nous découvrons des pollutions oubliées dans des usines fermées dans les années 80, alors croire que nos descendants auront toujours le plan de situation du lieu d'enfouissement, spécialement après trois révolutions en Europe et la disparition probable des Etats actuels, est totalement illusoire.

Sur un plan moral, d'ailleurs, comment peut-on admettre que le Niger, qui nous fournit l'uranium rare qui nous est nécessaire, soit à ce point pauvre ? Lui aussi, est mis à contribution afin que le prix de l'électricité demeure faible, enfin, sauf les quelques dirigeants corrompus qui s'en mettent plein les poche.

D'autre part, le coût de démantellement des anciennes centrales arrivées à l'obsolence est colossal : la première centrale, en Bretagne, est actuellement démantelée depuis 12 ans, sans qu'on en voit la fin et pour des centaines de millions d'Euros déjà engagés. Il y en aura des dizaines d'autres à fermer dans les quelques années qui viennent...

Ce coût ne peut pas avoir été répercuté dans le prix de l'électricité pour une raison fondamentale, c'est que le prix n'est pas fixé par l'entreprise, mais par l'Etat, s'agissant d'un prix dirigé.

Or, tous les ans, on assiste aux mêmes simagrées : EDF demande une augmentation de x % que l'Etat n'accorde qu'à moitié, sans aucune référence au prix du marché, mais par référence avec ce qui est politiquement acceptable. Dés lors, il est tout aussi illusoire que, dans un prix toujours calculé au plus juste, on intègre des provisions pour démantellement futur des centrales.

On peut me démentir : où sont les provisions dans le bilan ?

Et cette histoire de prix doublé n'a aucun sens : l'Allemagne paie donc son énergie deux fois plus chère que la nôte, or, elle a toujours une industrie qui assure sa croissance. Nous nous avons l'électricité moins chère mais plus d'industrie, cherchez l'erreur.

C'est donc que le problème est ailleurs.

Enfin, nul ne peut nier que, déjà, Areva éprouve des difficultés à placer son nucléaire, car le mouvement de reflux mondial est général. On a évoqué un plan social qui est donc remis à après les Présidentielles de 2012.

Notre marché intérieur ne suffira pas à garantir la pérennité de la filière nucléaire et les fameux "1 millions d'emplois" du pote Proglio (qui n'a pas fini de payer son addition du Fouquet's), qui sont plutôt 100.00 ou 400.000 selon les sources, comme Dassault finira par ne plus survivre s'il ne vend pas son Rafale à l'export.

Et c'est ici qu'il faut avoir le courage et l'intelligence d'être visionnaire, si l'on veut éviter que la filière nucléaire demain soit la sidérurgie des années 70.

Il faut avoir la vision de préparer la sortie progressive mais rapide du nucléaire en développant l'économie d'énergie (il n'est pas normal qu'en France, contrairement à l'Autriche depuis plus de 40 ans - oui, l'Autriche depuis 40 ans - on puisse encore aujourd'hui obtenir un permis de construire sans que le bâtiment soit BBC et produise de l'énergie, récupère l'eau de pluie, économise à tout va) et les modes alternatifs de production d'électricité.

Cette préparation permettra la reconversion intelligente des compétences nombreuses qui s'y expriment, vers les énergies alternatives : reconstruisons une industrie des panneaux solaires et des éoliennes en France.

Il n'est d'ailleurs pas normal que de tous les Pays du monde (du monde, donc de l'univers, à vrai dire) la France soit le seul où un plan social massif entraîne des licenciements dans le solaire et l'éolien. C'est invraisemblable et marque une politique de gribouille inféodée au lobby du nucléaire.

Défendre aujourd'hui le tout nucléaire, c'est jouer le vote du vieux grelotteux égoïste (*) contre l'avenir de la jeunesse, pour une échéance électorale à 6 mois...

C'est une vision archaïque et clientéliste du monde, car le nucléaire est désormais obsolète.

Un Président visionnaire ne peut pas être pour le nucléaire. Tirez en les conclusions que vous voulez.

(*) Je puis en parler à l'aise puisque, dans la résidence dont je suis le président du conseil syndical, j'avais lancé le projet de nous conformer à la Loi de 1974 (quand même... Loi anti gaspi de l'époque), prévoyant l'individualisation des frais de chauffage collectif.

Responsabilisant les gens, qui paient leur consommation exacte et plus des tantièmes (moins une part solidaire, pour compenser, par exemple, l'éloignement de la chaudière ou la mauvaise exposition), elle génère des économies conséquente de fioul (jusquà 33 % selon les situations). Mais, bien sur, les gros consommateurs paient alors plus qu'avant, puisque leur surchauffage n'est plus dilué sur la communauté.

Hazard ? Je ne dus qu'aux plus jeunes, majoritaires, de braver la fronde des anciens qui "allaient avoir des notes faramineuses" en appelant à la solidarité des jeunes générations... Oui, sauf que leur retraite est supérieure, déjà, aux salaires de ceux qui la leur paient.

Bref, in fine, tout le monde à installé ses répartiteurs - mêmes les anciens qui prétendaient s'y opposer - mais qui se révélaient alors bons comptables : "je l'installe, parce que je ne veux pas payer pour les autres...". Solidarité, c'était bien ça ?

Disons que quand on s'explique, on peut arriver à se comprendre.

Maintenant, on va s'attaquer à la transformation des immeubles en semi BBC et au changement du mode de chauffage au fioul, sans doute par des pelets ou du déchet de bois... Bon courage à moi. Une copropriété, c'est comme une petite république : il y a les même gens qu'en France, en plus concentrés...

Par laurent.epailly le 25/11/11
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Dans Le Figaro, on trouve un sondage d'une stupidité abyssale : "Retrait (de sa candidature) d'Eva Joly, 61% des français pour"...

Parce que les français sont assez bêtes pour répondre à des sondages pareils ?

Je ne voterai probablement pas pour Eva Joly, mais depuis quand les sondages décideraient-ils de qui a le droit ou pas de se présenter aux suffrages des citoyens ? D'autant qu'on imagine que les fameux 61 % représentent des gens qui ne voteraient pas pour elle, alors...

Vraiment n'importe quoi... Déjà qu'avec les 500 signatures publiques - et non anonymes, de là vient tout le mal - c'est compliqué.

Cela dit, si ce sont les sondages qui dirigent, on s'arrête là et on n'organise pas de coûteuses élections : Hollande est désigné Président de la République par sondage avec le score de 58 % contre 42 % à Sarkozy.

Ou plutôt, on fonctionne par élimination, comme le suggère Le Figaro, en se basant sur les intentions de vote, ce qui donne, grosso merdo :

* Poutou, Dupont-Aignan et je sais plus qui : 1 % d'intentions de vote, donc 99 % pour leur retrait.

* Eva Joly, Medenchon, Bayrou et je sais plus qui : 7 % donc 93 % pour leur retrait.

* Marine Le Pen : 19 % donc 81 % pour son retrait

* Sarkozy : 24 % au premier tour, donc 76 % pour son retrait

* Hollande : 32 % au premier tour, donc 68 % pour son retrait...

Bref, nous avons donc deux hypothèses : soit il n'y a plus de candidats, faute de majorité en faveur du non-retrait (et la France se transforme en coopérative), soit Hollande gagne donc avec un piteux score de 68 %, par moins fort reste de retrait.

C'est bien ce que veut dire Le Figaro ou j'ai mal compris ?

Par laurent.epailly le 25/11/11
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Ce serait énorme, mais si c'était vrai ?

http://www.lemonde.fr/dsk/article/2011/11/25/sofitel-de-new-york-un-jour...

http://www.rue89.com/2011/11/25/ou-est-passe-le-blackberry-de-dsk-et-aut...

Il est vrai qu'au delà de ces questions on trouve le fait que le chef de la sécurité du SOFITEL est en liaison avec Ange Mancini, qu'il appelle aussitôt en disant "nous avons fait tomber DSK"; que l'on s'interroge toujours sur l'origine des 100.000 dollars trouvés sur le compte de Nafissatou Diallo; que l'on retrouve ce tweet d'un militant UMP deux heures avant l'arresatation.

Bref, tout cela peut relever de la théorie du complot, avoir été monté par les avocats américains de DSK spécialement alors que le procès civil s'avance à grands pas, mais les questions soulevées sont sérieuses et doivent trouver une réponse autrement que dans le silence du groupe ACCOR;

La suspiscion est trop importante pour demeurer en suspens.

Par laurent.epailly le 24/11/11
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AFP dans le Midi Libre :

"Un homme de 36 ans a échappé de peu à la peine plancher d'un an de prison qui le menaçait et a été condamné jeudi par le tribunal correctionnel de Lorient à 15 jours de prison ferme pour avoir volé deux biscuits et 0,89 euros dans des voitures.

Ce Lorientais, placé sous curatelle mais qui était en état de récidive légale au moment des faits, a été condamné pour vol par effraction dans deux voitures".

Commentaire :

Bein, vous je ne sais pas, mais moi je dis qu'il n'y a plus qu'à rouvrir le bagne et on va se retrouver au bon vieux temps de Jean Valjean et Cosette...