laurent.epailly

Par laurent.epailly le 29/08/12
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d'un personnalisme qui ne vise qu'une seule personne au Monde dans tout l'Univers - et qui devrait donc se reconnaître sans aucune peine :

"Fais du bien à un vilain, il te chie dans la main..."

Fin du message.

Par laurent.epailly le 29/08/12
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Le 23 août 2012, la Cour constitutionnelle de Corée du Sud a rendu un arrêt affirmant que " ‘le droit à la vie est le plus fondamental des droits de l'homme' et que le droit d'une femme à disposer de son corps ‘ne pouvait être invoqué comme étant supérieur au droit à la vie d'un foetus' ".

Eglise d'Asie, (agence d'information des Missions Etrangères de Paris) précise que la Cour constitutionnelle de Corée du Sud "avait été saisie par une sage-femme poursuivie en justice pour avoir pratiqué un avortement ‘illégal' ". Plus précisément "la sage-femme [...] était elle-même mis en examen pour avoir aidé en 2010 une femme à mettre fin à une grossesse de 6 semaines ". Devant la Cour constitutionnelle, celle-ci estimait "que le code pénal, qui prévoit une peine maximale de deux ans de prison pour les médecins, les sages-femmes ou les pharmaciens pratiquant des avortements illégaux, était contraire aux lois fondamentales du pays ". Mais pour les juges de la Cour constitutionnelle, les dispositions du Code pénal n'avaient rien d'illégal.

En outre, les juges "ont ajouté qu'une femme qui essaie de mettre fin à sa grossesse en tentant de provoquer une fausse-couche attentait au droit à la vie".

Actuellement, en Corée du sud, c'est une loi de 1973 qui règlemente les interruptions volontaires de grossesse (IVG). Selon cette loi, l'IVG est autorisée "jusqu'à la 24ème semaine de grossesse, uniquement en cas de viol ou d'inceste, ou bien si le foetus est porteur de certaines anomalies génétiques ou congénitales, ou bien encore si la santé de la mère est mise en danger du fait de la grossesse".

(gène éthique)

Par laurent.epailly le 28/08/12
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Oui Madame, oui Monsieur, je peux répondre sur du hors-sujet.

Et ce n'est pas du Devos, c'est du Epailly.

Voici la question que l'on m'a posée il y a une grosse semaine :

"On n'est pas avocat parce qu'on se qualifie tel. On l'est quand plus personne ne peut dénier que vous l'êtes.

Il y a une consécration par l'audience et le conseil, une dégradation, souvent, pour beaucoup, à cause des mêmes."

Je crois pour ma part que la première phrase est parfaitement juste mais qu'en pensent les avocats?"

Article complet, ici : http://www.philippebilger.com/blog/2012/08/trop-davocats.html

Ma réponse :

Il faut dire que ça vient de chez l'ancien avocat-général Philippe Bilger qui - il faut bien l'admettre - a ses têtes dans la profession.

Pour répondre au sujet, je dirais qu'il y a deux grilles de lecture : la grille statutaire et la grille morale.

Pour la grille statutaire, les choses sont simples : sont avocats tous ceux qui ont obtenu à un titre quelconque (et Dieu sait que pour le scélérat décret Fillon, il y a bien quelque quelconque manière de devenir avocat pour nos incapables de politiciens et leur famille. Le, comment ils disaient ? Le mérite personnel et la France juste ? Pignouf, va... Aucune figure, va. Je te lève le regard), et dans les conditions de la Loi, le droit de porter la robe et d'exercer la profession d'avocat.

Dés lors que l'on remplit les conditions requises, on est avocat et puis c'est tout.

Sur le plan moral, c'est classique, on fait référence à deux proverbes bien connus :

1. "L'habit ne fait pas le moine", donc la robe ne fait pas l'avocat.

2. "On ne naît pas telle profession, on le devient".

En réalité, chacun a ses qualités propres qui, telles une équipe de rugby, lui permettront de trouver un pan de la profession qui lui convienne. Les centres d'intérêts sont multiples et il n'y a rien de commun, par exemple, entre un avocat spécialisé en TVA immobilière et moi, sinon le fait d'être soumis aux mêmes règles.

En fait, ce n'est pas tant le manque de qualités qui fait obstacle à l'avocat, c'est l'accumulation de défauts.

Ces défauts qui font qu'on ne voit plus que cela et qui empêchent de voir dans le plaideur autre chose qu'un guignol costumé.

Je pense que l'on n'a pas besoin d'être un surhomme (surfemme, si vous voulez, mais ça fait bizzare...) pour être avocat de tous les jours. Les grandes causes vont bien aux ténors, mais sur le tout venant, leurs aîles de géant les empêchent souvent de marcher.

Compétences, en droit, mais aussi rédactionnelles et à l'oral, qualités humaines, un peu de rigueur n'excluant pas l'imagination ni la fantaisie, une certaine modestie, un respect des autorités judiciaires et ordinales sans esprit de servilité et aucun mépris de l'adversaire : vous voilà un avocat bien acceptable et incontestable.

Evitons de devenir suffisant autant qu'insuffisant.

Alors certes, et ce serait dommage autrement, on peut devenir avocat - et je crois qu'on le devient un peu plus chaque jour.

Mais il est une constante qui ne changera jamais, c'est qu'un mouton ne deviendra jamais un lion...

Par laurent.epailly le 24/08/12
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Comme tout a une fin - et surtout les vacances, desquelles je suis rentré depuis dimanche dernier, mais l'activité au cabinet a repris aussitôt de manière dense et je n'ai pu conclure cette mini-série avant - nous en terminons, ici, avec la saison 1 des chroniques rurales.

Je vais donc essayer de finir en apothéose

En vous parlant de cette chose

Où chaque fois que je pose mon prose

Aussitôt, je compose...

Illustration de l'objet emblématique de nos campagnes naguère :

http://www.youtube.com/watch?v=i_Yk-RmyJ2s

Et je pousse un cri : Beuha !!!!

Malmenées par le modernisme, les dernières cabanes au fond du jardin sont condamnées par la Loi.

Une disposition passée totalement inaperçue de la Loi dite Grenelle 2 de l'environnement oblige chaque propriétaire d'un immeuble à la campagne à faire établir, outre les diagnostics habituels (termites, énergie, amiante, risque sismique, inondation etc.), un autre diagnostic sur la conformité du système d'évacuation des eaux usées, lors de toute cession de toute nature.

L'irruption d'une anomalie met à la charge de celui qui prend l'immeuble une obligation de travaux de mise en conformité avec le code de l'urbanisme, dans le délai de 1 an.

En d'autres termes, les cabanes au fond du jardin, mises aux normes du Moyen-Âge, légèrement restylées 18°, sont condamnées. A très brève échéance. Et c'est tout un pan de notre poésie rurale qui menace de disparaître.

On pouvait penser que les toilettes sèches, qui tentent de prendre le relais en renouvelant le mythe et en le modernisant seraient épargnées, mais que nenni ! : c'est là toute l'ambiguïté d'une Loi écologique qui condamne la plus écologique manière de rendre à la Terre un peu de ce qu'elle nous donne.

Mort à l'étron sauvage et individualisé, au profit de la collecte anonymisée après laquelle les Techniciens vont aseptiser, standardiser, lyophiliser puis pulvériser des étrons numérotés devenus esclaves.

Cette reprise en main de l'intestin rural - si je puis dire - n'est quand même pas sans rappeler les dispositions de la Loi LOPSI 2 et de la Loi Léonard, qui s'entendent pour rendre quasi impossibles l'habitat à l'année dans un camping (où les gens logent rarement pour le plaisir : on vous parle du camping de Chouilly-les-Glandus, pas du 5 étoiles et chicos Camping des Pins sur la Côte) ou dans un habitat dit "précaire" ou "léger" (il faut croire que Hortefeux avait lu les 3 petits cochons) et même sur un terrain qui vous appartient. On vous parle, ici, des yourtes et autres cabanes plus ou moins rudimentaires.

Sinon le grand méchant louoi, il souffle dessus et vous vous retrouvez devant un Tribunal Correctionnel.

Il vaut mieux pour vous, allez, retourner dans la rue, afin que l'on vous prenne en charge de manière officielle.

Vous serez alors toujours dans la précarité, mais de manière légale, mon bon Monsieur.

Même si nul ne saurait contester qu'un minimum de respect de normes urbanistiques liées à l'hygiène et à la salubrité sont évidemment bien nécessaires, il n'empêche que cette reprise en main de la ruralité par les Techniciens de la ville (on sait, depuis la calamiteuse affaire de Tarnac que le politicien urbain croit déceler un anarchiste dangereux derrière chaque chevelu rural) ne laisse pas d'inquiéter.

Résistons et transformons nos cabanes en toilettes sèches.

Installons des yourtes sur nos terrains privés si ça nous chante.

Et rappelons simplement aux politiciens que le Monde nous envie que "l'aigle doit laisser chanter les petits oiseaux, même s'il ne sait pas pourquoi ils chantent".

Par laurent.epailly le 22/08/12
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S'il y a bien eu un enfumage emblématique lors de la précédente mandature à la Présidence, c'est celui concernant les paradis fiscaux : jamais un président n'en aura tant parlé pour faire aussi peu contre eux.

Les paroles, inutilement blessantes (qui nous ont coûté le marché des Rafales en Suisse et le maintien en détention de Florence Cassez au Mexique, par exemple, à titre général, et un document explosif de la police Luxembourgeoise qui semble prouver le rôle déterminant de Nicolas Sarkozy dans la création d'une société à Luxembourg afin de recevoir les commissions des contrats d'armement - société Heines), n'ont jamais été suivies du moindre commencement d'action.

Bien pire, puisque, à la sauvette, ont été maintenues, pour des années encore, les zones franches urbaines (ZFU), à quelques encâblures de l'échéance électorale, ces zones étant un scandale permanent de discrimination fiscale et sociale sur le territoire de la République : les entreprises qui y ont leur siège, le plus souvent fictivement, sont exonérées de tout un tas de charges sociales ou fiscales que leur concurrent, deux rues plus loin, paye plein pot.

L'équité fiscale selon l'UMP, sur le même territoire, indivisible, de la République.

La France va, sous peu, signer avec la Suisse un accord portant notamment sur l'application du droit de la succession, visant à mettre un terme à une autre forme de tourisme de la mort (en Suisse, la Législation permettant le suicide assisté, de nombreux étrangers venaient s'y faire trépasser, induisant un tourisme de la mort assez mal vécu là bas) : lorsque papy, tel le Papon moyen, se sentait proche du trépas, il était - et est encore - transporté en Suisse afin de créer un domicile fiscal aussi fictif qu'urgent, permettant de bénéficier de la législation Suisse.

On se demande où certains de nos confrères fiscalistes - dont faisait partie notre ex-président que l'on a beaucoup vu en Suisse naguère, avant qu'il ne prenne ce Pays en grippe une fois devenu Président - vont chercher leurs idées d'optimisation fiscale...

Bon... Au-delà du phénomène de fraude induit - qui reste encore compréhensible dans une certaine mesure - ce que dit cette pratique, c'est tout ce que l'on devine de déplacements contraints, de moribonds dans des ambulances, de médecins convoqués et incités à prolonger une vie de quelques jours, le temps d'installer papy dans le Valais afin qu'il y claque loin de sa maison, de son univers et de ses souvenirs, dans le but de sauvegarder quelques picaillons de plus, alors qu'on en manque sans doute déjà pas.

Et l'on se dit que les accords fiscaux afin de mettre un terme à des pratiques pareilles, à un moment, ce n'est plus lutter pour l'égalité des citoyens devant l'impôt et ses charges, mais pour la dignité humaine.

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En bonus, l'avis d'un confrère Suisse sur la question :

http://www.letemps.ch/Page/Uuid/1d7fc108-ebbb-11e1-a349-a7198c41d2c7|0

Par laurent.epailly le 18/08/12
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19 août 1479, à Ranchot, Fraintche-Comté nouvellement baptisée ainsi depuis 1478, sous le règne de Ferdinand V d'Espagne, dit « le Catholique », Lorenzo le disciple rentre d'une longue journée de travail à charroyer le fer depuis la mine du lieudit « Les Minerais » jusqu'à Rans, siège de la paroisse.

Sur le chemin du retour, rapportant du bois pour la mine, il ne manque jamais de se signer et de dire une petite prière en passant devant la petite chapelle dédiée à Sainte-Anne, édifiée en 1430 : avec la Peste que nous envoient les Turcomans, s'il ne plaît à Dieu qu'on évite la maladie, qu'au moins l'on se présente les chausses propres devant Saint-Pierre...

Toute peine méritant salaire, il s'est aussi arrêté devant un roncier couvert de tendres et jûteuses baies et n'a pu résister à les cueillir.

Chemin revenu, il est est hélé par Léonardo, son Maître (qu'il sert et c'est sa joie).

C'est là que les anciens placent le dialogue qui aurait renvoyé Platon à ses études, et aurait fait preuve d'une clairvoyance extraordinaire de l'avenir, mais, en général, les gens disent n'importent quoi...

Léonardo : « Hé bien disciple ! Viens me voir... Ta journée fut-elle bonne ? »

Lorenzo : « Certes oui, mon Maître. Labeur, labeur, labeur et, le soir, le journalier salaire du labeur, un sou... »

- Pas que du labeur, à en voir tes mains violettes et ta bouche fardée...

- Certes, Maître, je me suis laissé aller à cueillir un plein seillau de mûres.

- Et... où est donc ce seillau que je demande à Léontine d'en faire des tartes ?

- C'est que... Je n'en ai plus que pour une gourdasse...

- Me diras-tu que tu t'en es gavé jusqu'à plus faim ?

- Je ne saurais dire que ma panse ne soit pleine et satisfaite. Mais il m'en restait beaucoup encore...

- Celles que tu as mangées te revenaient de droit : tu as travaillé, tu les as cueillies et t'es sans doute pîqué les doigts. Tu les as méritées : ce sont, sans galimatia, les fruits de ton travail. Mais les autres, les auras-tu perdues en chemin ? Te les auras-t-on brigandées ? Une enjôleuse te les aura rapinées, grand dadais !

- Que nenni, Maître : je les ai données...

- Données ? Et à qui donc ?

- D'abord, j'en ai donné à ma chienne fidèle, qui fait le chemin avec moi, mouillée quand il pleut, harassée quand il fait soleil.

- C'est normal, elle est de ta famille et mérite tout comme toi.

- Ensuite, à la veuve du moulin. Elle ne peut plus se déplacer, ni travailler, et les temps sont durs. Je lui ai dit que, chaque mois, elle aura une partie des fruits de saison...

- C'est bien, Disciple.

- Ensuite, à la femme de la vieille ferme, juste avant la taverne : le mari a été embastillé par le Seigneur Poutino. Je crois qu'il avait interrompu le prêche du prêtre qui promettait la félicité pour demain, quand son ventre creux était pour de suite. Il avait certes abusé de la Goudale, mais le Bailli n'a rien voulu savoir. La femme n'a guère de travail : nul ne veut indisposer le Seigneur Poutino.

- C'est encore bien, Disciple. Tu as grand coeur.

- Enfin, j'en ai donné à la famille du forgeron : il peine à trouver des chevaux à ferrer, depuis que de Cathay nous viennent des fers à 3 sols, trajet compris, quand il ne peut guère les offrir qu'à 5 sols. Même l'argument de la préférence paroissiale ne convainct pas grand monde. Et je ne vous parle pas de ceux, de plus en plus nombreux, qui achètent des chevaux en Dacie, au lieu de nos solides Comtois. Bref, il a 5 enfants.

- C'est encore très bien, Disciple.

- Quant aux dernières mûres, les voici dans ma gourdasse...

... Que je te prends de ce pas !

- De sorte qu'il ne m'en reste plus...

- Certes non, Disciple, mais tu peux te coucher ce soir fier de toi ! Grâce à toi, je viens d'inventer : la retraite, le RSA, les Allocations Familiales et les dividendes perçus par les actionnaires.

Mais je ne pense pas que cela sera mis en place un jour : c'est trop révolutionnaire...

Après son frugal dîner, sa toilette expédiée, Lorenzo, le Disciple, monte se coucher, mi-mûre, mi-raisin et, sur sa paillasse, ne peut s'empêcher de se dire : « Souhaitons qu'il n'y ait point de disette bientôt : ils seraient bien capables d'inventer l'Impôt Sur la Famine... ».

Le passé, c'est compliqué.

Par laurent.epailly le 17/08/12
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Lorsque j'en ai le temps, je ne passe jamais devant un Monument aux Morts ou une plaque commémorative, sans y jeter un oeil, m'y arrêter quelques instants.

Il y a toujours un hommage à rendre, ne serait ce qu'en lisant ces quelques mots qui vous disent que tel jeune homme, sans doute élevé au grade de sous-lieutenant à titre posthume, est tombé sous les balles allemandes à 17 ans.

Il y a toujours quelque poignante émotion à lire 2 ou 3 noms identiques dans les villages - et si l'on n'est pas absolument certain qu'ils étaient du même toit, du moins étaient-ils nécessairement de la même famille - car payer 3 fois pendant une même guerre dépasse la notion même de sacrifice envisageable, telle Marie-Louise Le Put, Bretonne de Treguier (22), dont la statue orne le Monument aux Morts pacifiste de cette ville, après qu'elle ait perdu ses trois fils et son mari pendant la Guerre de 14.

Celui de Ranchot ne tranche pas avec deux noms identiques.

Si certains Monuments sont apparus après la guerre de 1870, tel celui de Montauban, c'est surtout après la guerre de 14 que, naturellement, ils se sont répandus.

Que l'on songe simplement que 20% des combattants français sont morts à la guerre ou de ses suites et que 10% des hommes Français de plus de 18 ans y sont morts.

900 morts Français par jour en moyenne (1.500 Allemands), soit 37 à l'heure, soit une ville de 25.000 habitants rayée de la carte tous les mois.

En fait, sur 36.000 communes, seules une vingtaine n'eurent aucun mort à la guerre et c'est pour cela que d'aucunes, par des manoeuvres souterraines, annexèrent des hameaux appartenant à d'autres communes, dont l'un ou l'autre enfant était mort à la guerre, afin d'échapper à ce qui était souvent vécu comme une honte ; n'avoir eu aucun mort...

D'autres communes surent faire preuve de davantage de joie modeste et grave, de retrouver tous leurs enfants vivants : c'est ainsi que se joignant au Monument commun aux communes de Le Bizot (6 morts) et La Bosse (6 morts), celle de Narbief (0 mort), indiquera sobrement sur une plaque « "NARBIEF Hommage de reconnaissance de la commune qui a été épargnée" (cela se situe dans le Haut-Doubs).

Certaine, telle Avioth (Meuse) n'eut qu'un mort. Elle trancha néanmoins la question du Monument en considérant que ce dernier ayant fui à la guerre, il ne le méritait pas...

On ne sut que plus tard que, soldat de la garnison de Montmédy, il s'était simplement replié sur ordre après avoir évacué la ville et était tombé en couvrant la retraite. Du moins a-t-il sa plaque à l'Eglise depuis quelques années.

C'est la Loi du 25 octobre 1919 qui va organiser l'inscription sur les Monuments aux Morts : il faut être titulaire de la mention « mort pour la France » (MPF) et l'on est inscrit dans une commune avec laquelle on a un lien suffisant...

Une subvention étant versée proportionnellement au nombre de noms à inscrire, c'est ainsi que certaines communes se disputèrent les morts à qui mieux mieux (tel né ici, mais vivant ailleurs et marié encore là), certains étant inscrits sur plusieurs Monuments.

Mais mieux vaut plusieurs fois que pas du tout, tels les fusillés pour l'exemple, interdits théoriquement de Monument, quoi que l'on signale que, faisant fi des recommandations légales, nombre de communes les inscrivirent quand même, quand elles n'érigèrent pas carrément des Monuments dédiés, comme à Riom (63) : « Aux victimes innocentes des conseils de guerre 1914 - 1918 et à celles de la Milice et de la Gestapo 1939 - 1944 ».

Particularité, l'Alsace-Moselle, où les Monuments aux Morts ne comportent pas la mention « Morts pour la France », mais « Aux morts de la guerre », pour une raison évidente : la plupart des Alsaciens sont morts sous l'uniforme d'en face, qui plus est en étant de nationalité allemande en raison du traité de Francfort (ce qui n'était pas le cas des « malgré-nous » de 1940/45, qui étaient restés français en vertu du droit international)...

C'est la raison pour laquelle il n'y a pas de noms sur les Monuments Alsaciens-Mosellans.

Le Monument de Strasbourg, d'ailleurs, est le symbole même de cette sagesse post mortem dont on pourrait s'inspirer pour le reste de la France : une mère entre deux enfants agonisants, également nus afin qu'on ne les distingue par leur uniforme, l'un Français, l'autre Allemand...

Telle la procédure de faillite personnelle, directement venue d'Alsace, peut-être pourrait-on adopter cette mention sur nos Monuments ou, à tout le moins, son esprit, ce qui résoudrait le problème des milliers de soldats non-encore réhabilités : de quelque manière qu'il tombe, sous les balles amies ou les obus ennemis, un soldat meurt toujours de la guerre.

Petit P.S toutefois : dans la Loi du 20 février 2012, prise sous le régime de la procédure accélérée, à la demande de Nicolas Sarkozy, il est prévu que les noms des soldats « morts pour la France » (titulaires de cette mention définie par une Loi de 1915 réformée en 1922), y compris nos morts les plus récents, comme en Afghanistan (ce qui est légitime), soient OBLIGATOIREMENT inscrits sur les Monuments aux Morts de leur commune.

Il n'y a pas d'exception territoriale.

Évitons de polémiquer sur le sujet, mais remarquons, simplement, que si l'on suit la Loi en Alsace-Moselle, on va détruire ce fragile consensus qui honore tous les enfants morts de la guerre, peu important l'uniforme...

Bref, les Monuments aux Morts, c'est compliqué.

Par laurent.epailly le 16/08/12
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... sous lequel je fais la sieste.

On voit bien que l'été, s'il n'y avait quelques émeutes et des JO de ci, de là, outre l'inévitable marronier sur les "Franc-maçons" ou "L'immobilier", on n'aurait pas grand chose à se mettre sous la dent.

Dieu merci, l'Eglise Catholique vient de nous gratifier, le 15 août (sous la Monarchie, le 15 août c'était l'équivalent du 14 Juillet, la France étant, naguère, consacrée à Marie, notre autre patronne étant Jeanne d'Arc), d'une prière pour la France (c'est gentil), sur le thème de la famille, reprenant, ostensiblement nous dit-on, l'idée qu'un enfant a besoin de vivre "auprès de son père et de sa mère".

Bien sur, on a du le dire avec plus de délectation à Saint Germain l'Auxerrois que dans une Eglise du Marais, mais de là à ce que les extrêmistes du laïcisme s'en étouffent, il y a de la marge.

Parce qu'enfin, certes, cela est compris comme une prise de position de l'Eglise catholique contre le mariage homosexuel, mais si on y réfléchit un peu, ce n'est pas si évident.

Reprenons un peu :

1. Sur la forme.

En quoi l'Eglise serait-elle privée de dire ce qu'elle pense ? La loi de 1905 sur la laïcité n'a jamais dit que l'Eglise ne pouvait plus s'exprimer en qualité de détentrice d'une vérité partagée par un certain nombre de personnes.

Que cette vérité ne soit pas celle d'autres ne change rien au problème : la Loi sur la laïcité donne aux religions un rôle philosophique. Il est normal qu'elles disent leur message, quitte à ses détracteurs de s'y opposer.

Ensuite de quoi, le législateur, élu par le peuple (dont des croyants) prend ses responsabilités et dit le droit qu'il entend mettre en oeuvre.

Pour ma part, je suis devenu favorable au mariage homosexuel après de longues réflexions (c'est une sorte de coming out personnel), mais j'entends bien que les religions qui s'y opposent puissent continuer à le dire. C'est une bien drôle de conception de la laïcité que de dénier aux opposants le droit au débat.

2. Sur le fond.

Le message n'est pas si clair.

Je dirais pour ma part que, avant tout, il réaffirme l'opposition traditionnelle de l'Eglise au divorce, celui qui va partager la famille en deux.

Que ce n'est qu'en deuxième intention que l'on aperçoit un refus de l'homoparentalité, dont la problématique ne recoupe pas exactement celle du mariage homosexuel, car contrairement à ce qu'il est soutenu ici ou là, le mariage homosexuel n'entraînerait pas nécessairement - en tout cas, pas de manière conjointe et automatique - la reconnaissance de l'homoparentalité.

Ce, même si la possibilité d'une homoparentalité (qui est d'ailleurs d'ores et déjà réclamée en dehors de toute idée de mariage, par exemple par un couple de femmes du Jura, candidates à l'adoption) est également une revendication des couples homo.

En effet, la CEDH laisse toute latitude aux Etats, à la fois pour décider d'accorder ou pas un mariage homosexuel, mais également d'accorder le droit à l'homoparentalité y compris dans le cadre du mariage homosexuel, sans que cela soit une discrimination.

Mais il est vrai que le fait d'accorder le mariage homosexuel sera sans doute un pas important dans cette direction.

Enfin, je ne vois qu'en troisième intention le refus du mariage homosexuel qui n'est réaffirmé que par le raisonnement que nous venons d'avoir, par dévidage de l'écheveau, et même si c'est d'abord ce que beaucoup de gens, croyants ou pas, et pour des raisons inverses, ont voulu d'abord voir.

Je crois que, comme tout bon avocat, je suis un peu Jésuite...

Par laurent.epailly le 14/08/12
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A peine règlé le problème du vide juridique autour du harcèlement sexuel (sous les réserves dont nous avions déjà parlé), faudra-t-il pénaliser le harcèlement de rue ?

http://www.midilibre.fr/2012/08/13/la-drague-des-hommes-le-malaise-des-f...

On se souvient du bruit fait autour du film tourné par une jeune Belge et montrant le harcèlement quotidien qu'elle subit de la part des hommes jeunes et moins jeunes de son quartier, allant de la proposition explicite à l'injure.

Son message avait, du reste, été à la fois récupéré par certains et brouillés par d'autres, dés lors que, sur les images, apparaissaient le plus souvent ce que les Belges appellent des allochtones, soit des personnes d'origine ou de nationalité non-belge, principalement du Maghreb.

C'est une réalité, du reste, que connaissent bien celles et ceux qui passent, par exemple, rue du faubourg de la Saunerie, Cours Gambetta ou sur la Comédie et la nier serait mensonger, même si l'on sait tout ce qu'il y a de "culturel" dans la démarche.

Du reste, également, il faut bien reconnaître que, parallèlement, ces dragueurs des rues obtiennent quand même souvent un sourire au culot et parviennent toujours, à un moment ou un autre, à leurs fins (leur tchatche étant redoutable) avec l'une ou l'autre, ce qui ne peut que les inciter à recommencer.

De même que tous les kékés ne sont pas originaires du sud de la Méditerranée.

Enfin, on peut difficilement - soyons honnête - considérer comme harcèlement un sifflet admiratif, un (vrai) compliment ou une tentative d'approche, même éculée, du style "on se connaît ?".

Rappeler ces évidences, témoigne de toute la difficulté à qualifier le phénomène.

Certains actes sont immédiatement des infractions pénales :

* une main aux fesses = agression sexuelle

* salope ! = injure publique

Cela, ce n'est pas la peine de revenir dessus.

Avec les réserves d'usage, liées au contexte : si la demoiselle embrasse le garçon depuis une bonne demi-heure et qu'il essaie de glisser sa miminne dans la culotte d'icelle. Si la demoiselle dit non, l'agression sexuelle c'est en cas de réitération ou s'il insiste. Il faut laisser une marge à l'initiative, comme il faut laisser sa place à la volonté individuelle.

Après, sanctionner le regard simplement concupiscent (qui peut certes agacer à la fin, mais n'est quand même pas toujours mal accueilli sur le moment - et ça dépend même de qui vous regarde, parfois), sanctionner le coup de sifflet ou le "t'es jolie, mademoiselle", ça paraît hors de proportion, à la fois quant aux buts à atteindre et aux intérêts à protéger.

En revanche, dans la zone située juste entre la phase (et la phrase) d'accroche et l'insistance lourde ou la tentative d'accompagnement forcée, là, on peut se référer, à mon sens, à la loi nouvelle :

"Article 222-33 du Code Pénal

Modifié par LOI n°2012-954 du 6 août 2012 - art. 1

I. - Le harcèlement sexuel est le fait d'imposer à une personne, de façon répétée, des propos ou comportements à connotation sexuelle qui soit portent atteinte à sa dignité en raison de leur caractère dégradant ou humiliant, soit créent à son encontre une situation intimidante, hostile ou offensante. "

Cela ne reste pas simple, puisque la victime est quasi sans moyens réels de preuve et que cela m'étonnerait fort que les milices urbaines se préoccupent beaucoup du problème.

Mais bon... La Loi pénale, c'est un texte qui sanctionne. La chaîne policiaro-pénale, c'est le système qui est censé parvenir à l'application de la Loi.

Par laurent.epailly le 11/08/12
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L'espace rural se définit nécessairement par rapport à l'espace urbain, et inversément.

Mais lequel pèse le plus dans l'esprit de l'Administration ? Qui de la poule ou de l'oeuf ?

On pourrait se dire que, sachant qu'il y a bientôt 100 ans la grosse majorité des Régiments qui s'engagèrent dans la fournaise de la guerre de 14 étaient composés de mobilisés venant de la campagne, c'est la campagne qui l'emporte.

Hé bien non, car l'on parle toujours de l'espace péri-urbain comme zone de contact entre la ville et la campagne, mais jamais de l'espace péri-rural. CQFD.

Et pourtant, sauf exceptions comme Montpellier, par exemple (et encore...), les campagnes se développent plus vite que les villes, précisément avec l'arrivée incessante des rurbains, ces gens des villes qui viennent vivre à la campagne.

Rares sont ceux qui viennent y travailler, mais tous viennent s'y loger.

Le rurbain est souvent mal vu de l'autochtone : schématiquement, le père étale son fric et sa Beumeuweu, dont on va finir par savoir qu'elle a 8 soupapes, la mère parle de trucs féministes et de condition de la femme tout en cherchant une bonniche très bien pour l'aider dans ses tâches ménagères, le fils fait tourner la tête aux campagnardes avec ses faux airs de Justin Bieber et la fille est une pimbêche qu'on ne peut même pas draguer, vu qu'on est que des bouseux. Et ce n'est pas toujours faux.

Et avec ça, toujours à te sortir des mots de la ville comme "avocat" ou "trouble anormal du voisinage" ou "trouble de jouissance" (le pauvre...) pour quelques traditionnels chants du coq, que ça nous fait quand même bien marrer le coq qui chante à 4 heures du matin sous les fenêtres du fâcheux....

C'est que ce rurbain là, tu vois, il fait partie de ceux qui ont vendu très cher un appartement à la ville et viennent, avec la puissance financière d'un Kerviel et des cartes bancaires de compétition, te racheter la vieille maison de maître abandonnée et que je te la rénove à qui mieux mieux.

Mais ce ne sont pas les seuls : il y a aussi, dans nos rurbains, des jeunes au chômage, qui font parfois pousser des trucs limite légaux (limite, parce qu'il paraît que c'est pour des raisons médicales. Dans la campagne, on sait qu'il ne faut pas rigoler, ni avec le rebouteux, ni avec l'herboristerie; et puis ces jeunes, ils sont bien gentils...), mais qui peuvent au moins se loger quand ils n'avaient qu'un 9 m² en ville.

Et c'est aussi le couple d'employés qui engloutissait un salaire pour se loger en ville dans un appartement encore un peu plus petit avec l'arrivée du dernier et qui se dégrade tranquillement (le propriétaire empoche, mais il dépoche guère...) : à la campagne, avec les allocs et en se serrant un peu (beaucoup) la ceinture, du moins ils seront propriétaires d'une petite maison.

Enfin, locataires de la banque pendant 30 ans, mais on se comprend, hein ?

C'est souvent mal vu, le rurbain : on s'en plaint dans le "Jura Agricole et Rural", où le chef des pompiers dit que depuis qu'ils sont là, le nombre d'interventions a doublé, parce que le rurbain, contrairement au rural, quand il se fait bobo au doigt ou qu'il voit un nid de guêpes, il appelle les pompiers.

Et qu'il est bien embêté, le chef des pompiers, parce que Monsieur Sarkozy, il lui a enlevé un pompier professionnel sur deux qui partait à la retraite (y a des fois, il faudrait ne pas remplacer un Politicien sur deux qui part à la retraite...) et qu'il y a une crise des vocations sur le poste pompiers volontaires.

Non pas tant que ce soit, une nouvelle fois, la faute des djeuns qui seraient tous égoïstes et tous mous du civisme (ils sont un peu moins volontaires, c'est vrai), ce que dément un autre article du même journal : la gendarmerie a fait le plein de ses jeunes réservistes, preuve qu'ils savent s'engager.

Mais bon, faire le zouave sur le bord des routes selon un planning prévu ,avec cette secrète jouissance de détenir un certain pouvoir de nuisance sur le permis de conduire de tes contemporains, ça n'a rien à voir avec décaler au coup de sirène, en laissant en plan son boulot, pour aller désincarcérer un rurbain épuisé qui rentrait de la ville où il bosse à 80 bornes de là...

Et parce que les patrons d'aujourd'hui, dont la plupart n'ont pas fait leur service militaire, pris entre une crise économique tout de suite et un incendie éventuel de l'usine plus tard, ils ont tranché pour leur jeune salarié.

Et parce que les djeuns ruraux, bein ils partent bosser à la ville...

Faut dire les choses : la campagne pendant la journée, y a guère que des enfants à l'école et des vieux qui comptent les heures ou se repassent les Feux de l'Amour.

Mais le rurbain, ça a quand même bien des avantages.

Le premier, c'est que dans le lot, tu as toujours quelque ancien quelque chose à recycler : prof de musique à l0péra, qu'on emploiera à la chorale; ancien footeux de Ligue 2 qu'on utilisera pour le club local (souvent fusionné avec celui des villages alentour); ancien colonel en retraite qui, depuis que le moindre militaire est à 200 kilomètres et que l'ancien combattant perd peu à peu son dernier combat contre la faucheuse, donne du lustre au Monument au Mort, le 11 Novembre et le 14 Juillet.

En ville ils n'étaient que d'anciennes gloires quasi-anonymes. Les voilà notables locaux et tant pis si le colonel était adjudant-chef, en fait, et qu'il n'a pas sauté sur Dien Bien Phu, mais sur Montauban. La rurbanité, c'est comme la Légion Etrangère : tu peux t'inventer une nouvelle vie, sans grand risque d'être contredit...

Le deuxième, c'est que le rurbain friqué, c'est aussi celui qui va entretenir le patrimoine : lui, il veut cette vieille ferme qui sort par les trous de nez des descendants du fermier et il te la rénove tout à l'ancienne, confort moderne et écran plat quand même (faut pas déconner, mais le résultat est joli).

Et les héritiers, ils sont quand même bien contents de la vendre un bon prix la vieille ferme dont personne ne voulait. Et les autres sont bien contents que leur maison prenne de la valeur.

Le troisième, c'est que ça sauve les écoles et que ça embête les Politiciens à Paris. Parce que les policitiens à Paris, ils voudraient juste que la campagne, ce soit un grand espace vert avec quelques villages typiques, habités d'artisans, d'artistes et de quelques "modeleurs ou jardiniers du territoire". Des villages pour leurs vacances dans leurs résidences secondaires, tertiaires ou quaternaires...

Parce que tous ces rurbains qui viennent enrayer le déclin des villages, ils l'embêtent bien le Politicien de Paris, car ça signifie, alors que l'ère du pétrole touche à sa fin, qu'il va falloir prévoir de maintenir des administrations sous la pression, de fermer moins de classes que prévu, de créer toujours plus de liaisons ferroviaires ou par bus. Et que ça, ça n'entre pas dans ses plans de grande urbanisation des villes, de recentrage des populations et de regroupement des administrations.

Rien que pour ça, chapeau le rurbain.

Le quatrième effet, c'est l'apparition du bananier.

Pour une raison que je ne m'explique pas, depuis que les rurbains sont arrivés, chacun a planté un bananier dans son jardin. C'est une mode, apportée par le rurbain.

Des bananiers... Dans le Jura... Et tu sais quoi ? Le pire ?

C'est que les bananiers, ils poussent et ne gèlent pas ! Le rurbain apporte avec lui la preuve du réchauffement climatique...

Bref, la rurbanité, c'est compliqué.