laurent.epailly

Par laurent.epailly le 27/09/12
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Notre Bâtonnière (bien-aimée) - que les nuages de la félicité l'abreuvent jusqu'à plus soif ! - se fend d'un rappel aux allures martiales.

Depuis le passage de Bâtonniers plus, disons, "modèles de collection" plus vraiment côtés à l'argus, nous n'avions point été saisis d'une telle littérature dont le fond, du reste, n'est pas sans vérité.

L'heure serait-elle donc si grave ?

"Résister ...

A la morosité, au fatalisme, à l'énervement ... au laisser-aller !

Sans que ceci constitue une auto-proclamation de supériorité, n'oubliez jamais que nous ne sommes pas que des prestataires de services.

Nous sommes AVOCATS et cela signifie que pèse sur nous, contrepartie de notre indépendance, et des atouts légaux et déontologiques qu'elle induit, une exigence de comportement, partout et en toutes circonstances, dans l'activité juridique et l'activité judiciaire, face à un expert, en salle d'audience, en réunion professionnelle, et même en dehors.

Cela concerne les propos oraux, les écrits, la tenue vestimentaire (on se présente dans la salle d'audience déjà revêtu de la robe, boutonnée), l'attitude.

N'oubliez pas non plus que pour être respectés, ce que nous exigeons de tous, il faut respecter l'autre et se respecter soi-même.

Bien à vous.

Michèle TISSEYRE"

Jamais inutile de rappeler quelques règles d'exemplarité, dont, au demeurant, les jeunes ne sont pas nécessairement les moins respectueux : il y a de vieux schnocks comme il est de jeunes cons.

Tiens, Ma Bâtonnière, j'apporte ma pierre à l'édifice et je t'ai bricolé un petit "Code de l'Avocat" à partir de celui des Légionnaires (respectueusement, hein ?) : tant qu'à s'inspirer, autant que cela soit de l'excellence.

" Art. 1 - Avocat, tu es un auxiliaire, servant la Justice Française avec honneur, respect et professionalisme.

Art. 2 - Chaque Avocat est ton frère, quelle que soit sa spécialité, sa notoriété ou son ancienneté. Tu lui manifestes toujours la solidarité étroite qui doit unir les membres d'une même famille.

Art. 3 - Respectueux des traditions et attaché à ton Ordre, la discipline et la confraternité sont ta force, l'indépendance et la loyauté tes vertus.

Art. 4 - Fier de ton état d'Avocat, tu le montres dans ta tenue toujours élégante, ton comportement toujours digne mais modeste, tes dossiers toujours nets.

Art. 5 - Juriste de haut-niveau, tu te formes avec rigueur, tu entretiens tes connaissances comme ton bien le plus précieux, tu as le souci constant de développer ta compétence.

Art. 6 - La mission confiée par ton client est sacrée, tu l'exécutes jusqu'au bout et en ayant toujours en vue son intérêt.

Art. 7 - A la barre, tu agis sans passion et sans haine. Tu respectes tes adversaires, qu'ils perdent ou qu'ils gagnent. Tu ne t'abandonnes jamais au mensonge, à la vilenie, et à la colère".

Et maintenant, on m'imprime ça à 1.000 exemplaires (ce que nous serons au 1 janvier 2013), on distribue à chacun et on fait apprendre par coeur : interro surprise passé un mois !

Retrait d'un point sur le permis de plaider par article non su, passés deux mois.

Trois points par infraction constatée, passés Trois mois.

Par laurent.epailly le 27/09/12
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Déjà mis à mal par la problématique du secret professionnel - qui ne pouvait que fonctionner en mode dégradé compte tenu de l'inévitable lien de subordination - entre le futur avocat d'entreprise et son employeur, ce qui était déjà impossible à accepter, la CJUE vient, peut être, de porter le coup de grâce, dés lors qu'elle a remise en cause le statut même de l'avocat en entreprise.

"La CJUE, dans un arrêt du 6 septembre 2012, confirme l'analyse des juges de première instance. Elle retient que la conception du rôle de l'avocat dans l'ordre juridique de l'Union, qui émane des traditions juridiques communes aux États membres, est celle d'un collaborateur de la justice appelé à fournir, en toute indépendance et dans l'intérêt supérieur de celle-ci, l'assistance légale dont le client a besoin. Or, l'exigence d'indépendance de l'avocat implique l'absence de tout rapport d'emploi entre ce dernier et son client, ce qui n'est pas le cas en l'espèce." (Le monde du droit).

Pour ma part, comme une grande majorité des confrères - guère suivis par notre représentation nationale, comme souvent - je suis contre cette intégration des juristes d'entreprises que l'on transformerait en avocats.

Leurs compétences ne sont nullement en cause et, la plupart, sont d'authentiques juristes de qualité dans leur domaine.

Mais les faire rentrer aux forceps dans le giron de la profession était impossible : trop de contraintes liées à l'existence d'un lien de subordination et le fait que l'on ne pouvait pas croire une seconde qu'un secret professionnel, déjà allègé, pouvait résister à ce lien de subordination : quand la seule alternative est de démissionner, comme lorsque le journaliste n'est pas d'accord avec sa rédaction, il n'y a pas d'alternative.

Ils continueront donc à faire ce qu'ils savent faire et être très bien : des juristes d'entreprises, sauf à utiliser la voie (anormale) de la passerelle pour devenir avocat, mais alors à titre de plein exercice.

S'ils retournent à l'entreprise, ils seront omis et redeviendront juristes.

C'est tout. Un choix de carrière, c'est aussi un choix de statut.

Par laurent.epailly le 25/09/12
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Après avoir lamentablement échoué à devenir député dans une circonscription taillée sur mesure où même un âne estampillé UMP l'aurait été (http://www.lemonde.fr/legislatives-2012/breve/2012/06/13/l-ump-assiggne-...);

Après avoir détruit des camps de Roms au bulldozer pour la première fois depuis 1940 (ce n'est pas l'expulsion qui me choque, si elle est légale, mais le spectacle désolant du bulldozer parfaitement assumé par le Ministre);

Après avoir réécrit le Code de Procédure Pénale pour assujettir le Parquet à la Police (http://www.rue89.com/2012/02/11/claude-gueant-sechement-recadre-par-le-m...) comme au bon vieux temps du Maréchal;

Après avoir donc fait preuve des plus belles qualités déontologiques, morales et de sa connaissance étendue de la procédure pénale et du principe de séparation des pouvoirs, Claude Guéant s'apprête donc à bénéficier, lui-aussi, du décret-poubelle taillé sur mesure par François FILLON avant la débâcle, pour rejoindre les rangs pléthoriques des avocats, sans diplôme, sans connaissance aucune du droit, mais pas sans connaissances dans le carnet d'adresses.

Nul doute qu'il a déjà trouvé quelque gras cabinet Parisien pour l'accueillir, lequel, s'il ne l'emploie à quelque tâche subalterne de représentation, quoique grassement payée, mais en tout cas fictive sur le plan juridique, pourra, au pire, lui faire faire les garde à vue : il a ses entrées dans les commissariats et, même encore, chez son successeur...

Il convient de réduire le nombre des entrées d'avocats dans la profession, nous dit-on. Mais naïf que je suis, il s'agit de ceux qui passent le concours, honnêtement, la voie normale. Pas de ceux qui déboulent avec un passe-droit et n'envisagent pas un instant que l'on puisse s'aviser de contrôler des connaissances sur le plan des quellles ils sont d'autant plus chatouilleux qu'ils n'en ont aucunes, à de rares esxceptions près.

C'est que pour un Joxe ou un Nénard (député de Lorraine avec toutes les qualifications requises), que l'on s'honore à compter parmi nous, on a plus souvent des Copé ou des Guéant.

Pour le coup, d'ordinaire j'aime bien notre Président de CNB, mais là, je le trouve mou : demander juste un aménagement du décret-poubelle, au lieu de son abrogation pure et simple (ainsi que des autres décrets-passerelles : la validation de l'expérience - qui est normale, il n'y a pas que la formation académique dans la vie - ne devrait donner que le droit de passer le pré-capa sans le diplôme correspondant, ou le CAPA si l'on a la maîtrise), c'est assez éloigné de l'allant du Spahi à la veste rouge du Tafilalet...

C'est mou, Mon Président, c'est mou : ce n'est pas à vous que j'apprendrais que la Chancellerie, il faut cogner dessus jusqu'à ce qu'elle cède. Normalement, un Ministre, ça dure moins longtemps que les avocats...

Par laurent.epailly le 25/09/12
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Un débat très intéressant, dans Le Figaro, où l'on met des mots sur les choses - ce qui n'est pas plus mal lorsque l'on parle d'un sujet aussi grave - mais il est vrai qu'il s'agit de juristes ou de médecin, de praticiens, et non pas de politiques qui ne savent parler qu'à travers le prisme de leurs communicants.

Certes, on pourrait penser qu'il y a plus urgent que de discuter euthanasie (une promesse de campagne du candidat HOLLANDE qui semble lui coller aux doigts), mais il n'empêche que l'on meurt tous les jours et, j'ajouterais même, de manière inexorable...

Je dirais même que la dette et le chômage, pour être des problèmes graves et préoccupants, ne sont en rien aussi inexorables que la mort.

"Et puis, au pire on meurt !", comme l'exorcise fort bien une très chère amie.

Bref, le débat :

Dans une tribune du quotidien Le Figaro, l'avocat Gilles Antonowicz et le président de cour d'assises Jean-Pierre Getti d'une part, le Pr Jean-Roger le Gall auteur et membre de l'Académie de médecine d'autre part, exposent leurs points de vue sur l'euthanasie.

Pour Gilles Antonowicz et Jean-Pierre Getti, "la loi Leonetti autorise la sédation terminale qui entraîne le décès du patient dans un délai de six à quinze jours ; elle autorise l'arrêt de la nutrition et de l'hydratation artificielle. Or, [s'interrogent-ils], que sont ces ‘actes d'endormissement', si ce n'est, en bon français, des euthanasies ?". Reprenant une citation de Camus : "Mal nommer les choses, c'est introduire du désordre dans le monde", l'avocat et le président de cour d'assises précisent: "doivent désormais être considérées comme relevant de l'euthanasie toutes les pratiques médicales mises en oeuvre pour assurer cumulativement le respect du droit du patient au refus de tout traitement, son droit à voir ses souffrances soulagées et permettre au médecin de ne pas s'obstiner de manière déraisonnable, sans crainte de représailles judiciaires" [en ajoutant que] "les médecins ont besoins de sécurité".

En outre, ils considèrent qu' "il n'y a pas à distinguer entre euthanasie (geste pratiqué par un médecin pour des raisons médicales) et suicide médicalement assisté (produit fourni par le médecin, absorbé par la personne en fin de vie elle-même). En revanche, il y a lieu de ne plus entretenir la confusion entre suicide assisté et suicide médicalement assisté, le premier consistant en la fourniture par un tiers de produits létaux à une personne qui n'est pas médicalement parlant en fin de vie". Enfin, ils mentionnent qu' "il est tout aussi important de cesser d'opposer artificiellement euthanasie et soins palliatifs. Certains attirent à raison l'attention sur le danger qu'il y aurait à voir l'euthanasie devenir la norme au prétexte que l'accompagnement palliatif serait trop onéreux ou trop difficile à mettre en oeuvre". Pour ces auteurs, et afin de "conjurer le risque, il suffirait d'imposer aux médecins acceptant de prêter leur concours à une aide active à mourir de vérifier préalablement qu'un accompagnement palliatif a été effectivement proposé au patient". Prenant l'exemple de la loi belge, "il faut [selon eux], encadrer les pratiques et définir les procédures permettant aux médecins d'agir dans le respect de la volonté de leurs patients, sans avoir à craindre l'appréciation de leurs pairs ou du parquet".

Mais pour le Pr Jean-Roger Le Gall, "l'homicide volontaire n'est pas compatible avec la vocation de médecin, ni avec l'attente de nos patients et de leurs familles". Evoquant le "droit de mourir dans la dignité" prôné par les partisans de l'euthanasie, le Pr Jean-Roger Le Gall déclare : "Nous, médecins réanimateurs, sommes tout à fait d'accord avec ce droit, dans la mesure où mourir dans la dignité, c'est mourir dans le respect, entouré de l'affection des siens si possible. Rappelons la définition du respect : sentiment qui porte à traiter quelqu'un avec de grands égards, à ne pas lui porter atteinte". En tant que médecin, précise-t-il, "nous n'avons pas [...] à répondre à une requête explicite du patient ou d'un de ses proches pour lui donner la mort. Nous sommes là pour éviter les souffrances inutiles. Le médecin peut alors se permettre de limiter, voire d'arrêter un traitement de survie, ce qui n'est en aucun cas une aide au suicide, car le traitement de confort est maintenu. L'euthanasie est assimilable à un homicide donc condamnable".

Pour le Pr Jean-Roger Le Gall, "aucune loi, aucune procédure ne changera le fait qu'arrêter ou suspendre le traitement actif est douloureux pour le médecin, les soignants et les familles. Un service de réanimation doit organiser au mieux la fin de vie en mettant le patient au coeur d'une relation de confiance entre son entourage et l'équipe de soin". Evoquant les soins à prodiguer, le Pr jean-Roger Le Gall précise : "nous devons en priorité soulager la douleur physique et morale du malade, en maintenant notamment l'aide ventilatoire et l'hydratation, et prendre toutes les mesures susceptible d'améliorer son confort et celui de ses proches".

Dans l'hypothèse où un médecin serait "confronté à une décision d'arrêt du traitement actif", Jean-Roger Le Gall rappelle que celui-ci "reste un homme comme les autres, avec sa part de subjectivité et d'incertitude. Aucune donné factuelle, si utile soit-elle, ne peut remplacer cette liberté et cette responsabilité, sans laquelle la médecine ne serait qu'un acte technique dénué d'humanité. Combien d'entre nous, vraiment, au moment décisif, seraient prêts à accepter pour eux ou pour leurs proches que leur médecin provoque délibérément leur mort en injectant du curare ou du chlorure de potassium ?". Pour le Pr Jean-Roger Le Gall, il faut donc laisser "l'euthanasie aux militants d'une cause désincarnée et continu[er] à faire une médecine humaine, qui préserve la vie et en respecte la fin".

(Le Figaro du 24/09 pour Gène Ethique).

sep
21

Olé...

Par laurent.epailly le 21/09/12
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Le Conseil Constitutionnel a, comme prévu, porté l'estocade au Toro ce jour, en déclarant constitutionnelle l'exception légale à l'article 521-1 du code pénal : « Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende.

L'exception étant : « Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie."

Au passage, veuillez noter que s'il permet, aussi, l'estourbissement du coq (rien à voir avec le poids du même nom), finalement, il ne statue pas sur le sort du cheval du picador, lequel, habillé tel la monture du cataphractaire Sarmate, porte une sorte de Sancho Pança bouffi - le picador - qui fouaille l'intérieur du Toro de sa longue lance triangulaire sous les vivats de la foule en délire : mine de rien, le cheval, il n'est pas rare qu'il y laisse l'intestin et la vie dans l'affaire...

Le cheval ? Il devient quoi le cheval, soumis à des traitements "inanimaux" et dégradants ?

Au passage, on passera sur l'astuce et l'artifice : le picador est censé réveiller l'ardeur du Toro en le saignant. Toi, je sais pas, mais moi, quand on m'enlève 3 litres de sang, j'ai plutôt tendance à piquer du nez plutôt que des deux.

Et je ne vous parle même pas des cornes sciées du bout pour perdre la distance et des Toros drogués - Mais attention, hein !, la bête a sa chance....

Un peu comme le gars qui fait le Tour de France à l'eau claire.

Un peu, finalement, comme ce monstrueux requin qui te zigouille, bon an, mal an, une vingtaine de surfeurs ou de plongeurs déguisés en otaries, quand la race paie de 300 millions d'individus l'appêtit des asiatiques pour l'aileron et le cartilage et des européens pour le galuchat. A ce stade de la repésaille, on est dans le génocide.

Bref, pour en revenir au Toro - fier, nécessairement, de vivre dans les prés pour aller finir sous la lame d'un gars habillé en danseuse, certes assez courageux, mais assez bête pour lui coller une épée dans la nuque après qu'il ait été bien travaillé à la banderille - on hésite à être content pour lui.

En même temps, quand tu vois à quoi ressemble la filière viande dans nos pays, avec massacre à la tronçonneuse en bout de chaîne sur des bêtes dont certaines sont découpées vivantes (merci le hallal, mais, aussi, le coup de merlin électrique qui rate sa cible... ha bein, c'est qu'on va pas arrêter la chaîne pour un boeuf qu'on a loupé, hein ? Toute façon, après quelques coups de tronçonneuses, il ne souffrira plus...), tu te demandes ce qui est préférable : l'assassinat en direct devant quelques milliers d'assoifés de sang et tortures raffinées ou la découpe en petit comité et en catimini ? Cruel dilemme...

Bref, pour en revenir au Conseil Constitutionnel et faire un peu de droit, la solution est logique : aucun instrument à valeur constitutionnelle ne protège nos amis animaux.

Aucune déclaration des droits de l'animal ratifiée.

C'est donc au niveau de la Loi que cela se passe, niveau insuffisant, si ce n'est à tenter de mettre en oeuvre des PGD (principes généraux du droit) comme, ici, la rupture d'égalité.

Mais il est vrai que, même si cela évolue, l'animal n'est pas encore un sujet de droit (j'en ai parlé à mon cheval : ça la fait rire, puis pleurer, puis rire... On appelle cela "hennir"), même si, ici ou là, on a pu commencer à voir des animaux s'apparenter à des parties civiles, tel "Mambo", petit chien confiant et amical, auquel des petits cons avaient mis le feu : au procés, Mambo était là, fièrement, au banc des parties civiles, le poil rare et la peau à nu, moins comme une pièce à conviction que comme une victime de la connerie humaine.

D'autre part, il est vrai que la Loi fixe clairement l'exception et le Conseil Constitutionnel renvoie donc le législateur - forcément veule, lâche et clientèliste - à prendre ses responsabilités et modifier la Loi s'il le souhaite.

Maintenant, ce qu'on croit impensable arrive parfois : la Catalogne, ce futur Etat riverain de la France, a aboli les corridas.

On n'est pas plus bêtes que des catalans ?

Non ?

Par laurent.epailly le 20/09/12
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On n'en finit plus de trouver des scories de l'idéologie sarkozyenne insidieusement planqués, tels des chevaux de Troye, au sein des textes les plus anodins, les contaminants par avance.

Ici, c'est une illustration d'une curieuse croyance de l'ex-Président, dans le caractère héréditaire de la délinquance et, donc, la possibilité de reconnaître, dés la maternelle, les graines de futurs délinquants (mais il est vrai que dans un bellâtre multiredoublant d'une vingtaine d'années, il voyait le génie nécessaire pour diriger l'EPAD...).

"En précisant, en son article 45, que "les techniques d'imagerie cérébrale peuvent être employées dans le cadre d'expertises judicaires", la loi de bioéthique de 2011 a ouvert la brèche à un débat dont la question est la suivante : "quel usage faire des conclusions de l'IRM [imagerie à résonnance magnétique] [...] dans le domaine judiciaire ? ".

Dans une note parue ce mardi 11 septembre 2012, "le Conseil d'analyse stratégique [CAS] souligne les risques qu'il y aurait à recourir aux techniques d'imagerie cérébrale dans le domaine judiciaire", suggérant "que la Chancellerie soit chargée de clarifier par circulaire l'interprétation de cet article 45".

Ainsi, pour Olivier Oullier, professeur de psychologie cognitive à Aix-Marseille-Université et auteur de la note, "il ne faut pas tourner le dos à cette nouvelle technologie. On ne peut pas nier, en effet, qu'une anomalie anatomique puisse impacter le comportement d'un individu. Il est impératif, en revanche, de savoir exactement quelle place accorder à ce genre d'élément dans le cadre de l'expertise psychiatrique judiciaire. Voilà pourquoi la loi [de bioéthique] doit être précisée". Il ajoute : "je crois, à titre personnel, que l'imagerie cérébrale ne doit pas se substituer à l'examen clinique approfondi d'un accusé mais simplement venir l'étayer. Elle ne peut à elle seule, suffire à fonder l'irresponsabilité pénale de l'accusé". Par conséquent, "le CAS se montre très sceptique" et précise que "compte tenu de l'absence actuelle de preuve scientifique sur la fiabilité de l'imagerie cérébrale fonctionnelle, cette technologie ne saurait être utilisée comme preuve".

Par ailleurs, dans un entretien, Ali Benmakhlouf, professeur de philosophie à l'Université de Paris Est Créteil Val et membre du Comité consultatif national d'éthique, a "peur" que "les juges et les jurés, qui n'ont aucune compétence scientifique pour décrypter un [...] cliché [d'IRM] [...], lui confèrent le statut de preuve [et que celle-ci] emporte, à elle seule, leur intime conviction". En effet, précise-t-il, "l'image donne [...] le sentiment d'objectiver le fonctionnement cérébral. Mais c'est une illusion : on ne peut réduire la complexité du psychisme humain à un cliché". A la question du journaliste : "ne croyez-vous pas qu'un jour l'imagerie cérébrale sera sollicitée pour évaluer la ‘dangerosité' supposée des détenus en fin de peine", Ali Benmakhlouf répond : "Nous y viendrons peut-être. Mais soyons conscients de ce que cela implique : croire que les comportements humains sont prédictibles revient à ravaler notre humanité au rang de simple animalité. Cela revient à annihiler toute forme de responsabilité. Croire que l'on peut biologiser à ce point les comportements humains, c'est avoir une vision bien réductionniste de l'homme".

(Gène éthique à propos d'un article de la Croix).

Par laurent.epailly le 20/09/12
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Continuons de réviser nos croyances populaires, nos us et coutumes, nos petites certitudes qui nous font croire que nous sommes encore quelque chose d'important dans le Monde.

"Impossible n'est pas Français !", nous assure-t-on.

Voire. Ce qui était valable au temps de la bataille de la Marne est-il toujours d'actualité ?

Est-il possible de croire que ce qui vient d'arriver en Belgique (et qui est relaté ci-après) peut arriver en France ?

Moi, je dis que c'est impossible et qu'impossible est donc Français. Et vous ?

"La plainte contre le procureur général d'Anvers sera transmise à la Cour de cassation

Mercredi 19 septembre 2012 à 12h39

(Belga) La plainte pour faux en écriture, que le substitut du procureur du Roi d'Anvers Peter Van Calster a déposée contre son supérieur, le procureur général Yves Liégeois, n'est pas encore arrivée à la Cour de cassation, mais ce devrait être chose faite dans les prochains jours, a appris l'Agence Belga auprès de la Cour.

La procédure normale prévoit qu'une plainte contre un magistrat d'un arrondissement judiciaire soit examinée par le procureur général de cet arrondissement, qui dispose alors d'un pouvoir d'appréciation. Il peut décider de la faire instruire ou de la classer sans suite. Le procureur général étant ici la cible de la plainte, le procureur général faisant fonction a transmis le dossier à la Cour de cassation, en vertu d'un "privilège de juridiction". Le Code d'instruction criminelle prévoit que le dossier fasse un arrêt intermédiaire au cabinet du ministre de la Justice qui, en vertu de la séparation des pouvoirs, ne dispose d'aucun pouvoir d'appréciation. Le ministre doit se borner à transmettre le dossier. Une fois à la Cour de cassation, c'est le procureur général, Jean-François Leclercq, qui examinera la plainte et estimera si elle doit être instruite plus avant. Si c'est le cas, le président de la Cour de cassation désignera un conseiller qui assumera le rôle de juge d'instruction. A la clôture de celle-ci, il sera décidé si l'affaire doit être renvoyée devant une cour d'appel ou si le procureur général d'Anvers doit bénéficier d'un non-lieu. Cette procédure, rarissime depuis l'entrée en vigueur du Code d'instruction criminelle, a été suivie récemment dans l'affaire Fortis, où plusieurs conseillers de la cour d'appel de Bruxelles avaient été renvoyés devant la cour d'appel de Gand pour faux en écriture". (NICOLAS MAETERLINCK)

(Le Vif.fr)

Dans un Pays où le Conseil Constitutionnel valide, en toute connaissance de cause, des comptes de campagne présidentielle avec des dizaines de millions de francs douteux, tout en flinguant un petit candidat (dont je me fiche à titre personnel) pour un dépassement de 80.000 francs.

Dans un Pays où ce sont les politiciens qui jugent leurs copains, au sein d'une Haute-Cour qui est la seule juridiction pénale en France à avoir culturellement un problème pour condamner un délinquant, fut-il innocent...

Dans un Pays où les seules affaires mettant en cause des politiques sortent tellement expurgées, dossiers vidés jusqu'à l'os, en grande partie prescrits, procés où les procureurs requièrent a minima ou carrément la relaxe.

Je dis non, c'est impossible. Juste impossible.

Par laurent.epailly le 19/09/12
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Quand j'étais minot, j'avais une encyclopédie qui s'appelait "Dis pourquoi ?...", encyclopédie reprenant, comme vous vous en doutez, certaines des questions posées de manière récurrente aux parents par leurs enfants.

En tout cas, beaucoup de questions, même si l'on ne peut prétendre à l'exhaustivité, l'imagination des enfants étant infinie...

Redevenons minots un moment, voulez-vous ? Et posons-nous quelques questions auxquelles les grandes personnes ne savent répondre que par un "Parce que... Tu comprendras quand tu seras plus grand !"...

En vrac, si une femme se voile pour se dévoiler à son seul mari (admettons...), pourquoi son mari ne se voile pas pour se réserver à sa femme ?

- Parce que... Tu comprendras quand tu seras plus grand !

Bon... Et, si Dieu nous a fait à son image, qu'est-ce que ça peut nous faire de voir des images de Dieu ?

- Parce que... Tu comprendras quand tu seras plus grand !

Bon... Et si la France elle est laïque, pourquoi est-ce que dans certaines cantines, il n'y a plus que du hallal ?

- Parce que... Tu comprendras quand tu seras plus grand !

Bon... Et, toujours si la France elle est laïque, pourquoi les congés, c'est que des fêtes catholiques ?

- Parce que... Tu comprendras quand tu seras plus grand !

C'est que justement, j'ai du mal à suivre (mais je ne suis qu'un minot de 45 ans, faut dire). Bon... et, dans un autre ordre d'idées, si les gens sont à la retraite, pourquoi est-ce qu'ils bénéficient d'un abattement de 10 % pour frais professionnels ?

- Parce que... Tu comprendras quand tu seras plus grand !

Bon... Jusque là, j'ai pas de chance avec mes questions de minot de 45 ans que je suis... Bon... Si les babby boomers ont pris leur retraite en moyenne à 57 ans, pourquoi ils étaient pour la réforme qui nous la fera prendre à 67 ?

- Parce que... Tu comprendras quand tu seras plus grand !

Bon... Pfffffff... Dur dur d'être un minot de 45 ans... Et... Euh... Si les retraités d'aujourd'hui ont, en moyenne (bon, je suis pas bête pour mon âge, hein, je sais bien qu'il y en a des pauvres vieux au minimum vieillesse), 70 % de leur ancien revenu, pourquoi ils touchent 100 Euros en moyenne de plus que le salaire de ceux qui travaillent ?

- Parce que... Tu comprendras quand tu seras plus grand !

Bon... tant qu'à être odieux comme un minot de 45 ans... Pourquoi le minimum vieillesse il est plus élevé que le RSA ?

- Parce que... Tu comprendras quand tu seras plus grand !

Crotte de bique ! Carton pleins ! Que des questions avec la bonne réponse...

Bon... heureusement, j'ai ma botte secrète : Alors... heu... Pourquoi la France elle est aussi endettée, toute pourrie de la pollution avec 5 millions de chômeurs et que y a que nous qui devons payer ?

- Parce que les jeunes, vous êtes des feignants mal élevés ignares et assistés !

Bon, j'ai au moins une réponse...

Par laurent.epailly le 15/09/12
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Voilà... Il y a plus d'une semaine que je ne suis pas venu, pour cause de travail trop important (j'ai toujours dit que les activités du blog étaient secondaires au regard de l'intérêt des clients) et je reviens sur une nouvelle atterrante.

Proprement ou plutôt, salement, atterrante.

J'apprends que, avant les vacances, notre Conseil de l'Ordre a, sans publicité excessive, accordé l'honorariat à tel confrère, du fait de son départ à la retraite ou un peu plus tard. On se moque un peu du calendrier, en l'occurence.

Pour faire court, et expliquer l'enjeu, l'honorariat est, comme pour le militaire, le fait d'autoriser son titulaire, parti à la retraite, à porter la robe ou l'uniforme encore à l'occasion et, par exemple, pour l'avocat, à participer aux élections professionnelles.

Pour l'obtenir, il faut avoir eu une carrière, sinon exemplaire, du moins sans grosses tâches sur la robe. Rien qui ne puisse se pardonner et, en tout cas, rien qui n'ait atteint l'honneu, puisque l'on parle bien de conférer l'honorariat.

C'est pour ça que quand je lis que tel ancien confrère, condamné à 6 mois fermes d'interdiction d'exercer naguère (interdiction dont tout le monde sait qu'il ne l'a pas respectée pour aller bosser la nuit ou enfermé dans son cabinet - sinon il aurait évidemment coulé) pour avoir détourné des fonds au détriment d'orphelins dans une succession, se voit conférer l'honorariat (après un précédent peu glorieux concernant un infâme autre confrère également), je dis que le Conseil de l'Ordre n'a pas seulement commis une erreur.

Il a commis une faute.

De celle qui faisait dire à Talleyrand : "c'est plus qu'un crime, Sire, c'est une faute."

Naturellement, dés lundi, j'assumerai mes propos dans les couloirs du Palais et n'en retire pas un mot.

Par laurent.epailly le 05/09/12
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Il est clair - si je puis dire - que c'est Madame Taubira qui a été choisie d'emblée par l'opposition UMP comme axe de communication et de critique.

Pour ceux qui connaissent la Guyane, il existe une forme tout à fait particulière d'orage tropical (ou, plutôt, quasi équatorial) que l'on appelle le "Train de Mana" : c'est un orage qui arrive face à vous comme un mur d'eau dans un tacatac impressionnant. Si vous êtes très rapide, vous pourriez même, dans l'absolu, avoir un pied au sec, l'autre mouillé, et je me souviens encore du chien de nos voisins d'en face - solide épagneul breton - qui avait foncé devant l'orage, littéralement à ses basques, pour se réfugier dans notre maison ouverte.

C'est, à peu près, ce qui est tombé sur Christiane Taubira depuis sa nomination.

Certaines critiques sont sans doute entendables et toute critique censée est bonne à prendre.

D'autres relèvent de la manipulation, comme lorsque l'on va délibérément tronçonner une de ses phrases pour n'en garder que le morceau que l'on exploite malhonnêtement, puisque celui que l'on a oublié en chemin dit l'exact contraire de ce que l'on critique.

Ou que l'on fait mine de comprendre autre chose que ce qu'elle fait, comme quand Accoyer (que j'aime bien et qui a été un bon Président de l'Assemblée Nationale), va pourtant affirmer qu'il est mis fin aux Jurés Citoyens, alors que c'est simplement le gel de l'extension de l'expérimentation (qui doit prendre fin à la mi 2013) et qui coûte déjà quelques dizaines de millions d'Euros qui a été acté.

D'autres critiques - certes moins nombreuses, Dieu merci - on l'a bien senti, tenaient au fait que c'est une femme, Guyanaise, voire, noire.

Mais là, on n'est plus dans la critique.

Bref, il est bon de se retourner parfois, pour voir ce que l'on avait avant :

http://www.lepoint.fr/actualites-politique/2008-12-11/l-extravagante-mme...

Je note que l'on a reproché à Madame Taubira d'être allée voir des délinquants en première visite officielle.

Du moins a-t-elle attendu le lendemain.

Rachida Dati, c'était le soir même à 22 heures...

J'ignore si les critiques avaient alors été les mêmes à gauche (sans doute quelques crétins s'y étaient laissés aller).

De toute façon, les politiques ne valent généralement pas le prix des bulletins de vote que l'on utilise pour les élire. Et je ne vous parle même pas de ceux qui voudraient prendre leur place.