laurent.epailly

Par laurent.epailly le 30/10/12
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J'ai eu, récemment, avec une amie, un débat sur ceux qui sont en charge de la lutte contre la discrimination en Europe, dés lors qu'elle râlait contre une décision de la Cour de Justice de l'UE qui sanctionnait le tarif privilégié concédé aux femmes par les assurances de voitures, tarif fondé sur le sexe.

Invéitablement, après avoir pris conscience que cela augmentait le tarif, à terme, de la prime de son assurance pour sa rutilante automobile, le débat glissait sur la discrimination salariale contre laquelle l'Europe serait bien impuissante.

Bon, sur le principe, je comprends que les femmes râlent : à mon avis, la CJUE (qui applique les règles déterminées par l'UE) fait de l'injustice sous prétexte de Justice. Le tarif "des femmes" a une logique qui obéit à deux constatations.

La première, c'est l'existence tangible d'un groupe humain féminin (si si, c'est tangible une femme).

La seconde, c'est que le groupe tangible précédent a, de manière tout autant tangible, un comportement routier moyen et général qui génère de moindre coûts de sinistres.

D'ailleurs, à ce compte, il faudrait supprimer le tarif des jeunes, autre groupe tangible par l'âge, dont la moyenne du comportement génère des coûts supérieurs aux autres et, peut être, a contrario, faudrait-il s'occuper plus sérieusement des pré-grabataires tangibles qui ne doivent souvent de ne pas avoir d'accident, qu'à la vigilance des autres usagers de la route...

Bref, il y a à dire.

Mais pour en revenir à la discrimination salariale et à ses responsables, je reviens sur ce que je disais : l'Europe a pris des directives depuis longtemps sur la question et il revient aux Etats-membres de mettre en oeuvre la lutte contre la discrimination, notamment salariale.

Après une Loi mal ficelée, prise à la va comme je te pousse et mise en oeuvre sans résultat, comme à son habitude, par le précédent gouvernement, le nouveau tente une nouvelle approche :

http://www.marianne.net/Egalite-salariale-la-lettre-qui-change-la-donne_...

Reste à savoir si la fameuse lettre change la donne ou donne le change...

Par laurent.epailly le 30/10/12
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j'ai eu un cadeau !

Merci à ma généreuse cliente qui a fait preuve - et elle n'y était pas forcément obligée - d'une reconnaissance d'autant plus appréciée qu'elle est devenue rare.

http://www.frederiquecosta.com/big/F-Costa.jpg

C'est celui là même, et là, vous en avez plein d'autres (mais plus le mien, qui est unique) :

http://www.frederiquecosta.com/article.php3?id_article=1

Je me sens, pour tout dire, dans la peau d'un fonctionnaire que Copé trouverait utile.

Dans celle d'un patron qu'embrasserait Melenchon.

Dans celle d'un homo, marié par Marine.

Merci, merci

Et encore... Merci.

Par laurent.epailly le 30/10/12
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http://www.tdg.ch/suisse/exercice-armee-suisse-jaser-jusquaux-usa/story/...

Et si demain, plutôt qu'une improbable fin du Monde (encore qu'il va y avoir foule et hystérie, de gens plus ou moins illuminés à Cadarach début décembre), nous avions notre monde à nous qui balance et menace de s'effondrer ?

Je rappelle, comme je le dis toujours à mes "appelés" des JDC, que la Démocratie se construit lentement, mais s'effondre d'un coup. Un mois entre le 10 mai et le 17 juin 1940, pour tomber dans la dictature. 140 ans pour se construire.

5 millions de chômeurs en vrai (toutes catégories confondues), pour atteindre 6 à la fin de l'année 2013, soit 10 % de la population totale, 30 % de retraités que quasi autant de travailleurs doivent financer (ce qui n'est pas anormal), tout en assumant leur propre existence, une austérité initié brutalement sous Sarkozy et poursuivi - à peine moins - brutalement sous Hollande, des impôts violemment augmentés sous Sarkozy (37 taxes nouvelles, + 16% de pression fiscale) continuée - à peine moins - violemment sous Hollande...

On a quand même tous les ingrédients pour que le couvercle saute.

Et franchement, que Copé et l'Eglise catholique prennent le risque de vouloir jeter un million de gens dans la rue (selon les organisateurs) pour un truc aussi bête que le mariage homosexuel, qui n'est qu'un petit tourbillon de lavabo à côté des vrais problèmes, ça en dit long sur ce qui peut arriver, avec les irresponsables des deux bords que nous avons chez nous et que-le-monde-entier-nous-envie.

Bref.

Si les Suisses avaient raison - et ils ont raison d'y penser - vous, que feriez-vous ?

Bon, certains avocats travailleraient encore : la permanence pénale, puisqu'il ne faut pas douter que la comparution immédiate fonctionnera à plein régime en flux continus. C'est la règle du jeu.

Les autres pourront prendre part aux manifs ou prendre un repos bien mérité. Mon conseil : ne payez rien pendant un mois ou deux, il y aura forcément une amnistie fiscalo-sociale à la fin.

Moi, je rejoindrai probablement mon régiment, pour prendre ma part aux opérations de protection des Français, de leurs biens et de résilience (fait de pouvoir rétablir les services essentiels pour la population), avec les moyens qu'il reste.

Nul doute qu'on verra, enfin, pour notre génération, l'article 16 de la Constitution en mouvement et que même notre ami Kuchukian sera mis sous le boisseau.

:-)

Et donc vous, vous feriez quoi ?

Par laurent.epailly le 27/10/12
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Un nouveau rebondissement dans l'affaire Merah :" La veuve du caporal Abel Chennouf, tué par Mohamed Merah, a décidé de porter plainte contre la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) pour "homicide involontaire", a annoncé son avocat, Me Frédéric Picard.

"Le récent rapport rendu public par Manuel Valls sur l'affaire a mis en évidence un relâchement de la DCRI dans la surveillance de Mohamed Merah. Cette plainte pour homicide involontaire contre la DCRI vise à comprendre pourquoi cette surveillance s'est relâchée", a expliqué Me Picard, avocat de Caroline Chennouf et de sa famille". (L'indépendant de Perpignan).

Le fondement juridique est celui de l'article 221-6 du Code Pénal :

Le fait de causer, dans les conditions et selon les distinctions prévues à l'article 121-3, par maladresse, imprudence, inattention, négligence ou manquement à une obligation de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, la mort d'autrui constitue un homicide involontaire puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

En cas de violation manifestement délibérée d'une obligation particulière de prudence ou de sécurité imposée par la loi ou le règlement, les peines encourues sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 75 000 euros d'amende.

On sait, d'ailleurs, pour la petite histoire, que la compagne d'Abel Chennouf, alors enceinte de leur enfant, avait obtenu l'autorisation d'un mariage posthume, célébré dans des circonstances difficiles (http://www.leparisien.fr/toulouse-31000/le-mariage-posthume-d-abel-chenn...) par l'ineffable Maire de Montauban Brigittes Barèges (*).

Cette plainte s'ajoute donc à celle du père de Merah, abattu ou exécuté, selon les versions, plainte pour homicide volontaire.

A ce sujet, telle l'enveloppe de notre confrère Collard dont on a jamais vu le contenu, il me semble que l'on n'a jamais eu, non plus, les vidéos promises.

Gageons, toutefois, que cette instruction, comme l'autre, prendra un train de sénateur, sauf pour un non-lieu, sachant que, il faut bien le dire, l'opinion, comme bon nombre de confrères, du reste, se moque éperdument de savoir la vérité dans cette affaire (comme pour Kadhaffi, dont on sait qu'il a bien été livré par les Américains et les Français en vue de son exécution, bien au-delà des prescriptions du mandat confié par l'ONU http://www.marianne.net/Kadhafi-les-deux-bombes-francaises_a223702.html), qu'elle soit légale ou pas.

Or, je le redis (et sans faire de procés d'intention, mais vu que, comme pour le film sur la tentative malheureuse de sauver nos otages qui se termina par la mort des deux sans que la bonne foi des sauveteurs soit en cause, spécialement quand tu as 1 seconde pour te décider, mais où il manque la minute cruciale où on voit tout... quand c'est flou, y a un loup, dit avec raison l'UMP), l'intérêt des familles des victimes, c'était que l'on puisse avoir Merah vivant si possible, pour une instruction et un procés en bonne et due forme, parce que, on le voit encore une fois ici, il ne faut pas compter sur l'Etat pour t'expliquer les choses.

(*) Brigitte Barrèges a plusieurs particularités.

La première, c'est que Maire de Montauban, à une demi-heure de Toulouse, elle a réussi à conserver son pôle d'instruction (!) alors que Rodez, ville comparable en nombre d'habitants et préfecture de l'Aveyron, l'a perdu au profit de Montpellier à 2H30 de route. Ha oui ! Il faut préciser : Barrèges est UMP, pôtesse à Sarko et Rodez a un maire de gauche... mais à part cela, la réforme de la carte judiciaire ne ciblait pas les villes de gauche...

La deuxième, c'est qu'elle est l'auteur du merveilleux : "marier des homosexuels ? Et pourquoi pas des animaux !..." très proche, finalement, des "femelles gays" du Maire UMP de Sète.

Enfin, elle est avocate, spécialiste, nous dit-on, de la violence faite aux femmes et aux enfants, pour laquelle, on l'a bien compris, elle a l'ouverture d'esprit manifestement nécessaire.

Preuve, en tout cas et une nouvelle fois, que Politique et avocats ne font pas très bon ménage : déjà, sur Robespierre, Mitterrand et Sarkozy, on voit bien qu'on n'a pas été particulièrement mis à l'honneur.

Mais on sait, surtout, que l'exercice d'un mandat politique, voire le simple militantisme, est rigoureusement incompatible avec le serment que nous prêtons. Pourquoi ? Hé bien je vais vous le dire : parce que le militantisme ou le mandat politique exige que nous soyons en position d'allégeance avec un Parti, ses idées et ses consignes (il n'y a que de voir notre pauvre confrère élu du gard qui se tortille à nous expliquer qu'il n'est pas FN - c'est possible - mais Mariniste, alorrs que Marine, elle est bien FN... et que ses électeurs ne s'y trompent pas, ce qui est un simple constat objectif).

Les oeillères du militant, même un peu décillées, sont incompatibles, tout simplement, avec notre indépendance, sinon, on devient schizophrène à faire professionnellement des choses que le militanten nous condamne.

Point barre.

Par laurent.epailly le 26/10/12
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Le Kerviel - sous réserve d'une éventuelle Cassation - équivaut donc officiellement en terme d'unité de mesure, à 4,9 Milliards d'Euros (5 Milliards nous auraient arrangé, un peu comme un Euro à 5 francs, mais bon, on a voulu faire au plus juste à la Cour d'Appel).

En revanche, le Kerviel, en terme de prison équivaut donc à un ancien Lustre, le Lustre étant équivalent à 5 ans (depuis des lustres, précisément).

Je vous propose de revenir un peu sur ce procés hors-norme, même si les faillites personnelles au sein d'un système capitaliste devenu cinglé (ou pas... on ne peut exclure le pourrissement volontaire de la situation des Etats par ceux qui ont intérêt à faire reculer les droits des travailleurs) n'ont pas manqué ces temps derniers (http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/297529/affaire-k...).

Pour autant, ne sombrons pas dans la compassion émotionnelle : Kerviel a, sans doute, triché, truqué, fraudé, ainsi que l'a relevé la Cour d'Appel. Truqué par volonté d'adrénaline, par sentiment de toute puissance, par appât du gain, aussi, puisqu'en face d'une position à 50 Milliards, le compteur de la commission s'affole et les chiffres dansent dans la tête.

La peine est à la hauteur des risques pris et des méthodes utilisées.

Pour autant, la Société Générale ne sort pas indemne des considérants de la Cour : "Le développement effréné des salles de marché, peuplées de très jeunes gens aux rémunérations énormes et fortement stimulés par les "bonus", ne s'est pas accompagné d'un développement parallèle des contrôles et de la gestion", souligne la Cour.

Mais, avant de conclure, vachardement (et lucidement) : "Le fait que la banque ait été incompétente dans le contrôle et la gestion de son employé et de sa salle de marché n'en fait pas une complice du délit".

C'est pourtant là qu'est le vrai noeud du problème : jusqu'à quel point, le manifeste je-m'en-foutisme (l'incompétence, souligne la Cour - l'incompétence d'une banque à gérer le coeur de son métier de placement, rendez-vous compte ?...), la gestion au petit-bonheur, ne permettaient pas d'envisager un partage, pas forcément égalitaire, de la responsabilité dans les pertes ?

Parce que quand même, la Cour n'a pas pu ne pas se poser cette question : et si Kerviel avait fait gagner de l'argent à la Banque, même avec des faux, qui aurait gardé les gains ?

Par laurent.epailly le 24/10/12
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Vous savez que parmi mes magazines préférés (non ! Il n'y a ni Union, ni FHM, ni Entrevue...), on trouve Causette, Les Inrocks (et GQ...).

Bon. Voilà que Causette a été assignée devant le Tribunal (Correctionnel ?) d'Avesne-sur-Helpe (ce qui nous permet de constater qu'il y a donc, apparemment, un TGI à Avesne sur Machin) en diffamation par un Maire socialiste quelconque, Monsieur Pauvros (un vrai nom de Maire socialiste, Monsieur), Maire d'une ville célèbre pour son Clair de Lune.

Les faits :

http://www.tourcoing.maville.com/actu/actudet_-Causette-assigne-pour-dif...

Mais, là où ça se corse (enfin, ça se chtise, là bas), c'est que les Inrocks entrent dans la danse :

http://www.lesinrocks.com/2012/10/21/actualite/causette-sur-le-banc-des-...

Et que l'AVFT (l'assoce pour laquelle je travaille parfois, avec d'autres, et qui n'a rien contre les hommes pourvu qu'ils n'aient rien contre les femmes...) fait sa mise au point :

http://www.avft.org/article.php?id_article=665

Vous savez quoi ?

Je vais rester neutre pour une fois...

Mais c'est quand même l'assoce qui a raison.

:-)

Par laurent.epailly le 24/10/12
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Nous en avions parlé il y a quelque mois, la question a été posée d'autoriser la procréation médicalement assistée en prison, dés lors que la sexualité avec son conjoint ou compagnon est strictement interdite dans les prisons françaises.

Bon, nous savons, d'une part, qu'en réalité, des relations fugaces se font au parloir, dans les conditions pénibles, graveleuses et franchement indignes, que l'on imagine.

On a même eu le cas de quelques avocates se laissant aller avec un client (je sais, on va encore me taper sur les doigts de révéler de petits secrets... et je suis désolé, je ne connais pas de cas d'avocats) ou de geôliers (voir le cas de "l'appât" de l'affaire Fofana).

Et, d'autre part, il pourrait apparaître nécessaire à un esprit cartésien de mettre un peu d'ordre et d'organiser ce foutoir, mais il est vrai qu'il y a longtemps que le cartésianisme a déserté l'esprit de nos politiciens.

Bref, l'Académie de Médecine vient de rendre une décision autorisant la pratique de l'AMP en prison.

"Ce mardi 23 octobre, l'Académie nationale de médecine a rendu, par la voie d'un groupe de travail intitulé "procréation médicalement assistée en prison", un avis favorable à l'accès à l'assistance médicale à la procréation (AMP) "pour les détenus ou femmes de détenu, mais en l'assortissant de diverses conditions".

Ainsi l'académie mentionne qu' "en vertu du principe d'équivalence entre les soins médicaux à l'intérieur et à l'extérieur des prisons, toute demande d'assistance médicale à la procréation est à priori recevable à la condition qu'elle réponde aux dispositions de la loi de bioéthique en vigueur, notamment qu'elle soit indiquée par une infertilité médicalement prouvée et s'inscrive dans une communauté de vie familiale". A ce titre, le Pr Henrion, rapporteur du groupe de travail, explique que la notion de communauté de vie a été élargie "aux personnes qui avaient une vie de couple avant l'emprisonnement et à ceux qui se retrouvent lors des permissions de sortie ou au sein des parloirs familiaux ou dans les unités de vie familiales".

Par ailleurs, lorsqu'une demande d'accès à l'AMP est effectuée, "la décision doit être prise par les centres d'AMP autorisés' qui, souligne l'Académie, ont une ‘très lourde responsabilité' puisqu'ils doivent mettre en balance le ‘désir d'enfant et le souci d'assurer à celui-ci un minimum de conditions sanitaires psychologiques et sociales lui assurant le meilleur développement possible". A ce titre, l'Académie ajoute qu' "en cas de conflit entre les intérêts du couple et ceux de l'enfant à venir, ‘c'est le bien-être de l'enfant qui doit être privilégié' ".

Enfin, "afin de pouvoir apprécier les conséquences à moyen et long terme de cette situation", l'Académie recommande "une évaluation du développement psychomoteur de tout enfant conçu, né ou ayant séjourné en prison". Cependant, le Pr Henrion explique que " certains médecins sont réticents à toute étude épidémiologique au nom du bien-être des enfants et des mères".

Plus généralement, Le Quotidien du Médecin explique que sur cette thématique "les positions des médecins divergent". A ce titre, le quotidien précise qu' "une ligne sépare les pédiatres qui jugent acceptable pour un enfant de venir au monde en prison, et ceux qui affirment que la stabilité affective des contacts lors des premiers mois est primordiales".

En 2011, l'Académie de médecine avait été saisie de la question par un médecin. Elle avait, à ce moment là, "formellement exclu qu'une demande d'AMP puisse être acceptée ‘du seul fait que la détention fait obstacle à la procréation naturelle', comme l'avait fait en 2006 la Cour européenne des droits de l'homme".

Par laurent.epailly le 24/10/12
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C'est un communiqué simple - sans pathos inutile, sans emphase, sans agitation brouillonne - de François HOLLANDE, qui est venu réparer, autant que faire se peut, une injustice : nous avions la connaissance des crimes commis le 17 octobre 1961 par la Police Parisienne sous les ordres de Papon, depuis condamné pour complicité de crime contre l'humanité pour son rôle actif dans la déportation de Juifs, mais nous sommes passés à sa reconnaissance, comme le dit Benjamin Stora.

Ce n'est pas histoire de repentance, mais la simple afirmation de faits qui sont une tâche que nous connaissions mais qui avait été passée à la javel : la javel n'efface pas les tâches, contrairement à ce qu'on croit, elle les blanchit. A la sortie, après javel, on a toujours de la crasse, mais elle est propre...

Ce que fait Hollande depuis le début de son mandat - ce qu'il ne fait pas surtout, du reste - peut largement trouver à être critiqué. Cette initiative est de celle qui devrait, pourtant, faire le plus l'unanimité.

Le communiqué :

«Le 17 octobre 1961, des Algériens qui manifestaient pour le droit à l'indépendance ont été tués lors d'une sanglante répression. La République reconnaît avec lucidité ces faits. Cinquante et un ans après cette tragédie, je rends hommage à la mémoire des victimes.»

Pas de quoi s'indigner comme cette andouille de Christian Jacob (qui n'est jamais très pertinent - d'aucuns diront qu'il est bête - dans ses interventions de Président du groupe UMP à l'Assemblée. Il y avait, quand même, des choix plus judicieux que lui) en prétendant que l'on n'a pas le droit de critiquer l'action "démocratique" de la Police... Parce que le 17 octobre 61, l'action de la Police, justement, elle n'a pas été plus démocratique que 20 ans plus tôt, quand elle allait chercher les Juifs, enfants compris, pour les emmener au Vel' d'Hiv', ou 60 ans plus tard, quand elle allait faire les apaches autour du TGI de Bobigny ou que la plupart des flics de la BAC de Marseille Nord jouaient, apparemment, leur carte perso au milieu des bandes de Cité, devenant, à son tour, une apparente bande comme les autres, le badge Police en plus.

La connaissance ?

http://www.marianne.net/17-octobre-1961-qui-oublie-le-plus_a223695.html

Elle est immédiate. On le voit. On a donc "juste" voulu oublier.

Alors, d'accord, personne ne peut nier que la guerre d'Algérie fut atroce de part et d'autre, spécialement parce qu'elle fut largement civile, d'une part, doublée d'une guerre de décolonisation, d'autre part.

Personne ne peut nier les attentats du FLN, les atrocités commises sur les soldats français tombés entre leurs mains, les assassinats en masse de harkis, collectifs ou ciblés de Pieds-Noirs restés sur place après 62, par le FLN ou tolérés par lui, les attentats en France, les policiers abattus...

Nul ne peut contester que l'Algérie du FLN - qui laisse scandaleusement dans l'indigence une part importante de sa population, alors que la manne gazière devrait en faire un Pays riche dont la richesse profite, précisément, à sa population, comme en Norvège- n'est pas plus une démocratie que le Mexique du PRI (et j'allais dire, ce sont leurs oignons).

Nul ne peut contester le sort scandaleux fait aux sépultures européennes "là-bas"...

Voilà, tout cela ne saurait s'oublier.

Mais pas plus que les exactions ponctuelles de notre Police, la torture pratiquée par certains de nos militaires, le oeil-pour-oeil, la lâcheté politique, l'abandon des Harkis, désarmés par nous, sur place, leur accueil déplorable - comme pour la plupart des Pieds-Noirs (même s'ils doivent tourner la page : c'est fini. La seule chance pour qu'ils puissent demeurer paisiblement dans une Algérie qui ne pouvait que devenir indépendante, cela aurait été qu'il n'y ait pas eu de guerre d'Algérie. Elle a eu lieu) lors de leur arrivée en Métropole.

Voilà. Parce que quand on prétend être une démocratie, on a des obligations éthiques et morales très élevées et que notre Police n'est pas une milice somalienne.

C'est tout. Ca devrait faire l'unanimité et, à défaut, consensus.

Mais nous savons déjà que ce n'est, malheuresement, pas le cas. A commencer par ceux qui y trouvent un intérêt politicien.

Par laurent.epailly le 21/10/12
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Bon, d'accord, c'est d'abord parce que j'ai répondu à un précédent article sur l'épilogue judiciaire (sauf appel) des viols en tournante de Fontenay-Sous-Bois qui a vu des acquittements et des peines très modérées prononcées par la Cour d'Assise.

L'article de Marianne :

http://www.marianne.net/Derriere-chaque-homme-un-violeur-potentiel%C2%A0...

Mais ce que je regrette, c'est que la base de cet article soit un morceau du premier de mes commentaires et qui ne reprend pas la totalité des deux que j'ai posté alors.

Chronologiquement, et afin de rétablir intégralement ma pensée, les commentaires.

1° commentaire :

le 13/10/2012 13:11

C'est vrai et c'est faux, Rose : mieux vaut un homme policier à l'écoute qu'une femme policière qui juge la plaignante...

De même, il n'est pas toujours vrai qu'une avocate saura mieux défendre une femme violée, parce qu'elle y projette, souvent, des éléments de sa propre histoire ou de ses luttes (légitimes) féministes, mais qui peuvent polluer le débat.

Un homme sait, lui, ce qui se passe dans la tête d'un violeur, parce qu'il faut avoir l'honnêteté de le dire, tout homme a un fond de violeur et de prédateur venant de loin mais que l'éducation, l'interdit, la réflexion lui permet normalement de maîtriser.

Mais certains projettent, aussi, leurs propres fantasmes...

Quant au procés, c'est, hélàs, la contrepartie de deux phénomènes : le premier, c'est que, sauf flagrant délit, le viol est le crime le plus difficile à démontrer, mais on ne peut pas condamner sur une vraisemblance ni sur une seule accusation.

La seconde, c'est que, le plus souvent, il faut tellement de temps aux victimes pour avoir le courage de franchir la porte d'un commissariat que la preuve devient très difficile à obtenir.

Enfin, le temps joue, nécessairement sur la peine, en cas de condamnation.

2° commentaire :

le 14/10/2012 19:24

laurentepailly

Je crois que l'on s'est affolé sur ce que j'ai écrit - sans doute de manière un peu provocatrice.

Je vois bien ce qu'il peut y avoir, parfois, de culturel dans un viol, mais penser que le passage à l'acte ne se fait que dans un cadre culturel, c'est méconnaître et refuser d'expliquer (voire chercher quelque excuse) tous ces violeurs solitaires, généralement prédateurs par impulsion, qui ont d'ailleurs, souvent, un profil bien semblable.

Pour en voir depuis 19 ans, avoir lu des centaines de pages de PV ou de rapports d'experts psy où vous guettez une explication sur un terrible passage à l'acte (terrible, parce qu'il y a une victime, bien sur), il y a toujours une découverte assez effrayante qui se fait en nous : on voudrait que le violeur soit un monstre, une sorte de type hors-sol, qu'on ne pourrait confondre avec un "honnête homme". [Et il peut pourtant terriblement nous ressembler].

Alors, d'accord, le mécanisme qui le fait passer à l'acte, la monstruosité dont il est capable à ce moment, la perversité, la violence, la brutalité, tout ceci nous éloigne de lui. Et c'est heureux pour nous.

Mais l'instant d'avant avant avant, la tentation du vide et de la possession d'autrui, elle est commune à plein d'hommes.

La différence, elle se fait, en effet, sur des siècles d'éducation, l'absence d'une faille narcissique, qui ont, heureusement, fait que l'idée même de forcer une femme nous devient totalement étrangère, sinon odieuse, du moins (il y a des manières de les "posséder" qui ne sont pas moins odieuses, même si plus civilisées...).

Mais il ne faut pas croire que tout est acquis et définitif : les circonstances peuvent toujours réveiller la bestiole et celui qui fait le malin en se croyant à l'abri, serait alors peut être le premier à régresser.

Lors de la 2° GM, les autorités militaires anglaises avaient été sidérées par le nombre de viols commis par les militaires britanniques, armée pourtant la plus disciplinée du monde et dont les hommes n'avaient pas eu, contrairement aux soviétiques, à déplorer de tels traitements envers leurs compagnes, lors de leur campagne d'Allemagne de 1945.

Par ailleurs, les anglais n'ont pas une "culture" traditionnellement orientée vers le viol collectif...

Bref, ce n'est pas leur culture qui s'était réveillée.

Maintenant que j'ai tout mis, je veux bien qu'on soit d'accord ou pas, avec moi.

Par laurent.epailly le 21/10/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 11 mois

L'Etat est le plus mauvais employeur de France, c'est une certitude, et en voici un nouvel exemple.

http://www.midilibre.fr/2012/10/11/un-bug-sur-la-paye-plombe-le-moral-de...

On ne reviendra pas sur le problème initial : un système centralisé de solde, mis en place dans sa préoccupation coutumière par Nicolas Sarkozy et alors que le logiciel n'était pas encore au point et démontrait, dés les essais, une propension inquiétante à générer des bugs. Mais la volonté d'éliminer des postes de fonctionnaires l'a emporté sur la sécurité du processus des soldes.

Bref, pas sur que le coup de gueule d'un Ministre (sans doute plus incantatoire qu'efficace, même s'il est surement sincère) règlera le problème initié par un Président omniscient et brouillon, et détestant les militaires, du reste (http://www.midilibre.fr/2012/10/18/le-logiciel-fantaisiste-de-la-defense...).

Mais ce qui m'intéresse, c'est le sort de ce militaire qui a brisé la loi du silence.

Pénalement, il ne risque rien : il ne commet pas de port illégal d'uniforme.

Disciplinairement, peut-on dire qu'il a manqué au devoir de réserve ?

Un haut-fonctionnaire ou un politique aurait tendance à vous dire oui.

Que l'on se rappelle l'affaire Matelly (toujours sous Nicolas I°).

Pour autant, je doute : notre ami Légionnaire aborde un problème purement objectif - que l'Etat ne saurait contester, d'autant qu'il en est le premier responsable - sans porter le fer contre l'un ou l'autre. Sa critique reste modérée, tout en étant précise et, objectivement, fondée.

Dés lors, l'analyse de l'affaire Matelly, justement, et sa solution par le Conseil d'Etat s'appuyant sur la jurisprudence de la CEDH, laisse manifestement penser que le devoir de réserve n'a pas été violé.

Alors, certes, les règlements militaires ne manquent pas de motifs de sanctions suffisamment larges dans leur définition pour punir tout comportement. Pour autant, il ne semble pas que que le Ministère soit dans cet état d'esprit (là encore, grand changement avec avant).

En tout cas, l'adjudant-chef en question ne donnant manifestement pas l'impression de vouloir contester une sanction, il serait à mon avis plutôt intelligent d'éviter de lui en infliger une, histoire de ne pas ajouter une injustice à une iniquité...