laurent.epailly

Par laurent.epailly le 27/09/16
Dernier commentaire ajouté il y a 5 années 2 semaines

J'apprends que le maire (de Les Républicains) de je ne sais quelle ville en région parisienne, a refusé de délivrer le permis d'inhumer d'une de ses ouailles, ex terroriste de son état, qui a lâchement assassiné deux policiers.

La Justice administrative est saisie (comme pour le voile naguère, les crèches, le burkini... Le Conseil d'Etat devient une annexe des grandes rencontres théologiques...).

En matière de funérailles, la règle est simple : au choix du décédé, ou de sa famille, et par priorité :

* le lieu dhabitation

* le lieu du décés

* la commune où se situe le caveau de famille

En l'occurence, c'est donc la commune de résidence qui fut choisie par la famille.

Refus du maire, avec le classique argument, désormais, de risque de troubles à l'ordre publique...

On ne sait trop ce que décidera le Conseil d'Etat - même si on sait qu'il demande, généralement, des troubles déjà avérés à l'ordre publique, qui ne peuvent être constitués de quelques cris d'orfraies.

Mais je crois qu'il faudrait en revenir aux fondamentaux et commencer à se poser les bonnes questions.

Les fondamentaux, c'est que nul de sensé ne saurait cacher l'aversion qu'il conçoit pour le double crime odieux dont cet individu s'est rendu coupable.

Mais aussi qu'il y a un moment où lorsque l'auteur est mort, il a cessé de rendre des comptes à notre Justice et son cadavre doit être regardé pour ce qu'il est : une dépouille mortelle à remettre à sa famille et qui a le droit de l'enterrer selon son rite. De toute façon, la plupart des gens n'iront même pas cracher sur sa tombe, sa mort leur suffisant (et on peut approuver); Les autres, je ne les vois pas aller en pélerinage sur sa tombe : pour eux, il a gagné le Paradis (les pauvres, s'ils savaient...) et affaire classée.

Ils l'envient... Tu vas sur la tombe de quelqu'un que tu envies, toi ? D'autant que, bon, je n'envie personnellement personne d'être dans la tombe...

Franchement, nous avons, chez nous, des km² de cimetières militaires Allemands (je rappelle que question fanatisme, la Première et la deuxième ont eu leur lot, entre les grands coups de pelles de tranchée dans la tronche, les exécutions sommaires et les rafles d'innocents), comportant une "honnête" proportion de tombes de SS, on n'est pas allé les déterrer et j'espère que ça ne viendra jamais à l'esprit de personne.

Sans aller jusqu'à lui offrir les honneurs militaires, on peut au moins témoigner du mépris, donc de l'indifférence, à l'égard de la dépouille d'un terroriste, et la laisser reposer dans son trou dont on n'à que faire.

La vérité, la bonne question qui fâche et dont la réponse est précisément ce qui nous met en difficulté avec le terrorisme, c'est la suivante : de quelles insignes faiblesses notre société est-elle percluse, pour que nous ayons peur d'une femme trop habillée sur une plage - au lieu d'en rire ou de la plaindre, selon l'humeur - ou d'un cadavre ?

Alors, bien sur, on peut continuer de demander des Lois que des politiciens à la vue vissée sur les sondages accorderont sans problème. Ils iront même au-delà des attentes !

On peut continuer à demander au Cosneild 'Etat de rédiger lui même le menu des cantines ou de fixer le nombre de cm² qui doivent couvrir le corps d'une femme pour qu'elle soit considérée comme décente (mais vu qu'il y a contradiction dans la décente, on n'avance pas, la décente recule, si je puis dire).

Mais le Droit ne pourra jamais rien quand une société fait sous elle quand il s'agit d'enterrer un Homme, fut-il odieux et terroriste définitivement à la retraite.