Jul
20
Pas de boogie woogie (ou bounga bounga...)

avant de sortir de prison....

Illustration :

La règle a dit que l'acte d'amour

Quand t'es en taule est un péché.

Cette nouvelle il me faut l'annoncer

A ma prison, je suis l'patron...

Et j'ai pris une dose de whisky

Afin de préparer mon sermon

Je n'ai pas fermé l'oeil de la nuit

Je me posais bien trop de questions.

Au petit matin le CE m'est apparu

Et il m'a donné la solution

Aussitôt vers la prison j'ai couru

Parler à mes gardiens sur ce ton :

Mes biens chers frères, mes biens chères soeur,

Reprenez avec moi tous en choeur :

Pas de boogie woogie avant leur libération

(boogie woogie, pas de boogie woogie)

Ne faites pas de boogie woogie avant leur libération

(boogie woogie, pas de boogie woogie)

Maintenant l'amour est devenu péché mortel,

Ne provoquez pas votre ministre de tutelle

Non pas de boogie woogie avant leur libération !!!

Puis j'ai réclamé le silence

Afin d'observer les réactions,

Sur certains visages de l'assistance

Se reflétait surtout l'indignation.

Quant aux autres visiblement obtus

Sachant qu'ils n'avaient rien compris

Ils me demandèrent de refaire à nouveau

Le sermon du boogie woogie

Ah, mes biens chers frères, mes biens chères soeurs

Reprenez avec moi tous en choeur :

Pas de boogie woogie avant leur libération !

(boogie woogie, pas de boogie woogie)

Ne faites pas de boogie woogie avant leur libération !!

(boogie woogie, pas de boogie woogie)

Maintenant l'amour est devenu péché mortel,

Ne provoquez pas votre ministre de tutelle

Non pas de boogie woogie avant leur libération...

Base légale :

http://www.legifrance.gouv.fr/affichJuriAdmin.do?oldAction=rechJuriAdmin...

Et... en résumé ?

En résumé, le Conseil d'Etat dit que, si on peut interdire au personnel pénitentiaire d'entretenir des relations avec des détenus ou leur famille (relations de toutes natures), sauf nécessité de service, cette interdiction tombe après l'incarcération.

On se rappellera, par exemple de la relation amoureuse nouée entre un (ex) directeur adjoint de prison et sa belle captive, "l'appât" dans la terrible affaire Fofana et qui était donc, légitimement (pour toutes sortes de raisons), interdite durant l'incarcération tout du moins.

Eddy Mitchel -Pas de boogie woogie, 2011

Jun
03
Parce qu'il y a toujours des retardataires...

C'est comme le vote ça, je ne comprendrai jamais que des gens qui n'ont rien eu d'autre à faire un dimanche d'élections, se pointent à 19H59 pour aller voter...

Bref, parce qu'il y a toujours des retardataires et des ingrats, je rappelle que c'est la fête des mères et que s'il y en a qui ont oublié de téléphoner ou de passer voir leur maman, ils peuvent encore le faire : elle fera semblant de ne s'être rendu compte de rien.

Et je m'adresse à ceux qui pensent qu'ils ne lui doivent rien (sauf très très malheureuses exceptions) et leur demande de méditer sur le fait que, dans la merde, c'est leur mère qui les y a vu la première.

A bon entendeur...

Une mère

Ca travaille à temps plein

Ca dort un oeil ouvert

C'est d'garde comme un chien

Ca court au moindre petit bruit...

Ca s'lève au petit jour

Ca fait des petites nuits.

C'est vrai

Ca crève de fatigue

Ça danse à tout jamais une éternelle gigue

Ça reste auprès de sa couvée

Au prix de sa jeunesse

Au prix de sa beauté.

Une mère

Ca fait ce que ça peut

Ca ne peut pas tout faire

Mais ça fait de son mieux....

(Linda Lemay, Une mère).

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LYNDA LEMAY - UNE MERE

Apr
17
Franchement, il n'y a qu'à Marseille...

que l'on peut voir ça !

http://www.marianne2.fr/fredericploquin/Exclusif-la-police-de-Marseille-...

Je rappelle que, quand même, le très sarkophile actuel Préfet de Police de Marseille a remplacé, il y a quelques mois, le précédent qui avait été viré pour "s'être fait voler" un parking...

Il n'y a qu'à Marseille qu'on peut voir ça.

"[...] Marseille, énorme prostituée qui rit la bouche ouverte, les dents cassées

Adossée aux montagnes du calcaire elle fait tremper ses pieds dans la mer

Il y a longtemps qu'elle ne porte pas de culotte

Et toute la vie de la ville qui pullule s'agite entre ses jambes qu'elle a grand ouvertes

Mais personne ne la voit

parce qu'elle culmine trop haut par-dessus la ville, elle englobe la ville

elle est la vie même de la ville

Marseille rascasse géante, hérissée de piquants ventre protéiforme

Marseille matrone maritorne

Marseille patronne et femme de ménage,

Marseille la vulgaire et la raffinée, brave, bonne

salée et chère comme la boutargue

Marseille ville incendiaire

putain aux larges flancs

femme famélique au poitrail de portail

caque, égout, corne d'abondance

qui descend des terrains vagues sur les hauteurs

vers le bas-ventre de la ville

où vont toutes les déjections

J'aime d'un penchant coupable cette cité difforme, affreuse et belle, énergique, joyeuse, violente et complaisante avec elle-même,ville protubérante, excessive et vacarmeuse, cette ville en désordre où tout vous ramène à la mer,aux violets ultra iodés du vieux port,

à la rascasse susceptible

au rouget argenté...[...]

Francis COMBES.

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Inconnus - Journal Télévisé 19/20 - Antenne 3 Marseille

Mar
23
Sous réserve d'appel...

on a le droit de dire que "Zidane, c'est un panneau publicitaire avec trois neurones".

C'est ce qu'à décidé le Tribunal Correctionnel de Paris en relaxant Christophe Alévêque qui avait affirmé cela avant d'être poursuivi en diffamation et, donc, d'être relaxé.

Sous réserve d'appel, c'est ce que je pense aussi.

Toutefois, n'oublions pas que Zidane c'est aussi cela, preuve qu'une personnalité est complexe :

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ZIDANE Best Goals

Mar
01
Moi mon colon, celle que j'préfère...

c'est la guerre de 14-18 !

Notre ami GIROUD a mis en exergue la loi n° 2012-273 du 28 février 2012 fixant au 11 novembre la commémoration de tous les morts pour la France, dont les deux principaux articles prévoient :

Article 1

Le 11 novembre, jour anniversaire de l'armistice de 1918 et de commémoration annuelle de la victoire et de la Paix, il est rendu hommage à tous les morts pour la France.

Cet hommage ne se substitue pas aux autres journées de commémoration nationales.

Article 2

Lorsque la mention « Mort pour la France » a été portée sur son acte de décès dans les conditions prévues à l'article L. 488 du code des pensions militaires d'invalidité et des victimes de la guerre, l'inscription du nom du défunt sur le monument aux morts de sa commune de naissance ou de dernière domiciliation ou sur une stèle placée dans l'environnement immédiat de ce monument est obligatoire.

La demande d'inscription est adressée au maire de la commune choisie par la famille ou, à défaut, par les autorités militaires, les élus nationaux, les élus locaux, l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre par l'intermédiaire de ses services départementaux ou les associations d'anciens combattants et patriotiques ayant intérêt à agir.

Pour ma part, j'avais déjà dit, qu'à mon sens, en ne consacrant plus le 11 novembre à la commémoration d'une guerre singulière et unique en son genre qu'a été la 1° Guerre Mondiale - seule véritable guerre civile européenne à ce jour dans des conditions ordinaires et dantesques de survie qui ne se retrouveront que ponctuellement dans le Second conflit mondial - on affaiblissait la reconnaissance que l'on doit à ses aïeux ordinaires qui se sont éteints avec Lazare PONTICELLI.

Pour autant, il n'y a pas lieu à grande polémique : notre monde avance, on ne commémore plus Alésia ni la bataille de Champigny et d'autres militaires continuent de mourir pour la France. Moins nombreux, Dieu merci, mais il est juste qu'ils prennent place dans le processus mémoriel.

Quant à l'inscription du nom sur ou à proximité du monument aux morts, cela reste normal.

Toutefois, la charge symbolique est moins forte qu'avant, nécessairement :

* d'abord parce que l'on emprunte (comme on l'a fait pour ceux qui sont morts pendant la 2° guerre, en Indochine ou en Algérie) le momunent de 1918 (qui, lui même, recyclait parfois celui de 1871).

* ensuite, parce que les militaires d'aujourd"hui n'ont généralement plus cet ancrage local qu'ils avaient naguère. Il est toujours émouvant de constater, sur les momunents de 1918, la redondance des noms de famille - se dire que telle famille a du perdre tous ses garçons (parce que l'on mourrait le plus souvent à 20 ans), ou, encore, le père et le fils .

Ces noms ont signifié et continuent de signifier dans tant de villages, plus que de villes, certes.

C'était l'époque, définitivement révolue, où les conscrits des mêmes villages rejoignaient le régiment local quand, dans un département comme l'Hérault qui est devenu un désert militaire, vous aviez naguère un régiment d'infanterie à Montpellier, Sète, Lunel ou encore Lodève.

Aujourd'hui où le Languedocien part au 126° de Brive la Gaillarde ou au RMT de Colmar, il est à craindre que sa plaque, son nom sur le momunent de sa commune de naissance n'aura plus la signification de l'enfant du Pays.

C'est tout simplement, aussi, que mourir pour la Patrie n'a plus guère de sens que pour une petite minorité de citoyens.

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LA GUERRE DE 14 / 18 (Brassens par Giorgio)

Feb
24
Ca en revanche, j'ai compris.

Autre proposition (récurrente, quand même) de Notre Président candidat : faire effectuer 7 heures de travail hebdomadaires par les gens au RSA payées aux alentours du SMIC.

En fait, ce n'est pas exactement ce qu'il a dit.

Ce qu'il a dit est différent et profondément révélateur de la mentalité du dispositif : les RSistes devront faire 7 heures de TIG ou Travail d'Intérêt Général.

Or, les TIG, cela a une signification très précise pour deux catégories de population : ceux qui ont effectué leur service national (comme moi), et dont le TIG était souvent la sanction d'une punition.

Et ceux qui sont condamnés par un Tribunal Correctionnel et effectuent un TIG au lieu d'aller en prison.

En toutes hypothèses, et quelque soit la manière dont on tourne les choses, on parle de corvée de chiottes ou de ramassage de feuilles.

C'est cela qui est révélateur : à des gens qui perçoivent le RSA, on va leur demander d'effectuer une sorte de punition sous forme de TIG. C'est bien. C'est respectueux...

Je rappelle, quand même, que même s'il y a quelques abus, on parle de gens qui se gobergent avec 470 Euros par mois, soit le prix d'une bouteille de champagne dans une grande boîte de nuit parisienne.

Alors, bien sur, aux Pays-Bas on vous dira que ça existe et que ce n'est pas un Pays spécialement "fasciste". Oui, mais aux Pays-Bas, comme au Danemark, c'est un vrai travail que l'on confie aux chômeurs, afin de les maintenir dans une ambiance de travail, voire les former, pas un TIG.

Et puis, tout de même, ce ne sont pas les inconnues et les objections qui manquent :

1. Si nous sommes capables de donner 7 heures de boulot à une personne, que n'en embauchent-on 1 sur 5 sur un temps plein ? Cela ferait déjà 1 RSiste sur 5 qui aurait un emploi à temps plein.

Rappelons que l'on parle de 2 millions de personnes qui perçoivent le RSA en France, soit l'équivalent de 400.000 emplois temps plein...

2. Si on trouve de quoi occuper deux millions de personnes 7 heures chaque semaine, c'est que 400.000 emplois ne seraient pas satisfaits : comment se fait-il que cet emplois ne soient pas occupés, puisque cela permettrait déjà, d'absorber 40% du million de chômeurs en plus depuis 2007 ?

3. Quand on voit la mine que cela représente, qu'est-ce qui va empêcher les municipalités de virer leurs contractuels chargés des espaces verts et du nettoyage de la voirie (les TIG, quoi) pour les remplacer par des Rsistes dont elles n'assumeront qu'une petite partie du coût ?

4. Parce que la question principale : qui va payer ? Bein oui, parce que le gars au RSA, il continuera de percevoir son RSA (à charge du département) en cumulant avec ses heures de TIG, sinon, on est dans le travail forcé.

Quoi que...

Quoi que du fait de la règle du minimum garanti (celle qui régit le cumul du RSA avec des revenus du travail), le RSA sera réduit. Il s'agit donc bien de travail forcé. CQFD.

Exemple du système :

Il est possible de percevoir le RSA même lorsque l'allocataire bénéficie de faibles revenus d'activité, comme un salaire. Le RSA se calcule alors comme un complément de revenu pour atteindre un montant minimum garanti.

Le montant minimum garanti est calculé sur la base de 62% des revenus d'activité du foyer auxquels on ajoute le montant forfaitaire du RSA correspondant à la composition du foyer.

Exemple avec une personne seule avec enfant qui perçoit 500 euros de revenus d'activité. Son RSA forfaitaire est comme on l'a vu de 712,40 euros. Son montant minimal garanti est donc de 1022,40 euros, calculé de la manière suivante : (500 x 62%) + 700,49 = 1022,40

Le montant du RSA correspond à la différence entre ce montant garanti et les revenus d'activité (plus l'éventuelle aide au logement). Dans le cas de la personne seule avec un enfant à charge, le forfait logement s'élève à 113,98 euros. Le montant du RSA équivaut donc à 408,42 euros.

1022,40 - 500 - 113,98 = 408,42

Salauds de pauvres, allez...

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Misère - Coluche

Dec
20
Il est mort, le divin enfant...

Suite à la mort du dictateur affameur du peuple Kim machin, je ne puis que m'incliner devant la dignité des Nord-Coréens qui pleurent à pierre fendre, tout en rigolant à l'intérieur : essayez, c'est extrêmement difficile.

Nul doute que si Notre Président, Nicolas Sarkozy, devait finalement prendre la cruelle décision de ne pas se représenter, face à l'ingratitude de son peuple, les vrais patriotes Français laisseraient couler de sincères larmes de désespoir.

Pyongyang pleure la mort de Kim Jong-Il

Nov
12
Quelle procréation en prison ?

Le Quotidien du Médecin trouvé un angle original pour parler de sexualité en détention : la procréation médicalement assistée (PMA).

"En France début novembre 2011, l'Académie nationale de médecine a constitué un groupe de travail "Procréation médicalement assistée et prison", qui a pour vocation d'arbitrer les problèmes médicaux, éthiques et sociaux liés à ce type de demandes. Selon un praticien hospitalier de la prison de Fresnes, ces demandes de PMA formulées par des personnes détenues et leur famille seraient "de plus en plus nombreuses et pressantes".

Le Professeur Roger Henrion, rapporteur du groupe, qualifie ce sujet de "sensible" et "inédit". Il n'avait en effet jamais été évoqué publiquement, ni même lors du débat parlementaire de la loi de bioéthique au printemps 2011. La problématique est complexe, car elle demande de répondre à des questions telles que "la privation de liberté s'étend-t-elle à celle d'avoir un enfant?" ou à celle de "la nature de la parentalité dans de telles conditions" ou à "celle des modalités d'éducation de l'enfant" ? Qu'en est-il également sur la notion de "vie commune" comme condition prévue par les protocoles pour initier une PMA ?

Douze membres de l'Académie (gynécologues-obstétriciens, pédiatres, psychiatres, etc) auditionneront des spécialistes de la PMA, des fonctionnaires des administrations pénitentiaires et judiciaires, des avocats et des éthiciens, afin de constituer un rapport le plus complet possible sur le sujet. Ce dernier prévu pour avril 2012 n'est pas censé apporter une réponse définitive, mais devrait répertorier l'ensemble des arguments contradictoires afin de faire la lumière sur cette problématique."

Commentaire :

Certes, la sexualité n'est plus aujourd'hui un préalable indispensable à la procréation.

Il est toutefois constant que si l'on se pose la question de la PMA pour des couples dont, l'un au moins, est incarcéré, l'on pose, en réalité, celle de la sexualité en prison.

Or, s'il n'est nullement contestable que le droit à mener une vie privée et familiale normale pour un détenu est, nécessairement, soumis à des restrictions tenant à la sécurité de la détention, on voit mal en quoi être privé de relations sexuelles avec son conjoint - et donc, a fortiori, ne pas pouvoir avoir d'enfant - est indispensable à la sécurisation de la détention.

D'autant qu'il n'est nulle part vraiment précisé l'interdiction de telles relations, la pratique de l'abstinence forcée (mais il s'en passe en prison...) étant davantage vue comme une autre forme d'expiation, une sorte de peine complémentaire.

Toutefois, je tiens de la part de nombreux détenus des anecdotes sur les pratiques acrobatiques et semi-clandestines, car ne pouvant sérieusement échapper à l'administration pénitentiaire, permettant l'existence de relations sexuelles lors des parloirs avec les familles.

Mais comme souvent en France, le courage ou la lucidité de nos gouvernants s'arrête à l'attitude de feindre de croire qu'il n'y a pas de problème de sexualité en prison, jusqu'à ce qu'il lui pête à la goule, comme pour la garde à vue.

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Millésime - Pascal Obispo

Sep
27
Effet collatéral.

Sans doute un effet de la campagne de Libye : après avoir présenté les excuses du Royaume-Uni aux Communes pour le massacre du Bloody Sunday (le 30 janvier 1972, les parachutistes britanniques ont abattu 14 Irlandais manifestants, dont six mineurs de 17 ans, paisibles et non-armés), Monsieur Camerone a annoncé que les familles seraient indemnisées.

C'est bien, car il faut du courage à renverser l'histoire officielle, notamment celle écrite par un Lord anglais, indépendant comme un parquetier parisien, qui, dans un rapport accumulant les mensonges, voyait des armes irlandaises partout et des bavures nulle part.

Ce n'est pas une question de repentance - qui est un truc de bobos étranglés de culpabilité universelle - mais simplement la reconnaissance d'une injustice, et c'est grand et honorable.

Du reste, sur un plan pratique, la question a son importance et ramène vers un projet de directive européenne visant à standardiser (avec un fort emprunt au modèle français - notament la classification Dinthilac) l'indemnisation des victimes en Europe : car en Angleterre, il n'y a qu'un préjudice moral tout à fait résiduel alors que, justement, vu le temps passé, on ne peut guère réparer qu'un préjudice moral...

Sans rien enlever à la complexité du drame algérien, où les mieux armés moralement se sont abîmés, peut être pourrions-nous trouver à redire du côté du Métro Charonne ?

Manière que les Britanniques ne se grandissent pas tous seuls ?

Pour l'illustration, j'avais le choix entre U2 et Renaud. Bah, j'ai choisi Renaud.

Renaud la ballade nord irlandaise

Jul
29
Handicapés du coeur...

Peu d'entre-nous s'en souviennent, mais il existe encore quelques Lois prises dans les années 1974/1978, jamais abrogées et qui, pourtant, ne trouvent pas à s'appliquer aujourd'hui.

C'est qu'à cette époque, on écrivait encore simplement (en français compréhensible, qui plus est) : une Loi, un principe.

Et, surtout, qu'on pensait qu'il suffisait d'écrire un texte de Loi pour qu'il soit respecté.

Et il est vrai que le respect de la Loi était bien plus important à cette époque qu'aujourd'hui, y compris par tous ceux qui nous font l'amorale (*) (les vieux, les jeunes, les riches, les pauvres, les politiques, les flics...).

Le problème, c'est qu'entre temps, notre monde a changé.

D'un Giscardisme de transition (mais qui a poussé les murs) on est passé "de l'ombre à la lumière" (et on a carrément fait exploser les murs...) et, à côté d'aspects positifs dans la société et le monde du travail, commencèrent alors les années fric et magouilles, l'avidité de ceux qui furent tenus trop longtemps éloignés du pouvoir.

Plus grand chose d'irréprochable dans notre République depuis, nonobstant les protestations des uns et des autres : HLM, financement des partis, Karachigate, fraudes fiscales, gros chèque à Tapie, le petit Jean pour prendre la tête de l'EPAD...

Bref, l'inconvénient c'est que lorsque le sommet se délite, la base devient individualiste et donc, pour en revenir à notre problème, chacun créé son corps de règles qu'il accepte ou sa propre religion.

Et pour dévider ce succinct tableau, la Loi n'est plus qu'une option, contestée par le plus grand nombre, sauf à être coercitive.

Pour en revenir à nos Lois de la décennie 1970, c'est ainsi qu'en 1975 fut prise une Loi toute simple mais évidente : tous les bâtiments recevant du public devront se rendre accessibles aux handicapés.

Pas de sanction, donc, on s'en doute, peu d'effets...

Donc, en 2005 (période de feu d'artifice électoral de Jacques CHIRAC qui achevait son dernier mandat de Président), on décide avec un volontarisme pré-sarkozyen, que d'ici 2015 , "tous les bâtiments recevant du public seront accessibles aux handicapés".

C'est du lourd, sauf qu'on n'a mis aucun budget sur la table.

Depuis, seuls 16% du total est accesible, à 3 ans et demi de l'échéance : mission impossible.

Et puis, il faut le dire sans esprit de polémique, l'actuel gouvernement compte plus d'amis dans le BTP que dans le handicap. C'est pour cela que depuis 2007, les propositions de loi (on laisse faire le sale boulot à un obscur député) visant à obtenir des dérogations se multiplient.

La dernière en date, c'est le pompon : un député UMP quelconque (le nommer est inutile) a tenté par la Loi du 13 juillet 2011 de voir octroyer des dérogations pour des immeubles à construire...

On peut admettre que pour des bâtiments historiques, ce soit compliqué et que le coût éventuel soit un problème.

Mais pour des bâtiments neufs qui peuvent intégrer l'accessibilité dés la conception, cela relève de la mauvaise foi crasse.

D'autant qu'on l'oublie souvent, mais l'accessibilité, ce n'est pas une fleur faite à 6% de la population, c'est une conception du vivre ensemble avec des personnes de plus en plus âgées, des blessés, des parents avec poussettes...

L'accessibilité c'est un problème qui touche toutes les personnes dont la mobilité est définitivement ou provisoirement réduite.

Heureusement, le Conseil Constitutionnel vient de censurer cette disposition :

http://www.conseil-constitutionnel.fr/conseil-constitutionnel/francais/l...

Mais ne nous leurrons pas : un rapport sur commande (de qui vous savez) a été rendu au mois de juin par le sénateur UMP Eric Doligé dans lequel il proposait de changer la définition même de l'accessibilité. Plutôt que de donner aux personnes handicapées la possibilité d'occuper un bâtiment exactement comme un valide, ainsi que le prévoyait la loi de 2005, le parlementaire s'était prononcé pour un accès à toutes les fonctions du bâtiment en tolérant que les personnes handicapées n'aient pas accès à toutes les surfaces. Un changement de taille qui reviendrait à faire passer les handicapés par le monte-charge ou le local poubelle, selon certaines associations (ce qui me semble un peu excessif, même si on comprend bien que l'on maintient l'option "second choix").

Le Président de la République a sollicité que ce rapport soit repris en proposition de Loi... selon la méthode bien rôdée maintenant : un rapport dont on a déjà écrit les conclusions = proposition de Loi déjà écrite = Loi, ce qui semble inverser le processus usuel.

Mais bon, dans le social, il ne faut jamais se fier aux engagements pris, même quand ils sont datés et affirmés avec force.

Exemple :

(*) Je voulais écrire "la morale", mais j'ai commis un lapsus de clavier et j'ai trouvé la formule jolie, alors je l'ai laissée...

Mots-clés: 

Sarkozy promettait zero SDF en 2006