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Non, il ne faut surtout pas faire disparaître la blogosphère des Avocats

Le Conseil National des Barreaux (CNB) a annoncé il y a quelques semaines la prochaine suppression de la blogosphère des Avocats accessible sur la plate-forme avocat.fr .

Cette annonce brutale n'a pas manqué de surprendre les Avocats blogueurs.

Il s'en est suivi de nombreuses réactions, parfois vives : billets d'humeur critiques ou révoltés, réactions sur les réseaux sociaux et notamment sur Twitter, mise en ligne d'une page Facebook intitulée "CNB ne touche pas à mon blog " (recueillant 126 likers au moment où je rédige ce billet), programmation d'une manifestation le 21 mars prochain à Paris (à laquelle je ne pourrai pas me rendre mais j'y serai en pensée).

Le CNB a même été assigné par une consoeur devant le Tribunal de Grande Instance de PARIS, le Juge ayant proposé une conciliation aux parties.

Ces réactions ont été réellement positives ; elles ont apparemment fait (ré)fléchir le CNB.

Il faut dire que les Avocats blogueurs ont mis en avant de multiples arguments.

Parmi eux, j'en citerai trois.

D'abord, la plate-forme avocat.fr permet de lutter contre les braconniers du Droit qui entâchent le web ; les recherches juridiques sur Internet sont devenues une pratique courante, que l'on soit Avocat ou non, et les moteurs de recherche nous permettent de poser des questions qui nous renvoient vers des liens qui sont souvent des articles publiés par les Avocats utilisateurs de la plateforme.

Cela constitue alors une réelle garantie de la qualité de leur contenu.

Ensuite, pour les Avocats comme pour les internautes, la blogosphère est une source d'information extraordinaire, une sorte de réseau social ouvert à tous mais maîtrisée par les Avocats.

Elle permet aussi de suivre l'actualité juridique de façon fiable, de prendre le pouls des réactions des Avocats à tel ou tel évènement, d'être avisé très rapidement d'une nouvelle importante ; c'est par exemple grâce à la blogosphère qu'en novembre 2011, j'ai pu immédiatement savoir que le droit de plaidoirie augmentait, information que le CNB n'avait pas pu nous donner en temps utile.

Enfin, la Blogosphère m'a permis de faire connaissance avec des confrères que je ne connaissais pas, d'en apprécier beaucoup et même parfois d'en rencontrer physiquement certains, ce qui a toujours été un pur plaisir.

Faire disparaître la plate-forme serait donc à mon avis une très mauvaise chose.

Alors, le reproche que l'on peut faire au CNB est sans doute de pas avoir mieux fait connaître la blogosphère aux Avocats.

Si ce travail avait été fait, ce n'est pas 2.000 avocats qui disposeraient d'un blog, mais peut-être 5, 10 ou 15.000.

Car c'est un outil gratuit pour eux puisque compris dans la cotisation qu'ils versent déjà au CNB.

Ainsi, cet outil de communication extraordinaire aurait pu être mieux géré, mieux développé.

Il n'est pas encore trop tard pour cela puisque la décision du CNB sur le devenir de la plate-forme devrait intervenir dans deux jours.

Enfin, preuve supplémentaire du caractère indispensable de maintenir cette plate-forme : j'ai l'impression que grâce à la révolte légitime des Avocats blogueurs, les connexions sur les différents blogs ont augmenté ces dernières semaines.

C'est notamment le cas sur le mien alors que mon dernier article date pourtant du mois dernier.

On n'a ainsi jamais autant parlé de la blogosphère des Avocats depuis son lancement !

Et il est très probable que le fait qu'on ne sait pas bien si elle va être maintenue ou non risque d'inciter les confrères qui s'y inscriraient bien, là, maintenant, à ne pas le faire.

Alors, conservons cet outil et plutôt que de le faire mourir, développons-le vite !

Non, il ne faut surtout pas faire disparaître la blogosphère des Avocats.

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Commentaires

Mais, en ce qui concerne la possibilité d'ouvrir de nouveaux blogs sur cette plateforme, c'est fermé...

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