Nov
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Sécurité au travail : responsabilité pénale

Les personnes morales peuvent engager leur responsabilité pénale si une infraction à la réglementation dun travail a été commise par son  représentant ou de l'organe dirigeant (ex. : président, gérant, directeur, conseil d'administration), pour son compte (C. pén., art. 121-2).

Un dirigeant peut donc, par son action ou ses carences, engager la responsabilité de sa société, à moins d'avoir délégué ses pouvoirs à un préposé disposant des compétences, de l'autorité et des moyens nécessaires pour cette mission auquel cas la responsabilité pénale est transférée sur ce dernier.

Mais, dans tous les cas, il ne peut s'exonérer de cette responsabilité pénale en invoquant son absence au moment des faits ou en prétextant qu'il ne travaillait pas sur le site mais au siège.

En l’espèce les juges d'appel relevait que le dirigeant "n'avait commis personnellement aucune faute en relation causale avec l'accident puisqu'il travaillait au siège social et n'intervenait pas sur le site ".

La décision a été censurée par la Cour de cassation.

Pour celle-ci, les juges d'appel auraient dû "rechercher si les carences qu'ils ont relevées dans la conception et l'organisation des règles de maintenance de l'équipement de travail, sur lequel s'est produit l'accident, ne procédaient pas, en l'absence de délégation de pouvoirs, d'un défaut d'un organe de la société".

Or, tel était bien le cas, des manquements aux obligations prévues aux articles R. 4322-1 et R. 4323-1 du code du travail ayant été constatés.

A noter que la responsabilité pénale des personnes morales n'exclut pas celle des personnes physiques auteurs ou complices des mêmes faits, sous réserve des dispositions du quatrième alinéa de l'article 121-3 du code pénal qui dispose qu 'il y a  délit,  en cas de faute d'imprudence, de négligence ou de manquement à une obligation de prudence ou de sécurité prévue par la loi ou le règlement, s'il est établi que l'auteur des faits n'a pas accompli les diligences normales compte tenu, le cas échéant, de la nature de ses missions ou de ses fonctions, de ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait.

 

Cass. crim, 31 oct. 2017, n° 16-83.683

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