mathilde.gaupillat

Par mathilde.gaupillat le 18/06/13
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En présence de la Directrice de la DIRRECTE, du représentant de M. le Préfet, du Commissaire au Redressement productif, Me GAUPILLAT a présenté quelques nouveautés de la loi publiée la veille au JOURNAL OFFICIEL :

Loi de Sécurisation de l'Emploi

THEME 1 : LES LICENCIEMENTS ECONOMIQUES

Quelles sont les nouveautés apportées par la loi concernant les licenciements économiques ?

Tout d'abord il faut savoir que les dispositions nouvelles concernant les licenciements économiques vont s'appliquer aux procédures initiées à compter du 1er Juillet 2013, c'est-à-dire dans 2 semaines, donc très bientôt !!

Les nouveautés concernent principalement les « grands licenciements économiques », c'est-à-dire dans les Entreprises de + de 50 salariés et > 10 sur 30 jours, mais pas seulement.

La nouveauté la plus marquante est l'intervention de la DIRRECTE, c'est-à-dire de la Direction régionale des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l'emploi. C'est-à-dire autrefois la DDT, qui comprend les Inspecteurs du Travail.

Désormais il y aura nécessairement une validation administrative préalable.

Sur quoi portera la vérification de l'administration ?

L'employeur devra négocier un accord collectif, comprenant obligatoirement le PSE et facultativement diverses dispositions, comme par exemple : l'ordre des licenciements, le calendrier de la procédure, le nombre de licenciements et les catégories, les formations prévues.

L'intérêt de s'astreindre à ces dispositions non obligatoires sera de limiter le risque d'un contentieux ultérieur.

Si l'employeur ne parvient pas à conclure un accord, il devra alors reprendre ces différents points dans un document qu'il établira tout seul, appelé « document unilatéral ».

Cette disposition est proche de celle appliquée en matière d'élections lorsque le protocole d'accord préélectoral ne peut être établi.

L'administration sera destinataire de l'un ou l'autre de ces actes et validera l'accord ou homologuera le document unilatéral : délai de 15 ou 21 jours.

Le silence de l'administration vaudra acceptation.

Y aura-t-il un contrôle pour les petites entreprises ?

Oui, l'administration interviendra aussi, mais il s'agira simplement de valider un projet. Elle disposera de 21 jours et pourra transmettre des observations à l'entreprise, qui pourra s'y conformer ou y répondre.

Et dans tous les cas c'est un contentieux qui a été confié à la compétence exclusive du TA, dont les délais de réponse ont été encadrés et raccourcis...

Les licenciements en respectant pas ces dispositions seront nuls et les dommages et intérêts au minimum de 6 mois. Si le TRIBUNAL annule l'accord ou le document unilatéral : les salariés licenciés devront être réintégrés, d'où l'intérêt de faire correctement la procédure.

Et pour le reste de la procédure ?

Le processus de consultation du CE a été simplifié. Il y aura en principe deux avis donc deux réunions au lieu de 3. Les délais ont aussi été précisés et simplifiés.

La loi prévoit-elle des dispositions spécifiques pour la sécurisation de l'emploi ?

La loi oblige l'employeur à prévoir des mesures de reclassement interne, ce qui n'est pas nouveau, et désormais une obligation de chercher un repreneur.

THEME 2 : LES ACCORDS DE MAINTIEN DANS L'EMPLOI

Dans quelles hypothèses un tel accord pourra être envisagé et en quoi consistera t-il ?

La loi prévoit que ces accords pourront être conclus en cas de graves difficultés économiques conjoncturelles, admises par les organisations syndicales représentatives.

La durée sera limitée à 2 ans maximum.

L'employeur s'engagera à maintenir les emplois, à savoir très concrètement il aura une interdiction absolue de procéder à des licenciements économiques. Une pénalité financière devra être prévue en cas de non respect de cette disposition essentielle.

En échange, il pourra : aménager la durée du travail, ses modalités d'organisation et sa répartition. Il pourra aussi baisser la rémunération avec un plancher à 120 % du SMIC

Les dirigeants salariés, les mandataires sociaux et associés, devront réaliser un effort conjoint : c'est-à-dire baisser aussi leur rémunération ou dividendes.

Les modalités de conclusion de l'accord sont classiques :

- signature par une ou plusieurs organisations syndicales représentant au moins 50% aux élections au 1er tour CE ou DUP ou DP

- Si pas DS : un IRP OU salarié ordinaire, spécialement mandaté par syndicat représentatif dans la branche ou niveau national

Quelles seront les conséquences pour les salariés ?

L'accord négocié sera collectif mais pour s'appliquer il faudra l'accord individuel de tous les salariés.

Néanmoins il est prévu qu'en cas de refus, un salarié sera licencié.

Par contre, pendant sa durée, l'accord devra faire l'objet d'un suivi. Il pourra être suspendu si les conditions initiales ne sont plus réunies, c'est-à-dire si l'entreprise connait une amélioration de sa situation économique. Le Président du TGI en référé sera compétent pour prendre une telle décision (de même si non respect loyal et sérieux).

Par mathilde.gaupillat le 11/06/13
Dernier commentaire ajouté il y a 6 années 3 mois

Me GAUPILLAT participera à la conférence conjointement organisée par l'ORDRE DES AVOCATS DE DIJON et l'ORDRE REGIONAL DES EXPERTS COMPTABLES DE BOURGOGNE FRANCHE COMTE.

Rendez vous au Palais des Congrès lundi 17 Juin à 17 heures pour une présentation, notamment, de la loi de SECURISATION DE L'EMPLOI votée au mois de Mai dernier.