May
18
LA SYRIE, CANDIDATE AU CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME DES NATIONS UNIES

Certains Etats, certains dictateurs ne manquent pas de culot. On pourrait penser que Monsieur BACHAR AL-ASSAD décide de se montrer discret pendant la répression qu'il mène contre son peuple. Il n'en est rien. Alors qu'il fait intervenir l'armée et tirer sur les manifestants, son Peuple, alors même qu'il aggrave la répression et martyrise l'opposition, la Syrie se porte candidate au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU et annonce qu'elle respectera les Droits de l'Homme qu'elle considère comme indivisibles.

Elle est candidate avec trois autres pays d'Asie. Il y a 4 postes. Si aucun autre pays ne se porte candidat, elle sera élue au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU. Elle est soutenue par la Ligue Arabe. Cela discréditerait l'institution.

On dit que la France mènerait une activité diplomatique intense pour éviter cette élection. Les 27 Etats de l'Union Européenne sont, par ailleurs, tombés d'accord le 6 mai pour sanctionner certains membres du régime syrien mais en épargnant le président AL HASSAD. Il s'agirait d'un gel des avoirs et des interdictions de visas à l'encontre de certains dirigeants. Le principe d'un embargo sur les armes et le matériel de répression serait également acquis. Heureusement, cette fois, on évitera de proposer du matériel de répression à cet Etat comme on l'avait fait pour la Tunisie de BEN ALI.

Naturellement, une nouvelle fois, les 27 pays de l'Union se sont montrés divisés et extrêmement prudents, chacun défendant ses propres intérêts. C'est dans ces conditions que Monsieur AL-HASSAD a été épargné de toute sanction alors même que c'est lui qui décide de cette répression.

Quant au barreau syrien, il est « étatique » et nul appel, nulle intervention au côté des manifestants ne semble émerger. Nous sommes loin du rôle qu'a pu jouer le barreau tunisien.

Il reste enfin à s'étonner du silence de nos grandes plumes et grandes âmes.

Je ne vois nullement d'articles publiés par les spécialistes de « l'indignation ». Cette « indignation » est décidément sélective et ne concerne jamais les pays qui pratiquent la répression dans des proportions intenses comme la Lybie de Monsieur KHADAFI (qui a également siégé au Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU), la Syrie de Monsieur AL-HASSAD ou le HAMAS et la chape de plomb qu'il fait régner à Gaza.

Drôle d'indignation ! Drôle d'indignés indignes !

Michel BENICHOU

Commentaires

Ne se manifestent guère lorsqu'il s'agit des monarchies pétrolières ou des bombardements de civils par l'OTAN précisément dans le but affiché d'en assurer la protection.

La Syrie, petit pays par les moyens économiques et militaires, qu'on maintient dans un état de guerre avec son voisin hyperpuissant, est coincé quant à son developpement économique et doit assurer une vigilance rigoureuse quant au respect de l'ordre; c'est vrai pour tous les pays en état de guerre.

Les provocations émanant de bandes armées (elles ont commencé dans une ville frontière) obligeaient le régime à rétablir l'ordre. Israél n'a pas hésité, de son côté, le week end dernier à ouvrir le feu contre des manifestants désarmés, en tuant plus de 15 personnes; les spécialistes de l'indignation regardaient ailleurs.

La cohésion de la Syrie (multiconfessionnelle mais laïque) est un défi de chaque instant; la stabilité est garante de celle du Liban voisin.

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA