Jul
15
LES ETATS-UNIS NOUS ESPIONNENT ET VONT CONTINUER

C'est de façon totalement légale que les Etats-Unis ont mis en place ce système généralisé d'espionnage de cloud computing et des conversations. Cela s'est fait grâce à la loi américaine dénommée FISA (Foreign Itellingence Surveillance Act). Cela permet d'exploiter de manière massive et automatique toutes les infrastructures et toutes les données de l'informatique en nuage et ce à des fins diverses de cyber-surveillance. Cette loi FISA date de 1978. Elle a été une première fois amendée par le fameux Patriot Act qui permet la lutte contre le terrorisme et donne tout pouvoir à l'administration américaine pour interroger les sociétés qui sont sur leur territoire, même si elles ne sont pas américaines, aux fins de les contraindre à donner tous les éléments utiles pour cette surveillance. Puis, le Président OBAMA a décidé de prolonger de 5 années soit jusqu'au 31 décembre 2017 le dispositif FISA.

Les américains contrôlent donc :

- Tous les citoyens de leur pays et leurs ressortissants même s'ils résident en dehors des Etats-Unis. Les américains peuvent faire valoir le 4ème amendement de la Constitution.

- Tous les « non-américains ». Ceux-ci n'ont d'ailleurs aucune protection.

L'objectif de la NSA est d'intercepter, de déchiffrer, d'analyser et de stocker l'ensemble des communications mondiales, mais aussi l'ensemble des échanges sur internet et sur le cloud. Naturellement, tous les fournisseurs de services d'informatique sont soumis à cette loi et doivent donner les éléments. Il s'agit de tous les grands groupes américains qui coopèrent avec le Gouvernement.

Lorsque vous achetez sur Amazon, votre communication est enregistrée, votre achat est enregistré et tous les éléments sont stockés.

Les Etats-Unis investissement des milliards de dollars pour arriver à ce stockage de données. Il est prévu que cela dure puisqu'on a construit un site capable de stocker et d'exploiter des quantités considérables de données.

Facialement, l'objectif est de lutter contre le terrorisme. En fait, on sait parfaitement qu'il y a une part d'espionnage industriel et l'espionnage des décisions prises par les autres pays.

Le Parlement Européen avait déposé, dès octobre 2012, un rapport complet concernant ces éléments. On est donc surpris de constater les cris d'étonnement de la Commission Européenne, du Parlement et des chefs d'Etats européens. En effet, ils savaient depuis fort longtemps.

Ils ont été contraints, devant le choc créé dans l'opinion publique par cet espionnage, de s'exprimer publiquement et de faire part de leurs critiques voire de leur condamnation. Tout ceci n'est qu'hypocrisie.

La seule solution serait donc de prendre l'initiative de favoriser l'émergence d'un Cloud sécurisé soit au niveau national, soit au niveau européen, ou - encore mieux - à ces deux niveaux.

Par ailleurs, il apparait clairement qu'il est impossible de continuer à travailler avec les Etats-Unis et à entamer de quelconques discussions et négociations, alors que les enjeux sont considérables, si cet espionnage ne cesse pas immédiatement et s'il n'est pas démontré aux Etats européens que cet espionnage a cessé.

Dans le courant 2013, les Etats membres vont engager des discussions et des négociations avec les Etats-Unis qui portent sur plusieurs textes aux enjeux considérables : une proposition de règlement européen sur la protection des données ; une proposition de Directive concernant les niveaux de sécurité des réseaux et de l'information dans l'Union ; et enfin le fameux projet d'accord de libres échanges entre l'Union Européenne et les Etats-Unis dont la discussion a démarré le 10 juillet 2013.

Comment débattre avec quelqu'un qui connait d'ores et déjà la stratégie programmée ? Comment accepter ce maintien de la captation des données par les Etats-Unis ?

Il faut que l'Union Européenne se protège de la question des transferts des données hors de l'Union du fait de la cyber-surveillance mise en place par les Etats-Unis. Il faut, parallèlement, que les européens se donnent les moyens techniques et stratégiques de conserver leurs secrets. Cela concerne directement les avocats qui voient leur secret professionnel bafoué.

Michel BENICHOU

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA