Jul
31
Garde à vue: le syndicat SYNERGIE OFFICIERS récidive !

Vous vous souvenez que le Syndicat de policiers SYNERGIE avait publié un tract dans lequel il accusait les avocats de vouloir assister le gardé à vue pendant toute sa durée pour des raisons purement commerciales.

De même qu'un représentant de ce même syndicat, sur RTL s'est insurgé d'une prétendue offensive marchande de la part des avocats dans le débat sur la garde à vue et a prétendu que les avocats n'interviendraient que pour une prestation tarifiée.

L'ordre des avocats de Paris ainsi que le SAF a agit contre ce représentant qui a été condamné par le Tribunal de Grande Instance de Paris.

Selon le TGI de Paris, les propos de Monsieur R. ont largement dépassé les limites de la liberté d'expression et du droit de critique autorisée et sont constitutifs de faute délictuelle; ayant entraîné un préjudice moral subi par la profession d'avocat dans son ensemble.

M. R a été condamné à verser 1 euro symbolique de dommages et intérêts à l'ordre des avocats du barreau de Paris et au SAF.

Bien entendu, il fallait s'y attendre, après la décision du Conseil Constitutionnel, SYNERGIE réagit avec sa virulence habituelle et son analyse "pleine de finesse" et "de profondeur": si le Conseil constitutionnel a rendu cette décision c'est parce qu'il a été influencé par notre lobby et bien entendu si nous souhaitons assister les gardés à vue pendant toute la garde à vue c'est parce que nous sommes assoiffés d'argent.

Bravo pour l'analyse!

Bien entendu, cela embête bien ce syndicat que nous puissions être présents lors des gardes à vue et vérifier la régularité de la procédure et éviter par exemple d'éventuelles pressions pour aboutir à un aveu...

Extrait du nouveau tract:

SYNERGIE OFFICIERS déplore que l'activisme du lobby des avocats s'exerce au mépris du droit à la sécurité des plus faibles pour la satisfaction commerciale d'une profession libérale, dont le travail ne consiste pas en la manifestation de la vérité mais en

l'exonération de la responsabilité de leurs clients, fussent ils coupables !

Pour lire la suite du tract si vraiment vous en avez l'envie, il peut être téléchargé ci-dessous.

Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 100,Cours de Verdun 33000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50

Commentaires

... Entrendre parler d'une victoire de "l'activisme du lobby des avocats" !

Nom: 
Avocat lambda
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Preuve en est que certains policiers, que dis-je, certains de leurs représentants officiels en plus, ne respectent strictement rien de la Loi. Décision de Justice ou pas, ils s'asseoient dessus. Et ils veulent se faire respecter par le citoyen lambda...

Si j'ai un moment, j'examinerai s'ils n'entrent pas dans le champ d'application de la loi sur la récidive qu'ils chérsissent tant. Y ont-ils pensé eux-mêmes ?

C'est dramatique.

Nom: 
lucie teynie
Site: 
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surtout j'adore quand ils parlent de l"annulation " de la Garde à vue..

un gdr mmt ce tract encore!!! ils sont forts chez Synergie.....

Nom: 
Annie
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M. R. est amusant quand on peut lire sur le net l'intéret que son syndicat porte à la défense des focntionnaires et de ses propres délégués.

http://pcpg.blogs.lalibre.be/

M. R. ne manque pas d'air.

Nom: 
Charles
Site: 
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Les policiers ne poursuivent pas les mêmes objectifs que les avocats, c'est une évidence. Les uns cherchent à confondre criminels et délinquants, alors même que la procédure et ses lourdeurs met sérieusement à mal leur mission.

Les autres défendent leurs "clients". Qu'ils aient affaire à des violeurs, des pédophiles ou des assassins, ils chercheront toujours à obtenir la peine la moins lourde pour ceux-ci (mission certes légale mais tellement immorale) en échange d'argent.

On imagine facilement Synergie et les policiers s'offusquer de voir les avocats venir jusque dans les gardes à vue mettre à mal leur travail et faire le jeu de crapules dont la place est derrière les barreaux.

J'ai peine à imaginer qu'on puisse souffler à l'oreille d'un pédophile "ne dites rien, n'ouvrez pas la bouche" en début de garde à vue, lui assurant d'échapper à la sanction en l'absence d'aveux et de preuves matérielles, tout en réussissant à se regarder le soir dans la glace ou en allant embrasser ses enfants.

A chacun sa morale.

Mais ces policiers ont raison de se battre pour pouvoir continuer à lutter contre le crime à la délinquance, pendant que d'autres en sont les complices.

Nom: 
dindon_sniper
Site: 
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Je ne fais jamais ce type de commentaires, mais il y a un début à tout.

Je suis capitaine de police, non adhérent au syndicat mis en cause dont je ne partage que très rarement les analyses, marié à une magistrat et ami de quelques avocats avec lesquels j'ai partagé les bancs de la faculté (car, oui, le concours d'officier de police est difficile et 85% des lauréats sont titulaires d'un Master2, soit bac+5).

Permettez-moi de rigoler sous cape en constatant que "les défenseurs de la veuve et de l'orphelin", totalement désintéressés et n'agissant que pour le total respect des droits de tout citoyen... ont initié un mouvement de grève dès la mise en place des droits qu'ils appelaient de leurs voeux et, pour beaucoup, qu'ils n'ont pas assisté les pauvres gardés à vue qui attendaient d'eux aide et assistance... parce qu'ils n'étaient pas suffisamment rémunérés !

Nous savons tous que les métiers nobles ont leur code d'honneur, de conduite, leur "serment". Hyppocrate, par exemple, exige des médecins qu'ils prodiguent tous soins nécessaires, même sans garantie d'être payés... Quid de ces nombreux avocats, jugeant dérisoires les 300 euros (forfaitaires), arguant, avec une fantastique mauvaise foi (déformation professionnelle ?) du fait que ces 300 euros correspondent à 24h ou 48h d'un harassant travail (alors que, dans 90% des affaires de sécurité publique, une procédure comprend en moyenne deux ou trois auditions de mis en cause, qui ne durent, chacune, pas plus de 30 minutes...) ?

Quid de cette attitude qui consiste à exercer un droit incontestable (le droit de grève) au détriment de ceux que l'on prétend défendre et au moment même ou le droit positif donne aux avocats la possibilité d'intervenir réellement au moment de la garde à vue ?

Le contexte dans lequel l'ensemble de la fonction publique travaille aujourd'hui, et auquel n'échappent pas les policiers, est un contexte d'économies drastiques en application de la RGPP2. Pas de véhicules, moins de fonctionnaires, peu de moyens... Un discours gouvernemental sur l'endettement du pays de nature à faire pleurer dans les chaumières et qui nous inciterait presque à refuser notre solde mensuelle pour le bien de la nation.

Mais nos avocats, indispensables au bon fonctionnement de notre système démocratique et républicain, clé de voûte du respect absolu des droits de chacun, ces avocats, pour la plupart ancrés à droite, vomissant dans les dîners sur les fonctionnaires qui coûtent tant au contribuable alors qu'ils ne font rien ou pas grand chose, et bien, ces avocats trouvent tout à fait justifié de se mettre en grève pour que l'Etat leur paye les sommes qu'il estiment dues à leur fabuleux travail (assister à une audition !) et à leur haut rang. Là, le contribuable paye enfin pour quelque chose d'utile plutôt que d'engraisser des milliers de policiers, de gendarmes et de fonctionnaires de tous poils (hôpitaux, pompiers, enseignants...) au détriment des honnêtes travailleurs du privé...

Je laisse chacun juge de cette réflexion, même si je me doute que, sur un site nommé "avocat.fr", ce trop long commentaire trouvera plus de détracteurs que de défenseurs...

Monsieur,

nous sommes présents pour les gardes à vue, en tout cas, le Barreau de Bordeaux est présent... nous assistons les gardé à vue dans le cadre de permanence organisées et ceci tous les jours. Aussi, je ne peux vous laisser dire que nous n'assistons pas les gardés à vue actuellement pour des raisons financières !

Tous les volontaires d'astreinte aux permanences ne sont pas payés actuellement et assistent les gardés à vue sans savoir combien ils vont être réglés.

Nous avons manifesté en effet, pas pour nous, pas pour nos revenus car beaucoup d'entre nous peuvent se passer des revenus issus des permanences pénales ou garde à vue. Si nous avons manifesté c'est pour vous ou plutôt c'est pour les justiciables... Nous ne savons pas combien nous allons être payés, le chiffre annoncé de 300 euros HT pour 24 heures d'astreinte est en effet pas satisfaisant.

Vous ne connaissez pas les contraintes de la gestion d'un cabinet d'avocat. L'avocat est libéral, il n'a pas son salaire qui "tombe" chaque mois sur son compte comme le policier.

Chaque jour, nous assurons des audiences, des rendez-vous et lorsque nous sommes de permanence garde à vue, il faut bloquer 1 jour voir 2 jours pendant lesquels nous sommes d'astreinte et pendant lesquels nous ne pouvons pas recevoir de clients, aller en audience, donc c'est un manque à gagner.

300 euros HT réglé pour 24 heures d'astreinte, ce ne sont pas 300 euros dans notre poche mais plutôt 150 euros car comme je vous le précisais nous sommes une profession libérale et nous devons louer des locaux professionnels, payer l'ursaff, notre sécu, notre secrétaire etc...

Si l'état nous règle 300 euros HT, il est évident que la plupart de mes Confrères ne mobiliseront pas une voire deux journées pour les gardes à vue et je crains que la justice devienne ( si elle ne l'est pas déjà) une justice à deux vitesses: d'un côté les avocats des pauvres, pauvrement payé et effectuant un pauvre travail- le minimum syndical et de l'autre les avocats très bien payés et effectuant un travail de meilleure qualité.

Cordialement

Nom: 
dindon_sniper
Site: 
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Bonjour Maître.

Fils d'un médecin exerçant en libéral, je connais bien les différences (avantages / inconvénients...) entre activité libérale et activité salariée.

Je suis tout à fait conscient que 300 euros HT dans la comptabilité d'un cabinet d'avocat ne sont pas 300 euros d'espèces sonnantes et trébuchantes tombant directement dans la poche de l'avocat lui-même.

Je peux me tromper, et je crois que le flou et les remous qui entourent cette réforme et ses conséquences sont de nature à générer les erreurs de compréhension ou d'interprétation, mais il me semble que les 300 euros HT ne couvrent pas 24h d'astreinte d'un avocat, mais qu'ils sont prévus pour UNE garde à vue de 24h, et que, de fait, ils sont cumulables lorsqu'un avocat se déplace, par exemple, dans un commissariat pour assister plusieurs clients dans le cadre de plusieurs gardes à vue... A voir...

Par ailleurs, nous sommes évidemment dans une sorte de "choc des cultures et des mondes" entre public et privé. Sachez, par exemple, que les "primes au mérite" touchées par environ 25% de policiers jugés par leur hiérarchie comme étant les plus "méritants" , primes très largement médiatisées et censées rapprocher le public des techniques RH du privé (en associant logiquement la rémunération à la "performance") sont classiquement d'un montant de 300 à 500 euros... à l'annéepour un OPJ... Cette prime, créée dans les années 2005/2007, s'ajoute au traitement de ceux qui la touchent, mais, du même coup, sert d'argument (fallacieux) pour justifier la non prise en compte de revendications salariales, catégorielles ou conjoncturelles. Elle est également un non-sens en terme de RH: imaginons qu'un fonctionnaire ne travaille pas suffisamment, sera-t-il incité à travailler comme un forcené pour, l'année suivante, être dans le haut du panier et toucher... 300 euros annuel de "prime au mérite", là où un avocat refuse de les toucher pour 24h d'assistance à un gardé à vue ? (je simplifie à l'extrême, j'en suis conscient, mais cela illustre juste ce "choc des mondes" qui peuvent expliquer, à défaut de justifier, les propos de mon collègue R. du syndicat S.). Moi, non.

Certes, nous nous éloignons du sujet initial, mais cette digression a le mérite d'illustrer le "pourquoi" d'une incompréhension quasi-naturelle entre deux mondes (privé/public, avocats/policiers).

Enfin, et pour ne pas être encore une fois trop long, je vous rejoins tout à fait sur votre analyse finale d'une justice à deux vitesses. C'est l'ensemble de notre société qui s'oriente vers cette dichotomie: justice, mais aussi monde médical, enseignement... Je ne crois pas que le fait de passer de 300 à 400 euros HT le "forfait garde à vue" des avocats y change quoi que ce soit... Je crains que le mal ne soit plus profond...

Bien cordialement.

Nom: 
dindon_sniper
Site: 
http://

A la relecture, je m'aperçois que j'ai oublié de préciser que le barreau auquel je faisais essentiellement référence et qui a fait grève dès la mise en application de la jurisprudence de l'assemblée plénière de la Cour de cassation n'est pas le barreau de Bordeaux... Peut-être le barreau de Bordeaux a-t-il agi différemment et, bien que partageant les même revendications que d'autres barreaux, a-t-il mis en place les astreintes avant d'avoir des garanties, ce qui serait tout à son honneur (et normal...).

D'autres avocats, et vous le savez comme moi, ont tout simplement "boudé" en refusant d'assister des personnes gardées à vue, alors même qu'ils en avaient le droit, et peut-être même, en un sens, le devoir (au moins moral).

Bien cordialement (bis).

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