Nov
30
La Journée du 29 novembre 2007 a bien existé, n'en déplaise à Monsieur le Président.

Encore une preuve, un article dans SUD OUEST.

Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 100,Cours de Verdun 33000 BORDEAUX tél 05 56 52 14 50


JUSTICE. -- Magistrats, greffiers, avocats : mobilisation sans précédent des robes noires contre la réforme de la carte judiciaire, hier, dans de nombreuses villes

Une colère noire: Pierre-Marie Lemaire

Hier matin, à Bordeaux. Forte mobilisation des magistrats, greffiers, avocats, et même des élèves de l'Ecole de la magistrature

PHOTO PHILIPPE TARIS

Ils sont venus, ils sont (presque) tous là. Les magistrats du siège comme ceux du parquet, ceux qui cotisent au Syndicat de la magistrature comme ceux dont les sympathies droitières sont connues. Même la cour d'appel est représentée. Avec les greffiers, le personnel des greffes et les avocats, ils sont environ 400, massés au pied des marches du palais de justice de Bordeaux pour manifester leur hostilité à la réforme de la carte judiciaire telle que l'a menée leur ministre, Rachida Dati, et exprimer leurs inquiétudes quant à l'avenir du service public de la justice. Les élèves de l'Ecole nationale de la magistrature les ont rejoints. « C'est normal que l'on se sente concerné, confie l'un d'eux, on ne peut être qu'inquiet de ce qui se prépare. Supprimer les juridictions de proximité, c'est dissuader les gens les plus modestes de faire valoir leurs droits. »

A Bordeaux comme ailleurs, la journée d'action, organisée hier par l'ensemble des organisations syndicales et professionnelles de la justice, a été largement suivie. A Toulouse, ils étaient 300 à pique-niquer devant le tribunal. A Paris, la manifestation nationale a rassemblé plusieurs centaines de personnes. Dans la région, le greffe de La Rochelle affichait 62 % de grévistes, contre 20 % au niveau national selon le ministère. A Marmande, l'occupation du tribunal de grande instance par les avocats se poursuit. Prises de parole et lecture de motion ont marqué les audiences avant que les affaires, sauf urgence, ne soient renvoyées. Partout, l'activité des tribunaux a été fortement perturbée, même si la « continuité du service public » a été assurée, comme les magistrats y sont tenus.

La « méthode Dati ». Cette mobilisation rarement atteinte dans le petit monde traditionnellement feutré de la justice illustre l'ampleur de la fronde contre un projet qualifié au mieux d'inutile, au pire de dangereux. « Non seulement la réforme de la carte judiciaire ne résout en rien les problèmes de la justice, mais en plus elle hypothèque son avenir pour longtemps », résume Olivier de Blay, vice-président du tribunal de Bordeaux et responsable de l'Union syndicale des magistrats. « Le milliard d'euros qu'elle va coûter interdira tout investissement humain pendant des années, alors que c'est de cela que nous avons besoin. Malgré les effets d'annonce de la chancellerie, le budget de la Justice reste d'une pauvreté affligeante. »

Mais, plus encore que la réforme, c'est la méthode Dati qui ne passe pas. « Mépris total », « simulacre de concertation », « logique purement comptable »... Un ressenti qui, ajouté à l'interventionnisme tous azimuts du pouvoir politique et à son hyperactivisme législatif, creuse encore un peu plus le malaise entre le monde judiciaire et sa ministre. « Depuis huit mois, on assiste clairement à une tentative de remise au pas des magistrats », affirme un parquetier.

(...)

Ajouter un commentaire

Image CAPTCHA