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Pénébilité au travail: suite

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Les nouveaux dommages de la précarité et du stress

LE MONDE | 28.09.07 | 14h54 * Mis à jour le 28.09.07 | 14h54

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Entre 1994 et 2003, les contraintes horaires, les rythmes de travail et les contacts avec le public augmentent pour les salariés les moins touchés. Les contraintes physiques et l'exposition aux produits chimiques se sont surtout amplifiées pour les catégories déjà les plus attteintes. Dans l'ensemble, les risques et la pénibilité ont davantage augmenté pour les ouvriers et les employés."

Ce constat est un des résultats les plus significatifs de l'enquête de surveillance médicale des risques professionnels (Sumer) réalisée à partir de questionnaires auprès de 1 792 médecins du travail et 56 134 salariés.

Cette étude, publiée en décembre 2004 par la direction des études statistiques du ministère du travail (Dares), relève une amélioration de la durée du travail et un recul des semaines longues. Avec une méthode d'évaluation différente, l'enquête épidémiologique "Santé, travail et vieillissement" (Estev) a également mis en évidence l'impact des contraintes physiques sur l'état des salariés de plus de 50 ans. L'élaboration de "critères" objectifs peut ainsi servir de référence pour mesurer les conséquences de la pénibilité et établir les modalités de compensation.

EFFETS PSYCHOSOCIAUX

Ces résultats peuvent aussi être utilisés pour améliorer la prévention en milieu professionnel, notamment pour éviter l'aggravation des troubles musculo-squelettiques.

Selon un rapport de l'Inspection des affaires sociales publié en septembre, cette pathologie représente près des trois quarts des maladies professionnelles, dont le nombre est passé de 20 695 en 2000 à 41 347 en 2005.

Ces études peinent en revanche à mesurer l'impact de la pénibilité telle qu'elle est vécue et ressentie par les salariés. L'accroissement de l'intensité, les changements de méthode et d'organisation, les contraintes de résultats imposées depuis une vingtaine d'années commencent à produire des effets "psycho-sociaux" encore difficilement mesurables sur la santé et l'espérance de vie des salariés.

"Tous les éléments de précarisation des parcours professionnels, en particulier les périodes de chômage, la précarisation contractuelle, le temps partiel imposé chez les femmes (travail en sous-traitance) ont des effets clairs sur la santé", relève Gérard Lasfargues du Centre d'études pour l'emploi, dans son étude "Départs en retraite et travaux pénibles", publiée en avril 2006. En fin de carrière, les obstacles à la reconnaissance de ces parcours chaotiques pourraient bien pénaliser un peu plus encore des salariés, essentiellement des femmes fragilisées.

A l'issue de la réunion du 24 septembre, les partenaires sociaux sont également convenus de s'intéresser aux incidences du stress, de la pression, voire du harcèlement sur le lieu de travail. Cette réalité, qui aurait tendance à s'aggraver, menace là des catégories de salariés plutôt qualifiés, jusqu'à présent plutôt protégées, dans le secteur du tertiaire, des services et des nouvelles technologies.

Michel Delberghe

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