Par michele.bauer le 02/03/14

La Blogosphère ne doit pas disparaître et avec elle des milliers d'articles publiés depuis 2007.

Avocat ou Avocate est un de ces articles que j'avais publié et qui a été lu par 12935 fois et a fait l'objet de 69 commentaires.

A lire ou à relire ICI

(article qui a été écrit en collaboration avec ma Consoeur Messaouda GACEM qui a un Blog également ICI)

Par michele.bauer le 08/12/13

Mon Confrère Laurent EPAILLY a commenté la Directive Européenne sur l'accès au dossier: ICI.

Il n'en demeure pas moins que cet accès au dossier est exigé par la CEDH.

Pour une meilleure défense de nos clients en garde à vue, nous devons obtenir cet accès au dossier et pour cela soulever devant le Tribunal Correctionnel des nullités quand une observation de l'avocat qui était présent en garde à vue précise que l'accès au dossier n'a pas été accordé.

Le barreau de Paris a mis en ligne un modèle de conclusions de nullités qu'il convient d'adapter: ICI.

Soulevons, soulevons des nullités !! (de procédure bien entendu)

Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50

Par michele.bauer le 16/11/13

Vous avez été placé (e) en garde à vue ou un de vos proches a été placé en garde à vue. La garde à vue a été levée, que va-t-il se passer ?

Si vous vous posez cette question c'est que vous n'avez pas voulu ou pas pu vous faire assister durant cette garde à vue par un avocat car ce dernier est tenu de vous expliquer la suite possible de la garde à vue.

Tout d'abord, il faut dresser le décor et les personnages qui interviennent lors d'un placement en garde à vue:

- les policiers (OPJ)

- le Procureur de la République

- l'avocat

Lors d'un placement en garde à vue les policiers sont tenus d'en aviser le Procureur de la République. C'est le Procureur de la République qui à l'issue de la garde à vue décidera de la suite. L'avocat peut assister la personne gardé à vue durant les auditions et pourra le conseiller. Pour l'instant, l'avocat n'a pas accès au dossier, garder le silence est parfois une solution lorsque le garde à vue est dans l'ignorance du contenu du dossier pénal...

En tout état de cause, à la fin de la garde à vue, plusieurs options s'offrent au Procureur de la République:

- abandon des poursuites, aucune suites données après la garde à vue, les auditions ont permis de constater qu'ils n'existaient aucun élément pour poursuivre un gardé à vue qui a été soupçonné d'avoir commis une infraction- ce cas, nous les avocats nous le voyons rarement car tout naturellement les personnes qui ne sont convoquées à aucune audience ne prendront pas la peine de consulter un avocat car ce n'est pas la peine...

- remise d'une convocation à une audience ultérieure pour répondre des faits pour lesquels vous avez été interrogés... il faut évidemment vous rendre à cette convocation et vous empressez d'aller consulter un avocat qui consultera votre dossier et vous conseillera au mieux pour votre défense. ce genre de convocation est souvent donnée à des personnes qui n'ont pas de casier judiciaire, qui n'ont pas fait parler d'eux. La convocation pourra être pour une audience devant le Tribunal correctionnel, pour une audience de plaider coupable, comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (Voir mon article ICI), pour une médiation pénale, pour une composition pénale, pour un délégué du Procureur... Pleins d'options sont possibles, ne vous dispensez pas de consulter un avocat pour qu'il vous explique le déroulé de ces audiences et les risques que vous encourez.

- au sortir de la garde à vue, vous pouvez être déféré directement devant le Procureur de la république qui pourra vous faire comparaître immédiatement devant le Tribunal Correctionnel pour les faits qui vous sont reprochés. C'est la fameuse audience de comparution immédiate. Cette voie est généralement choisie pour les dossiers simples mais dont le préjudice pour la victime est grave ( la justice doit se rendre rapidement), elle pourra être choisie aussi pour les récidivistes qui n'ont pas de travail, aucune garantie à donner au Tribunal et que le Tribunal n'est pas sûr de revoir si une simple convocation leur est donnée pour une audience ultérieure. Sachez que votre avocat pourra solliciter un délai pour préparer votre défense, toutefois, le juge examinera vos garanties de représentation (domicile, emploi...) pour déterminer si dans l'attente de la prochaine audience vous êtes libre ou vous êtes envoyé en prison (à Gradignan pour les bordelais). J'insiste également sur l'importance d'être assisté par un avocat lors de cette audience qui peut être l'avocat qui vous a suivi en garde à vue et qui a assisté aux auditions.

- au sortir de la garde à vue et si votre affaire est complexe ou si les faits sont particulièrement graves (exemple des affaires d'escroqueries, de trafic de stupéfiants, d'abus de biens sociaux ou de crimes, de viols, de braquages qui relèvent de la Cour d'assises), vous ne pourrez pas être jugés immédiatement, un juge d'instruction sera saisi pour enquêter. Vous pourrez être mis en examen et le juge d'instruction pourra décider de vous laisser libre mais sous contrôle judiciaire. S'il estime que vous ne présentez pas assez de garanties et que pour les besoins de l'enquête, vous devez être placé en détention provisoire, il saisira le juge des libertés et de la détention qui jugera s'il faut vous placer en détention provisoire ou sous contrôle judiciaire.

Voici, synthétiquement résumé ce qui peut se passer après une garde à vue.

Il est important pour votre défense de vous faire assister par un avocat qui aura accès au dossier après la garde à vue et pourra vérifier la régularité de la procédure, les éléments constitutifs de l'infraction.

Si le dossier est traité par un juge d'instruction, l'avocat pourra solliciter des actes, contester des expertises, soulever des nullités également.

Des nullités vont être soulevées très prochainement car l'avocat n'a toujours pas accès au dossier et ceci est en contravention avec une directive européenne. Sur ce point, vous pouvez lire le billet de mon Confrère Laurent EPAILLY, ICI.

Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50

Par michele.bauer le 15/11/13

J'ai défendu cette semaine une barmaid du Bar Club Le Vénus qui a interjeté appel du jugement devant le Tribunal Correctionnel de Bordeaux qui l'a condamné à une peine d'emprisonnement avec sursis et qui a considéré que l'infraction était bien constituée.

Ma cliente travaillait dans un Bar à Champagne de Bordeaux en qualité de Barmaid.

Elle été poursuivie puis a comparu devant le Tribunal Correctionnel pour des faits de proxénétisme aggravé et plus exactement sur le fondement de l'article 225-5 (3°) du Code Pénal car elle aurait tiré profit de la prostitution d'autrui ou partagé les profits ou reçu les subsides d'une personne se livrant habituellement à la prostitution.

Pour que l'infraction de proxénétisme soit constituée il faut la réunion de deux éléments: un élément matériel et élément intentionnel (ou moral).

En outre, et ceci est important et particulier pour ce type d'infraction, il est nécessaire qu'une condition préalable existe: la prostitution.

1- sur la condition préalable à l'infraction de proxénétisme: la prostitution.

Dans cette affaire, j'ai pu relever que les auditions des hôtesses ainsi que celles des clients ne faisaient pas état de prostitution au sein de ce Bar Club mais de "jeux de séduction".

Un client même avait indiqué qu'il s'agissait d'une vaste fumisterie !

Le but de ma cliente et des barmaids de ce club était de vendre des bouteilles de champagne, les hôtesses poussent à l'achat car elles perçoivent des commissions, mais elles poussent à l'achat en séduisant, en étant avenantes, ce n'est pas une infraction...

La bouteille de champagne n'était en aucun cas associée à une prestation sexuelle (le jugement de première instance était ainsi motivé...), la bouteille de champagne était associée à une conversation avec de jolies filles séduisantes...

On pouvait par conséquent douter de l'existence de cette condition préalable fondamentale: la prostitution...

2- sur l'élément matériel de l'infraction.

Pour le juge d'instruction, pour le Procureur de la République, pour l'Avocat général, il était nécessaire de caractériser l'élément matériel de cette infraction, le fait que ma cliente aurait tiré profit de la prostitution d'autrui... l'avocat général a ajouté dans les liens de la prévention, l'aide, l'assistance et l'embauche de prostituées.

Le jugement du Tribunal Correctionnel s'est contenté d'indiquer que les barmaids (elles étaient deux à comparaître) ont encadré les hôtesses en les pressant pour vendre des bouteilles sur lesquelles elles percevaient une commission.

Or, aucun témoignage, aucun élément du dossier pénal ne prouvent l'encadrement, les pressions, bien au contraire, ma cliente interdisait formellement toute relation sexuelle avec le client.

Les témoignages des hôtesses qui ont travaillé et ont été embauchées par ma cliente sont les mêmes: il fallait séduire mais pas de relations sexuelles. Les clients du Bar Club étaient tous unanimes, les barmaids ne poussaient qu'à la consommation de bouteilles de champagne mais ils n'avaient pas constaté de pressions sur les hôtesses ou un comportement d'encadrement de la part des barmaids.

Pour l'embauche des hôtesses, ma cliente les embauchait en l'absence du gérant mais pour autant c'était pour l'emploi d'hôtesse pour séduire et faire consommer du champagne, en aucun cas pour se prostituer !

Aussi, l'élément matériel à mon sens n'est pas caractérisé dans ce dossier.

3- L'élément moral.

Pour que l'infraction de proxénétisme soit constituée dans l'exemple que je vous donne il faut que la prévenue ait eu une connaissance exacte de la prostitution qui se serait exercée au sein du Bar Club et qu'elle ait voulu en tirer profit.

Or, pourquoi interdire la prostitution si l'on souhaite en tirer profit ? En outre, ma cliente ne savait pas que la prostitution existait au sein de ce Bar Club, si celle-ci existait.

La condition préalable à la prostitution n'existant pas, l'élément matériel et moral de cette infraction n'existant pas non plus, j'ai tout naturellement plaidé la relaxe.

Donner du rêve à des hommes un peu perdus n'est pas condamnable pénalement.

Ci-dessous, article que SUD-OUEST et Jean-Pierre TAMISIER a publié à la suite de l'audience devant la Chambre des appels Correctionnels de Bordeaux.

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Par michele.bauer le 01/11/13

Sud-ouest nous a informé hier du placement en garde à vue de cinq jeunes qui (un peu ivres) se sont promenés avec un Lama nommé Serge dans les rues de Bordeaux (voir ICI l'article et LA le phénomène Serge le Lama qui fait l'objet de photos montages plutôt drôles)

Serge a eu l'avantage de prendre le Tram... mais le problème c'est que Serge n'est pas le Lama domestique de ces cinq jeunes, il appartient à un cirque et ce cirque a porté plainte.

Il est donc légitime de s'interroger tout d'abord sur l'infraction qui aurait été commise par ces jeunes et sur ce qu'ils risquent.

1- sur l'infraction qui peut leur être reprochée.

Je ne connais rien sur ce dossier si ce n'est ce qui nous est relaté par la presse.

Attention, Serge n'a pas été enlevé... Serge est un lama, il est considéré comme une chose et non une personne, en droit il semblerait que Serge ait été volé au cirque.

Le vol est la soustraction frauduleuse de la chose d'autrui ( article 311-1 du Code Pénal).

Pour que l'infraction soit constituée, il faut que les jeunes aient soustrait frauduleusement Serge le Lama à son propriétaire (le cirque).

La soustraction est l'élément matériel de l'infraction, il faut que la chose objet du délit passe de la possession du légitime détenteur dans celle de l'auteur du délit, à l'insu et contre le gré du premier, pour soustraire, il faut prendre, enlever, ravir, ainsi le définit la jurisprudence.

Cette soustraction doit être prouvée (CA Colmar 28 avril 2000, juris-Data n°2000-158342), faute de quoi la relaxe s'impose.

Si ces jeunes ont trouvé Serge le Lama loin du cirque et l'ont promené, y a t il soustraction frauduleuse ?

La réponse est oui, c'est parce que le propriétaire de la chose n'a pas voulu s'en dessaisir qu'il y a soustraction frauduleuse de la part d'une personne qui s'approprie la chose d'autrui, le vol est certain pour la Cour de cassation ( jurisprudence qui date de 1817 !).

La soustraction est une prise de possession à l'insu ou contre le gré du propriétaire ou précédent possesseur.

Il semblerait donc que Serge le Lama aurait bien été soustrait à son propriétaire, le Cirque.

Reste l'élément intentionnel de l'infraction: la soustraction de la chose d'autrui ne constitue un vol que si elle est frauduleuse, c'est-à-dire accompagnée d'une fraude, d'une intention coupable.

Les juges sont souverains pour apprécier cette intention.

Dans le cas de nos cinq jeunes, le juge devra déterminer s'ils avaient l'intention de s'approprier Serge le Lama, était-il conscient du vol de cet animal ?

La jurisprudence ne tient pas compte du mobile du vol, le mobile étant dans cette affaire, la plaisanterie, la blague... sans doute que si ces jeunes ne s'étaient pas fait arrêter ils auraient ramené Serge à la Maison, à sa maison.

Toutefois, on peut noter un arrêt de la Cour d'appel de Limoges qui a pris en considération la plaisanterie, faute de volonté d'appropriation de la chose. ( CA Limoges 1er avril 1988, Juris-Data n°1988-040912: En l'absence d'intention d'appropriation même momentanée le delit de vol ne peut être retenu.).

Je pense que nos cinq fêtards pourraient se fonder sur cette jurisprudence et plaider la relaxe !

2- quelles peines ? quelle voie judiciaire sera choisie par le Procureur ?

Si la relaxe n'est pas prononcée, que risquent nos cinq jeunes ?

a- quelle poursuite sera choisie par le Procureur de la République ?

Dans un premier temps déjà, devant quelle juridiction vont-ils être renvoyés, quelle sera la procédure choisie par le Procureur de la République et ce dernier va-t-il poursuivre ?

En effet, le cirque a porté plainte mais pour autant cette plainte ne lie pas le Procureur de la République qui peut la classer sans suite, qui peut considérer qu'eu égard aux éléments et aux déclarations de ces jeunes, il n'y a pas lieu de poursuivre...

Si un classement sans suite est ordonné, le cirque pourrait citer ces cinq jeunes devant le tribunal Correctionnel, mais le fera-t-il ?

Autre voie pour le Procureur de la République, la procédure du "plaider coupable", de la comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité... si nos promeneurs de Lama ont reconnus l'avoir volé, il pourront comparaître devant le Procureur de la République et ce dernier leur proposera une peine qu'ils pourront accepter ou refuser (pour la procédure de comparution sur reconnaissance de culpabilité, voir ICI)

Le Procureur de la République pourra aussi ordonner une médiation pénale (voir ICI).

Et enfin, il pourrait être décidé de faire comparaître nos cinq "night amuseurs" devant le Tribunal Correctionnel.

b- Quelle peine encourue ?

L'article 311-3 du code pénal dispose:

Le vol est puni de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende.

L'article 311-4 du code pénal ajoute:

Le vol est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende :

1° Lorsqu'il est commis par plusieurs personnes agissant en qualité d'auteur ou de complice, sans qu'elles constituent une bande organisée ;

(...)

Ce sont bien entendu les peines maximales.

Le Tribunal Correctionnel n'applique pas les peines maximales, il tiendra compte de la personnalité des prévenus, il examinera leur casier judiciaire: des condamnations , pas de condamnations, leur parcours....

Par ailleurs, nos jeunes gens risquent aussi de régler des dommages et intérêts à la victime (le cirque) mais cette dernière devra démontrer un préjudice.

Or, je crois que le cirque devrait plutôt payer ces jeunes qui lui ont fait une pub inespérée !

En conclusion, une relaxe peut se plaider dans cette affaire de Serge le Lama, elle a même de grandes chances d'être prononcée eu égard à l'absence d'intention de ces jeunes blagueurs. Toutefois, il faut que cette affaire aille jusqu'en correctionnelle et rien n'est moins sûr...

Article rédigé en collaboration avec mon associée, Sophie GAUCHEROT.

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Par michele.bauer le 17/10/13

Cette question est la question plus générale de celle qui a été laissé sous la forme d'un commentaire dans le journal Sud-Ouest.

J'ai assisté un jeune homme aux Assises cette semaine avec ma Consoeur Delphine GALI.

Celui-ci comparaissait devant la Cour d'assises de la Gironde pour des faits de viol et de tentative de viol.

Il a été condamné à 10 ans de prison (l'avocat général en a requis 12) et a été acquitté pour les faits de tentative de viol qui ont été requalifié en agression sexuelle.

Ce procès a été relaté par Jean-pierre Tamisier dans Sud-Ouest: ICI.

Les commentaires sous cette information sont dans l'ensemble assez consternants, certains sont même racistes.

D'autres sont sévères et dénotent une méconnaissance de la justice.

Un commentaire me fait réagir celui de Nena: ""Me Michèle Bauer et Me Delphine Gali ont tenté de convaincre les jurés que leur client, qui depuis son interpellation a reconnu les faits, n'avait rien d'un prédateur sexuel. Elles ont demandé que la peine soit minorée. "

Comment 2 femmes peuvent-elles demander que la peine sot minorée, mais Comment ? "

C'est une question classique: comment peut-on défendre des violeurs d'enfants, des meurtriers, des personnes qui ont torturé, des serials killer... etc... Dans cette question de Nina, il y a aussi toute une dimension sexiste: comment des femmes peuvent défendre un homme qui a violé une femme, une des leurs ???

Je répondrai à cette question tout d'abord en rappelant que je suis avocate et auxiliaire de justice, je participe à la justice, mon métier c'est la défense.

Lorsque je défends, je ne cautionne pas les faits commis par mon client, je les explique, je débats des pièces qui sont dans le dossier lorsqu'il existe un doute sur la culpabilité.

J'explique le passage à l'acte et je parle de mon client, de sa personnalité lorsque ce dernier reconnait les faits.

Je défends un Homme seul contre tous, un Homme que tout le monde accable.

Comme a pu l'écrire Cicéron (l'orateur), l'avocat doit prouver, plaire et émouvoir.

Mon métier n'est pas de "faire de la morale" mais je fais du droit.

La défense est un droit fondamental reconnu par le Conseil constitutionnel.

J'ai prêté un serment celui d'exercer mon métier avec dignité, conscience, indépendance, probité et humanité.

Pour moi, exercer ma profession avec humanité, c'est défendre l'indéfendable... c'est défendre celui que l'on ne croit plus humain.

Alors comment j'arrive à défendre des accusés qui ont commis des faits atroces ?

C'est simple, j'y arrive car je crois encore en l'Homme...

( juste une parenthèse en réponse à Nena: comment ai-je pu demander une peine minorée dans ce dossier particulier alors que je suis une femme ? je répondrai: je ne suis pas l'avocat général... je connais mon client, je le défends et c'est mon rôle d'avocat de solliciter une peine plus adaptée à la personnalité de mon client et de demander sa minoration si nécessaire... femme ou non, c'est notre métier avocat... nous représentons notre client et non la Société)

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Par michele.bauer le 25/04/13

Matthieu Aron publie un livre sur les plaidoiries des avocats, les grandes plaidoiries: Les grandes plaidoiries des ténors du barreau, quand les mots peuvent tout changer, tome 1.

Le point a interrogé certains "ténors" sur leurs plaidoirie et publie des extraits du livre ICI.

"On devine l'émotion d'Henri Leclerc (1) lorsqu'il se lève pour rendre à Véronique Courjault "sa dimension humaine", devant la cour d'assises de l'Indre-et-Loire le 18 juin 2009. "Depuis 18 mois, je vis avec l'image de ces bébés, comme vous d'ailleurs depuis le début de ce procès. Parce que ces bébés, ce sont les vôtres, Véronique, mais ce sont les nôtres aussi ! (...) Je pense à ses bébés naissants, leurs petits poings serrés, leurs yeux encore fermés, mais dont on sait que peu de temps après ils seront entrouverts par un trait de lumière. Les bébés à la peau si fripée. Comment est-ce possible ? (...) Cette femme a souffert comme aucune femme n'a souffert. Elle souffre encore à chaque instant. Cette souffrance, celle que nous voyons sur son visage, tout cela, je le dépose devant vous." Véronique Courjault écope de huit années de prison."

C'est certainement encore en matière pénale que les mots peuvent encore tout changer, beaucoup de dossiers ne se plaident plus...

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Par michele.bauer le 10/03/13

L'important c'est la preuve (et non d'aimer) lorsque vous engagez un procès.

Sans preuves, vous risquez de ne pas aller très loin, les juridictions ne se contenteront pas de votre parole.

Quelles sont les preuves qui peuvent être produites et qui devront être présentées à votre avocat lors de votre premier rendez-vous ?

- si vous souhaitez démontrer que votre licenciement est dépourvu de cause réelle et sérieuse, car votre employeur vous a licencié pour cause réelle et sérieuse et pour insuffisance professionnelle, il conviendra de réunir des éléments concrets démontrant que votre travail a été effectué correctement, des mails de vos partenaires, de vos responsables hiérarchiques pourront être produits, des compte rendu d'entretiens annuels démontrant que votre employeur a considéré que votre travail était satisfaisant et dans lesquels il vous félicite par exemple...

- si en matière de divorce vous souhaitez démontrer l'infidélité de votre épouse ou de votre époux, il faudra le démontrer: produire par exemple des attestations de personnes qui ont rencontré l'amant ou la maîtresse (attention les attestations doivent être rédigées sur un formulaire conforme à l'article 202 du Code de Procédure Civile avec copie de la carte d'identité de chaque témoin...), vous pourrez produire un constat d'adultère (cela est très rare aujourd'hui, la demande de constat se fait par requête non contradictoire, la demande se fera par votre avocat) pour établir ce constat, il est important que vous connaissiez l'adresse de l'amant ou de la maîtresse avec qui vit votre épouse ou époux, vous pouvez aussi faire une photo de la boîte aux lettres de l'amant de votre épouse ou la maîtresse de votre époux si ce dernier ou cette dernière est mentionné(e) sur celle-ci, vous pourrez demander également à un huissier d'effectuer un constat d'huissier pour l'abandon du domicile conjugal

- si en matière de bail d'habitation, vous souhaitez démontrer que certaines réparations qui sont à la charge du bailleur n'ont pas été effectuées, que le logement est vétuste, un constat d'huissier et des attestations d'amis pourront le démontrer

En bref, lorsque vous vous lancez dans une action judiciaire, il ne faut pas être léger et se contenter d'affirmations, d'accusations sans la moindre preuve, il faut réfléchir: j'indique que mon employeur m'a harcelé, quelles sont les preuves en ma possession, des mails ? des témoignages ?

Il est possible de demander au Conseil de Prud'hommes de désigner des juges rapporteurs pour enquêter, ou encore de faire comparaître personnellement certains témoins, d'ordonner une expertise comptable pour estimer les heures supplémentaires mais ces demandes ne sont pas toujours accordées car le juge ne doit pas palier la carence des parties dans la production de la preuve.

Si vous souhaitez solliciter une expertise pour évaluer les heures supplémentaires, il vaut mieux déjà avoir en mains un rapport d'un expert comptable qui a calculé les heures effectuées ou une partie de ces heures pour avoir un commencement de preuve et pour obtenir la désignation d'un expert judiciaire indépendant qui confirmera ou infirmera l'expert que vous avez missionné.

Attention en matière civile, la preuve doit être loyale, il n'est pas possible d'enregistrer votre employeur ou votre épouse à son insue et produire l'enregistrement.

En revanche, les SMS et les messages sur répondeur sont admis, de même que les mails (voir ICI)

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Par michele.bauer le 05/12/12

CONTRÔLE D'IDENTITÉ :

Vous avez dit réforme ?

LE 6 DÉCEMBRE 2012 à 18H30

Boulevard des Potes, 29 rue Bergeret à Bordeaux

AVEC

Yvan GUITZ (Syndicat de la Magistrature)

Isabelle RAFFARD (Syndicat des Avocats de France)

Philippe ROLAND (Syndicat SGP Police)

Contact: cabinet@michelebaueravocate.com 33 Cours Pasteur- 33 000 BORDEAUX tél 05 47 74 51 50

Par michele.bauer le 16/10/12

L'automobile dont Monsieur J est le propriétaire est contrôlée alors qu"elle circulait à 136km/h (vitesse limitée à 130 km/h).

Des photos du conducteur ont été prises ne permettant pas clairement de l'identifier.

Monsieur J devant le Tribunal a démontré qu'il ne pouvait pas être le conducteur de ce véhicule puisqu'il était d'astreinte ce jour là: il a produit ses plannings de travail et la preuve de cette astreinte.

Malgrè ces éléments, un jugement a été rendu condamnant Monsieur J: " Il résultait des pièces du dossier et des débats que les faits étaient établis, les éléments de preuve rapportés par le prévenu selon lesquels il était de garde le jour de l'infraction ainsi qu'un tableau indiquant qu'il était d'astreinte ce jour-là n'établissant pas qu'il n'était pas l'auteur véritable de l'infraction."

La Cour de cassation censure ce jugement et précise: "si le procès-verbal, qui fait foi jusqu'à preuve contraire dans les conditions prévues par l'article 537 du Code de procédure pénale, constatait que le véhicule dont le prévenu était propriétaire circulait à une vitesse excessive, il n'établissait pas que celui-ci en fût le conducteur."

Cela signifie que si vous êtes propriétaire d'un véhicule que vous prêtez à un ami, que ce dernier est "flashé" pour excès de vitesse et qu'il n'est pas reconnaissable sur la photo, vous ne serez pas condamné à une amende si vous démontrez que vous ne pouviez pas conduire votre véhicule le jour de l'infraction.

Il existe en matière de contravention seulement une responsabilité pécuniaire des propriétaires de véhicule et non une présomption de culpabilité.

Cass. crim., 18 septembre 2012, n° 10-88.027

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