nathalie.kerdrebez

Par nathalie.kerdrebez le 19/08/11
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 6 mois

Combattre la censure sur la blogosphère est-ce vraiment une idée farfelue ?

Je ne crois pas que le rapport de force déséquilibré, l'instrumentalisation et l'échec soient des obstacles à l'action et des raisons sérieuses pour abandonner.

Je ne crois pas non plus qu'elles soient des causes exonératoires de responsabilité.

En revanche, j'ai la folie de croire que l'avocat n'est pas un simple professionnel du droit, qu'il a un rôle essentiel dans un Etat de droit, qu'il est le défenseur des libertés et des droits de la personne humaine.

L'histoire de notre serment nous enseigne qu'au fil du temps et aussi dans le sang, nous avons conquis notre place dans la cité démocratique.

L'histoire de l'humanité nous enseigne que les libertés et les droits sont le coeur de l'Etat de droit.

Je partage la pensée de Monsieur le Bâtonnier Christian CHARRIERE BOURNAZEL : « La personne humaine est source et finalité de toute loi ».

Le lien qui nous unit à l'Etat de droit exige une déontologie forte, des obligations absolues et un devoir singulier que Monsieur Serge PORTELLI a qualifié de « devoir de vigilance et de résistance ».

Je n'oublie pas la pensée de Monsieur le Bâtonnier Michel BENICHOU qui nous rappelle à l'occasion du débat sur un Ordre National que « le premier des contre-pouvoirs est constitué par chacun d'entre nous ».

Et pour finir ma petite démonstration farfelue, je citerai le Conseil Constitutionnel :

« Considérant qu'aux termes de l'article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 : « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'homme : tout citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la loi » ; que la liberté d'expression et de communication est d'autant plus précieuse que son exercice est une condition de la démocratie et l'une des garanties du respect des autres droits et libertés ; que les atteintes portées à l'exercice de cette liberté doivent être nécessaires, adaptées et proportionnées à l'objectif poursuivi ». (Décision n°2011-131 QPC du 20 mai 2011)

J'arrive enfin à la conclusion d'une idéaliste rebelle farfelue : régler le problème de la censure ce n'est ni démolir, ni provoquer un effondrement, c'est défendre notre dignité, notre identité pour grandir dans un Etat de droit.

Renoncer est une idée véritablement farfelue, à mes yeux !

Par nathalie.kerdrebez le 18/08/11
Dernier commentaire ajouté il y a 9 années 6 mois

Il est venu le temps de vous avouer que j'ai créé ce blog, avec l'aide très précieuse de l'un de nos confrères, dans l'unique but de combattre la censure qui s'est invitée sur notre blogosphère.

J'ai publié des articles censurés, un logo censuré, croyant innocemment que la censure me frapperait.

J'imaginais lire un jour un mail m'annonçant la disparition de publications sur mon blog, signé courageusement par une illustre inconnue « l'équipe de la blogosphère avocats.fr ».

Cette signature m'horripile, la censure est si respectable, si honorable que personne n'ose en revendiquer la paternité.

Aussi je l'avoue, j'ai souhaité, espéré être censurée pour combattre non plus dans un monde virtuel mais devant un juge avec un débat contradictoire entre personnes humaines.

Mais l'intruse désirée n'est jamais venue.

J'avoue, je ne suis pas une hôtesse idyllique et je ne me suis pas contentée de créer un blog.

A plusieurs, nous avons envoyé à trois reprises, à tous les élus du CNB, des mails groupés pour les informer de l'intrusion de la censure dans notre univers, leur demander de défendre la liberté d'opinion et d'expression de nos confrères.

Et la réponse fut divine!

Silencieuse, invisible, la réponse n'a pu être comprise par un simple confrère mortel.

Je l'avoue, toutes les actions menées se sont brisées sur un mur d'indifférence.

C'est une histoire triste, celle d'un représentant national qui est dans l'incapacité de défendre les libertés et les droits des avocats, d'admettre l'existence d'un problème causé par l'un des siens et de le régler.

Je n'oublie pas que la censure n'a pas été décidée par l'assemblée générale du CNB, mais par un ou un petit noyau d'élus à l'insu des autres.

C'est une histoire véritablement triste, en condamnant la censure le CNB ne se déjugerait pas, il inspirerait le respect et la confiance, grandirait dans l'esprit des confrères.

Elle est d'autant plus triste que nous sommes à la veille d'une grande réforme de la « gouvernance » de notre profession et que nous aspirons à un avenir meilleur.

Comment pouvons-nous imaginer, concevoir, bâtir une représentation nationale plus démocratique, plus proche de nous, en acceptant que la censure sur notre blogosphère demeure sans réponse et puisse ainsi se répéter à l'infini ?

Comment pouvons-nous prétendre être capable de défendre les droits d'autrui, lorsque nous nous résignons à ce que la liberté d'opinion et d'expression de nos confrères soit bousculée sous nos yeux ?

Comment pouvons-nous!

Je l'avoue, je ne comprends pas.