nathalie.kerdrebez

Par nathalie.kerdrebez le 25/03/12
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La gouvernance de la profession d'avocat continue d'être un sujet d'actualité.

Aujourd'hui, j'ai lu un article sur l'élection au suffrage universel du président de notre représentation nationale.

Hier, le débat inachevé portait sur l'opportunité du nom de notre représentant national, sur sa composition, le mode de scrutin..., les barreaux de cour...etc.

La gouvernance est un sujet passionnant, il touche à l'identité de l'avocat et à notre conception de la démocratie au Barreau.

Aujourd'hui comme hier, je pense que la réflexion et la discussion devraient commencer sur les devoirs et obligations de nos élus nationaux et ordinaux à l'égard de ceux qu'ils représentent, et son corollaire, l'implication des confrères dans la vie du Barreau.

Pour aller à l'essentiel, je pense que l'obligation première d'un élu ordinal est de défendre les intérêts de son Barreau et celle d'un élu national est de défendre les intérêts de notre profession.

Dans la vie du Barreau, plus d'une fois nous nous sommes aperçus que cette exigence de la défense de notre Barreau ou de notre profession est qualifiée corporatiste par de nombreux élus.

Le discours est toujours le même ; la défense de nos intérêts est présentée comme nuisible à notre image, notre devoir étant de défendre toujours l'intérêt des justiciables.

Je crois qu'il existe une horrible confusion entre l'avocat et ses élus.

L'avocat a une place incontestable dans un Etat de droit et je vous invite à lire Le Cercle du Barreau qui traite avec pertinence ce vaste et merveilleux sujet.

Pour voir grandir l'avocat dans la cité démocratique, il me semble essentiel que ses droits et libertés soient préservés, défendus avec sérieux, et cette délicate mission est précisément celle de ses élus.

Mais aussitôt apparaît un nouvel obstacle, définir l'intérêt de notre Barreau ou de notre profession.

La difficulté est grande, mais pas insurmontable.

Si l'on se libère de l'esprit légitimiste, de la peur de l'hégémonie parisienne, et que l'on garde à l'esprit que l'intérêt commun de tous n'est pas l'intérêt particulier de certains, nous pouvons nous rapprocher de l'intérêt de notre Barreau et de notre profession.

Et je terminerai mes réflexions sur l'effet papillon de la « tour d'ivoire ».

Nul n'ignore la nature humaine et ses caprices.

Même avec la meilleure volonté du monde, nos élus peuvent par inadvertance, maladresse, imprudence ou inattention, prendre leurs décisions dans une « tour d'ivoire ».

L'effet papillon est immédiat et durable, les confrères ne se sentent pas représentés, la confiance disparaît, l'incompréhension grandit et finit par céder sa place à l'indifférence découragée.

Celle-ci est visible lors des élections, des assemblées générales...

Et souvent, en discutant au Palais ou ailleurs de la vie au Barreau, une petite phrase revient comme un leitmotiv « Je n'y crois plus... »

Et moi je continue de croire qu'il est essentiel que chacun d'entre nous s'implique dans la vie du Barreau, s'intéresse aux questions concernant notre profession, notre avenir, pour ne jamais subir en silence des décisions qui seraient prises dans l'intérêt de certains.

Lorsque nos élus perdent notre confiance à un moment T, nous devenons orphelins mais nous ne perdons ni nos droits ni notre capacité à les défendre.

Pour se défendre, nul besoin de revêtir une tenue de combat, d'édifier des barricades, il suffit bien souvent de prendre sa plume virtuelle et d'écrire aux élus concernés les faits et la demande argumentée.

Voilà en version accélérée, mes réflexions sur la démocratie au Barreau...

Par nathalie.kerdrebez le 25/03/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 11 mois

Note de l'auteur : Dans mon article, le nom d'un prestataire de service sera réduit à la lettre N. volontairement. La censure n'a pas disparu, je ne la crains pas mais je souhaite que mon article ait la possibilité d'être lu par le plus grand nombre et pour cela il faut qu'il apparaisse aussi sur la 1ère page de la blogosphère.

Le 20 janvier 2012, Monsieur le Bâtonnier Didier LECOMTE a demandé au CNB d'autoriser le Barreau du Val d'Oise à bénéficier du système parisien pour se connecter à la plateforme e-barreau, en inscrivant cette question à l'ordre du jour d'une assemblée générale.

A l'appui de cette requête, il a été remis au CNB un rapport accompagné d'une communication de pièces, qui explique la position de mon Barreau et défend ses droits.

Lors d'une assemblée générale extraordinaire du 31 janvier 2010, le Barreau du Val d'Oise a rappelé qu'il est favorable à la dématérialisation des procédures par le développement de la communication électronique, digne de l'ère des nouvelles technologies, respectueuse de ses droits et de sa déontologie.

Il a ainsi émis le voeu de bénéficier d'un système de connexion à la plateforme e-barreau qui soit nomade, mutualisé, appartenant à notre profession et géré par elle.

A l'assemblée générale du 1er juin 2011, mon Barreau a précisé son voeu, celui de bénéficier du système de connexion appartenant au Barreau de Paris.

Cette décision prend en considération des critères objectifs sur la pérennité, la sécurité et la modernité du système parisien.

Celui-ci n'appartient pas à un tiers à notre profession et ne présente donc pas tous les risques encourus avec le système N. et soulignés par Monsieur HATTAB quant à la pérennité du système mais aussi eu égard aux exigences liées à la confidentialité et au secret professionnel.

Monsieur HATTAB a également conclu à la sécurité du système parisien pour la dématérialisation des procédures en prenant en considération les exigences du Référentiel Général de Sécurité.

Enfin, le système parisien a une grande qualité, celle d'être nomade et donc être le plus adapté à nos besoins quotidiens dans notre exercice professionnel.

La décision du Barreau du Val d'Oise prend aussi en considération les problèmes technologiques, déontologiques et juridiques du système de connexion imposé par le CNB aux avocats de province.

Le principe même de la technologie N. est d'exclure le nomadisme au profit de l'installation dans chaque cabinet d'avocats d'un boîtier ; un système nomade n'a pour exigence qu'un système unique, centralisé et mutualisé, et un accès à internet.

Les autres problèmes ont été mis en lumière dans le rapport d'audit de Monsieur HATTAB : l'absence de garantie sur la sécurité du système N., la singularité des relations entre le CNB et son prestataire exclusif de service.

Aujourd'hui, le Barreau du Val d'Oise attend donc que le CNB examine en assemblée générale sa requête légitime.

Par nathalie.kerdrebez le 13/03/12
Dernier commentaire ajouté il y a 8 années 11 mois

Construire l'avenir, c'est aussi régler avec sérieux les problèmes du passé.