Par olivier.poinsot le 15/05/15

Sur le site Internet gouvernemental dédié aux circulaires administrative a été mise en ligne, le 12 mai 2015, l'instruction n° DGCS/3C/CNSA/2015/138 du 24 avril 2015 relative au financement des Centres régionaux d'études, d'actions et d'informations (CREAI) en faveur des personnes en situation de vulnérabilité en 2015.

 

 

Au-delà de l'utilité explicite de ce texte concernant le niveau de financement des CREAI en 2015 (1 560 000 € abondés par la DGCS et la CNSA), il faut s'intéresser à ses annexes qui comprennent :

- le cahier des charges des CREAI, qui redéfinit leurs missions. Cette annexe 1, la plus longue, est riche d'enseignements sur la reconfiguration des CREAI et l'interdiction qui leur est faite de gérer des ESSMS, de vendre des actions de formation et des prestations d'évaluation interne et externe ;

- la charte des CREAI et de leur Association nationale, l'ANCREAI ;

- des extraits de la convention cadre passée par l'ANCREAI avec la DGCS et la CNSA pour la période 2014-2016 ;

- la planification des travaux à accomplir par les CREAI au profit des ARS et DRJSCS.

 

Par olivier.poinsot le 08/05/15

Au JO n° 107 du 8 mai 2015 a été publié le décret n° 2015-510 du 7 mai 2015 portant charte de la déconcentration.

 

 

Ce décret fixe les règles découlant du principe de déconcentration pour l'organisation des Administrations civiles de l'Etat. Afin de renforcer la capacité de l'Etat à agir efficacement sur les territoires en unifiant son action, il détermine les rôles respectifs des Administrations centrales et des services déconcentrés, en renforçant les attributions et les moyens de ces derniers.

Il impose également l'obligation de réaliser une étude d'impact spécifique pour tous les textes ayant une incidence sur les services déconcentrés ; il consacre les directives nationales d'orientation, pluriannuelles, qui doivent donner davantage de cohérence aux instructions données aux services déconcentrés, en faisant du secrétaire général de chaque ministère le canal unique de leur diffusion.

De même, ce décret institutionnalise la possibilité pour le préfet de région de proposer au Premier ministre une modification des règles d'organisation des services déconcentrés et de répartition des missions entre ces services, pour s'adapter aux spécificités du territoire dont il a la charge ; il permet le renforcement de la déconcentration des ressources humaines et des moyens budgétaires.

Enfin, il prévoit la mise en place d'une conférence nationale de l'Administration territoriale de l'Etat, chargée d'animer les relations entre Administrations centrales et services déconcentrés et de veiller à l'application de la charte, en rassemblant notamment les secrétaires généraux des ministères et les préfets de région.

A cette occasion, l'article 1er du décret éononce la définition juridique de la déconcentration : "La déconcentration consiste à confier aux échelons territoriaux des administrations civiles de l'Etat le pouvoir, les moyens et la capacité d'initiative pour animer, coordonner et mettre en œuvre les politiques publiques définies au niveau national et européen, dans un objectif d'efficience, de modernisation, de simplification, d'équité des territoires et de proximité avec les usagers et les acteurs locaux. Elle constitue la règle générale de répartition des attributions et des moyens entre les échelons centraux et territoriaux des administrations civiles de l'Etat. Elle implique l'action coordonnée de l'ensemble des services déconcentrés et des services territoriaux des établissements publics de l'Etat."

 

Par olivier.poinsot le 13/04/15

L'application de la théorie de l'agence en matière de gouvernance publique, dont les Agences régionales de santé (ARS) sont un exemple, est généralement considérée comme une production intellectuelle de l'Ecole de Chicago à la fin des années 1970. Or des recherches universitaires récentes établissent que la naissance de la théorie des agences d'Etat est en réalité antérieure et qu'elle a eu lieu dans l'Allemagne nazie.

 

Le new public management, application de la théorie de l'agence à la science administrative, est considéré comme la création de l'Ecole du Public Choice fondée à Chicago par James Mc Gill Buchanan, Prix Nobel d'économie et disciple de Milton Friedman. 

Mais il se pourrait bien que cette paternité américaine soit remise en cause après les recherches récentes de Johann Chapoutot, professeur d’histoire à l’Université de Paris 3-Sorbonne Nouvelle et à l’Institut Universitaire de France. En effet, dans un ouvrage consacré à la normativité juridique du IIIème Reich (La loi du sang, penser et agir en nazi, coll. Bibliothèque des histoires, Gallimard 2014), l’auteur indique que l’organisation administrative en agences en charge d’une politique publique précise est une invention de Reinhard Höhn, premier adjoint de Reinhard Heydrich, chef du Sicherheitdienst (SD), service de renseignement de la SS.

Entré au NSDAP en mai 1933 et dans la SS en 1934, après un début de carrière comme professeur de droit constitutionnel et administratif à Heidelberg puis Berlin, l’oberführer Höhn était au SD le chef du premier bureau de l’Amt II chargée des questions d’administration et d’économie. Proche de Himmler, il faisait partie du cercle très restreint des décideurs SS de premier rang (C. Ingrao, Croire et détruire : les intellectuels dans la machine de guerre SS, Fayard 2010).

La création des Anstalten (agences) correspondait à la volonté de réformer l’organisation de l’Etat, institution jugée trop statique, pour convertir l’Administration au vitalisme national-socialiste, comme l'explique l'ouvrage de Johann Chapoutot :

« De même que le NSDAP est moins « parti » que « mouvement », de même l’Etat « ne doit pas se scléroser, mais demeurer toujours et partout ouvert aux mouvements de la vie ». Hans Franck va plus loin : « l’Etat est un moyen en vue d’une fin », répète-t-il à la suite de Hitler et de Frick. Mais il ajoute : «  Il est une agence (anstalt) au service du peuple ». Reinhard Höhn, qui sera après 1945 l’un des pères d’une nouvelle discipline appelée le « management », se fait dès les années 30 le théoricien de cette conception déconcentrée, mobile et ad hoc de l’Etat, fractionné en agences labiles et souples, aussi dynamiques et actives que l’Etat était inerte, tout embarrassé de sa compacité statique ».

Les nazis utilisèrent notamment le principe de l'Anstalt pour organiser et réaliser l'Aktion T4 d'élimination massive des personnes handicapées qui fit près de 72 000 victimes, sans impliquer directement l'Etat national-socialiste. Ce siège d'agence, qui se situait au 4 Tiergartenstrasse, dans le quartier berlinois de Charlottenburg, regroupait :

- l'Association des asiles du Reich, chargée de distribuer les questionnaires d'évaluation des patients ;

- la Fondation d'utilité publique pour la gestion des asiles, responsable de la gestion du personnel et des aspects financiers ;

- la Société d'utilité publique pour le transport des patients (Gekrat).

Ayant échappé à la dénazification, Höhn créa en 1956 à Bad Harzburg une académie de gestion pour les chefs d’entreprise, la Akademie für Führungskräfte der Wirtschaft où l'on forma jusqu’à 35 000 chefs d’entreprise par an. Reconverti comme formateur en management, Höhn y fut à l’origine du Harzburger Modell utilisé à la création de la nouvelle Bundeswehr (l’armée allemande) mais appliqué également à de très nombreuses entreprises allemandes. Höhn préconisait une gestion des ressources humaines bâtie sur deux instruments : la fiche de poste, définissant les responsabilités respectives du manager et du collaborateur, et la déclaration d'orientation générale, régissant la relation entre le gestionnaire et son personnel pour la définition des principes de gestion. Ce double dispositif devait permettre à chaque professionnel de connaître précisément sa liberté d'action dans l’organisation afin de pouvoir s’adapter de manière individuelle, spontanée et totalement autonome aux besoins de l’activité.

La révélation du passé nazi de Höhn à la fin des années 1970 mit un terme à ses activités.

Pour Johann Chapoutot, certaines similitudes pourraient être identifiées entre l’idéologie nazie, fondée sur un darwinisme social, et le néolibéralisme qui admet pour postulat la nécessité (philosophique) illustrée par l'acronyme thatchérien TINA (There Is No Alternative) : interview par Antoine Garapon dans l’émission « Esprit de justice : étudier le nazisme pour comprendre le droit » diffusée le 30 octobre 2014 à 15h sur France Culture.

 

Actualisation : Johann Chapoutot publie en janvier 2020 un ouvrage chez Gallimard qui restitue l'ensemble de ses recherches et confirme que le Menschenführung nazi est la source originelle du New public management. Il présente ce livre sur France Culture, à "La grande table des idées", le 8 janvier 2020.

 

 

Par olivier.poinsot le 11/03/15

Par un arrêt inédit du 5 mars 2014, la Cour de cassation a jugé que la fermeture administrative d'un ESSMS, à la suite d'une inspection non suivie des mesures correctives attendues, interdit de fonder le licenciement consécutif du personnel sur un motif économique.

 

A l'issue d'une inspection administrative, un établissement médico-social fait l'objet d'un arrêté de fermeture. L'importance économique de ce retrait d'autorisation est telle que l'Association gestionnaire est contrainte de déposer le bilan puis d'être liquidée. Son personnel est licencié pour motif économique mais certains salariés contestent ce motif devant la juridiction prud'homale.

La Cour d'appel considère que les licenciements en cause sont dépourvus de motif réel et sérieux, dans la mesure où la cessation de l'activité est en réalité due à une faute de l'employeur. L'Association se pourvoit en cassation.

La Chambre sociale de la Cour de cassation confirme alors la nullité des licenciements pour motif économique et déboute l'employeur. Pour elle, en effet, la décision de fermeture administrative de l'établissement est intervenue à la suite d'un rapport d'inspection qui a révélé de très graves dysfonctionnements dans la gestion et l'organisation de la structure. Sur ce point, le juge de cassation souligne que malgré les injonctions formulées à la suite de ce rapport, l'Association gestionnaire n'a pas mis en oeuvre les recommandations et injonctions qui lui étaient faites, ce qui caractérise la faute de gestion que la Cour d'appel a valablement prise en compte pour écarter l'existence d'un motif économique.

Cass., Soc., 5 mars 2014, n° 12-25206 à 12-25209

Par olivier.poinsot le 03/03/15

Sur le site gouvernemental consacré aux circulaires administratives a été mise en ligne le 18 février 2015 la circulaire n° 5770-SG du 18 février 2015 relative à la réorganisation des services régionaux de l'État - diagnostic territorial.

 

Cette circulaire du Premier ministre, adressée aux Préfets de région, définit les modalités de préparation de la réorganisation des services régionaux de l'Etat, en particulier à l'égard des régions fusionnées. La première étape de la démarche va consister dans la réalisation d'un diagnostic territorial d'ici au 30 avril 2015. A cette date, des Préfets de région préfigurateurs et des directeurs régionaux préfigurateurs auront été nommés. Sur la base des éléments de diagnostic, le Premier ministre définira dans le courant du mois de mai 2015 les principes de la réorganisation des régions fusionnées, notamment en termes de ressources humaines.

Si cette circulaire ne traite pas directement de la situation des Agences régionales de santé (ARS), pour autant elle invite les Préfets de région destinataires à associer à leur démarche diagnostique les directeurs généraux d'Agence.

Par olivier.poinsot le 18/03/14

A l'approche des élections municipales et européennes, plusieurs Fédérations du secteur du handicap se sont mobilisées pour mettre à disposition, sur leur site Internet, des informations utiles à améliorer l'accessibilité des bureaux de vote.

L'Association des paralysés de France (APF) diffuse une brochure intitulée "Pour une accessibilité des bureaux de vote - A suffrage universel, accessibilité universelle".

La Fédération nationale des APAJH offre au téléchargement un support intitulé "Un vote accessible et autonome pour chacun".

L'UNAPEI avait déjà, en 2012, traité la question de l'accessibilité des bureaux de vote sur une page spéciale de son site Internet.

De son cté, le Défenseur des droits avait émis en 2012 des recommandations pour l'accessibilité des bureaux de vote aux électeurs non et mal voyants.

Ces informations seront précieuses pour les services municipaux en charge de l'organisation matérielle des prochains scrutins.

Par ailleurs, il faut rappeler qu'aux termes de la Charte des droits et libertés de la personne accueillie annexée à l'A. du 8 septembre 2003 : "Article 10 - Droit à l'exercice des droits civiques attribués à la personne accueillie - L'exercice effectif de la totalité des droits civiques attribués aux personnes accueillies et des libertés individuelles est facilité par l'institution, qui prend à cet effet toutes mesures utiles dans le respect, si nécessaire, des décisions de justice."

Par olivier.poinsot le 16/01/14

Au JO du 16 janvier 2014 a été publié un arrêté du 28 novembre 2013 modifiant l'arrêté du 25 janvier 2010 portant organisation de la direction générale de la cohésion sociale en services, en sous-directions et en bureaux.

Cette modification touche l'organisation de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) issue d'unn décret et d'un arrêté du 25 janvier 2010. La mesure touche l'organisation de la sous-direction de l'autonomie des personnes handicapées et des personnes âgées qui comprend désormais :

- le bureau de la prévention de la perte d'autonomie et du parcours de vie des personnes âgées ;

- le bureau de l'insertion, de la citoyenneté et du parcours de vie des personnes handicapées ;

- le bureau des droits et des aides à la compensation.

Par olivier.poinsot le 16/01/14

La Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA) et la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) ont publié un "Guide d'aide à la mise en place d'une gestion électronique de documents (GED) dans les MDPH" .

L'objectif de ce guide est de compléter le vade mecum « Numérisation et archivage des dossiers dans les MDPH » réalisé par l'Association des directeurs de MDPH en avril 2009. Sur la base d'un retour d'expérience conduit avec la participation de quatre MDPH, il doit permettre d'éclairer les décideurs et les chargés de projet des MDPH sur les principaux enjeux de la GED et sur les étapes-clés à respecter pour réussir la mise en oeuvre d'un tel projet. Ainsi vise-t-il à :

- accompagner les MDPH dans la mise en place d'une GED en insistant particulièrement sur les aspects décisionnels et organisationnels ainsi que sur les modalités d'accompagnement de la conduite du changement ;

- apporter une aide méthodologique à chaque étape du projet, de la prise de décision à la mise en oeuvre effective.

Ce document pourra intéresser les organismes gestionnaires d'ESSMS pour personnes handicapées qui, à sa lecture, pourront mieux identifier les enjeux et modalités du système d'information des MDPH et, qui sait, s'en inspirer pour leurs propres projets (ex. : informatisation du dossier de l'usager).

Par olivier.poinsot le 09/01/14

Dans une circulaire du 31 décembre 2013 , la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS) du Ministère des affaires sociales et de la santé précise sa doctrine sur la mise en oeuvre de l'évaluation externe et l'exploitation de son résultat.

Cette circulaire, qui complète la circulaire n° DGCS/SD5C/2011/398 du 21 octobre 2011, apporte des compléments sur les conceptions de la puissance publique en ce qui concerne la réalisation des évaluations externes, les liens entre certification et évaluation, l'analyse des rapports d'évaluation et les conséquences possibles de cette appréciation sur le renouvellement des autorisations des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS).

Par olivier.poinsot le 25/10/13

Arrêté du 6 juin 2013 fixant pour 2013 les conditions d'utilisation et le montant des crédits pour le financement d'opérations d'investissement immobilier prévu à l'article L. 14-10-9 du Code de l'action sociale et des familles (JO n° 142 du 21 juin 2013, p. 10320)

Cet arrêté fixe, pour l'exercice 2013, le montant des excédents des exercices antérieurs constatés par la CNSA qui sont affectés au soutien d'opérations d'investissement immobilier portant sur la création de places, la mise aux normes techniques et de sécurité et la modernisation des locaux des ESSMS pour personnes handicapées ou âgées financés par l'assurance maladie au sens de l'article L. 314-3-1 du CASF. Outre les montants globaux (84 millions d'euros au profit des ESSMS pour personnes âgées, 36 millions d'euros au profit des ESSMS pour personnes handicapées), cet arrêté définit une véritable politique de soutien aux investissement, en distinguant notamment certaines opérations éligibles de celles qui, par nature ne le sont pas. De même, il fixe la procédure d'instruction des projets soumis par les opérateurs aux ARS.