Par olivier.poinsot le 01/09/16

Sur le site officiel consacré aux circulaires administratives a été mise en ligne, le 23 août 2016, la circulaire n° DGCS/SD2C/2016/261 du 17 août 2016 relative à la préparation aux situations d’urgence particulière pouvant toucher la sécurité des établissements d’accueil du jeune enfant ou des établissements relevant de la protection de l’enfance. Mais le contenu de cette circulaire, par les fondements juridiques mobilisés comme les outils méthodologiques offerts, concerne en fait toutes les catégories d'établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS).

 

 

La circulaire, destinée aux établissements d’accueil du jeune enfant (EAJE) et de la protection de l’enfance (foyers de l’enfance, maisons d’enfants à caractère social ou MECS, villages d’enfants, centres maternels), rappelle les responsabilités de chaque acteur dans la préparation aux situations d’urgence particulière pouvant toucher la sécurité des EAJE et établissements de la protection de l’enfance quel que soit leur statut. Par ailleurs, elle informe les professionnels des démarches de sensibilisation en cours auprès des réseaux nationaux de gestionnaires de tels établissements quant à leurs responsabilités, et leur demande de s'assurer de leur bonne prise en compte. Enfin, elle complète les moyens méthodologiques déjà mis à disposition des professionnels en juillet 2016 sous forme de guides (cf. notre post du 27 juillet 2016).

Les mesures à prendre s'inscrivent dans le cadre juridique impératif de la protection civile, lequel crée des obligations à tout un chacun au visa de l'article L. 721-1 du Code de la sécurité intérieure (CSI).

Attention : les obligations ainsi instituées sont opposables à toutes les catégories d'ESSMS et pas seulement à ceux du secteur de la protection de l'enfance.

Deux ensembles de mesures concrètes sont à prendre :

 

1. Inscription des établissements dans le dispositif habituel de la protection civile

Conformément à l'article R. 741-1 du CSI, toute personne publique ou privée recensée dans le plan ORSEC doit préparer sa propre organisation de gestion d’un événement majeur et, en particulier :

- être en mesure d'assurer en permanence les missions qui lui sont dévolues dans ce cadre par le préfet de département, le préfet de zone de défense et de sécurité ou par le préfet maritime ;

- préparer sa propre organisation de gestion de l'événement et en fournir la description sommaire au représentant de l'Etat ;

- désigner en son sein un responsable correspondant du représentant de l'Etat ;

- préciser les dispositions internes lui permettant à tout moment de recevoir ou de transmettre une alerte ;

- préciser les moyens et informations dont elle dispose pouvant être utiles dans le cadre de la mission de protection générale des populations relevant du représentant de l'Etat et des missions particulières qui lui sont attribuées par celui-ci. 

Ces dispositions doivent être tenues à jour et transmise, y compris lors de leur actualisation, au représentant de l'Etat.

Le fichier joint à ce post décrit ce qu'est le dispositif ORSEC.

 

2. Prise en compte spécifique du risque terroriste

Chaque établissement doit prendre en compte les risques auxquels il est exposé et déterminer les mesures nécessaires pour assurer la mise en sûreté des enfants et des personnels en cas de situation d'urgence particulière. Cela doit le conduite à opérer :

- l'analyse des risques ;

- la détermination des moyens de protection, compte-tenu de l’ensemble des mesures et consignes de sécurité applicables par ailleurs, comprenant notamment l’évacuation et/ou la mise à l’abri (l’identification des parcours, lieux de mise à l’abri et points de rassemblement) et la formation des personnels ;

- l'élaboration d’un protocole écrit de mise en sûreté, pouvant s’inspirer des modèles de consignes et de fiche réflexe annexés à la présente circulaire et s’appuyant sur les guides de bonnes pratiques « Vigilance attentats » disponibles sur le site gouvernemental dédié.

Le protocole ainsi élaboré doit faire l'objet au moins d'un exercice annuel spécifique permettant de tester et de valider le dispositif, ainsi que d'une actualisation régulière et d'échanges avec les secours locaux. Il peut être articulé avec le dispositif ORSEC et avec le plan communal de sauvegarde (PCS) lorsque la Commune en dispose. Copie doit en être adressée au Maire de la Commune d'implantation ainsi qu’à la préfecture du département d’implantation, et au Président du Conseil départemental pour les établissements relevant de la protection de l’enfance.

Il est en outre nécessaire que les gestionnaires d'établissements informent les familles - sous réserve de la décision judiciaire confiant l’enfant au service de l’aide sociale à l’enfance (ASE) lorsqu’il s’agit d’établissements relevant de la protection de l’enfance - de l’existence d’un protocole de mise en sûreté élaboré pour faire face aux situations d'urgence auxquelles l'établissement que fréquente leur enfant peut être confronté.

En complément, il est conseillé au responsable de l’établissement ainsi qu’à ses proches collaborateurs de télécharger l’application pour Smartphone « Système d’alerte et d’information des populations » (SAIP) conçue pour diffuser les alertes gouvernementale sur les attentats ainsi que les consignes de sécurité.

Pour faciliter la prise en compte concrète de ces dispositions en cas de d'acte terroriste, la circulaire comprend en annexes, au profit du directeur ou de la directrice de structure :

- le plan d'action destiné à le/la guider dans leur déploiement ;

- une fiche-réflexe conçue pour l'aider à piloter la prise de décision en fonction des évènements.

 

NOTA : Si la circulaire est adressée à une catégorie ciblée d'ESSMS et même si elle n'a pas nécessairement de valeur juridique impérative, pour autant elle illustre ce qu'est l'état de l'art en matière de sûreté générale et particulière au risque terroriste, de sorte qu'en cas d'évènement, la responsabilité de l'organisme gestionnaire de tout type d'ESSMS sera nécessairement appréciée à l'aune du niveau de respect de ses prescriptions.

Par olivier.poinsot le 28/07/16

Au JO du 28 juillet 2016 a été publié le décret n° 2016-1025 du 26 juillet 2016 relatif à la coordination des actions des Agences régionales de santé (ARS) et des organismes d'assurance maladie.

 

 

Ce décret, pris pour l'application des articles 158 et 162 de la loi n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation du système de santé ("loi MSS"), décrit l'organisation des relations entre les ARS et les organismes locaux d'assurance maladie en ce qui concerne le projet régional de santé (PRS) et le plan pluriannuel régional de gestion du risque et d'efficience du système de soins (PPRGR). Ces relations se nouent grâce à la création d'une instance ad hoc, la Commission régionale de coordination des actions de l'agence régionale de santé et de l'assurance maladie ; elle prend aussi la forme d'un conventionnement spécifique.

1. La Commission régionale de coordination des actions de l'ARS et de l'assurance maladie

Les missions de cette Commission sont les suivantes :

- organiser la participation des organismes d'assurance maladie à l'élaboration et à la mise en œuvre du PRS et du PPRGR ;

- élaborer les conventions conclues avec l'assurance maladie au titre de la mise en oeuvre de la planification, assurer leur suivi et leur évaluation ;

- élaborer les conventions conclues dans le cadre du contrat national conclu avec l'Union nationale des Caisses d'assurance maladie (UNCAM) et intitulé "plan national de gestion du risque et d'efficience du système de soins", assurer leur suivi et leur évaluation ;

- veiller à la coordination des conventions conclues localement avec les actions prévues dans le cadre des conventions d'objectifs et de gestion (COG) signées entre l'autorité compétente de l'Etat et les organismes d'assurance maladie ;

- donner un avis sur le projet de plan pluriannuel régional de gestion du risque et d'efficience du système de soins (PPRGR) ;

- donner un avis sur le projet de plan d'actions pluriannuel régional d'amélioration de la pertinence des soins ;

- élaborer et définir les modalités de mise en œuvre des actions complémentaires spécifiques conventionnelles ;

- donner un avis sur le ou les projets de conventions à signer par e directeur général de l'ARS avec les organismes d'assurance maladie complémentaires.

La Commission de coordination des actions de l'ARS et de l'assurance maladie est présidée par le directeur général de l'ARS. Elle se réunit en formation plénière ou restreinte.

La formation plénière comprend, outre le Président de la Commission, le directeur d'organisme, représentant, au niveau régional, chaque régime d'assurance maladie dont la caisse nationale est membre de l'UNCAM ainsi que les directeurs des organismes d'assurance maladie du ressort de la région.

La formation restreinte comprend, outre le Président de la Commission, le directeur d'organisme, représentant, au niveau régional, chaque régime d'assurance maladie dont la caisse nationale est membre de l'UNCAM et, en fonction de l'ordre du jour, un ou plusieurs directeurs des organismes d'assurance maladie du ressort de la région concernés.

Un représentant des organismes complémentaires d'assurance maladie désigné par l'UNCAM participe aux travaux de la Commission lorsqu'elle examine les questions relatives au conventionnement avec ces organismes.

2. Le conventionnement de l'ARS avec l'assurance maladie

Les caisses d'assurance maladie sont appelées à participer à la définition et à la mise en œuvre du PRS ainsi qu'à se coordonner avec l'ARS pour mettre en oeuvre localement des actions prévues au niveau national par leur COG.

Cette participation et cette coordination sont organisées par une convention conclue entre le directeur général de l'ARS et le représentant de chacun des régimes d'assurance maladie de la région. Cette convention détermine, dans le respect de leurs compétences respectives, leurs modalités de collaboration dans les domaines suivants :

- la prévention et la promotion de la santé ;

- l'offre sanitaire et médico-sociale ;

- l'accès à la santé ;

- la mise en œuvre des parcours de santé ;

- la mise en œuvre d'expérimentations régionales d'organisation et de financement ;

- la participation et les contributions respectives de l'ARS et des caisses pour l'analyse des données et des dépenses régionales de santé et le suivi des actions conduites ;

- l'éventuelle participation des régimes de l'assurance maladie aux actions de veille et sécurité sanitaire de l'Agence ;

- les modalités d'information réciproque concernant l'accès aux droits des populations ;

- les modalités d'information réciproque relatives aux missions d'inspection et de contrôle.

La convention, d'une durée de cinq ans, peut être établie sur la base de clauses types adoptées par le Conseil national de pilotage des ARS, dans le respect des clauses du contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens (CPOM) de l'ARS et des COG des caisses. Les difficultés d'exécution de la convention sont arbitrées par ce Conseil national de pilotage.

3. Le plan pluriannuel régional de gestion du risque et d'efficience du système de soins (PPRGR)

il revient au directeur général de l'ARS de préparer, d'arrêter après avis de la Commission, de mettre en œuvre et d'évaluer le plan pluriannuel régional de gestion du risque et d'efficience du système de soins (PPRGR). La durée de ce plan est de deux ans ; lplan peut faire l'objet d'une révision par avenants arrêtés dans les mêmes conditions.

Le PPRGR décline les programmes nationaux de gestion du risque et d'efficience du système de soins établis par le Comité national de la gestion du risque et de l'efficience du système de soins (CNGR), conformément aux objectifs définis par le plan national de gestion du risque et d'efficience du système de soins (PNGR). Il en précise les conditions de mise en œuvre, en respectant les objectifs fixés à chaque agence dans son contrat pluriannuel d'objectifs et de moyens. Le PNGR est décliné dans chaque PPRGR, en ce qui concerne la pertinence des soins, par le plan d'actions pluriannuel régional d'amélioration de la pertinence des soins. Les ARS reçoivent commuication du PNGR par le Conseil national de pilotage des ARS, en vue de son intégration dans leur PPRGR, étant précisé que le PNGR peut prévoir des actions régionales complémentaires spécifiques dont il définit alors les modalités de mise en œuvre.

S'il existe des  actions de gestion du risque et d'efficience du système de soins qui ne sont pas inscrites au PNGR, alors le directeur général de l'ARS doit en être informé par le représentant désigné par le directeur général de l'UNCAM.

Le PPRGR est mis en œuvre dans le respect des COG conclues et de la convention d'objectifs et de gestion à caractère pluriannuel de la Mutualité sociale agricole (MSA) qui déterminent les règles d'affectation des moyens nécessaires. Ces conventions prennent en compte les objectifs du PNGR.

Le CNGR, lorsqu'il est saisi soit par un de ses membres soit par un directeur général d'agence régionale de santé, examine les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des PPRGR.

Enfin, les engagements d'un ou plusieurs organismes d'assurance maladie complémentaires définis dans le cadre du PPRGR ainsi que les engagements en matière de mise en œuvre du PRS peuvent faire l'objet d'une ou plusieurs conventions, signées avec le directeur général de l'ARS, après avis de la Commission régionale de coordination des actions de l'ARS et de l'assurance maladie.

Par olivier.poinsot le 27/07/16

Le ministère des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes, en partenariat avec avec le Secrétariat général de la défense et la sécurité nationale (SGDSN), a mis en ligne un Guide de bonnes pratiques : vigilance attentat, les bons réflexes à destination des établissements de santé et des établissements et services sociaux et médico-sociaux (ESSMS). Ce document est complété par un Guide à destination des personnels des établissements de santé et des ESSMS.

 

 

Face à la menace terroriste, protéger les usagers et les personnels des établissements de santé, sociaux et médico-sociaux est essentiel. C'est pourquoi ces guides de bonnes pratiques ont deux objectifs : 

- fournir des indications concrètes pour préparer les établissements, les personnels et les usagers à l’éventualité d’une attaque ;

- réagir au mieux avant même l’arrivée des forces de sécurité et durant leur intervention. 

Une bonne organisation préalable des établissements, de même qu’une réaction adaptée de l’ensemble des agents et des usagers, peuvent permettre de mieux se protéger et de sauver des vies. 

Ces guides ont vocation à compléter les procédures et consignes de sécurité déjà mises en place pour prévenir la menace terroriste et d’autres risques. Ils s’inspirent de bonnes pratiques développées par plusieurs établissements. Chacun, par son comportement, permet de renforcer l’efficacité du disposif de sécurité.

Au-delà des mesures qu'ils proposent, telles que la désignation d'un référent sûreté dans l'établissement, la prise de contact avec les forces de sécurité au titre de l'anticipation de la menace ou encore la conception et l'entraînement de la chaîne d'alerte, ces deux guides soulignent un point essentiel : la sûreté est l'affaire de tous.

Par olivier.poinsot le 26/02/16

Au JO du 26 février 2016 a été  publié le décret n° 2016-190 du 25 février 2016 relatif aux mentions figurant sur le bulletin de paie.

 

 

Afin d'améliorer la lisibilité des bulletins de paie, ce décret prévoit la construction d'un référentiel des intitulés de paie permettant de retenir, pour chaque ligne, la mention la plus compréhensible possible. Un arrêté en fixera les libellés obligatoires.

Par aileurs, les informations mentionnées sur le bulletin sont simplifiées :

- la référence de l'organisme auquel l'employeur verse les cotisations de sécurité sociale est supprimée,

- les lignes de cotisation de protection sociale sont regroupées par risque couvert,

- les autres contributions relevant de l'employeur sont regroupées en une seule ligne ; 

- une information des salariés sur le coût du travail est prévue, en insérant sur le bulletin de paie la somme du salaire brut et des contributions de l'employeur et le montant total des allégements financés par l'Etat ayant un impact sur les cotisations sociales ;

- l'obligation d'un récapitulatif annuel accompagnant le bulletin présentant des regroupements de cotisation est supprimée.

Par olivier.poinsot le 27/01/16

L'article 42 de la loi n° n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé (JO du 27 janvier 2016) complète la définition de la mission des centres de soins, d'accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA).

 

 

Aux termes du nouvel article L. 3411-6 du Code de la santé publique (CSP), les CSAPA doivent désormais obligatoirement assurer des missions d'accompagnement médico-psycho-social, de soins, de réduction des risques et des dommages et de prévention individuelle et collective.

Par olivier.poinsot le 27/01/16

L'article 41 de la loi n° n° 2016-41 du 26 janvier 2016 de modernisation de notre système de santé (JO du 27 janvier 2016) définit la politique de réduction des risques et des dommages en direction des usagers de drogue et confère aux professionnels une immunité pénale.

 

 

Le nouvel article L. 3411-8 du Code de la santé publique (CSP) définit la politique de réduction des risques et des dommages en direction des usagers de drogue : elle vise à prévenir les dommages sanitaires, psychologiques et sociaux, la transmission des infections et la mortalité par surdose liés à la consommation de substances psychoactives ou classées comme stupéfiants. La politique de réduction des risques et des dommages s'applique y compris aux détenus, selon des modalités adaptées au milieu carcéral.

La mise en œuvre de cette politique comprend et permet les actions qui visent à :

- délivrer des informations sur les risques et les dommages associés à la consommation de substances psychoactives ou classées comme stupéfiants ;

- orienter les usagers de drogue vers les services sociaux et les services de soins généraux ou de soins spécialisés, afin de mettre en œuvre un parcours de santé adapté à leur situation spécifique et d'améliorer leur état de santé physique et psychique et leur insertion sociale ;

- promouvoir et distribuer des matériels et produits de santé destinés à la réduction des risques ;

- promouvoir et superviser les comportements, les gestes et les procédures de prévention des risques. La supervision consiste à mettre en garde les usagers contre les pratiques à risques, à les accompagner et à leur prodiguer des conseils relatifs aux modalités de consommation afin de prévenir ou de réduire les risques de transmission des infections et les autres complications sanitaires. Elle ne comporte aucune participation active aux gestes de consommation ;

- participer à l'analyse, à la veille et à l'information, à destination des pouvoirs publics et des usagers, sur la composition, sur les usages en matière de transformation et de consommation et sur la dangerosité des substances consommées.

Désormais, les professionnels qui agissent conformément à leur mission de réduction des risques et des dommages bénéficient de l'immunité pénale conférée par l'article 122-4 du Code pénal.

 

Par olivier.poinsot le 08/07/11

La Haute autorité de santé (HAS) a mis en ligne, sur son site Internet, une recommandation de bonnes pratiques intitulée "Dangerosité psychiatrique : étude et évaluation des facteurs de risque de violence hétéro-agressive chez les personnes ayant des troubles schizophréniques ou des troubles de l'humeur".

Cette publication comprend un rapport d'orientation ainsi que 84 recommandations. S'attachant à l'analyse du risque de violence chez les personnes souffrant de troubles mentaux graves (troubles schizophréniques ou de l'humeur), elle recense les facteurs de risque de violence et les signes d'alerte d'un passage à l'acte violent. Elle identifie les mesures préventives à mettre en oeuvre.

Ce document pourra retenir l'intérêt des professionnels du secteur social et médico-social dont la mission est d'accueillir et d'accompagner des personnes atteintes d'un handicap psychique ainsi que les personnes engagées dans la réalisation des diagnostics et plans d'action destinés à lutter contre les risques professionnels.

Par olivier.poinsot le 06/05/11

Au JO du 6 mai 2011 a été publié le décret n° 2011-497 du 5 mai 2011 relatif au comité stratégique de maîtrise des risques, à la mission d'audit interne et au comité d'audit interne des ministères chargés des affaires sociales.

Le texte crée, au sein des ministères chargés des affaires sociales (travail, emploi, santé, sécurité sociale, solidarités, cohésion sociale, jeunesse, vie associative, vile, sports) une structure de contrôle interne qui associe un Comité stratégique de maîtrise des risques, une mission d'audit interne et un comité d'audit interne.

Le Comité stratégique de maîtrise des risques (CSMR)

Ce Comité a pour attributions :

- de définir la politique de maîtrise des risques liés à la gestion des politiques publiques pour le compte des ministres chargés des affaires sociales ;

- d'établir, avec les directions des ministères chargés des affaires sociales, la cartographie des risques ;

- de veiller au développement du contrôle interne et donne des orientations dans ce domaine aux directions des ministères chargés des affaires sociales ;

- d'arrêter chaque année, sur proposition de la Mission d'audit interne, un projet de plan d'audit interne qui est soumis à l'approbation du Comité d'audit interne ;

- d'analyser les audits réalisés.

L'action du Comité peut être relayé par des sous-comités, responsables du contrôle interne dans des domaines ou secteurs particuliers.

La Mission d'audit interne (MAI)

Cette Mission :

- élabore et met en oeuvre la politique d'audit interne des ministères concernés ;

- définit les outils et méthodes nécessaires à l'audit interne, en lien avec l'Inspection générale des affaires sociales (IGAS) et l'Inspection générale de la jeunesse et des sports (IGJS) ;

- élabore le projet de plan d'audit interne sur le fondement de la cartographie des risques ;

- met en oeuvre le plan d'audit interne qui décrit la liste des missions à réaliser sur l'année et les prévisions de ressources qui y seront affectées ;

- peut éventuellement réaliser des missions complémentaires au plan d'audit interne, à la demande de l'un des ministres chargés des affaires sociales, du Comité d'audit interne ou du CSMR ;

- intervient notamment au travers de missions d'audit interne au sein des services, qu'elle réalise seule ou en partenariat avec des services ayant compétence en matière d'audit au sein de l'Etat, notamment l'IGAS et l'IGJS. Elle peut aussi recourir à des prestataires externes pour réaliser les missions ;

- peut conduire des missions de conseil sur la maîtrise des risques liés à la gestion des politiques publiques ;

- supervise l'ensemble des missions d'audit interne conduites dans les ministères chargés des affaires sociales et est responsable des méthodes d'audit interne employées ;

- assure un suivi de l'ensemble des recommandations émises à l'issue des missions ;

- veille à la diffusion de bonnes pratiques en matière d'audit interne au sein des opérateurs relevant des ministères chargés des affaires sociales et émet des recommandations à cet égard. Elle réalise, seule ou en partenariat, ou fait réaliser des missions d'audit interne au sein de ces opérateurs ;

- assure le secrétariat du comité stratégique de maîtrise des risques.

Il est important de préciser que l'audit interne est réalisé conformément à une charte d'audit interne et à un code de déontologie adoptés par arrêté des ministres chargés des affaires sociales, après approbation par le Comité d'audit interne.

Le Comité d'audit interne

Ce Comité d'audit interne a pour missions :

- de s'assurer de la compétence des auditeurs ;

- de veiller à l'indépendance de la mission d'audit interne et des auditeurs dans l'exercice de leurs missions et de s'assurer qu'ils disposent de moyens suffisants ;

- d'approuver la charte d'audit interne et le code de déontologie ;

- d'approuver le plan d'audit interne ;

- de s'assurer de la mise en oeuvre et du suivi des actions décidées à l'issue des audits ;

- de valider les méthodes et les outils mis en oeuvre par les auditeurs ;

- de s'assurer de la diffusion des bonnes pratiques en matière de maîtrise des risques liés à la gestion des politiques publiques au sein des ministères et de leurs opérateurs ;

- de s'assurer de la qualité du dispositif de contrôle interne et de maîtrise des risques mis en oeuvre au sein de ces ministères et de leurs opérateurs ;

- d'établir toute relation utile avec les auditeurs externes de ces ministères.

Le Comité d'audit interne a accès à l'ensemble des travaux produits par les ministères lui permettant de remplir sa mission, et notamment ceux conduits en matière d'audit interne, de contrôle interne et de cartographie des risques.

Le dispositif institué par le nouveau décret consacre encore, s'il en était besoin, la pénétration des modes de gouvernance publique par les concepts et outils des sciences de gestion utilisés par les entreprises privées (et notamment dans la banque). Sur ces concepts, voir quelques définitions données par l'Institut français de l'audit et du contrôle interne (IFACI), relais national de l'Institute of internal auditors (IIA).

Il faut souligner que le contrôle interne est une méthode, une structure et une activité déjà connue dans le secteur social et médico-social. En effet, au titre de l'article R. 314-88, 4° du Code de l'action sociale et des familles (CASF), les sièges sociaux de certains organismes gestionnaires innovants ont, dès le début des années 2000, créé en leur sein une fonction contrôle interne produisant, sous les contrôle d'un comité d'audit au sein des instances statutaires, des audits d'établissements et de services sociaux et médico-sociaux (ESSMS), des recommandations assorties d'un suivi et une cartographie des risques.

Par olivier.poinsot le 21/02/11

Au BO Santé n° 2011/1 du 15 février 2011 (p. 160) a été publiée la circulaire DGOS/PF2/R1 n° 2010-464 du 27 décembre 2010 relative au financement par le fonds pour la modernisation des établissements de santé publics et privés (FMESPP) du développement des outils de gestion informatisée pour les risques associés aux soins dans les établissements de santé.

Une enveloppe de 2 300 000 euros est réservée sur le FMESPP pour le financement des outils informatiques de gestion des risques (informatisation de la gestion documentaire, recueil et traitement des évènements indésirables) dans les établissements de santé en vue d'améliorer la sécurité des patients et des personnes sous tous ses aspects. Les bénéficiaires sont sont les établissements de santé publics et privés qui ont inscrit le renforcement de la sécurité et de la prévention des risques dans un projet global de management et qui mettent en oeuvre un projet d'informatisation de la gestion des risques. Les projets fondés sur une mutualisation entre établissements de santé et sur la mise en place d'outils communs pour le partage d'expérience et d'informations seront prioritaires. En annexe figure la ventilation des ressources disponibles par région.

Par olivier.poinsot le 16/02/11

La Chambre criminelle de la Cour de cassation a rendu le 26 octobre 2010 un arrêt dans lequel, à propos de l'abattage d'un arbre, elle a rappelé les contours de la responsabilité pénale de l'employeur en cas d'accident du travail.

Les faits, la procédure et la solution

Une entreprise d'élagage et de coupe d'arbres est sollicitée par un client pour procéder à l'abattage d'une quinzaine d'arbres jugés dangereux, de haut jet et aux essences non précisées qui se situent, en déclivité, à proximité de garages ainsi que d'un chemin communal. L'entrepreneur se rend sur place avec deux les deux ouvriers qui seront chargés de l'opération ; tous deux sont des élagueurs professionnels, titulaires du brevet d'Etat et du certificat de spécialisation "taille et soin des arbres", au demeurant expérimentés et travaillant en binôme depuis longtemps. Au terme de la visite, il est convenu de procéder en recourant, pour plus de sécurité compte tenu de la topographie des lieux, à la technique de l'abatage directionnel qui permet de maîtriser la trajectoire de chute des troncs.

Le jour de l'abattage survient. Les deux ouvriers considèrent l'un des arbres à abattre, qui mesure 4,5 mètres de haut pour 2,15 mètres de circonférence : l'examen visuel permet de déceler la présence de champignons, signe d'une possible maladie cryptogamique qui a pu affecter le bois. Celui des deux ouvriers qui se considère moins expérimenté que l'autre face à ce type de situation laisse à son collègue le soin d'abattre cet arbre et se déplace à 9 mètres de là pour, juché sur une échelle, élaguer un autre arbre.

Malheureusement, le mouvement de chute de l'arbre abattu ne suit pas la trajectoire prévue : avant la fin de la coupe, le tronc vrille sur son axe et tombe sur la droite, écrasant le deuxième ouvrier qui décède sur les lieux.

L'inspecteur du travail appelé sur les lieux, constate que l'entaille directionnelle a été correctement réalisée. Il conclut à une chute imprévisible de la bille de bois.

Le chef d'entreprise est poursuivi devant le juge pénal pour homicide involontaire. Le Tribunal correctionnel puis la chambre des appels correctionnels de la Cour d'appel le relaxent, considérant qu'il n'y a pas eu insuffisance du plan de prévention de l'entreprise, que les ouvriers disposaient du niveau de formation et de l'expérience nécessaire, qu'ils disposaient des équipements de sécurité nécessaire et que la cause déterminante de l'accident était imprévisible, ce qui exclut qu'une imprudence puisse être reprochée à l'employeur.

Les parties civiles se pourvoient en cassation. Elles critiquent l'arrêt dans la mesure où :

- l'état de maladie de l'arbre était connu de l'employeur, ce qui pouvait laisser prévoir que la chute de l'arbre abattu pourrait suivre une trajectoire aléatoire ;

- l'employeur, constatant la potentielle fragilité de l'arbre, aurait dû procéder à un sondage préalable pour s'assurer de l'état du tronc ;

- la relaxe de l'employeur a été prononcée alors qu'il a été établi, au cours de la procédure, que le document unique d'évaluation des risques professionnels ne recensait que les risques liés à l'élagage et non ceux afférents à l'abattage des arbres.

La Chambre criminelle de la Cour de cassation casse alors l'arrêt d'appel, estimant que ce dernier souffre d'une contrariété de motifs. Le juge d'appel ne pouvait prendre acte de l'identification préalable d'une potentielle faiblesse causée par la maladie de l'arbre et, dans le même temps, considérer que la chute de l'arbre selon une trajectoire aléatoire n'était pas prévisible. Elle renvoie par conséquent les parties et la cause devant une autre Cour. A cette occasion, elle affirme l'attendu suivant :

"Vu les articles L. 4741-1 du code du travail et 593 du code de procédure pénale ;

Attendu que, d'une part, l'employeur, au sens du premier de ces textes, commet une faute personnelle en ne veillant pas lui-même à la stricte et constante exécution des dispositions édictées par le code du travail précité et les règlements pris pour son application en vue d'assurer la sécurité des travailleurs, à moins que ne soit apportée la preuve qu'il a délégué ses pouvoirs à un préposé investi par lui et pourvu de la compétence, de l'autorité et des moyens nécessaires pour veiller efficacement au respect des dispositions en vigueur ;"

Ce faisant, la Cour de cassation rappelle le principe de la responsabilité pénale personnelle de l'employeur à raison des manquements à son obligation de sécurité à l'égard du personnel, principe auquel il n'est permis d'échapper que par l'existence d'une délégation de pouvoir avérée (conditions cumulatives de compétence, d'autorité et de moyens).

L'intérêt de l'arrêt

Cet arrêt présente trois intérêts majeurs.

Pour les juristes, il donne une indication de la méthode employée par la Chambre criminelle de la Cour de cassation pour procéder - même indirectement - à un contrôle du fait qui appartient en principe exclusivement au juge du fond. Il s'agit en l'espèce de recourir au moyen tiré de la contrariété de motifs.

Pour les employeurs, il offre une illustration supplémentaire de la reconnaissance, par le juge pénal, de l'étendue de l'obligation de sécurité qui pèse sur l'employeur. En l'espèce, les poursuites pénales vont reprendre à l'égard d'un chef d'entreprise à qui l'on peut a minima reprocher une insuffisance du document unique d'évaluation des risques professionnels.

Pour les acteurs du secteur social et médico-social, il offre le mérite d'appeler l'attention sur le niveau d'exigence applicable, en matière de sécurité, à la coupe des arbres alors que cette activité peut être réalisée par certains ateliers d'établissement ou service d'aide par le travail (ESAT). Attention donc aux conditions dans lesquelles sont définies les prestations commandées par les clients (pour identifier les situations dans lesquelles l'intervention sera jugée trop périlleuse pour être réalisée) et se trouve supervisée l'activité des travailleurs handicapés.