Par remy.philippot le 29/07/10

Intéressante question de Marie-Jo Zimmermann qui attire l'attention du Ministre de l'écologie sur un phénomène nouveau: Avec le nouveau régime des permis de construire, les demandeurs ne sont pas obligés de préciser la configuration intérieure des immeubles. Ainsi, pour un petit immeuble collectif, un demandeur peut très bien indiquer que le permis concerne cinq logements mais configurer les locaux pour en créer sept.

Selon la parlementaire, certains promoteurs auraient ainsi trouvé le moyen de contourner indirectement les obligations du PLU en produisant une déclaration minimisant le nombre de logements afin de réduire le nombre de places de stationnement à construire ou le montant de la participation pour non réalisation d'aires de stationnement, dans la mesure où le plan local d'urbanisme (PLU) d'un grand nombre de communes prévoit un minimum par logement pour les places de parkings extérieurs et de garages.

En réponse, la réponse ministérielle publiée le 25 mai 2010 rappelle les différents risques auxquels s'expose le constructeur.

Elle rappelle à titre préliminaire que l'administration dispose du droit de visite et de communication pendant toute la durée des travaux et jusqu'à trois ans à compter de leur achèvement, ainsi que du droit d'effectuer un récolement des travaux pendant trois mois à compter de l'achèvement (art. 461-1 et 462-2 du code de l'urbanisme).

Par suite:

(i) Le non-respect des dispositions du plan local d'urbanisme en matière de réalisation de places de stationnement constituant des infractions pénales et tombant sous le coup des dispositions des articles L. 160-1 et L. 480-1 et suivants du code de l'urbanisme, l'autorité compétente doit faire dresser un procès-verbal d'infraction et le transmettre sans délai au procureur de la République.

(ii) Le constructeur peut également faire l'objet de poursuites civiles. Le fait générateur de la participation pour non-réalisation d'aires de stationnement étant constitué par le permis de construire ou les prescriptions faites par l'autorité compétente à l'occasion d'une déclaration préalable, le procès verbal d'infraction n'a pas pour effet de rendre la participation exigible. En revanche, la commune peut demander au constructeur la réparation du préjudice subi du fait de la violation des prescriptions d'urbanisme en matière de stationnement devant les juridictions judiciaires (Civ. 3°, 23 novembre 2005, Bull. 111 n° 227).

(iii) Enfin, la jurisprudence postérieure à l'entrée en vigueur de la réforme des autorisations d'urbanisme a confirmé le principe selon lequel une autorisation obtenue par fraude, n'étant pas créatrice de droits, peut être retirée à tout moment par l'autorité compétente (CAA Marseille, 5 mars 2010, req. n° 09MA03975).

A bon entendeur....

réf: Question N° : 73840 de Mme Marie-Jo Zimmermann

Question publiée au JO le : 09/03/2010 page : 2553

Réponse publiée au JO le : 25/05/2010 page : 5804