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Conférence du barreau de Fort de France : le procès Aliker... et celui de la polémique

Ce vendredi 11 février, la salle Aimé Césaire de l'Atrium accueillait la conférence annuelle du Barreau de Fort-de-France.

L'occasion de revivre le procès Aliker et d'évoquer les sujets d'actualité qui fâchent les robes noires.

N'était-ce les robes d'avocats, on se croirait à une première de spectacle.

Mêmes photographes mitraillant les personnalités, mêmes embrassades circonstanciées des nouveaux arrivants.

Et jusqu'au retard habituel (35 minutes pour le coup), avant de voir le rideau se lever sur une scène au décor monochrome dont les kakémonos épurés ont été réalisés par Victor Anicet.

Il faut dire que la Conférence du Barreau est l'unique moment solennel de rentrée de l'Ordre des avocats de Martinique. Une manifestation spécifique au Barreau de Fort-de-France ; née à l'initiative de Me Raymond Hauteville au temps où il était bâtonnier.

Comme l'explique Me Laury Chantalou-Nirdé "Il faut bien comprendre ce que représente pour nous avocats, cette manifestation.

Toutes les institutions font leur rentrée solennelle et jusqu'à la création de la conférence, le Barreau de Fort-de-France n'avait rien.

Avec ce rendez-vous, le bâtonnier fait un discours, totalement circonstancié. Une allocution qui permet de donner l'état de santé de la profession, des institutions judiciaires et de la justice en général".

Adresse faite à l'État

De fait, le bâtonnier Raphaël Constant a fait un discours politique, au sens premier du terme. Il faut dire que l'occasion s'y prêtait on ne peut mieux ! Durant vingt-huit minutes, montre en main, il a voulu dénoncer l'inanité des propos du Président de la République, concernant l'ordre juridictionnel.

Adresse faite au plus haut représentant de l'État, comme sous l'Ancien régime, on la faisait au Roi.

Discours voué à conséquences, puisque la partie droite de la salle (au parterre comble ce qui est un exploit) était réservée aux personnalités administratives, judiciaires et politiques.

Refaire le procès Marcel Aliker

Cette conférence du Barreau de Fort-de-France a revêtu un caractère exceptionnel à plus d'un titre.

Ainsi en est-il du propos.

En général, il s'agit d'un thème choisi (en fin d'année précédente par une commission du Conseil de l'Ordre), puis débattu par deux impétrants : thèse pour l'un, antithèse pour l'autre, selon l'immuable ordre Hégélien.

Très rarement, comme cette année, on procède à la reconstitution d'un procès.

Ce choix est-il don lié à l'actualité ? Les avocats de l'Ordre interrogés assurent que non...

Toujours est-il que cette année trois jeunes avocats (désignés par le bâtonnier) ont eu à refaire le procès de Marcel Aliker des 22 et 23 juillet 1936. Soixante-quinze ans après les faits Me Stéphanie Bourgeois a été chargée de la partie civile (Me Victor Saint-Cyr lors du procès initial) ; tandis que Jessyka Chomereau-Lamotte a eu le rôle d'avocat général (le procureur général Marchal) et Me Max Bellemarre celui d'avocat de la défense (Richard Théolade en 1936).

Le tout sous les auspices de Me Philippe Placide, "maître de cérémonie" pour la circonstance ; un expert dans l'art de marier précision historique, humour de bon aloi, tout en évitant les pièges de la pédanterie et du verbiage soporifique.

Conférence du barreau : le procès Aliker... et celui de la polémique

Eric Hersilie-Héloïse franceantilles.fr 14.02.2011

Me Philippe Placide et les trois impetrants.

http://www.martinique.franceantilles.fr/actualite/divers/conference-du-b...

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