philippe.ravisy

Par philippe.ravisy le 23/01/13
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La Cour des comptes s'alarme à juste titre des finances du régime d'indemnisation du chômage. Alors que la première des recommandations de la Cour des comptes consiste à réviser le régime d'assurance chômage des intermittents du spectacle, nous nous étonnons de ce que l'écho donné par la presse au rapport de la Cour des comptes, critique principalement l'indemnisation dont bénéficient les cadres-dirigeants en soulignant qu'elle peut dépasser 6.000 €; par mois pendant 23 ou 36 mois selon que l'intéressé est âgé de moins ou de plus de 50 ans.

Notre propos n'est pas de discuter le fait que l'indemnisation du chômage en France constitue un véritable plus social, l'un de ceux avec la prise en charge de la maladie, qui font qu'il fait si bon vivre dans notre pays.

Une simulation effectuée sur le site de Pôle emploi, permet même de préciser les chiffres ; le montant brut mensuel maximal de l'allocation payée par Pôle emploi s'élève à 6863.70 €,

Il s'en déduit :

- 358.80 €; de Cotisation Retraite Complémentaire (CRC)

- 396.30 €; de Contributions Sociales Généralisées (CSG)

- 32.10 €; de Contributions au Remboursement de la Dette Sociale (CRDS)

Ce qui laisse aux quelques personnes concernées un revenu net mensuel de 6076,50 €;.

Tout le monde peut penser que ce chiffre est élevé. L'honnêteté intellectuelle doit cependant conduire à observer qu'il est exactement proportionnel aux cotisations payées par le cadre licencié et son employeur pendant toute la durée de l'emploi. Elle doit également conduire à ajouter que ces cotisations sont plus élevées en France (6,4 % du salaire brut) que dans les autres pays européens et que les cadres, beaucoup moins souvent au chômage, contribuent à environ 30% des cotisations pour n'en percevoir que 18%.

Observons enfin que si l'indemnisation au titre du chômage représente 57,4% du revenu des personnes licenciées tant que leur salaire mensuel n'excède pas le plafond retenu pour les cotisations chômage , il n'en est pas de même pour ceux qui gagnent plus. En d'autres termes, mieux une personne gagne sa vie, moins bien elle est indemnisée lorsqu'elle perd son emploi. Ainsi, si la prise en charge par pôle emploi représente 57,4% du revenu mensuel pour les personne gagnant jusqu'à 12.344 €; par mois, elle ne représente plus que 34% pour ceux qui gagnent 20.000 €;, 27,45% pour ceux qui gagnent 25.000 €; et 22,88 % pour ceux qui gagnent 30.000 €; par mois.

Problème de riches aura tendance à penser la majorité. Indiscutablement. Mais bien gagner sa vie ne doit pas être honteux lorsqu'on la gagne honnêtement et une simple question permet de relativiser le propos. Comment payer ses impôts sur les revenus de l'année précédente lorsque vos revenus sont amputés des trois quarts ou plus ?

En conclusion, il est bien nécessaire de réformer le régime d'indemnisation du chômage afin de le sauver ; il ne faut cependant pas se tromper de réforme et suivre les recommandations de la Cour des comptes qui préconise d'autres voies ; s'intéresser en premier lieu au régime des intermittents du spectacle, aux cotisations sur les contrats courts, à l'accroissement des incitations au retour à l'emploi...