Par sanjay.navy le 15/04/10

L'association "60 millions des consommateurs", relayée par le figaro.fr et slate.fr, a attiré l'attention du public sur les surfacturations que peuvent entraîner certaines lettres en cas d'envoi de SMS avec un iPhone.

En résumé : l'utilisation de "ç" ou de "ê" réduit le nombre de signes que peut contenir un SMS.

Explications en deux points :

1- L'iPhone (de même que certains autres téléphones), ne reconnait que 127 signes différents.

Or, parmi ces 127 signes, ne figurent pas le "ç", le "ê" ou le "ë".

Par conséquent, lorsqu'un tel signe est utilisé dans un SMS, l'iPhone le remplace... par une suite de signes.

Ainsi, par exemple, le "ç" serait remplacé par 53 signes !

2- Lorsque celui qui rédige un SMS utilise un signe qui ne figure pas dans la liste des 127 signes reconnus, la taille maximale du SMS n'est plus de 160 signes mais de 70 signes seulement...

Evident, le nombre de SMS requis pour envoyer un message contenant des signes "non listés" devient vite important, avec les conséquences financières que l'on imagine (excepté en cas de forfait SMS illimités).

Le problème est que l'utilisateur de l'iPhone n'est pas informé du nombre de SMS requis par le message qu'il a rédigé, de sorte qu'il peut penser n'envoyer qu'un seul SMS alors qu'il en envoie 2 ou plusieurs.

Juridiquement (et théoriquement), sous réserve des conditions générales d'utilisation de l'iPhone, il est vraisemblable qu'une action en responsabilité contractuelle pour manquement au devoir de conseil ou à l'obligation d'information soit envisageable.

Toutefois, en pratique, les enjeux financiers de tels litiges interdisent la saisine d'une juridiction, ce jusqu'à ce que les class actions soient autorisées en France.

Par sanjay.navy le 06/10/09

Plusieurs utilisateurs de l'application MogoRoad (informations routières suisses) sur iPhone ont été démarchés téléphoniquement par des commerciaux de cette société afin de les inciter à aquérir la version payante de leur application.

Or, lesdits utilisateurs n'avaient pas communiqué leur numéro de téléphone à cette entreprise.

Suite à la multiplication des plaintes, le Site Internet Mac 4 ever a alors constaté qu'il était possible de récupérer le numéro d'un téléphone portable par le biais de l'installation qui y était installée !

Or, la récupération de telles données sans l'autorisation de l'utilisateur constitue une violation caractérisée de la Loi Informatique et Libertés (qui a créé la C.N.I.L.) en France.

La société Mogoraod a dépuis répondu qu'elle n'effectuait de telles collectes qu'en Suisse et en conformité avec la législation locale.

Quoiqu'il en soit, Apple aurait retiré l'application MogoRoad de son site App Store.

Mais le plus important est que de telles collectes illicites de données seraient techniquement susceptibles de se produire avec d'autres applications, et en France.

Mais où est le problème ?

De nombreuses personnes regardent avec distance la problématique liée à la protection des données personnelles, considérant, par exemple, que le fait que les fournisseurs d'une application iPhone puissent récupérer leur numéro de téléphone serait sans conséquence.

Il convient d'appréhender ce phénomène de manière globale.

En France (comme dans tout les pays bénéficiant d'un minimum d'organisation et d'informatisation), les fichiers savent tout de votre vie :

- votre passé pénal (casier judiciaire et fichier STIC) ;

- votre situation médicale (fichiers de la SECU ou de votre mutuelle) ;

- votre situation financière (fichiers du fisc et de votre banque) ;

- vos goûts (fichier de votre centre commercial favori) ;

- votre appartenance politique, religieuse ou philosophique (fichiers d'un parti politique, d'une église...) ;

- votre réseau de connaissance (fichiers de votre opérateur téléphonique, de vos contacts sur Internet...) ;

- votre passé scolaire...

Bien évidemment, ces fichiers sont cloisonnés et seul un nombre limité de personnes peuvent y accéder.

Toutefois, il est aisé d'imaginer les dangers encourus si le contenu de ces fichiers étaient croisés ou accessibles à des personnes non-autorisées.

C'est la raison pour laquelle, aujourd'hui, l'usage illicite de données personnelles consitue l'une des plus grandes menaces pour les libertés individuelles.