Par sanjay.navy le 23/05/11

La Commission Nationale de l'Informatique et des Libertés a notamment pour objet de vérifier que la législation protégeant les données personnelles est bien respectée.

Les primaires correspondent à l'élection du candidat socialiste aux prochaines élections présidentielles, étant précisé qu'est électeur tout citoyen français inscrit sur les listes électorales, qui se sera acquitté d'une participation aux frais d'organisation et qui aura signé une charte d'adhésion aux valeurs de la gauche.

Les primaires du PS : qu'est-ce que cela a à voir avec les données personnelles

C'est très simple :

- pour fixer la liste des votants aux primaires, la direction du parti socialiste doit exploiter le fichier des personnes inscrites sur les listes électorales ;

- le parti socialiste pourrait être tenté d'adresser aux personnes ayant "signé une charte d'adhésion aux valeurs de la gauche" du matériel de propagande électorale ou des sollicitations pour devenir membre du parti ;

- d'autres partis, voir des entreprises pourrait être tenté d'avoir accès à la liste des signataires de ladite charte, ce qui pose la question de la sécurité et de la confidentialité

Si le PS a d'ores et déjà suivi de nombreuses préconisations de la CNIL, cette dernière a tenu à exigé les points suivants :

- une meilleure information des électeurs à la primaire s'agissant de leurs droits (et notamment de leur droit de s'opposer au traitement de données mis en oeuvre par le PS) ;

- la prise en considération des oppositions au traitement de données manifestées lors de l'élection par mention manuscrite sur les listes électorales ;

- une meilleure sécurisation des fichiers électoraux exploités (afin que personne ne puisse l'intercepter, le copier...).

Par sanjay.navy le 23/09/10

Trois salariées de l'association SOS-Femmes ont été licenciées pour faute lourde : elles auraient tenu des propos "injurieux, diffamatoires et menaçants" sur Facebook et, pour être précis, de "mur à mur"(cf. Sud Ouest).

Le mur Facebook : un lieu public

J'ai déjà pu indiquer ici que Facebook n'était pas un lieu virtuel privé ou tout était secret ou confidentiel, mais un espace public.

Pour ceux qui ne comprennent rien au fonctionnement de Facebook, il convient de distinguer deux choses :

- Ecrire un texte sur le mur d'un "ami Facebook", ce qui équivaut, dans la vie réelle, à le placarder sur la porte des toilettes de cet ami.

Etant précisé que votre "ami Facebook" a donné la clé de sa maison à tous ses "amis Facebook" qui peuvent librement regarder le texte que vous avez affiché sur la porte des commodités, le photographier et le montrer à qui ils souhaitent.

- Envoyer un message par le biais de Facebook à un "ami Facebook", ce qui équivaut à lui écrire une lettre ou lui envoyer un SMS ou un courriel.

Bien sûr, votre "ami Facebook" a seul accès à ce message mais peut le transmettre à qui il souhaite.

En résumé : le degré de confidentialité d'un texte laissé sur un mur Facebook est nul (contrairement à ce qu'indique le journaliste de Sud ouest) tandis que celui d'un message envoyé par le biais de Facebook est élevé (mais pas absolu).

Plainte pénale pour "interception illicite de communications"

Afin d'empêcher l'employeur de s'appuyer sur les messages litigieux pour défendre le licenciement devant les prud'hommes, l'avocat des 3 salariées aurait déposé plainte pour "interception illicite de communications".

Cela semble correspondre à l'infraction d'atteinte au secret des correspondances défini à l'article 226-15 du Code pénal comme " le fait d'intercepter des correspondances émises, transmises ou reçues par la voie des télécommunications".

A mon sens, cet article ne peut s'appliquer qu'aux messages envoyés par le biais de Facebook, et non aux textes laissés sur un mur Facebook.

Dès lors, si plainte il y a, elle devrait plutôt s'appuyer sur l'article 323-1 du code pénal qui réprime l'accès frauduleux dans un système de traitement automatisé de données (exemple : l'employeur qui pirate le mot de passe de quelqu'un pour accéder aux pages de ses trois salariées).

Problème : si l'employeur a été informé des messages litigieux par un "ami facebook" des salariées, il n'y a pas accès frauduleux.

On comprend ici que :

1- Facebook n'est pas un lieu privé ;

2- Un "ami Facebook" n'est pas forcément un ami...