sarah.desbois

Par sarah.desbois le 31/05/08
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Les médecins estiment être en présence d'un syndrome du bébé secoué dès lors qu'ils constatent la présence d'un hématome sous dural dont la présence n'est pas compatible avec les explications données par l'entourage du nourrisson.

Des hémorragies rétiniennes, des lésions cutanées, internes et osseuses peuvent également être mises en évidence même si celles-ci ne sont pas nécessaires au diagnostic.

Elles permettent de confirmer le diagnostic de maltraitance dans la mesure où un nourrisson ne peut se fracturer des membres ou se blesser compte tenu de son absence d'autonomie.

Ce syndrome est consécutif à des secousses violentes avec des phases d'accélération et de décélération pratiquées sur un enfant dont la nuque est immature et la tête disproportionnée par rapport au corps.

Le cerveau se cogne contre la boîte crânienne au point que les veines cortico-durales, qui sont particulièrement résistantes, se rompent entraînant un saignement à l'origine d'un hématome sous dural provoquant de graves lésions.

La force nécessaire pour provoquer ces lésions est considérable.

Une simple chute ou une manoeuvre de sauvetage ne peut suffire à les expliquer.

L'auteur de ce geste a commis des violences volontaires au sens du code pénal.

Les conséquences pour l'enfant sont lourdes.

En effet, il est un être en devenir qui se construit lentement.

Les premières années de développement sont essentielles pour son avenir.

Or, les séquelles liées au syndrome du bébé secoué entravent l'évolution naturelle du nourrisson et nécessitent un suivi particulier, long et régulier.

L'évolution de l'enfant sur le plan neuropsychologique et cognitif reste incertaine jusqu'à la fin de son adolescence.

Les victimes de ces violences sont généralement des bébés âgés de moins de six mois et de sexe masculin.

Source : « Quelles données recueillir pour améliorer les pratiques professionnelles faces aux morts suspectes de nourrissons de moins de 1 an ? Étude auprès des parquets » de Anne TURSZ, Monique CROST, Pascale GERBOUIN- REROLLE, Julien BEAUTE et Hélène ROMANO juillet 2005. CERMES (CNRS UMR 8559, Inserm U 502, EHESS)

Pour aller plus loin: Un site consacré aux témoignages de parents de victimes est consultable à l'adresse : http://www.jamais-secouer.com/

Par sarah.desbois le 29/05/08
Dernier commentaire ajouté il y a 11 années 4 mois

La particularité de ces victimes est liée au siège même de leurs blessures.

En effet, les atteintes se situent à l'intérieur de la boîte crânienne.

Elles sont donc cachées.

On parle alors d'handicap invisible.

Or les lésions occasionnées peuvent entraîner pour la victime et son entourage un changement de vie total parfois irréversible.

À la différence des autres blessures de type fracture par exemple, un simple examen médical externe ne permet pas d'apprécier correctement les préjudices.

Il est rapidement apparu nécessaire de les évaluer en fonction d'une mission d'expertise spécifique qui a été rédigée par un groupe de travail consacré aux traumatisés crâniens et composé de professionnels sensibilisés au sort de ces victimes.

Cette nouvelle mission d'expertise extrêmement détaillée permet de prendre en considération l'intégralité des préjudices subis par la victime et par conséquent de solliciter son indemnisation intégrale conformément aux principes juridiques qui régissent cette matière.

Elle doit être systématiquement demandée dans l'intérêt de la victime présentant un traumatisme crânien.