sylvie.lore

Par sylvie.lore le 27/09/10
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Depuis l'annonce de la fermeture de son Tribunal de Grande Instance, le Maire de TULLE, d'abord Monsieur François HOLLANDE puis, Monsieur Bernard COMBES, ont lutté contre cette suppression.

Le journal LA MONTAGNE dévoile, sans son édition de samedi, le courrier récemment adressé par Monsieur COMBES à Madame le garde des sceaux, article dont je vous recommande la lecture.

Par sylvie.lore le 25/09/10
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Monsieur Rémi FOURCHE, Directeur du Musée départemental Henri Queuille me fait la communication suivante:

"Quarante ans après la disparition d'Henri Queuille, figure emblématique de la IIIe et de la IVe Républiques, mais aussi de la France Libreépubliques, mais aussi de la France Libre la Société des Lettres organise, avec le Conseil général de la Corrèze, les Archives départementales et le Musée départemental de la Résistance Henri-Queuille, un colloque scientifique,ouvert à tous gratuitement, sous la direction du professeur Gilles Le Béguec (Paris X-Nanterre).

A partir d'archives inédites et d'une historiographie renouvelée, les différents intervenants vont s'intéresser aux problèmes politiques et économiques avec lesquels Henri Queuille (1884-1970) a composé. La journée sera agrémentée par la projection du film "Henri Queuille, itinéraire d'un Corrèzien" et par la visite d'une exposition sur Henri Queuille.

Le colloque se déroule à Tulle, dans l'enceinte de l'Hôtel du Département (Henri Queuille fut aussi président du Conseil général) à partir de 9 h 00 le 9 octobre 2010. Si vous souhaitez recevoir le programme détaillé, vous pouvez téléphoner au Musée de la Résistance de Neuvic : 05 55 46 30 61 aux heures et jours ouvrables.

Par sylvie.lore le 24/09/10
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Teresa Lewis avait 41 ans et était atteinte d'une déficience mentale avec un quotient intellectuel de 72.

Elle a été exécutée cette nuit en VIRGINIE suite à sa condamnation à mort pour le double meurtre qu'elle n'a pas physiquement commis, mais commandé.

La Cour suprême des USA interdit les exécutions lorsque le QI est en dessous de 70.

Selon le directeur du Centre d'information sur la peine de mort, Richard Dieter, il est « extrêmement injuste que celle qui parmi les trois [auteurs du crime] est la moins dangereuse pour la société, qui n'est pas plus coupable que les autres et dont le retard intellectuel appelle à la clémence, soit la seule à mourir pour ce crime ».

Dans une lettre écrite peu de temps après, son amant, un des 2 tueurs, avait avoué qu'il avait manipulé la femme. "Elle était exactement ce que je recherchais, une salope qui s'était mariée pour l'argent à qui j'allais faire facilement tourner la tête ».

sep
22

Sphinx

Par sylvie.lore le 22/09/10
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Dans le cadre de la réforme de la carte judiciaire, le département de l'Ille-et-Vilaine avait déploré la fermeture notamment, des tribunaux d'instance de FOUGERES et de VITRE.

Depuis le 1er janvier 2010, le tribunal d'instance avait donc "récupéré" les activités de ces deux juridictions.

A la suite de la création d'un arrodissement commun, on apprend qu'en définitive, l'an prochain, l'un de ces deux tribunaux va renaître,tel un sphinx, de ses cendres dès la fin du premier trimestre 2011.

"Cet arrondissement "justifie un tribunal d'instance", a reconnu Nicolas Léger, membre du conseil national de l'Union syndicale des magistrats (USM). Mais "il fallait réfléchir" avant de supprimer un tribunal - dont la fermeture a coûté "364.000 euros au total" et exigé "un travail de fourmi" de la part des personnels, notamment au niveau de l'archivage - et "réfléchir avant de faire la même chose dans l'autre sens".

Source LE TELEGRAMME

Par sylvie.lore le 22/09/10
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Voici la plaidoirie de ma consoeur, Maître DUPUY, du Barreau de SAINTES, lors du Concours International de Plaidoirie du Mémorial de Caen ainsi qu'à celui organisé par l'Institut des Droits de l'Homme à Jérusalem en mai dernier.

Que d'émotion ...

La mort de l'Homme :

Histoire de l'exécution ratée de Monsieur Romell Broom

Nous sommes le 15 septembre 2009.

Je m'appelle Romell Broom et je vais mourir aujourd'hui.

Ce long rêve fut le dernier.

J'ai rêvé de ma vie, de ma mort, de ma vie telle qu'elle aurait pu être et telle qu'elle aura été.

J'ouvre les yeux pour la toute dernière fois et je regarde le soleil en face à travers les barreaux sans avoir peur de me brûler les yeux.

J'aimerais tant ne plus voir, ne plus entendre en ce jour maudit.

Il est 14 heures lorsque les gardiens viennent chercher Romell ce mardi 15 septembre 2009 dans le pénitencier de Lucasville (Ohio).

Il entend raisonner les mots de son acte de mise à mort qui cognent sans relâche sur les murs de la cellule.

Il emprunte ce couloir qui lui est devenu si familier. Cela fait 25 ans qu'il attend dans ce couloir la fin, sa fin, sa mort, sa libération inconditionnelle.

Il a cru pouvoir s'habituer à l'idée de sa mort, il l'a visualisée des centaines de fois.

Mais l'homme mortel ne s'habitue pas au néant, au vide qui fait place à sa propre existence si nécessaire et si irremplaçable.

C'est à ne s'y pas tromper la raison pour laquelle la mort s'impose à nous par la fatalité d'une maladie, d'un accident ou par le choix d'un autre homme.

Cet homme peut être un criminel.

Cet homme peut être son Juge.

Il est 14 heures 15 à présent et Romell est serein. Allongé sur une table médicale, les pieds et poings liés, il attend, il l'espère, pour la toute dernière fois.

Il plonge son regard dans les yeux de son bourreau. Elle est infirmière.

Un grand luxe mortuaire lorsque l'on sait que la majorité des exécutions par injection létale sont pratiquées aux Etats-Unis sans assistance médicale.

Les médecins engagés jusqu'au plus profond de leur âme à sauver des vies refusent d'endosser la robe noire des anges de la mort.

Alors ce sont des apprentis bourreaux qui s'apprêtent à exécuter Romell cet après-midi là. Une équipe d'infirmiers a accepté de mettre à mort un homme, à visage découvert. Ils ne bénéficient pas du masque noir qui recouvrait autrefois le visage des bourreaux.

Romell observe leur danse macabre et il lui semble que leurs silhouettes s'effacent peu à peu derrière les seringues, les cathéters, les flacons et les tubes qui meublent cette pièce froide recouverte par l'odeur létale de l'éther.

Il voudrait que ce soit déjà fini.

Il voudrait plonger dans le noir absolu pour ne plus être là. Enfin.

Les danseurs se rapprochent de plus en plus de lui et entament leur tourbillon vers une exécution sans fin.

Ils piquent à trois reprises dans son bras gauche, à trois reprises dans son bras droit, puis ils se retirent.

Ils ne parviennent pas à atteindre une veine.

Ils piquent à nouveau dans son bras gauche à trois reprises et la dernière aiguille touche un de ses muscles. Romell hurle de douleur.

Ils font un nouvel essai et piquent trois fois dans son bras droit. Une veine est touchée mais le cathéter ne tient pas. Le sang se répand sur le bras tuméfié de Romell, à l'agonie.

Puis ils se retirent.

Romell sent une douce chaleur envahir ses bras qu'une infirmière a recouverts de serviettes chaudes pour tenter de les faire désenfler. La trêve est de courte durée.

Il est 15 heures 20. Ils piquent sa main gauche en vain et décident de tenter d'atteindre une veine sur ses jambes.

Ils le font asseoir et piquent dans sa cheville gauche. L'aiguille vient cogner un os.

Romell hurle encore et toujours, il semble ne plus pouvoir s'arrêter.

« Ça ne me tue pas ! Ça ne me tue pas ! ».

Il éclate en sanglots.

Un des infirmiers lui propose une pause mais il la refuse. Il veut en finir, dû-t-il pour cela se tuer lui même.

Il décide de participer activement à sa propre mort et maintient son bras droit pendant que les infirmiers lui posent un nouveau garrot. Mais ils ne parviennent plus à piquer, le bras est trop enflé.

Romell est à présent retourné sur le ventre. Il n'en peut plus. Il tient son visage entre ses mains. Son visage est tout ce qu'il lui reste. Son corps est mutilé, enflé, il saigne. Il pleure.

On lui tend un bout de papier hygiénique.

Il réclame de toutes ses forces son avocat.

Son avocat ? Les droits de la défense ?

Quand le droit à la vie est violé avec autant d'acharnement que peut-il rester aux droits de la défense, au droit à la dignité, au droit de ne pas être torturé ?

Cette scène de barbarie est si loin de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, si loin de l'Homme, de l'humanité, de l'être humain.

Les droits sont étouffés dans les cris, dans la souffrance d'un processus mortel qui pourrait ne jamais finir.

Légalement, ils sont en droit d'essayer encore et encore jusqu'à gagner le combat contre la vie.

L'avocat de Romell observe à quelques mètres de là le calvaire de son client à travers un écran de télévision. Il peut entendre ses hurlements, ses sanglots mais on lui interdit d'intervenir. Il est impuissant face au supplice de Romell et de sa famille qui se tient tant bien que mal à ses côtés.

Trois personnes pétrifiées, les yeux rougis de larmes qui ont trouvé le courage de venir voir mourir un homme qu'ils aiment.

Un homme qui a toujours crié son innocence comme il crie aujourd'hui sa souffrance.

Irréversible. C'est indéniablement le plus important défaut de la peine de mort. Que dire alors de la torture qui l'accompagne.

Cameron Todd Willingham exécuté en 2004 pour un crime qu'il n'avait pas commis, s'impose comme une désastreuse illustration du point de non retour de la peine de mort.

Il est 16 heures, le massacre reprend.

Ils font une ultime tentative et piquent simultanément à deux reprises dans sa cheville gauche et sa main droite.

Nouvel échec.

L'infirmière en chef ne parvient plus à conseiller à Romell de se détendre comme elle le fait depuis près de deux heures sans aucune conviction.

Elle ne supporte plus ses cris et ses sanglots.

Les bourreaux sont démasqués, les danseurs ont cessé de danser.

Elle sort de la salle et s'adresse au directeur de la prison qui obtient du gouverneur un report d'une semaine de l'exécution.

Suite à un recours de son avocat, Romell obtiendra un nouveau sursis qui expire le 30 novembre 2009 à minuit.

Dix-huit trous. Vous avez bien compté.

Dix-huit trous dans la peau d'un homme transpercé telle une poupée vaudoue sur laquelle on voudrait éradiquer le mal.

Dix-huit trous et plus aucune dignité, plus aucun droit, même plus celui de mourir.

Au lendemain de cette « mauvaise manipulation », les autorités américaines se disent désolées de ne pas avoir pu assurer une mort « propre » à Romell Broom.

Propre.

Mais la mort n'est pas propre. Elle est sale, laide, immonde. La mort c'est la non-vie, l'absence de lumière, de beauté, d'espoir, d'avenir, alors la propreté...

Qu'on se rassure cependant cet «incident » demeure exceptionnel.

La Cour suprême des Etats-Unis nous l'affirme, l'injection létale n'entre pas dans la catégorie des « châtiments cruels et inhabituels » et de fait elle s'avère parfaitement conforme à la Constitution américaine.

Faut-il rappeler que l'injection létale s'avère la subtile invention du médecin personnel de Hitler, Karl Band, qui suggéra le premier, dans son Programme d'Euthanasie T-4, d'exécuter des prisonniers en leur injectant par intraveineuse des doses mortelles de poison ?

Faut-il préciser que cette méthode fut notamment utilisée dans le camp de concentration d'Auschwitz ?

Faut-il raconter toutes les exécutions qui se sont révélées de véritables scènes de tortures ?

Tommie Smith, 20 juillet 1996 : l'injection lui est faite directement dans le coeur faute d'avoir trouver une veine. Il mettra près de 36 minutes à mourir.

Angel Nieves Diaz, 13 décembre 2006 : les aiguilles étaient enfoncées trop profondément de sorte que le poison a été injecté hors de ses veines, il a suffoqué et convulsé pendant plus de trente minutes avant de mourir.

Et ils ne sont que de malheureux exemples des « effets indésirables » de l'injection létale.

Savez-vous ce qu'est l'injection létale ? Cette méthode douce comme certains aiment à la définir, consiste à injecter une série de trois produits dans les veines d'un homme.

Deux cathéters sont insérés sur chacun de ses bras. La première drogue est censée détendre le détenu et le plonger dans un état d'inconscience.

Souvent dosée de manière excessive, son effet s'en trouve annulé. Le détenu demeure alors parfaitement conscient. On sait également que lorsqu'un goutte à goutte défile trop vite, le produit brûle les veines. L'injection massive de ce produit est nécessairement insoutenable.

La deuxième drogue arrête tous les muscles, sauf le coeur ce qui entraîne une paralysie musculaire qui écrase le diaphragme. Le détenu donne l'impression de dormir mais en réalité, il suffoque. La paralysie l'empêche de le manifester.

La troisième drogue arrête le coeur. Le détenu sent une brûlure dans tout le circuit veineux et décède finalement d'un arrêt cardiaque.

Cette méthode est pratiquée dans 37 états américains.

Alors non, l'injection létale n'est pas une exécution acceptable, pas plus que la pendaison qui étrangle ou que la guillotine qui tranche.

Non, la peine de mort n'est pas acceptable.

Par ce que la justice des hommes ne peut pas être une justice qui tue.

Par ce que la justice des hommes ne peut pas être une justice qui torture, qui humilie, qui asservit l'être humain au profit de la bête, de la vengeance, d'une loi du Talion.

Parce que la peine de mort c'est la mort de l'homme par l'homme et contre l'Homme.

Par ce que comme l'a dit un grand détracteur de la peine de mort (Monsieur Robert Badinter) : «Il arrive un moment où l'humanité doit prévaloir sur le crime ».

Vous savez désormais.

Vous pouvez choisir de ne pas entendre.

Vous pouvez refuser de voir.

Vous pouvez regarder le soleil en face sans avoir peur de vous brûler les yeux.

Vous les ouvrez peut-être pour la toute première fois.

Voici la plaidoirie de Maître DUPUY, du Barreau de SAINTES,

Que d'émotions ...

Regardez-moi.

Nous sommes le 1er décembre 2009.

Je m'appelle Romell Broom et je vais mourir aujourd'hui.