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La retenue douanière est inconstitutionnelle

L'article 323, 3e, du Code des douanes, permet aux agents de l'Administration des douanes, en cas de flagrant délit d'infraction aux lois et règlements douaniers, de placer les prévenus en retenue douanière, c'est-à-dire de les priver de leur liberté. La durée de la retenue est de 24 heures renouvelables une fois sur autorisation du procureur de la République. Les prévenus peuvent être interrogés, sans l'assistance d'un avocat.

Le Conseil constitutionnel a relevé que l'article 323 du Code des douanes est applicable à tous les délits douaniers flagrants sans distinction selon leur gravité. Il ne permet pas à la personne retenue contre sa volonté de bénéficier de l'assistance effective d'un avocat pendant la phase d'interrogatoire. Cette restriction aux droits de la défense est imposée de façon générale sans considération des circonstances particulières susceptibles de la justifier pour rassembler ou conserver les preuves ou assurer la protection des personnes. Dans ces conditions, le Conseil constitutionnel, reprenant sa jurisprudence du 30 juillet dernier, a déclaré que le 3° de l'article 323 du Code des douanes n'opère pas une conciliation équilibrée entre, d'une part, les préventions des atteintes à l'ordre public et la recherche des auteurs d'infractions et, d'autre part, l'exercice des libertés constitutionnellement garanties. Il l'a donc déclaré contraire à la Constitution.

Soulignant qu'il ne dispose pas d'un pouvoir général d'appréciation de même nature que celui du Parlement, le Conseil estime que c'est à ce dernier de remédier à l'inconstitutionnalité relevée. À cet effet, Il reporte, comme précédemment, au 1er juillet 2011 la date de l'abrogation de l'article 323 du Code des douanes.

Voilà la référence de al décision à trouver sur le site du Conseil : Cons. const., déc. 22 sept. 2010, n° 2010-32 QPC

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