Par vincent.bourlier le 21/09/09

Mardi dernier je me suis rendu à la maison d'arrêt de Saint-Étienne. Ce jour là branle-bas de combat dans les coursives : une petite ruche peuplée de petits personnages bleus et blancs (des gardiens en uniforme et munis des fameux masques antigrippe).

On me demandait de manière impérieuse (sur un ton qui ne prêtait pas à discussion) de m'écarter du passage emprunté par un détenu escorté d'un gardien tout deux équipés de la sorte. Le détenu empruntait l'ascenseur. À l'entrée on ne m'avait rien remis pour me protéger du dangereux virus, j'ai même dû, comme d'habitude, m'effeuiller de façon lascive pour passer sous le détecteur de métaux au risque d'attraper un refroidissement (à prononcer avec l'accent d'Aimé Jacquet).

J'attendais la commission de discipline pendant près d'une heure puisque le directeur avait entrepris de faire le point avec ses personnels sur les mesures à prendre en cas d'épidémie de grippe. Il faut dire que la Maison d'arrêt départementale à débourser environ 12 000 € pour acheter des produits antiseptiques, masques et autre joyeusetés...

Le briefing terminé pour gagner le prétoire j'empruntais le même ascenseur (toujours sans masque respiratoire)....alors que ce moyen de locomotion cloisonné n'avait pas été ventilé pendant deux heures comme n'importe quelle salle de soins...

Vendredi, de retour à la maison d'arrêt aucun maton ne portait le moindre masque, l'UCSA avait finalement indiqué qu'il ne s'agissait que de cas de grippe soupçonnée...

Ouf! Je suis passé près de la contamination!

Par vincent.bourlier le 17/10/07

Qui a fait attention à cet article minuscule affluent dans le journal du soir la semaine dernière (12 octobre je crois). Un sénateur de la majorité présidentielle a déposé un rapport visant à permettre de taxer les cabinets qui ne pratiquent pas l'aide juridictionnelle pour financer l'aide juridictionnelle : Rapport d'information No 23 de M. Roland du LUART, fait au nom de la commission des Finances, du contrôle budgétaire et des comptes économiques de la Nation.

Le rapport intégral est d'ailleurs à votre disposition sur le site du Sénat moyennant finances pour la version intégrale ou en résumé: http://www.senat.fr/rap/r07-023/r07-0231.pdf

Le projet est grave : on demande à des particuliers de financer un service public ! Il faut résister !

L'UNCA a déjà demandé à tous les barreaux de justifier de la ventilation de l'aide juridictionnelle qui était faite entre les différents cabinets la réforme est donc plus avancée que l'on pourrait le croire !

Je travaille à 50 % à l'aide juridictionnelle et je préfère continuer à être payé une misère plutôt qu'à devenir un fonctionnaire à la botte d'un État omnipotent

Par vincent.bourlier le 03/10/07

Pourquoi délocaliser des emplois alors que de la main-d'œuvre a bon marché est disponible en France ?

Régulièrement la presse fait l'écho du travail dans l'enceinte de la maison d'arrêt. Les échos sont en général mauvais puisque les détenus sont payés à des tarifs défiés en toute concurrence. Si je suis prêt à concevoir que les détenus ne sont pas effectivement très motivés par leur travail et que la rentabilité n'est pas leur objectif principal, il n'en demeure pas moins que la Chancellerie est passée maître en matière de communication : le coût horaire est même un argument de marketing ! Je vous laisse un extrait du site officiel de la maison d'arrêt de Saint-Étienne la Talaudière (http://www.ma-saintetienne.justice.fr/html/sommaire.htm) qui me laisse rêveur :

«

L'une des missions de service public pénitentiaire est de favoriser l'insertion des personnes dans la vie active au terme de leur détention. Le travail pénitentiaire est l'un des outils au service de cet objectif.

A la maison d'arrêt, une équipe est à votre écoute pour gérer et développer vos productions selon vos critères particuliers de qualité et de délais.

Nous avons constaté que les capacités des entreprises ne répondent pas toujours au flux de leur marché et de nombreux contrats échappent ainsi tous les jours aux PME / PMI régionales.

Pour gagner en souplesse et en compétitivité, rejoignez les entreprises qui développent depuis de nombreuses années un partenariat constructif avec le ministère de la Justice.

La maison d'arrêt de Saint-Etienne vous propose :

• un savoir-faire adapté à vos exigences de qualité,

• une réactivité conforme à vos délais,

• une facturation proportionnelle au volume du travail confié,

• un coût horaire compétitif,

• une surface de 900 m² d'ateliers,

• une surface de stockage de 150 m².

Nos ateliers sont disponibles à l'année pour développer une collaboration ».

Alors ne délocalisons plus nos emplois, faisons travailler nos prisonniers comme au temps du bagne et le coût d'une journée d'incarcération va baisser et tout le monde sera content : les régimes de retraite, les caisses de sécurité sociale, le contribuable est bien sûr le « grand capital »....